
Crédit photo: www.seasailsurf.fr
Nos collègues européens du magasine Seasailsurf ont fait grand état du retour en piste du skipper Bertrand Debroc. Le Rolling Stone de la course au large est célèbre pour sa mésaventure lors du Vendée Globe de 1992, alors que suite à une mauvaise chute, il s’était infligé une sévère coupure à la langue. Lors d’une conversation par télex avec le médecin officiel de la course, ce dernier avait à ce moment conclu qu’il lui fallait se faire lui-même des points de suture.
On imagine l’homme, miroir dans une main et aiguille dans l’autre en train de se recoudre la langue à bord de son voilier qui ballotte dans tous les sens. Le comble de la misère ou presque…
Debroc a fait deux fois le Vendée Globe. Mais il ne l’a jamais complété. Or, voilà pourquoi il sollicite l’aide de tous pour mener à bien sa campagne de financement. Le marin aimerait bien terminer ce qu’il a commencé. Pour ce faire, il sollicite un montant de 50 euros par personne pour inscrire leur nom sur la coque de son bateau. Il espère de cette façon amasser suffisamment d’argent pour prendre le départ de la course prévue en novembre.
Bertrand DeBroc est un homme attachant et un bon vendeur de son sport. Profondément marqué par sa mésaventure, il en a paradoxalement profité pour lancer sa campagne sur un ton original faisant référence à sa langue recousue. Au surcroît, DeBroc est un marin des plus expérimenté. Il bourlingue depuis 1979. C’est un fier compétiteur qui a plusieurs victoires à son crédit, dont l’une, en Figaro lors du Trophée BPE 2003. L’homme n’est donc pas dénué de talent.
Âgé de seulement 52 ans, Bertrand DeBroc est quand même une légende européenne de la course au large que plusieurs espèrent revoir en piste pour le plus grand bien du sport. On lui souhaite le meilleur des vents.
Site internet du magazine Seasailsurf : www.seasailsurf.fr

Crédit photo: Barcelona World Race © 2011
Depuis maintenant près d’une trentaine d’heures, quatorze voiliers sont en route pour un tour du monde en équipe de deux. C’est la Barcelona World Race. Tel que son nom l’indique, les coursiers ont pris le départ de la ville de Barcelone en Espagne sur les côtes méditerranéenne.
Cette course qui en est à sa deuxième édition est l’un des évènements clés de la saison de voile pour la classe IMOCA. Si on exclut Vincent Riou, Marc Guillemot et Roland Jourdain, on y retrouve la plupart des grosses pointures du plateau de cette classe élite du milieu de la voile internationale.
Parmi eux mentionnons la présence du « prof » Michel Desjoyeaux faisant équipe avec le figariste François Gabard (Foncia), Loïck Peyron qui flotte avec Jean-Pierre Dick( Virbac-Paprec 3), Kito DePavant et Sébastien Audigane(Groupe Bel), et finalement Jean LeCam et le figariste Bruno Garcia(Président).
Les deux premiers équipages naviguent sur des bateaux flambants tandis que les deux derniers sont sur des unités ayant pris part au dernier Vendée-Globe. Dans le cas de LeCam et Garcia, ils ont hérité du plan Owen-Clarke de Mike Golding, l’ancien Ecover 2.
On retrouve également une importante délégation espagnole. S’il y a quelques no-name dans le tas, reste que d’autres, plus connus, sont susceptibles de causer des ennuis sinon des surprises aux leaders habituels.
C’est le cas d’Alex Pella qui navigue sur l’ancien Virbac-Paprec 2 rebaptisé du nom du brasseur espagnol Estrella Damn. Pella navigue avec le vétéran de la Volvo Pepe Ribes. Même chose pour deux autres anciens de la Volvo, Iker Martinez et Xabi Fernandez qui navigue sur Mapfre qui n’est rien d’autre que l’ancien Foncia ayant remporté le dernier Vendée-Globe. La contamination de la Volvo Ocean Race ne s’arrête pas là. Pachi Rivero et Antonio Piris(Renault) sont deux autres concurrents à prendre très au sérieux. Ils sont aux commandes de l’ancien Gitana Eighty.
