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Trophée Jules Verne: Encore le yoyo pour Groupama!

Credit photo: © Team Groupama
L’équipage de Groupama 3 a du boulot cette semaine. L’ampleur du défi s’accroit de jour en jour pour Franck Cammas et ses hommes au fur et à mesure que passent les milles et que la distance entre le trimaran vert et sa destination finale diminue. Après autant d’efforts, comment peut-on être à la fois si près et si loin ? Chose certaines, le suspens est en voie de se jouer jusqu’aux dernières brasses précédant le fil d’arrivée.
Groupama a bien retranché plusieurs dizaines de milles depuis 36 heures mais le jeu du yoyo est de nouveau en marche et l’écart s’est remis à se creuser entre le géant vert et Orange II, Au pointage d’hier matin, on était près de passer sous la barre des 300 milles de retard alors que vers 19h00 hier soir, l’équipe de Groupama accusait 360 milles dans le rouge.
En ce moment, Groupama 3 est dans le pot-au-noir. Sa vitesse est d’environ 17 nœuds réels alors qu’Orange II faisait autour des 25 nœuds. Groupama concède donc près de 9 affligeants milles nautiques à chacune des heures que le bon Dieu amène. Autant dire qu’il y a de quoi être inquiet.
Franck Cammas n’a plus beaucoup de temps. Il lui reste un peu moins de 8 jours pour combler un retard qui tournera autour des 400 milles nautiques lors de sa sortie du pot-au-noir Il ne peut pas trop compter sur la dernière portion du parcours que Bruno Peyron avait parcouru à vitesse grand V. C’est donc entre la sortie de la zone de convergence intertropicale et les Açores que le match va se décider. Si Groupama peut se rapprocher suffisamment d’Orange II sur cette zone là, tout restera encore possible. Sinon, il deviendra impossible à Groupama de rattraper le coursier de Bruno Peyron.
Pour l’instant, la météo semble pour une fois favorable à Groupama. L’anticyclone des Açores se replie et un alizé bien établi pourrait bien pousser le trimaran et l’aider à rattraper son retard. Mais n’oublions surtout pas qu’il faudra faire gaffe. Car Orange II est un adversaire virtuel qui lui, ne peut pas casser.
Côté moral, pour la première fois, Franck Cammas n’a pas caché une certaine déception devant les éléments qui s’acharnent contre cette tentative de record. Mais l’équipe est au taquet et continue de faire le travail en véritable professionnels, une attitude que Franck Cammas a louangée.
« Les quarts sont assez actifs, quand il y a des manœuvres, on est toujours sept personnes sur le pont, mais quand il y a des réglages, on est que trois. On passe notre temps debout à courir entre le piano, le moulin à café, à observer la forme des voiles avec la torche. On essaye de grappiller des dixièmes de nœuds très importants et en plus avec ce bateau, le moindre réglage est extrêmement sensible : il y a pas mal de choses à faire et donc on joue avec ça en étant le plus réactif possible avec les éléments… » a déclaré Franck Cammas.
Trophée Jules Verne: Un caillou dans la chaussure de Groupama!
Crédit photo: © Team Groupama
Groupama 3 a passé le cap Horn vendredi matin très tôt. Les images du bord laissaient voir des hommes contents de leur navigation et un moral qui semblait bon à bord du maxi-trimaran. Il semble que l’équipe Groupama n’ait cependant pas établi de nouvelle marque sur la distance couvrant l’océan Pacifique entre le cap Leuwin et le Horn.
D’ailleurs, il n’est pas besoin d’un dictionnaire pour comprendre que les choses ne se passent pas tout à fait comme on le souhaiterait. Franck Cammas a eu beau réunir une troupe de mariachi capable de faire vibrer les cordages de Groupama 3 au plus fin des diapasons, jusqu’ici, ça va cahin-caha sur le plancher de danse. Effectivement, quand vous avez des gars comme Lionel Lemonchois, Ronand LeGeoff, Thomas Coville ou Yvan Ravussin à bord, il est difficile de comprendre pourquoi le géant vert n’a pas au minimum une bonne journée d’avance sur le temps de référence.
