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Hervé Cléris
La Vendée-St-Petersbourg: Départ des Multis 50 dimanche.

Crédit photo: FRANCK FAUGERE / DPPI / VENDEE ST-PETERSBOURG
On est à quelques heures à peine du départ de la course Vendée-St-Petersbourg. Il s’agit de la première édition de ce parcours qui étendra ses sillons au départ du village de St-Gilles-Croix-de-Vie situé dans la région française de Vendée, pour ensuite franchir la mer Baltique, le Jutland puis jusqu’à St-Petersbourg en Russie.
Quelles caractéristiques pour cette course ? Primo, il s’agit d’une course de multicoques de 50 pieds. C’est aussi l’un des évènements importants de la saison estivale 2010 pour cette classe qui vit d’importantes phases de développement depuis quelques mois. On a en effet vu poindre plusieurs nouvelles unités depuis un an et demi.
Parmi celles-ci, on retrouve deux aspirants sérieux au titre de champion de la classe. Il s’agit bien entendu du nouveau Crêpes Whaou qui offre un défi de taille à ses adversaires. Parmi les plus sérieux prétendants qui sont en mesure de livrer bataille à Franck-Yves Escoffier, il y a bien sûr l’ancien Crêpes Whaou qui sera skippé pour l’occasion par Loïck Fequet. En dépit du fait que cette monture a été laissée de côté par le grand Escoffier qui lui a préféré un pur-sang de dernière génération, ce bateau est loin d’être dépassé et est de ce fait, encore très capable de rivaliser, et ce, même avec les nouveaux venus.
Et puis il y a bien sûr le voilier Actual d’Yves LeBlevec. Après son chavirage lors de la Transat Jacques Vabre, l’équipe Actual voudra certes se reprendre et tenter d’infliger une première défaite à Franck-Yves Escoffier depuis Mathusalem. Puis il y a les trimarans de Lalou Roucayrol d’Hervé Cléris et Anne Caseneuve. Les trois ne sont pas vraiment de taille à rivaliser avec les trois premiers, mais ils offriront les performances qu’on leur connaît. Et du coup, ne sait-on jamais ? Rappelons qu’Hervé Cléris avait terminé troisième de la Transat Québec-Saint-Malo, preuve que malgré des moyens modestes, on peut parfois arriver à d’excellents résultats. Et cela est encore plus vrai en voile.
Un voilier de la Transat Québec-Saint-Malo de 1984 en lice!
Finalement, pour compléter le tableau, on retrouve le Crêpres Whaou 1 qui coursera sous les couleurs de « La Mer Révèle Nos Sens ». Le Fenêtres A Cardinal et le PIr2 d’Étienne Hochédé, une antiquité faite d’aluminium, équipée de foil en Y, dessinée par Langevin et mise à l’eau en 1983. Ce bateau n’est rien de moins que l’ancien voilier Lafleur (Charcuterie, Salaison Québec) qui a pris part à la première édition de la Transat Québec Saint-Malo en 1984. À l’époque, il était skippé par Denis Gliskman. Seulement voir cette pièce de collection sous voile vaut le détour pour ne pas dire le prix du billet. Il ne reste plus beaucoup des montures de 1984 qui soient encore capable de bourlinguer sur les mers du monde. C’est donc une chance rare!
Déception toutefois, car le grand absent est Le Prince de Bretagne qui fait l’objet d’un important chantier en vue de sa préparation pour la Route du Rhum. À ce que l’on dit, Lionel Lemonchois est en train de refaire le plan de pont de A à Z. Il ne sera donc pas là pour cette course.
Tout de même, cette course sera belle et tout à fait inhabituelle, elle se déroulera avec trois équipiers à bord dans un environnement qui présente des caractéristiques particulières. Trafic maritime important, courant, marée, effets de côtes, etc. Bref, ce ne sera pas facile et tout à fait atypique pour ces bateaux et leurs skippers habitués plutôt aux libertés océaniques. Départ retransmis par vidéo sur le net dimanche matin à 6h00 heure de Montréal, ou si vous préférez, 12h00 heure de Paris. Bonne course !
À propos des derniers…
Crédits photos: Prince de Bretagne © DR et © Bruno Bouvry-Images de mer pour la Solidaire du Chocolat.
