
La Course Jacques-Cartier 2009 a fermé son registre d’inscription la semaine dernière avec une participation record de 94 bateaux. Ajoutez à cela la participation du Patriarche Mike Birch, de l’insubmersible Georges Leblanc et de la relève personnifiée par Éric Tabardel et vous avez là un succès inégalé dans l’histoire québécoise de la course au large.
Cette réussite est d’abord le fruit de très beaux efforts de promotion qui démontrent toute la vivacité de la communauté de la région de Gaspé. Il faut rendre hommage à ces gens qui ont su mobiliser comme cela se voit rarement au Québec. L’organisation, qui pivote autour du directeur de course Robert Vaillancourt, s’est doté d’une stratégie de communication des plus efficaces.
Le résultat est éloquent. C’est la première fois qu’autant d’équipage prendront part à une course qui s’échelonne sur plus d’une journée. C’est la première fois aussi qu’autant d’équipes navigueront de nuit. Car voilà la principale crainte qui tourmentait l’organisation. « Mobiliser pour une régate de quelques heures un samedi ou dimanche est relativement facile. Mais demander à des coureurs de passer plus de trente heures en mer, ça, c’est une autre paire de manches » de dire Robert Vaillancourt.
La course la plus courte, celle entre New-Richmond et l’Anse-à-Beaufils sera d’environ une vingtaine heures tandis qu’il faudra autour de 50 heures à celles et ceux qui entreprendront le trajet de l’estuaire. Évidemment, tout cela dépend de la collaboration de Dame nature.
Puis, ce sera le grand rassemblement et les régates à Gaspé. À ce sujet, le commodore du Club nautique de Gaspé Jean-Marc Hardy affirmait ne pas être nerveux quant à la gestion et l’accueil de la flotte en dépit du fait que le club sera au maximum de ses capacités. « Des pontons seront aménagés et bien sûr, plusieurs bateaux seront accostés à couple. Nous avons demandé à nos membres de faire de la place et si cela est nécessaire, nous prévoyons utiliser temporairement les infrastructures du port de mer de Sandy Beach. Pour celles et ceux qui seront accostés là-bas, un très efficace service de navette a été prévus » affirme Monsieur Hardy.
Même chose du côté de New-Richmond, de l’Anse à Beaufils, de Rivière-Aux Renards et de Cap-à-l’Aigle, où les autorités se disent prêtes à faire face à l’affluence des nombreux visiteurs. Notez bien en passant que les rumeurs autour d’une soi-disant liste d’attente de participants à la course n’est pas fondée. Le directeur de course Robert Vaillancourt a mentionné hier que le registre des inscriptions est bel et bien fermé.
Pour revenir à nos moutons, il importe de dire que ce succès retentissant démontre à tous celles et ceux (s’il y en avait encore qui en doutait) que la course au large est un marché en expansion au Québec. Ce créneau ne demande qu’une petite poussée pour prendre son envol. Le milieu des affaires et les gouvernements sont invités à constater l’intérêt du public pour ce sport structurant, formateur et offrant une visibilité unique. Des équipes et des organisations de course les attendent avec les bras grands ouverts. Et elles ont beaucoup à offrir.
Consultez la liste des participants à la course Jacques-Cartier 2009 en visitant l’adresse suivante:
C’est à New-Richmond dans la Baie des Chaleurs qu’Éric Tabardel et son coursier Class 40 Bleu subiront leur baptême du feu dans le cadre de la Course Jacques-Cartier. Sauf changement, il s’agira de la première course de ce Class 40 entièrement construit au Québec, si l’on fait exception du mât qui a été conçu et fabriqué en France par l’entreprise Zspar.
Après une saison 2008 fort décevante ponctuée par le démâtage du coursier quelques jours seulement avant le départ de la Transat Québec>Saint-Malo, l’équipe Bleu-Voile Océanique avait été contrainte de déclarer forfait. Une terrible déception, autant pour les organisateurs que le public qui attendait beaucoup de cette présence québécoise dans cette course internationalement reconnue.
Maintenant que la page est définitivement tournée Bleu tirera enfin cet été, ses premiers bords en configuration de course. Des rumeurs laissent également entendre que l’équipe serait aussi sollicitée pour participer à d’autres courses au Québec durant l’été. C’est à suivre !
Pour les organisateurs de la Course Jacques-Cartier, chaque inscription est un cadeau.
Mais voir l’un des Class 40 les plus prometteurs au Québec être inscrit dans cette course est un évènement en soi, susceptible de rehausser d’un cran l’intérêt des gens de l’Acadie et de la Baie des Chaleurs pour cette fête qui est en passe de devenir un happening international.
Il s’agit du deuxième coureur professionnel à s’inscrire dans cette course. On apprenait un peu plus tôt ce mois-ci que le célèbre Cowboy des mers Mike Birch s’était inscrit pour la portion entre les Îles-de-la-Madeleine et l’Anse-à-Beaufils. D’autres gros noms sont à venir au cours des prochaines semaines.
