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Articles avec le tag ‘Foncia’

Crédit photo: Barcelona World Race © 2011

La Barcelona World Race ressemble de plus en plus à un remake du Vendée-Globe 2004. Du moins jusqu’à maintenant. Il est remarquable en effet de faire le parallèle entre l’escapade de Vincent Riou et Jean LeCam au sortir de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Les deux plus dangereux poursuivants qui étaient à l’époque Roland Jourdain et Mike Golding étaient tous les deux restés sur le carreau. Le reste de la flotte s’était pour ainsi dire fait prendre comme des mouches sur un papier tue-mouche.  

Une fois de plus l’anticyclone de Sainte-Hélène a joué le rôle d’un royal empêcheur de tourner en rond. À la différence que cette fois-ci, ce sont les leaders qui se sont cassé les dents. Que penser de Mirabaud qui, après avoir collé au leaders pendant plus de deux semaines, se retrouve maintenant à pas moins de 777 milles nautiques de la tête? Et qui dire d’Hugo Boss à 1071 milles?

De tout ce beau monde, seul Mapfre s’en est sorti, disons « assez honorablement ». Mais il accuse tout de même plus de 400 milles de retard… De Estrella Damm à 640 milles jusqu’à Forum Maritim Catala à plus de 1200 milles, tous sans exception se sont retrouvé englués dans une rageante mélasse météo. Des jours à rouler au rythme des boeufs. Pour paraphraser Falardeau, « heureusement que la mer est patiente! »

François Gabard, Michel Desjoyeaux sur Foncia et Loïck Peyron et Jean Pierre Dick sur Virbac-Paprec 3 ne se sont pas laissé séduire par les sirènes brésiliennes de Recife. Ils doivent tout de même se mordre les doigts d’être repartis si vite. Ils auraient eu tout le temps pour faire quelques emplettes et acheter quelques bricoles pour les gamins dans les boutiques souvenirs de la place. Il paraît en plus que Recife n’est pas trop détestable comme endroit.   

Trêve de niaiseries, après leur pit stop, les deux sont repartis réparés et visiblement avec des gommes neuves. Ils ont accroché une masse d’air longeant la côte brésilienne, ce qui leur a permis de passer à go et de ramasser 200 piastres pendant que les autres allaient directement en prison pendant plusieurs jours.  

En terminant, mentionnons que le comité de course surveille avec attention le déplacement de certaines banquises dérivant très loin du pôle Sud. Les monstres de glace se déplacent vers le nord et la route des coureurs pourrait les croiser. C’est à suivre…  

Crédit photo: Barcelona World Race

Après le passage du pot au noir, plusieurs des 13 bateaux engagés dans la Barcelona World Race ont pratiquement traversé l’océan Atlantique pour aller frôler l’archipel brésilien de Fernando de Nohrona. Tous les yeux sont maintenant tournés vers l’anticyclone de Sainte-Hélène qui est à toutes fins pratiques le dernier rempart avant le grand sud.

La traversée du Pot-au-noir fut difficile pour le leader Virbac-Paprec 3 qui a vu revenir au contact plusieurs de ses poursuivants. S’il n’a pas trop de souci à se faire avec Foncia qui est contraint à un arrêt de 20 heures au Brésil n’incluant pas la pénalité qui va avec, il en est autrement de deux redoutables adversaires dont les hauts faits d’armes sont issus de la Volvo Ocean Race.

Le brasseur Estrella Damm skippé par Alex Pella et Pepe Ribes n’est plus qu’à 81 petits milles de Virbac Paprec 3 tandis que l’ancien Foncia rebaptisé Mapfre et skippé par Iker Martinez et Xabi Fernandez sont à 143 milles. Les deux semblent avoir trouvé leurs marques et font maintenant marcher leur machine respective à plein régime.

On savait que les anciens de la Volvo n’avaient rien à envier aux Français quant au talent de marin et à la façon de tirer le maximum de leur Open 60. Leur expérience sur la Volvo Ocean Race vaut largement celle provenant du Vendée Globe. Elle peut même être un atout de taille dans la mesure où il s’agit cette fois-ci d’une course en équipe comme la Volvo plutôt qu’un tour du monde en solitaire comme celui des Français.

