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Publié le 17/02/09 par Daniel Lévesque

L’aventure de Loïck Peyron avec Gitana est terminé.
Le Vendée-Globe n’est pas encore terminé que déjà une deuxième équipe déposent son bilan. Après Delta Dore, voici que Gitana quitte le navire de l’IMOCA. L’entreprise du baron Benjamin de Rotschild a décidé de s’orienter vers l’extrême 40. Or, cette option ne correspondait pas aux plans de carrière de Loïck Peyron qui incidemment a décidé de quitter l’équipe. Loïck Peyron ne désirait pas non plus poursuivre dans le poste de manager de l’équipe qu’il occupait depuis plusieurs mois. Quant au bateau, il a été vendu à une équipe espagnole qui compte l’utiliser pour la Barcelona World Race dont le départ est prévu en décembre 2010.
Ce n’est certes pas une nouvelle qui plaira aux autorités de l’IMOCA. Mais hélas, on peut aussi penser que d’autres équipes sont également à réévaluer leur avenir dans cette classe. C’est le cas entre autres de celles ayant perdu leur bateau comme Generali ou VM matériaux.
Il ne fait cependant aucun doute qu’une rotation normal de plusieurs sponsors était à prévoir. Certains teams avaient des objectifs commerciaux qui ont été rencontrés et ils n’ont donc plus de raison immédiate de continuer, ayant atteint leur but sur le plan de la visibilité.
Il faut dire ici que toutes les équipes font l’exercice du post-mortem suite au Vendée-Globe et que, bien que plusieurs d’entre elles décident de passer à autre chose, il n’en demeure pas moins que parallèlement, certaines opportunités s’ouvrent et se saisissent aussi. C’est le cas de plusieurs écuries qui se voient ainsi offrir la chance de s’associer avec un skipper de premier plan devenu agent libre ou encore un bateau relativement récent qui ne demande alors qu’à être maximisé.
Une certitude demeure cependant. L’IMOCA devra s’astreindre à des règles de jauge garantissant davantage de fiabilité. Les multiples avaries ont eu un indéniable effet sur la réputation de la classe. Le Vendée-Globe n’est pas encore terminé mais fort heureusement, on touche du bois en se disant que les autorités se sont imposées des règles de jauge qui ont permis jusqu’à maintenant d’assurer aux coureurs une sécurité presqu’à toute épreuve. Un autre pas doit être dorénavant franchit : celui de la fiabilité.

Loïck Peyron est maintenant hors course.
Loïck Peyron avait quant à lui fait part de quelques soucis avec sa drisse de solent. Est-ce que cela aurait quelque chose à voir avec l’évènement en question ? Les jours et les semaines qui viennent fourniront, certes, des réponses à ces questions. Lors d’une vacation spéciale tenue à 17h00, heure de Paris, Loïck Peyron a tenu ces propos rapportés par le site internet du Vendée Globe :
Il était impossible de récupérer plus de matériel : j’ai dû couper le gréement. Il me reste donc juste la bôme, un foc de brise et un morceau de la grand voile. Je préfère me diriger vers le Nord pour rallier l’Australie ou faire le contact avec un bateau affrété spécialement. Je suis extrêmement désolé pour toute l’équipe, mes partenaires : je ne pense qu’à eux en ce moment. Tous ont fait un travail exceptionnel… Je me dépêche de monter un gréement de fortune avant la nuit. »
Le skipper beaulois tentait de se construire un gréement de fortune pour faire ensuite route vers le nord. Il tentera de joindre un bateau affrété ou encore de rejoindre ainsi la terre la plus proche.
Les vives réactions n’ont pas tardées à se manifester sur le plateau du Vendée Globe où nombre de coureurs stupéfaits ont fait part de leur émotions. Au premier chef, le navigateur Jean-Pierre Dick qui, de son Paprec-Virbac II a tenu à faire parvenir le message suivant à son adversaire terrassé
Je viens d’apprendre la triste nouvelle ! Beaucoup d’émotion pour moi car nous avions initié ce projet ensemble. J’aurais tant aimé que nous passions la ligne d’arrivée tous les deux aux Sables d’Olonne quelque soit notre position. Je t’envoie plein d’ondes de courage et d’amitié pour tenter d’atténuer ton immense déception. Tu es exceptionnel et tu restes pour moi le Zidane de notre sport par ton talent incroyable !
Je t’embrasse et je pense à toi. Amitiés.
JP »
Il s’agit donc du 7ième abandon dans cette course et les choses risquent malheureusement de ne pas en rester là. La queue de flotte est présentement poursuivie par une dépression importante qui emmènera avec elle un très sérieux coup de vent. On prévoit pour vendredi matin des vents 45 à 50 nœuds avec des rafales à plus de 60 nœuds additionné à des creux de près de 9 mètres. Les bateaux qui se trouveront alors sous les 48 degré de latitude sud risquent d’en prendre plein la poire, c’est le moins que l’on puisse dire. Great american III et Spirit of Canada pourront toutefois éviter le pire en demeurant donc au dessus des latitudes à risques.





