Le Spirit of Canada est à vendre. On peut voir le bateau affiché sur le site de l’IMOCA. On demande 1,3 millions d’euros pour le plan Owen Clarke bâti en 2006. Bien que cette nouvelle ne soit pas des plus réjouissantes, la responsable des communications du Team, Madame Patianne Verburgh, a tenu à préciser qu’il ne s’agit nullement de lancer la serviette pour Derek Hatfield. Selon elle, le skipper de 56 ans caresserait d’autres projets et la perspective de vendre son bateau ne signifie pas pour autant le chant du cygne de la campagne IMOCA pour le canadien.
Parlant de Derek Hatfield, ce dernier est présentement en route vers la Nouvelle-Zélande où il doit s’arrêter dans les heures qui viennent. Le convoyage de l’Australie vers le nord de l’Atlantique, qui a débuté il y a quelques jours, doit être interrompu en raison de problèmes de pilote automatique. Mentionnons que Derek Hatfield a cherché et cherche toujours depuis plusieurs semaines un sponsor qui lui aurait procuré les ressources dont il a besoin pour ramener son bateau dans l’Atlantique-nord. Le prix d’un convoyage par cargo étant exorbitant et n’ayant pu trouver l’aide recherché, le skipper a donc décidé de ramener seul son coursier. Cependant, il semble que le temps commence à manquer pour le canadien qui devra quitter la Nouvelle-Zélande au plus tard d’ici deux semaines car le passage du Cap Horn ou du détroit de Magellan est impossible durant l’hiver australe qui approche à grands pas. Pour ce qui est d’un passage du canal de Panama, en raison des risques élevés au niveau de la sécurité, il faut être un minimum de quatre personnes en plus du skipper pour réaliser cette opération.
Toute personne ou organisation souhaitant aider Derek Hatfield peut en tout temps prendre contact au Canada avec l’entreprise Spi Médias au numéro suivant :
+1.418.821.9792
Pendant que la plupart des bateaux regagnent leur base et entre en chantier, -c’est le cas de PRB et Ecover- le rigodon des mouvements de personnel commence à battre la mesure. On enregistre déjà une défection chez Hugo Boss. Que se passe-t-il chez le Maître couturier ? Il semble que l’incertitude pèse lourd sur les épaules de certains au point de les encourager à regarder vers d’autres cieux, pas nécessairement plus clément mais à tout le moins plus stable.
Pendant ce temps la nouvelle saison commence et bien que certains, ne soient pas encore agents libres, du moins officiellement, on sent tout de même une drôle d’hésitation dans la longueur du temps que prennent les décideurs à se brancher sur l’avenir de leur écurie.
Ainsi, il n’y a toujours pas de décision rendue chez VM Matériaux concernant l’avenir du programme de course-voile. Chez Delta Dore et Gitana, on a mis moins de temps. On attend aussi de savoir ce qu’il adviendra de Yann Eliès et de l’équipe Generalli. Finalement, la crise économique pourrait bien redistribuer les cartes à la faveur de nouvelles forces émergentes dans ce marché. On pense tout de suite à la classe 40. Et drôle de présage, la Solidaire du Chocolat, cette nouvelle course entre Saint-Nazaire en France et Progreso dans la péninsule du Yucatan au Mexique compte déjà plus de 25 inscriptions…
Au même moment, les solitaires qui restent toujours en mer dans ce 6ième Vendée-Globe progressent à pas de tortue. On attendait Rich Wilson vers le 5 ou le 6 mars, mais il en faudra beaucoup plus au rythme où vont les choses. On pense maintenant plus entre le 8 et le 11 mars. Le seul canadien en lice Derek Hatfield a quant à lui, repris la route. Il a quitté Hobart en Tasmanie bien décidé à finir sa course en dépit de sa disqualification. Des mises à jour régulières seront acheminées pour suivre la progression de Derek et de son Spirit of Canada.
Steve White est un autre de ces skippers qui a pataugé dur pour se hisser dans son bateau. Parti de rien, ce jeune homme cultivait depuis une dizaine d’années le rêve de prendre part au Vendée-Globe comme un adolescent songe des nuits durant à sa première voiture. Il a hypothéqué sa maison et s’est endetté jusqu’aux oreilles. Quelques jours avant le départ, on se demandait encore s’il pourrait en être, tellement les difficultés étaient nombreuses et sévères. Il n’avait aucun sponsor pour le supporter et financièrement, ça surchauffait dans le rouge. Jusqu’à l’arrivée du projet Toe in the water.
Le Vendée-Globe, c’est parfois la réédition sous un autre format et à une autre échelle de toutes les grandes découvertes et conquêtes qui ont marqué l’histoire mondiale. De l’invention du téléphone en passant par celui du télescope, de la découverte du nouveau monde aux premiers pas de Neil Armstrong. Toutes ces histoires sont fascinantes. Les mois et les années de labeur qui ont précédé ces grandes réussites frappent l’imaginaire. Comme pour toutes ces personnes qui sont entrées dans la légende, il y aurait des pages et des pages à écrire sur ces émules modernes des frères Wright qui, au terme de milles efforts et de milles difficultés, affrontent ensuite milles périls pour revenir en héros aux Sables d’Olones. Toutes proportions gardées, leurs exploit dépassent quand même l’entendement.
Steve White est l’un de ces héros. Il marque sont nom en grosses lettres dorées dans l’histoire du Vendée-Globe en terminant dans le top 10 de surcroit. Un exploit que bien peu d’entre nous aurait pu imaginer. Il termine en 109 jours 36 minutes et 55 secondes. Il a complété son parcours à la vitesse théorique de 9,49 nœuds.
Voile en Ligne félicite Steve White pour sa persévérance exemplaire et son extraordinaire exploit.