De toute évidence, c’est la météo qui ennui la belle. Depuis le départ de l’Europe, Groupama III danse avec ce satané caillou dans sa chaussure. Et pour Franck Cammas et son routeur Alain Mondon, il y a de quoi être songeur. Car la météo continuera de jouer les capricieuses pour un bon bout de temps. Ce matin, le trimaran n’affiche plus que 48 petits milles d’avance sur le temps d’Orange II. Imaginez ! Le Cap Horn qui est d’habitude l’un des endroits les plus hostiles a plutôt accueilli l’équipe dans une bonne humeur pour le moins étonnante. Mer plate et vents modérés, il ne manquait que la tasse café et les petits biscuits quoi…
Cammas et Mondon qui doivent commencer à avoir de la fumée qui leurs sort des oreilles ont donné l’ordre de mettre le cap très loin à l’est des Falklands pour aller chercher un temps soit peu de pression. Car la route sur le long du littoral chilien offre une encore une fois, une météo de demoiselle. Résultat : le trimaran continuera de perdre des milles dans les heures qui viennent. Il risque même de repasser dans le rouge, alors qu’il se trouve à un peu plus de 6300 milles de l’arrivée.
Et ce n’est pas tout, Il reste l’anticyclone de Sainte-Hélène, le pot-au-noir, l’autre anticyclone, celui des Açores, puis le golfe de Gascogne. Aussi bien dire que comme c’est parti, Groupama 3 risque de nous tenir sur le bout de notre chaise jusqu’à la fin.
Autant en emporte le vent…
Crédit photo: © Team Groupama
Groupama encore dans des calmes!
Le périple de Groupama III est une véritable balade en montagnes russes. Le trimaran a d’abord pris une trentaine de milles de retard au début de son voyage qu’il a par la suite vite rattrapé pour engranger plus de 600 milles d’avance. En plus de perdre cette même avance, la traversée du Pot-au-noir et de l’anticyclone de sainte-Hélène lui ont par la suite creusé un beau trou de presque 700 milles que le trimaran avait en grande partie comblé, accusant moins de 200 milles de retard quand une bascule est venu replonger Franck Cammas et son équipage dans les ornières du rouge négatif. En ce moment, le géant vert a un déficit à combler de plus de 337 milles nautiques.
Aux dernières nouvelles, le trimaran de Cammas filait à 24 nœuds, soit deux nœuds plus vite que le catamaran de Bruno Peyron. Au début de la journée, l’équipe de Cammas était près de 400 milles en dessous du temps de Bruno Peyron. Ce soir, ils ont réduit l’écart à 351 milles mais avaient repris la direction du creux du vallon.
Par ailleurs, le groupe cherche désespérément à éviter un énorme anticyclone qui risque de leur barrer la route d’ici 36 heures environ. Le trimaran a incurvé sa route vers le nord depuis quelques heures mais tous continuent à vérifier régulièrement les schémas pour s’assurer de ne pas être sur le chemin badigeonné de super-glue.
Chose certaine, cette tentative de record ne casse rien jusqu’à maintenant. Et ce n’est pas parce que Cammas et ses hommes n’essaient pas. Le team Groupama tente depuis l’entrée dans l’Anticyclone de Sainte-Hélène de s’extirper d’une succession de systèmes météo qui ralentissent tour à tour le bateau et force l’équipe à jouer du hockey de rattrapage. On tricote, on essaie au sud, au nord, à l’est, à l’ouest, rien n’y fait. Le gardien de but arrête tout.
Curieusement, en dépit de ces ennuis, le moral de l’équipage semble bon, ce qui semble indiquer que Cammas fait montre d’un assez bon leadership. Il faut dire aussi que plusieurs de ces hommes en ont vu d’autres. Il n’y a pas de gamin dans ce groupe. Et on ne viendra pas à bout du moral d’un Lemonchois ou de Thomas Coville avec une demi-journée de navigation de retard. Reste que Franck Cammas et son groupe doivent commencer à avoir hâte de passer devant. Être à la traine dans une tentative de record comme celui du trophée Jules Verne, c’est comme manger un sandwich quand on meurt de soif…