On constate donc que la délégation de l’Espagne est loin d’être composée de jambons. Les Espagnols ont non seulement le talent et l’expérience, mais ils bénéficient également des outils nécessaires (les bateaux) pour offrir une riposte musclée aux Français.
Mentionnons qu’un bateau ne répondant pas aux critères en matière de sécurité n’a pu prendre le départ. Il s’agit l’ancien PRB rebaptisé sous le vocable de Fruit. Par ailleurs, on a aussi su que le voilier Hugo Boss a finalement pris le départ, mais qu’il est malheureusement privé de son skipper régulier Alex Thompson. Ce dernier est retenu par les médecins de la course. Il est en convalescence à la suite d’une appendicectomie. Il pourra remonter à bord de son coursier lorsqu’il recevra le feu vert des médecins, une mesure réglementaire de dernière minute qui n’a pas été sans susciter une certaine controverse.
La course est commencée depuis quelques heures déjà et le vent n’est pas au rendez-vous. Les vitesses sont donc modestes pour l’instant. Vivement le détroit de Gibraltar et la liberté de l’océan Atlantique!
On peut suivre la Barcelona World Race en visitant le site de la course à l’adresse suivante:

Crédit photo: Groupama
Le suspens aura duré des jours et des jours. À certains moments, on aurait cru qu’ils n’y arriveraient jamais, tellement la météo était récalcitrante. Et pourtant, ils l’ont fait. Franck Cammas et son équipe ont mis 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes pour faire le tour du monde. Ils ont remis le pied à terre le 20 mars 2010 dans une quasi-indifférence difficile à expliquer.
Pourtant le défi est à la hauteur des hommes qui sont parvenus à graver leur nom sur le Trophée Jules Verne. En dix-sept ans, il y aura eu vingt tentatives pour battre ce record et six seulement se traduiront par des succès : Bruno Peyron en 1993, Peter Blake et Robin Knox-Johnston en 1994, Olivier de Kersauson en 1997, Bruno Peyron en 2002, Olivier de Kersauson en 2004 et à nouveau Bruno Peyron en 2005. Finalement il y aura Franck Cammas sur Groupama 3 en 2010. Au surcroît, Franck Cammas devient le premier navigateur à abaisser ce record sous la barre des 50 jours.
On ne se rendra compte de l’extraordinaire valeur de ce record qu’à la longueur du temps qu’il tiendra. Et parions qu’il tiendra encore un sacré bout… Mais bon sang quand réaliserons-nous que Franck Cammas est un skipper hors de l’ordinaire? Ce gars-là a tout gagné!
• Vainqueur de la Solitaire du Figaro en 1997
• Vainqueur de La Transat Jacques Vabre en 2001, 2003 et 2007
• Vainqueur de la Transat Québec-Saint-Malo en 2000
• Vainqueur de tous les grands prix ORMA 2005 et 2006
• 6 titres de Champion du Monde ORMA (2000, 2001, 2003, 2004, 2006 et 2007)
• 2 titres de Champion du monde Fico-Lacoste des skippers (2000 et 2004)
• 1 titre de Champion du monde Multi-Cup (2006)
• Vainqueur du Trophée Clairefontaine (2000, 2006 et 2009)
• Vainqueur du Spi Ouest-France 2007 en open 7.50
• Vainqueur du Bol d’or (Voile-Léman) 2008
• Vice Champion du monde de F18 2008
• Conquête du Trophée Jules Verne. 2010
• Vainqueur de la Route du Rhum (Ultime) 2010
Avec un tel palmarès, et surtout avec ce que Franck Cammas a accompli en 2010, comment expliquer que la Fédération française de voile ait pu manquer la marche à ce point en ne le nommant pas marin de l’année 2010 ? L’explication du problème réside peut-être dans la façon dont on prend en compte les classements. D’ailleurs l’ISAF comme la plupart des fédérations de voile mélange les pommes et les oranges en mettant côte à côte les « day sailors » et des coureurs océaniques.