La remise à l’eau de Bleu est pour bientôt et tous espèrent
que cette fois-ci sera la bonne et qu’Éric Tabardel et son
coursier pourront enfin naviguer avec plaisir.
Beaucoup d’eau a coulé sous les carènes depuis que nous avons écrit le dernier article sur le projet Bleu Voile Océanique. Cela s’explique peut-être par une volonté de laisser cette équipe retomber sur ses pieds après l’épreuve qu’elle a subie.
On se rappellera qu’à quelques jours du départ de la Transat Québec Saint-Malo, le mât s’était alors brisé en trois morceaux à quelques encablures de Gaspé, au moment où l’équipe procédait au convoyage du bateau. Le mât était assuré, mais il n’en demeure pas moins que le choc fut extrêmement brutal pour Éric Tabardel et son équipe qui comptaient prendre le départ d’une première course et représenter le Québec dans un niveau de compétition très élevé.
En Europe, un démâtage est un problème coûteux quoique généralement assez vite résolu. Mais ici au Québec, pareille tuile peut menacer sérieusement un projet. Et comme les questions d’assurances sont longues à régler, Éric Tabardel a donc dû réinvestir plus de 80000 dollars pour remettre un mât sur son bateau. Après tout, il faut bien naviguer. Et le bateau ne pouvait pas rester à quai sans rien faire. L’immobilisme coûte très cher dans le milieu de la voile. Remettre le bateau en état fût donc aussi financièrement éreintant pour l’équipe Bleu.
Mais Éric Tabardel a traversé plusieurs tempêtes. Après le choc causé par la chute de son mât, il s’est vite remis au travail au cours des heures qui ont suivi. Il semble que cela aide à passer à travers. Et puis il est clair que ce n’était pas cet autre écueil, si sérieux soit-il, qui allait bousiller quatre années d’effort pour construire et mettre à l’eau son bateau. Il lui en faut plus que ça pour se décourager.
Dans l’attente de reprendre la mer, l’équipe a donc préparé l’arrivée du nouveau mât et soigné une vilaine balafre sur la carène du bateau subie lors d’une collision avec un plaisancier. L’équipe a aussi, parallèlement, continué ses démarches auprès du milieu des affaires pour tenter d’obtenir un soutien plus stable et à la mesure d’une campagne en Class 40. Mais Eric Tabardel confiait hier lors d’un entretien téléphonique que cela demeure très difficile.
C’est hélas le parcours du combattant auquel sont confrontées les équipes de course océanique au Québec. L’argent est une denrée rare et les budgets sont très serrés. Bleu ne fait pas exception à cette règle bien au contraire. Aussi, Éric Tabardel attend-il toujours ce sponsor majeur qui saura saisir cette opportunité d’affaire en or.
Mais « en attendant Godot », l’équipe a poursuivi son chemin. Un nouveau mât a été commandé l’automne dernier et fabriqué par l’entreprise Zspar en France. Le grand bâton de hockey a par la suite été livré le 28 décembre dernier. À cette occasion, le mât fraichement arrivé d’Europe par cargo a été déchargé au quai de Tracy puis transporté à pied par une équipe d’une dizaine de personnes sur environ deux kilomètres jusqu’au hangar où se trouve le bateau. Un drôle de spectacle hivernal pour les gens du village qui s’interrogeaient à la vue de cette cohorte défilant avec l’espar de Bleu.
Puis on apprenait dernièrement qu’aux plus grands plaisirs des amateurs québécois de course océanique, Bleu passera une partie de l’été au Québec, plus précisément à Gaspé. Il y sera pour s’entraîner dans le golfe du Saint-Laurent et aussi faire la promotion du projet auprès de partenaires éventuels. Le public aura aussi accès pour voir le coursier et rencontrer le skipper qui a tenu à dire que lui et son équipe ont décidé de demeurer de ce côté-ci de l’Atlantique pour prendre du temps avec les partenaires et les supporters. Tous sont invités à venir rencontrer l’équipe et se familiariser avec cette extraordinaire aventure qui ne fait que commencer.
Le convoyage vers l’Europe devrait quant à lui s’effectuer entre la fin de juillet et le milieu du mois d’août. Aucune date n’est arrêtée pour l’instant, mais Éric a laissé entendre qu’il examinera une fenêtre lui permettant de devancer la saison des ouragans. Notez en terminant que Bleu sera remis à l’eau ce printemps dès que les glaces auront disparu du fleuve Saint-Laurent. Voile en Ligne suivra de près les évènements à venir dont la publication du calendrier de course 2009 de l’équipe. De plus, nous seront présent lors du retour de Bleu à son élément.