La proximité des équipes espagnoles depuis le début de cette course donne à croire en un niveau de préparation élevé de la part de ces derniers, ce qui s’est jusqu’à présent traduit par une excellente performance sportive. Cette réalité donne une tournure encore plus intéressante en mettant en opposition non seulement les Espagnoles versus les Français, mais également la Volvo Ocean Race contre le Vendée Globe. Les paris sont ouverts sur l’issue de ce duel encore très jeune.

Pour revenir à la course, mentionnons qu’au troisième rang, se retrouve le surprenant Mirabaud. La discrétion de son équipage formé du couple franco-suisse Michèle Paret et Dominique Wavre que l’on n’a presque pas vu en course depuis plusieurs années, commence peu à peu à s’expliquer. De toute évidence, les émules de Bonnie an Clyde ont bien monté leur coup et ne ménageront rien pour, une fois de plus, voler un podium dans cette 2e édition de la BWR. Leur plan Owen-Clarke est fort bien préparé et il va vite comme en témoigne la reprise du troisième rang devant Mapfre.

Côté météo, il semble par contre qu’encore une fois, la belle Hélène ne sait pas trop sur quel pied danser. En conséquence, on observe que certains ont préféré le cap pendant quelques heures tandis que d’autres ont suivi le vent. Les orthodoxes Virbac-Paprec 3 et Mapfre suivent une trajectoire bien droite les rapprochant de la côte brésilienne. On ne parlera pas de Foncia qui de son côté est contraint à l’arrêt au Brésil, mais il aurait certes été intéressant de connaître l’option qu’aurait choisie le duo Desjoyaux-Gabart s’il n’avait pas eu cette foutue avarie au crash-box de Foncia.

Les autres ont très légèrement bifurqué vers l’est est, semblant peut-être tenté de se rapprocher de la route directe. Quatre bateaux ont ainsi incurvé leur route pour suivre cette option, soit Estrella Damm, Mirabaud, Groupe Bel et Neutrogena. Ce dernier étant d’ailleurs celui qui était positionné le plus à l’est parmi le groupe de tête.

Or, tous ou presque sont maintenant revenus dans le « droit chemin », soit une route est s’écartant de l’orthodromie pour contourner l’anticyclone. De tous les coursiers formant la tête de la flotte, seul Groupe Bel n’a pas encore corrigé sa trajectoire, ce qui ne saurait cependant tarder.

Si une option, appelons-la, « plus africaine » continue d’être au demeurant, défendable, reste que traditionnellement, c’est à l’ouest, du côté du continent américain que la porte s’entrouvre en premier lorsque l’horizon des coureurs se bouche par l’anticyclone de Sainte-Hélène. Voilà ce qui explique le conservatisme ambiant, les coureurs repoussant les options stratégiques à plus tard.

La course aux quarantièmes Rugissants est donc lancée. Et les premiers à s’engager dans les eaux du grand sud là où les vents sont forts et réguliers ont d’ordinaire une belle longueur d’avance. La question est de savoir à savoir qui aura le billet gagnant et sera le premier à sortir des bras de la danseuse. La réponse viendra dans 48 heures quand nous aurons une idée plus claire de la direction que prendra l’inlassable tango argentin de la belle Hélène.       

Crédit photo: Barcelona World Race © 2011

On y pensait presque plus. La course avait tellement bien commencé. Le passage du détroit de Gibraltar, puis la descente de l’Atlantique avec le passage aux Canaries. Bref, on avait presque oublié que parfois… Ça casse!

Certainement, au bistro hier matin, en prenant leur petit café, d’aucuns devaient se dire « Tiens! C’est chic! Pas de bris ni d’abandon depuis le début de cette course… » Mis à part le ciel qui tombe sur la tête d’Alex Thompson peut-être? Mais de ce côté, un jour viendra bien qui ne saura être comme ceux qui précèdent.

Et puis voilà, paf! On s’était réjoui trop vite. Le premier tombé au champ d’honneur est Président des skippers Jean LeCam et Bruno Garcia qui ont vu leur mât lâcher en fin d’après-midi hier. Et comme si ce n’était pas assez, voilà que Foncia a vu son crash-box être explosé par un objet flottant non identifié. Le voilier piloté par Michel Desjoyeaux et François Gabart projette un arrêt technique au Brésil.

