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Crédit photo: © MOCHET Marcel / AFP

Les arrivées se poursuivent à Puerto Limon où on a vu se succéder sur le tapis rouge, Kito De Pavant et François Gabart, Mike Golding et l’espagnol Javier Sanso ainsi que Michel Desjoyeaux et Jérémi Beyou. Les premiers sur Groupe Bel sont arrivés dans la matinée de mardi, un peu plus de neuf heures après  le gagnant Safran, tandis que le bateau de Mike Golding s’est présenté sur le fil d’arrivée hier en milieu d’après-midi. Quant à Foncia, il a également franchi le drapeau à damiers hier mais beaucoup plus tard en fin de soirée.

Parmi les quatre positions de tête, certaines sont des plus mérités. Hormis Marc Guillemot dont tous, sans exception, se réjouissent de la victoire, on n’a que de bons mots aussi pour Mike Golding qui a connu plus que sa part de déboires au cours des derniers mois. L’anglais a démâté lors du Vendée Globe, puis a ensuite perdu son sponsor Ecover. Et comme si cela n’était pas assez, son partenaire de traversée, le Québécois Bruno Dubois a été blessé lors de l’iShares Cup et contraint de céder sa place à l’espagnol Javier Sanso. Mike Golding a toutefois affirmé qu’en dépit du peu de temps de préparation dont disposait l’équipe, les résultats sont bons. Il est vrai que quelques mois d’entraînement sont toujours utiles pour parfaire le synchronisme d’un équipage, surtout lorsque l’on a peu navigué sur le bateau comme c’était le cas pour l’espagnol Sanso. 

Comment ne pas aussi penser à Jérémie Beyou qui a lui aussi perdu son sponsor après un Vendée-Globe écourté par la rupture d’une barre de flèche. Beyou, qui est parmi les plus talentueux de la nouvelle génération de skipper a rebondi avec, à ses côtés, Michel Desjoyeaux. Les deux se sont offert une quatrième place inespérée et termine avec le sentiment du devoir accompli. Bref, une très belle course pour Foncia qui malgré un choix tactique discutable, a finalement su tirer son épingle du jeu. 

Il reste présentement six bateaux en course. Parmi ceux-là, quatre sont en mode furtif. Il s’agit de W Hotels qui était à 203 milles de l’arrivée à son dernier classement connu. Alex Pella et Peppe Ribes bagarraient ferme pour garder Véolia environnement derrière. Le bateau de Roland Jourdain n’étant que 16 milles nautiques plus loin se faisait de plus en plus menaçant.

C’est encore pire pour Akena Vérandas qui devait composer avec la dérangeante présence d’Aviva tout juste derrière à moins de deux milles. Du côté de 1876, formée de Pachi Rivero et du légendaire Yves Parlier, ils sont ce matin à 270 milles de l’arrivé. Quant aux derniers en lice, Sydney Gavinet et Samantha Davies sur Artemis, ils sont au dernier classement, à plus de 430 milles de l’arrivée. Une course à oublier pour le duo franco-anglais… 

Tous sont maintenant en mer des Caraïbes et quelques arrivées devraient avoir lieu aujourd’hui ou tôt dans la nuit. Ce qui n’est pas le cas chez les multicoques qui eux se font attendre. Après la traversée croissant, confiture et café de Crêpes Whaou, Victorien Erussard et Loïc Fequet sur Guyader pour Urgence Climatique devraient faire leur entré à Puerto Limon dans le courant du week-end. Il faudra probablement une journée de plus à Lalou Roucayrol et Et Amaïur Alfaro sur Région Aquitaine-Port Médoc qui se trouvent 230 milles derrière. Quant à Hervé Cléris et Christopher Dietsch, le « petit Prince » de Bretagne doit se sentir bien seul à plus de 3000 milles du but. Pas le temps de se dessiner un mouton… On ne peut pas dire qu’ils manquent de détermination ceux-là.

En définitive, cette course aura été sauvée par la belle victoire de Marc Guillemot et les chaudes luttes que se sont livré et que se livrent toujours les IMOCA. Malheureusement, les nombreuses casses auront eu raison de la volonté des multicoques d’en découdre sur une première course majeure. Ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé de façon franche et honnête. Mais les avaries subits par Prince de Bretagne 2 et Actual ont complètement bousillé les attentes qu’avait le public dans une course qui aurait pu s’avérer être un magnifique duel.

Mais la course au large est faite de ça. Des mois de travail parfois pour rien. C’est l’une des particularités de ce sport qui a évolué de manière fulgurante depuis le milieu de la décennie 1990. Beaucoup de prototypes, de pièces et de matériaux restent encore à découvrir et à peaufiner. Le défi demeure d’amener les machines au niveau d’excellence où se trouvent les coureurs depuis longtemps déjà. Et cela ne sera jamais une tâche facile.

Finalement, la mer a encore joué les trouble-fêtes en faisant office de barrière pour les uns et de wagon pour les autres. On ne peut qu’avoir une bonne pensée pour Jean LeCam qui a chaviré pour une deuxième fois en moins d’un an et aussi pour Alex Thompson sur qui, la guigne s’acharne injustement. Ce dernier en était vraisemblablement à sa dernière course avec son plan Finot. Il prendra bientôt livraison de l’ancien Pindar Team Barhein, le plus puissant monocoque de la classe IMOCA. Tous espèrent pour Alex que cette page se tournera et qu’incidemment, le grand blond au bateau noir trouvera enfin le chemin qui mène vers la victoire.