« Le premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers » dit-on dans les Évangiles. Or si vraiment Dieu a dit ça, c’est qu’il savait probablement jusqu’à quel point, en course océanique du moins, celles et ceux qui terminent dernier en bavent. C’est le cas du trimaran de Prince de Bretagne de Hervé Cléris et Chrisophe Dietsch qui est enfin arrivé hier à Puerto Limon au Costa-Rica.
Les deux navigateurs ont fait la distance sur 30 jours 11 heures et 39 minutes à la vitesse moyenne de 6,88 nœuds. On peut dire d’Hervé Cléris et Christophe Dietsch qu’ils sont deux entêtés de première. Personnellement, je ne connais pas beaucoup de gens qui n’auraient pas jeté la serviette à grand coup de pieds dans le panier à linge face aux ennuis à répétition qu’a connus ce duo. Ces deux là sont faits sur mesure pour des gants de boxe…
Rappelons qu’Hervé Cléris a premièrement vu son trimaran flambant neuf se désintégrer sous ses yeux, le flotteur tribord ayant décidé de dire merde au reste du bateau à quelques jours du départ de la transat. Hervé Cléris s’est alors retourné sur une pièce de dix cents pour armer le Prince de Bretagne 1. Après plusieurs jours de travail, le bateau a pu prendre le départ de la course. Mais s’était sans compter sur une série d’avaries au chariot de grand-voile qui allait ramener au port les deux marin non pas une mais bien deux fois. Et là, on ne parle même pas des magistrales coups de vent qui ont marqué le début de la course. Voilà pourquoi les marins sont toujours des gagnants et ce, même s’ils arrivent derniers.
La Solidaire du chocolat n’est pas en reste. Elle a vu le Class 40 ORBIS Flying Eye Hospital ‘Saving Sight Worldwide du duo britanno-irlandais Stephen Card et Shaun Murphy finir la course au terme d’un interminable 34 jours 17 heures et 42 minutes de mer. Les deux hommes épuisés étaient aussi rationnés en eau depuis plusieurs jours et le moteur de leur bateau fonctionnaient aux vapeurs des millilitres de carburant qui leur restait.
Voilà ce qui fait la grandeur de ce sport. Traverser la mer restera toujours une entreprise risquée et difficile physiquement. Le résultat au classement aura bien sûr toujours son importance. Mais il demeure que celles et ceux qui finissent en queue de peloton auront mis beaucoup plus de temps et d’effort que les premiers arrivés. Ils suscitent donc l’admiration autant sinon plus que les vainqueurs. La voile est donc logiquement un sport où ceux qui perdent gagnent aussi.
Avarie sur Crêpes Whaou!
Photo: http://voile.whaou.com
Le trimaran Crêpes Whaou a subie une avarie importante. Après les festivités ayant marqué la victoire du trimaran rouge, l’équipe de Franck-Yves Escoffier était à convoyer le multicoque vers la Guadeloupe où il devait être chargé sur un cargo et ramené en France, lorsqu’ils se sont aperçu qu’une fissure ornait le bras de liaison avant sur bâbord.
Bien qu’à première vu, il ne semblait y avoir rien d’alarmant, Franck-Yves Escoffier n’a tout de même pris aucun risque. Il a immédiatement contacté son équipe et mis le cap sur la République-Dominicaine où il est présentement au mouillage dans la baie de Las Salinas à Saint- Domingue. C’est de là que le cargo prendra charge du coursier pour le ramener en France. Une inspection exhaustive sera par la suite effectué sur le bateau au complet et principalement sur la fissure suspecte pour connaître l’étendue des dégâts et surtout savoir ce qui en est la cause.
On sait qu’un peu plus tôt cet automne, l’équipe de Prince de Bretagne II avait récupéré de justesse son bateau suite à la rupture total de l’un des bras de liaison tribord. l’autre bras avait cédé un peu plus tard, causant presque le chavirage du trimaran. Hervé Cléris et ses hommes avaient pu sauvé le bateau de justesse en le placant de manière à ce que côté endommagé soit sous le vent. Quant au flotteur, il avait alors été récupéré alors qu’il ne tenait plus que par son trampoline.
Pendant ce temps, Prince de Bretagne 1 qui a été armé pour remplacer à pied levé son dauphin et prendre part à la Transat Jacques-Vabre est toujours ce matin à 1382 milles nautiques de l’arrivée. Hervé Cléris et Christophe Diestsch avancent à 12 nœuds et devraient faire leur entrée en mer des Caraïbes un peu plus tard aujourd’hui.