Pour ce qui est de Bruno Garcia et Jean LeCam, après avoir largué les voiles et tout le gréement par-dessus bord, ils font maintenant tous les deux, route au moteur vers le Cap Vert où ils devraient accoster en fin de journée aujourd’hui. Ils ne sont plus qu’à une cinquantaine de milles du ponton de service.

On comprend que pour le duo franco-espagnol, les chances de repartir en course de l’archipel portugais après une éventuelle réparation  sont plutôt minces sinon carrément nulles. Il faudrait un mât, un gréement et des voiles neuves. Le tout installé sur un bateau relancé en course sans aucun essai préalable. Autant aller courir le marathon sans entraînement…

Voici le récit des évènements raconté par Jean LeCam :

 » Nous sommes à une cinquantaine de milles de notre port d’arrivée et à 25 milles sous le vent de la côte de l’île de San Antao. Nous progressons à 4 nœuds au moteur. Nous espérons arriver avant la nuit, mais pour l’instant nous sommes travers aux alizés donc nous ne progressons pas très vite. Nous devrions donc toucher terre cette nuit, un peu avant si la mer s’aplatit derrière les îles. Au niveau gazole nous avons tout ce qu’il faut à bord puisque nous avions le plein pour notre tour du monde.

Le démâtage s’est passé vers 19h00 TU, juste avant la tombée de la nuit. Il y avait 20-25 noeuds de vent. Nous étions sous gennaker et grand-voile haute. Nous avons planté dans un train de vagues d’alizés assez courtes. Cela n’avait rien d’exceptionnel. Le pourquoi du comment, je n’en sais rien. J’étais à la barre à ce moment-là alors que Bruno se trouvait à la table à carte.

Ce n’était même pas un enfournement, c’était un petit planté comme cela nous est arrivé une vingtaine de fois. Au niveau du mât nous avons planté, nous avons entendu « crac » et le fagot était par terre. Le temps que tu lèves la tête et il n’y a plus de mât ! Difficile donc de savoir ce qui s’est passé.
Le mât s’est cassé, il n’est pas parti sur l’avant. Le mât a dû se casser en plusieurs morceaux. Mais je ne peux pas dire en combien. Tout est tombé à l’eau. Le souci, qui est toujours le même, est d’éviter d’abîmer la coque. Le mât était sur le côté, il a donc fallu tout larguer le plus rapidement possible pour éviter d’endommager le bateau. Nous avons coupé les drisses et les écoutes jusqu’à ce que le bateau se sépare du gréement complet. Après vérification nous avons mis le moteur immédiatement pour nous diriger vers le port le plus proche.

C’est un coup. Nous n’avons plus de mât ni de voiles. Il nous est très difficile de repartir. J’ai découvert ce bateau récemment. Globalement, nous en étions assez satisfaits. Ce n’était pas la dernière génération de bateau. Nous avions un petit manque de vitesse par rapport aux nouveaux bateaux même si globalement, nous allions pas mal. Pour revenir sur notre course, Mapfre et Groupe Bel nous donnaient du fil à retordre. Mapfre va vite, il est le plus rapide de la flotte. « 

Côté course, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Virbac-Paprec 3 toujours en tête depuis plusieurs jours, verra Foncia lui lâcher les baskets au Brésil. Le bateau bleu de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron devrait entrer dans le pot au noir dès ce soir avec une avance confortable de plus de 200 milles sur Estrella Damm, troisième pour l’instant.

À ce chapitre, mentionnons que c’est la guerre pour le troisième rang qui devrait bientôt être le deuxième. Le brasseur de bière espagnole est poursuivi par deux espadons. Le premier est Mapfre qui a doublé Mirabaud. Si l’ancien Foncia d’Iker Martinez et Xabi Fernandez fait parler la poudre, reste que le Suisse Dominique Wavre et sa conjointe Michel Paret ne sont pas prêts à leur concéder leur place à la buvette sans combattre. Les tourtereaux circumnavigateurs font marcher le plan Owen Clarke à plein régime et sont collés aux ailerons du bateau des deux Espagnoles.

On retrouve donc trois bateaux dans un rayon de 34 milles nautiques au troisième, quatrième et cinquième rang tandis que Groupe Bel à 312 milles et Neutrogena à 333 milles sont en cinquième et sixième place.

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