Or, sans rien enlever à des athlètes comme Antoine Albeau qui a réalisé de fabuleuses performances sportives, on se doit d’admettre qu’il y a une sacrée différence entre la gestion du stress et de l’épuisement dans une compétition qui se déroule 24 heures sur 24 durant plusieurs jours et d’autre part, faire des courses triangles ou des épreuves de match-racing. Si l’un n’a rien à enlever à l’autre, il reste que les deux disciplines sont complètement différentes. Et il faudra tôt ou tard le réaliser. Car quand un gars gagne le Trophée Jules Verne et la Route du Rhum dans la même année sans avoir la reconnaissance qu’il mérite, on se demande bien ce qu’il aurait dû faire de plus. Marcher sur les eaux peut-être ?
La Route du Rhum aura été l’évènement phare de la saison de voile 2010. Encore une fois, Franck Cammas aura prouvé de manière percutante son extraordinaire talent de marin en l’emportant avec panache. Telle une pieuvre, il a manœuvré seul sur Groupama 3, un engin demandant une force et une condition physique au top. On avait même installé un vélo pour permettre d’accélérer certains changements de voile. Il faut le faire !
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En IMOCA, l’année a été caractérisée par plusieurs mises à l’eau de nouvelles unités, dont le nouveau Foncia ainsi que Virbac-Paprec 3. On retiendra que les nouveaux bateaux n’ont pas cassé grand-chose lors de la Route du Rhum. Un manque d’optimisation aura laissé la place aux coursiers plus âgés et contribué à la décisive et spectaculaire victoire de Roland Jourdain lors de la Route du Rhum. Il s’agissait du deuxième titre consécutif de Bilou sur cette épreuve. Le sympathique et coloré skipper de Veolia Environnement avait pris place à bord de l’ancien BT sauvé in extremis du naufrage lors de la dernière édition de la Transat Jacques Vabre. Refait, maximisé, et parfaitement préparé, le plan Farr a offert une excellente performance.
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Chez les Multis 50’, L’année fut loin d’être facile pour les équipes de pointe. Presque toutes ont dû faire face à des avaries majeures ou des chantiers interminables comme celui qui a causé d’énormes maux de tête à l’écurie Prince de Bretagne. Fort heureusement, la victoire-surprise de Lionel Lemonchois aura été un baume sur les souffrances de l’équipe. Elle aura confondu les sceptiques, mais surtout prouvé qu’il peut être utile de ne jamais renoncer.
Rappelons qu’en dépit d’un retard considérable, Lionel Lemonchois a réussi à revenir et remporter la course à la faveur d’avaries majeures subit par les deux leaders soit Crêpes Whaou de Franck-Yves Escoffier et Actual d’Yves LeBlevec. Comme quoi, on ne sait jamais ce qui peut arriver aux leaders.
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La classe 40 a poursuivi son expansion en 2010. Plusieurs autres unités ont été mises à l’eau et d’autres sont en chantier. La class 40 gagnent en popularité et est en voie de devenir la catégorie reine de la course au large, un peu comme le fût la class de 500 cc en moto. Le contrôle des coûts et des règles de jauge strictes favorise l’émergence de nouveaux joueurs qui ne se font pas prier pour démontrer tout leur talent, et ce, qu’ils soient professionnels ou amateurs. Ce fut le cas lors de la Route du Rhum qui a couronné Thomas Ruyant, un jeune homme d’à peine 30 ans qui a aussi gagné la dernière Mini-Transat et qui est en passe de devenir une référence en course au large. On a aussi vu l’architecte Sam Manuard qui à sa première grande course y est allé d’une très belle performance tout comme l’Allemand Jorg Riechers.
L’année 2010 se termine avec les victoires de Wild Oats XI (en temps réel) et Secret Mens Business 3.5 (au compensé) dans la Sydney-Hobart Yacht Race. Puis il y a bien sûr le départ tant attendu de la Barcelona World Race la dernière journée de l’année, un tour du monde en double sur des coursiers de classe IMOCA. Nous reviendrons là-dessus dans les heures qui viennent.
En attendant, nous sommes est fier de vous annoncer que le marin de l’année 2010 selon Voile en Ligne est Franck Cammas et l’équipe Groupama. Félicitations !