Pendant que la plupart des bateaux regagnent leur base et entre en chantier, -c’est le cas de PRB et Ecover- le rigodon des mouvements de personnel commence à battre la mesure. On enregistre déjà une défection chez Hugo Boss. Que se passe-t-il chez le Maître couturier ? Il semble que l’incertitude pèse lourd sur les épaules de certains au point de les encourager à regarder vers d’autres cieux, pas nécessairement plus clément mais à tout le moins plus stable.
Pendant ce temps la nouvelle saison commence et bien que certains, ne soient pas encore agents libres, du moins officiellement, on sent tout de même une drôle d’hésitation dans la longueur du temps que prennent les décideurs à se brancher sur l’avenir de leur écurie.
Ainsi, il n’y a toujours pas de décision rendue chez VM Matériaux concernant l’avenir du programme de course-voile. Chez Delta Dore et Gitana, on a mis moins de temps. On attend aussi de savoir ce qu’il adviendra de Yann Eliès et de l’équipe Generalli. Finalement, la crise économique pourrait bien redistribuer les cartes à la faveur de nouvelles forces émergentes dans ce marché. On pense tout de suite à la classe 40. Et drôle de présage, la Solidaire du Chocolat, cette nouvelle course entre Saint-Nazaire en France et Progreso dans la péninsule du Yucatan au Mexique compte déjà plus de 25 inscriptions…
Au même moment, les solitaires qui restent toujours en mer dans ce 6ième Vendée-Globe progressent à pas de tortue. On attendait Rich Wilson vers le 5 ou le 6 mars, mais il en faudra beaucoup plus au rythme où vont les choses. On pense maintenant plus entre le 8 et le 11 mars. Le seul canadien en lice Derek Hatfield a quant à lui, repris la route. Il a quitté Hobart en Tasmanie bien décidé à finir sa course en dépit de sa disqualification. Des mises à jour régulières seront acheminées pour suivre la progression de Derek et de son Spirit of Canada.
Dieu merci, Il n’y a pas eu de casse depuis plusieurs jours, si ce n’est que quelques avaries tout de même importantes mais sans conséquence sur le classement. La performance des bateaux ne semble pas affectée non plus. Dee Caffari n’a presque plus de grand-voile, Roland Jourdain a tapé dans un cétacé, ce qui a entraîné des dommages considérables au pied de mât. Mais il a pu réparer. Quant à Marc Guillemot, le héros de cette 6ième édition du Vendée-Globe a dû s’arrêter de nouveau pour venir à bout de réparer son rail de grand-voile.
De façon générale, on sent que nombre de concurrents ont aussi levé le pied, se concentrant à priori sur l’objectif de terminer la course. C’est d’ailleurs avec soulagement que l’on voit ceux-ci franchir un à un le cap Horn qui marque la délivrance des agressives mers du sud. Car il ne fait aucun doute que ce Vendée-Globe est en train de faire sa marque comme étant l’un des plus difficiles de tous. Trois concurrents traînent toujours en chemin et n’ont pas encore franchit le détroit de Drake. Il s’agit de Rich Wilson, Raphael Dinelli et Norbert Sedlaceck.
Finalement, tous les autres concurrents qui se trouvaient hors course ont maintenant rejoint des ports où la plupart d’entre eux ont entamé des réparations afin de remettre en état leur bateau meurtri par les foudroyants et successifs bastons qui ont marqué cette course.
Certains sont même déjà en mesure de reprendre la mer. C’est le cas du seul concurrent canadien Derek Hatfield qui, dans un communiqué reçu aujourd’hui, annonçait qu’il met aux enchères deux places sur son Open 60 pour un voyage de retour via les mers du grand sud et le Cap Horn. Une aventure extrême qui vaut la peine d’être vécu si vous avez les moyens.
La course est donc terminée pour le skipper canadien. Il est en effet impossible pour Derek Hatfield de réparer à lui seul. L’océan Indien, particulièrement vache cette année, aura donc eu raison d’un septième concurrent dans ce Vendée-Globe. Et cela fait d’autant plus mal qu’il s’agit du seul qui soit l’un des nôtres. C’est d’autant plus déplorable que Derek faisait aussi, depuis plusieurs jours, une bonne course qui le rapprochait graduellement de son prédecesseur l’américain Rich Wilson.
Voile en ligne tient à féliciter Derek Hatfield pour les innombrables efforts ainsi que la détermination dont il a fait preuve tout au long de ce projet. Malgré de nombreux sacrifices et des difficultés inimaginables, Derek n’a jamais abandonné. On ne peut qu’être fier de ce qu’il a accompli au fil des cinq dernières années. Peu de gens chez nous peuvent se vanter d’avoir pris part au Vendée-Globe. Avec Gerry Roufs et Benoît Parnaudeau, Derek est le seul autre marin canadien a avoir accompli cet exploit exceptionnel. Il est surtout le seul à l’avoir fait avec un bateau entièrement construit ici.
Derek, you can come back home head up! You are the greatest sailor of ours. Congratulations for what you have done!
Voici les premiers propos de Derek suite à son avarie. Nous les reproduisons tel que publiés sur le site du Vendée-Globe.
Un autre concurrent devrait lui aussi confirmer son abandon dans les heure qui viennent. On s’attend à ce que Sébastien Josse, qui était l’un des grands favoris de cette course, se détourne vers la Nouvelle-Zélande, en raison de ses safrans lourdement abimés lui aussi suite à un chavirage. Deux autre concurrents tentent quant à eux de réparer des avaries graves. Jean-Pierre Dick est au prise avec son safran endommagé il y a quelques semaines tandis que Steve White navigue avec un vit de mulet cassé. Finalement, Marc Guillemot est reparti après s’être arrêté au mouillage dans une baie de l’île d’Aukland pour effectuer une réparation de son rail de grand-voile.