Un sort que mérite aussi Sébastien Josse qui accumule les déveines les unes après les autres. C’est tout de même paradoxal que les deux plus talentueux skippers du plateau IMOCA qui sont aussi parmi les plus charismatiques et sans contredit les plus beaux vendeurs de leur sport, soient en même temps ceux que la mer épargne le moins. Décidemment dans ce métier, le caractère se forge à grand coup de déferlantes sur la caboche.    
 


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Crédit photo: site de la Transat  Jacques Vabre

Quinzième jour de course sur la Transat Jacques Vabre. Et on a peut-être parlé trop vite en affirmant que Franck-Yves Escoffier allait passer la ligne d’arrivée premier de tous… Avec 240 milles nautiques à faire avant le drapeau à damiers, Marc  Guillemot et Charles Caudrelier Benac sur Safran ont encore plus de 86 milles d’avance sur le multicoque Crêpes Whaou. De quoi garder le suspens dans ce qui est devenu un véritable duel entre le monos et les multis.

Entre temps, les deux poursuivants, Kito De Pavant et François Gabard sur Groupe Bel, ont décidé de monter dans le nord pour tenter de profiter d’un flux de sud ouest qui devrait les aider à rentrer à Puerto Limon sur un seul bord. Mais ce sera difficile. Ils accusent maintenant presque 100 milles de retard sur Safran. Pour eux, il commence à se faire tard.

La fatigue commence d’ailleurs à avoir des effets bizarres sur les marins. François Gabart a vu ça de proche tôt ce matin quand Groupe bel est parti au tas. Kito De Pavant qui dormait à ce moment du sommeil du juste, s’est soudainement retrouvé cul par-dessus tête sur le plancher de son coursier. Le temps d’ouvrir les persiennes pour se rendre compte que le cheval avait pris le mors aux dents. Dans la confusion, il semble que se remettre en selle ne fût pas de tout repos. Dans les bras de Morphée depuis deux heures, Kito De Pavant a eu du mal à reprendre contact avec la réalité et à se remettre les yeux en face des trous avant de sortir pour aller remettre de l’ordre.

Côté course, Mike Golding est maintenant à 321 milles du leader. On retrouve aussi un peu plus loin, quatre bateaux dans un rayon de 147 milles nautiques, dont trois viennent de franchir le chapelet d’îles séparant l’océan Atlantique de la mer des Caraïbes. Il s’agit de W Hotels à 971 milles, de Veolia Environnement à 1013.6, d’Aviva à 1042.1 et Akenas Verandas à 1117.9. Par ailleurs, on apprenait aujourd’hui qu’Artemis se déroute maintenant vers Sainte Lucie où l’équipe compte trouver des pièces pour venir à bout de ses problèmes récurrents de générateurs.  

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Crédit Photo: © DR

C’est le duel au sommet dans la Transat Jacques Vabre ce matin. Marc Guillemot et Charles Caudrelier à bord de Safran n’ont plus que 24 petits milles d’avance sur Groupe Bel de Kito De Pavant et François Gabard. Ayant vu leur avance, de près de 60 milles, fondre comme neige au soleil, les deux premiers savant maintenant qu’ils n’ont pas droit à l’erreur. Car Kito DePavant est une véritable machine à gagner des courses. C’est l’un des meilleurs marins du plateau IMOCA et certes, l’un des meilleurs régleurs aussi. Pas de doute, il sait comment faire marcher un bateau.

Le dauphin de Safran était flashé ce matin à 17.3 contre 16.4 pour le bateau de Marc Guillemot. La partie risque donc d’être des plus dures pour les deux premiers s’ils tiennent à conserver leur position de leader. On aura droit à un combat de coq entre les deux plans Verdier qui ont laissé dans leurs sillages Mike Golding qui accuse maintenant près de 113 milles de retard. C’est dire toute la puissance de ces deux machines…

Pendant ce temps, rien n’a changé derrière, sinon qu’on a appris dans la matinée d’hier l’abandon d’Hugo Boss. Alex Thompson désabusé pour ne pas dire « en beau fusil » a raconté lors d’une communication avec son équipe comment il a encore été victime d’une autre de ces damnées fortunes de mer causée par une saleté jeté à l’eau et qui a percuté la carène de son plan Finot-Conq. Lui et Ross Daniels faisaient route vers les Açores en tentant de pomper à la main l’eau qui s’engouffre à vitesse grand V par une brèche, résultat de la collision. Ah, les joies de la voile de course !

Pour ce qui est du classement, il ne reste que trois concurrent dans un rayon de 113 milles nautiques. Après ça, on tombe à Foncia à 376 milles. Ce dernier a réussi à passer 1876 puis Veolia Environnement qui eux, sont maintenant à plus de 400 milles de distance du premier. C’est une journée complète de navigation à bonne vitesse… Assez étonnant aussi de voir Vincent Rioux au bas de la feuille à 568 milles du leader…

Chez les multicoques, Crêpes Wahou continue son outrageante domination avec plus de 700 milles d’avance sur son plus proche rival Victorien Erussard sur Guyader pour Urgence Climatique. Lalou Roucayrol est 59 milles derrière le deuxième. Pour celles et ceux qui se demandent si Crêpes Wahou pourra rattraper son retard sur Safran, Le trimaran accuse toujours plus de 300 milles de retard selon nos estimations. Mais il reste plus de 2000 milles nautique à franchir dans cette course. La route est encore longue.

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