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Crédit Photo: © Team Groupama
Il faut être patient et entêté pour être marin à bord de Groupama par les temps qui courent. En effet, les molles collent aux flotteurs du trimaran vert comme la misère sur le pauvre monde. De quoi raccourcir d’autant la mèche des équipiers qui doivent certainement commencer à se gratter le cuir chevelu…
Imaginez ! De près de 700 milles qu’elle était, l’avance de Groupama s’est évaporé comme l’eau de l’équateur pour disparaître complètement au point où le géant vert accuse maintenant plus de 248 milles de retard. De quoi citronner la face de Cammas et son équipage bien comme il faut.
L’anticyclone de Sainte-Hélène aura donc été des plus dévastateurs. À 21h15 HNE, au moment même où nous écrivions ces lignes, Groupama faisait désespérément route au 160°, plein sud, et à 90 degrés de la route direct. Le but ? Accrocher le premier creux dépressionnaire du grand sud pour s’extirper au plus sacrant des ces bulles qui rendent infernale la route de Cammas et ses hommes. Un choix de route ressemblant à s’y méprendre à celui qu’avait fait Alex Thompson lors du Vendée-Globe 2004-2005.
Mais on n’y est pas encore affirmait le chef de quart Fred LePeutrec lorsque rejoint en matinée durant la vacation. Ce dernier prévoyait environ de 24 heures de pains noir de plus avant que ça redémarre. Tout au plus espérait-il arrivé au Cap de Bonne Espérance avec moins d’une demi-journée de retard sur la gang à Peyron.
Mais cela, il ne faudra pas trop y compter. Le trimaran affiche présentement un maigre 9,1 nœuds de vitesse alors qu’orange II s’enfilait les milles à plus de 26 nœuds sur les mêmes jours. La facture risque donc d’être encore plus salée que prévu.
La dernière fois que l’anticyclone de Sainte-Hélène a été aussi taxant, c’était effectivement en 2004 alors qu’il avait barré la route à tous les bateaux du Vendée-Globe sauf ceux de Vincent Rioux et Jean LeCam. Les poursuivants Jourdain, Golding et Alex Thompson avaient tous dû cravacher pour revenir au contact, avec pour résultat que tous avaient subit des avaries majeurs occasionnant soit l’abandon de la course ou encore dans le cas de Golding, une arrivée les fesses serrées et sur la pointe des pieds, alors que le bateau ayant perdu sa quille menaçait de chavirer.
Évidemment, là s’arrêtent les comparaisons. Nous sommes en multicoque, en équipage, et finalement, le bateau de Franck Cammas est significativement plus rapide en vitesse pure que le catamaran de Bruno Peyron. Mais une chose demeure et c’est celle-ci : Habituellement, c’est dans l’Atlantique que se bat ce type de record et là, nous sommes largement déficitaires…
Un mot devra revenir constamment dans la tête de ces Gaulois dont le tempérament est connu. Ce sera gestion de course. Les hommes de Franck Cammas seront tentés de s’énerver pour rattraper leur retard. Mais nous savons que dans le grand sud, c’est la pire chose à faire. À l’opposé, si Groupama se traîne les flotteurs, il échappera les flux dépressionnaires et se retrouvera dans des bascules avec la houle résiduelle débile et casse-bateau qui vient avec, et qui caractéristique si bien de ce coin du monde. Rien de simple quoi !
En terminant, on apprenait via le site internet du magazine français Course au Large, que l’équipe de Banque Populaire V serait en train de ramasser ses pénates pour un départ dimanche. L’équipe de Pascal Bidégory est toujours en code rouge mais ce dernier a les yeux rivés sur des fichiers météo qui pourraient être favorables dans le courant du week-end. On suit le dossier de près. Mais déjà, les mauvaises langues disent que s’il partait dimanche, qui sait, peut-être pourraitil rattraper Groupama III ? Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?






