Voile En Ligne 2013-05-24 @ 03:22:00 -04:00 UTC
Le Blogue nautique de référence au Québec!

eric tabardel

Revue de l’année (2) Des point marquants en 2012

Crédit photo: Spi Médias communication inc. © 2012

Parlons d’abord de

Une revue de l’année sans parler de l’extraordinaire exploit de Groupama serait un péché. L’équipe de Franck Cammas a fait plus que répondre aux attentes. Les Français ont toujours eu du mal à faire la preuve de leur supériorité en course océanique. Un doute a toujours subsisté. Ne souffrant pas pour autant de complexe d’infériorité, l’équipe Groupama a néanmoins juré qu’elle ne se présenterait pas pour jouer les touristes. Et la résistance française a surpris tout le monde dès le début de la course. Des tactiques audacieuses et un modèle de course non orthodoxe ont engagé les concurrents sur le sentier d’une guerre psychologique où ils furent complètement déstabilisés.

C’est le cas de et qui se sont retrouvés sur le cul face à l’offensive gauloise. Chez les Kiwis, on est peut-être bon pour faire des ronds dans l’eau durant un après-midi dans la piscine de San Francisco. Mais la Volvo qui est un laminoir sans pitié aura eu raison de l’équipe de Grant Dalton qui a été incapable de tenir la cadence tant la condition physique n’était pas au rendez-vous. Ça peut passer dans l’America’s Cup, mais pas dans la Volvo.

En définitive, Groupama aura réussi un exploit incroyable en venant à bout de vaincre dès son premier match des adversaires beaucoup plus aguerris et expérimentés. La victoire de Groupama n’est ni miraculeuse ni le fruit du hasard. Elle résulte simplement d’une préparation sans faille, de la force de caractère et de la volonté de Franck Cammas et de ses hommes. Cette victoire est spectaculaire, inusitée et pleinement méritée. Elle est extraordinaire! Elle se compare avantageusement à la victoire française lors de la Coupe du Monde de soccer de 1998.

Parmi les Canadiens qui se sont illustrés cette année, le Québécois Peter Hall est à mettre sur le dessus de la pile. Aidé par ses deux coéquipiers Paul Davis et William Hall, le skipper et son équipe ont remporté un deuxième titre mondial en trois ans en classe en Soling. L’équipe canadienne a mis la main sur le titre lors des mondiaux de septembre qui se sont tenus cette année à Milwaukee sur les bords du lac Michigan. Il s’agissait du deuxième titre consécutif pour Peter Hall qui a d’ailleurs reçu le titre de marin québécois de l’année 2011 de la Fédération de Voile du Québec. En cette année 2012, la Fédération a choisi .

Éric Tabardel

De notre côté nous ne sommes pas en rupture face à cette décision. Bien au contraire! Pour nous le mérite de Peter Hall et Martin Robitaille ne fait aucun doute. choisit simplement d’honorer des marins selon un processus qui est le nôtre. Cinq experts du milieu de la voile son sollicité pour donner leur avis sur les évènements et les coureurs. La démarche est secrète afin qu’aucune pression ne soit mise sur les décideurs.

Cette année, le comité a choisi pour le titre de marin québécois de l’année 2012, le skipper Éric Tabardel. Depuis presque neuf ans, Éric s’est lancé dans un projet d’une complexité phénoménale. Il est le premier québécois à avoir construit de ses mains un voilier de course de type Class 40. Bâtie sur les plans de Sam Manuard, la construction est absolument impeccable comme l’ont démontré les tests lors de l’obtention du certificat de jauge.

Éric est le premier à dire qu’il ne revendique pas à lui seul l’exploit de la construction du bateau. Il rappelle l’implication de Damien Depas, Chris Sayer, et le coup de main de son regretté préparateur Jean-Maurice Dupuis. Éric pense aussi à tous celles et ceux qui ont donné la moindre contribution. Personne n’est oublié

devait prendre le départ en 2008. Mais voilà que la malchance s’abat sur l’équipe qui subit les affres d’un démâtage durant sa qualification. Dès lors, on aurait pu croire que ce serait fini. Éric lui-même avoue avoir pris cette épreuve très durement. « Quand j’ai vu les autres partir et que je suis resté seul derrière, ç’a été épouvantable. J’avais le coeur en miette » dira-t-il lors d’une entrevue.

Éric Tabardel n’est pas le genre à s’apitoyer très longtemps sur son sort. Mais nous sommes bien placé pour affirmer ici qu’il a fait face à d’innombrables et d’inextricables problèmes qui serait venu à bout de n’importe quel humain raisonnablement constitué. En fait, on se demande par quel mystère Éric Tabardel a pu poursuivre son projet sans devenir fou? Oui, il a eu de l’aide. Mais Éric Tabardel se serait-il lancé s’il avait su ce qui l’attendait? Pas sûr! Quelques heures passées en sa compagnie suffisent à convaincre que la route a été atrocement dure et raboteuse.

À force de volonté, d’efforts par milliers, de travail acharné, d’une pléiade d’amis sincères, de bras droit et gauche comme les frères Molimard et avec la contribution fort appréciée de Philippe Boisclair, Bleu a pris le départ de la Transat 2012. Et l’équipe n’a pas seulement figuré. Elle s’est fièrement battue. Bleu a fait une course éblouissante en traversant l’Atlantique en moins de 15 jours. Il est devenu du coup le monocoque québécois le plus rapide de l’histoire sur ce parcours.

Bleu n’a pas gagné la course. Mais l’histoire retiendra qu’Éric Tabardel en revendique la paternité, qu’il aura mobilisé les Québécois comme jamais auparavant sur un projet de ce type et que sans le courage et la détermination de toutes ces personnes, jamais ce bateau n’aurait été mis à l’eau.  C’est cela la victoire de Bleu. Et cette victoire-là est la meilleure de toutes.

Y aura-t-il d’autres projets comme celui de Bleu? Reverrons-nous une flottille québécoise lors de la prochaine transat? Bleu sera-t-il au départ en 2016? C’est encore trop loin pour le dire. Mais ce genre d’initiative est un vrai parcours du combattant. Le docteur aurait vendu son Class 40 tandis que a du mal à mener son projet à terme. Pas facile donc!

Éric Tabardel aura été jusqu’au bout. Un exploit incroyable dans un contexte de rareté d’appuis financiers. Il a réalisé l’impossible grâce à sa détermination et sa capacité de mobilisation.

 

 

 

Éric Tabardel deuxième Québécois à Saint-Malo.

Le Class 40 est arrivé à Saint-Malo après 13 jours 4 heures et 8 minutes de mer. Il s’agit du deuxième Québécois arrivé à Saint-Malo après arrivé en multicoque sur Défi saint-Malo Agglo. Fait à noter, a manqué le record de 2008 par 18 minutes seulement. S’il avait pris le départ il y a quatre ans avec les six bouée en moins, on peut penser que aurait eu un excellent classement.

Photo: archives

L’équipe a connus semble-t-il des soucis de voiles, ce qui ne lui a pas permit de pousser le coursier au maximum de ses capacités. Néanmoins, ce fût pour le skipper une belle et enrichissante navigation.

L’équipe et en particulier Éric Tabardel ressortent de cette longue expérience avec le sentiment d’être allé jusqu’au bout de ce rêve malgré les innombrables embûches et le manque de soutien évident. Pendant cinq année, le skipper s’est arraché le coeur. Il a vidé son porte-feuille, et mis les économies d’une vie dans ce projet dont le sérieux était indiscutable. Mais la hauteur du soutien attendu n’a jamais été atteinte.

Que deviendra Bleu, ce fleuron de la voile et de la construction navale construit entièrement au Québec? Restera-t-il en Europe, reviendra-t-il chez nous ou sera-t-il vendu? Disons que les chance de revoir Éric Tabardel sur la ligne de départ de la Transat Québec/Saint-Malo ou sur une autre course sont pour l’instant minimes. Dommage!

Par ailleurs, mentionnons également l’arrivée du Ocean Phenix de . Georges et son équipe de onze personnes ont bouclé le parcours en 14 jours et 3 heures. Nous tenterons d’avoir plus de détails dans les heures qui viennent. Finalement est attendu mardi dans la soiré. Il lui reste environ 330 milles nautiques à faire.

 

Transat Québec/Saint-Malo: Défi Saint-Malo Agglo et le Québécois Charles Mony deuxième à Saint-Malo

C’est le trimaran Orma de 60 pieds Défi Saint-Malo Agglo du skipper Gilles Lamiré qui franchi en deuxième position la ligne d’arrivée de la cité corsaire dans le cadre de la 8e édition de la Transat Québec/Saint-Malo.

[media-credit name="Crédit photo: Spi Médias communication inc. et Creaform 3D  © 2012 " align="alignnone" width="520"][/media-credit]Depuis plusieurs jours en fait depuis le Fasnet, le grand trimaran bataillait ferme pour revenir et dépasser le trimaran 50 pieds Un monde sans Sida du skipper Éric Nigon qui est toujours en mer mais qui devrait franchir la ligne d’arrivée incessamment. L’arrivée du troisième trimaran de la flotte est imminente.

Pour le Québécois , il s’agit d’un deuxième podium d’affilé sur la Transat. Lors de celle de 2008, il avait pris la troisième place en multi 50 sur Prince de Bretagne avec le skipper Hervé Cléris. C’est un fort beau résultat pour celui qui est l’un des fondateurs de l’entreprise CreaForm 3D qui vient de réaliser le rêve de vivre une transat sur l’un des légendaires trimarans ORMA.

Pendant ce temps, loin de là, dans un registre complètement différent, la lutte fait rage sur un tout autre front où la mer fait étalage de sa mauvaise humeur avec une éloquence de fiers-à-bras. Le gros de la flotte des Class 40 se trouve en ce moment au coeur d’une dépression générant des vents de 30 à 35 noeuds avec des rafales à 40. La mer n’est pas en reste avec des creux de 15 à 18 pieds.

Le baston qui vient du nord-ouest de l’Irlande frappe de plein fouet alors qu’avec moins de  300 milles à faire avant l’arrivée, le leader tente désespérément de garder dans son sillage le redoutable Mach 40 de l’Allemand Jörg Riechers qui essaie de recoller au meneur. Mare a repris 13 milles depuis 24 heures.

Un suspens est haletant comme seuls les Class 40 semblent être en mesure d’offrir. Le dénouement aura lieu d’ici samedi matin. En ce moment, Campagne de France met du charbon et avale les milles à 15 noeuds de vitesse. et Miranda Merron devraient toucher terre au milieu de la nuit prochaine à moins que ce ne soit Mare qui se trouve en ce moment à seulement 26 milles du leader et qui cravache à près de 17 noeuds.

Le milieu de la flotte est dans la tourmente pour encore une dizaine d’heures avant que le temps ne revienne à la normale. Les arrivées en rafales se succéderont demain. Pour ce qui est de nos Québécois, d’Éric Tabardel est en plein milieu du creux dépressionnaire et en prend vraisemblablement plein la poire. descend au sud pour éviter la claque tandis que ramassera la queue de la dépression et pourrait accélérer et recoller au peloton.

Catégories
Publicité

Réseaux