Voile En Ligne 2013-05-19 @ 11:31:00 -04:00 UTC
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Imoca

Entrevue avec Michel Desjoyeaux 2ième partie: «Il est réducteur de croire que l’on va faire des règles pour ne pas casser les bateaux.»

12_desjoyeaux Cette entrevue

avec Michel Desjoyeaux 

est présentée par

Formation nautique Québec

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Nous poursuivons notre entrevue avec Michel Desjoyeaux. Aujourd’hui, le skipper de nous entretient sur l’avenir et principalement sur les risques liés à la pratique de ce sport.

V.E.L. Est-ce que vous et vos collègues avez-vous une réflexion en cours sur la problématique des avaries à répétition, sur le risque financier que cela fait peser sur les épaules des sponsors ainsi que sur l’avenir de la classe dans ce contexte?

M.D. «C’est déjà difficile de faire des règlementations qui vont dans le bon sens. On constate qu’il y a eu beaucoup d’abandons, mais ce n’est pas une catastrophe pour autant. Dans d’autres sports mécaniques pourtant plus fortunés que la voile, on retrouve des niveaux d’abandons beaucoup plus importants. D’autre part, sur les 19 abandons du , il y a 19 causes différentes, dont plusieurs qui ont frappé des objets flottants non identifiés. Certes, il ya des problèmes de fiabilité, mais il vient un temps où le skipper doit décider de mettre des critères de sécurité à certains endroits.  Chez nous par exemple, la quille de Foncia a été calculée par trois bureaux d’architectes incluant un dernier coup de moulinette donné par mon équipe. Voilà pourquoi j’ai confiance en toute cette chaîne d’efforts et que je n’ai aucun doute sur la fiabilité de chacun des éléments de mon bateau, que ce soit la quille, les cloisons de mât le vérin ou quoi que ce soit d’autre.

Cette sécurité me permet d’avoir la disponibilité d’esprit pour faire marcher mon bateau parce que je sais qu’il est largement assez solide pour ce que je veux en tirer. Nous avons construit le bateau sur les mêmes standards que s’il s’agissait d’un bateau mené en équipage. Nous avions ainsi établi qu’en équipe, il pouvait marcher à 23 ou 24 nœuds de moyenne dans les mers du Sud. Et comme sur le Vendée-Globe, nous sommes en solitaire, en maintenant un rythme autour des 20 nœuds, je savais que j’étais largement en dessous du point de rupture. Voilà pourquoi j’avais la décontraction pour tirer toute la quintessence de Foncia. C’est grâce à ces petites choses que l’on va si loin. Si un skipper ne s’intéresse qu’aux voiles et au sport et pas à la technologie, il risque d’avoir des problèmes difficiles à maîtriser.

Maintenant, il ne faut jamais faire le malin. On me dira encore que je manque d’humilité, mais je crois qu’aujourd’hui, je peux me permettre d’être un plus rassuré dans ce que je dis. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’une démarche, si structurée soit-elle, fait en sorte qu’il ne nous arrivera rien. La mer est un milieu très difficile et surtout très incertain.

En Formule 1, par exemple il n’est pas rare de voir des voitures démolies. Pourtant, il y en a toujours autant au départ lors du grand-prix suivant. Ron Dennis le patron de MacLaren disait que les voitures ont le droit de casser leur moteur entre le drapeau à damier et le camion qui les ramène à l’écurie. Nous vivons un peu la même chose. On ne peut pas être faillible, on n’a pas le droit de casser, on est considérés comme les derniers grands aventuriers et on doit être au dessus de toutes les vicissitudes de la vie? Je crois que cela est assez éloigné de la vérité et surtout de la réalité d’un voilier de course qui part en mer pour trois mois. »

V.E.L. Doit-on comprendre que vous laisseriez de côté l’idée de diminuer la puissance des monocoques comme certains le préconisent?

Il faut faire attention à ce que l’on entend par réduction de la puissance. Si par exemple, on caractérise la puissance par ce que l’on appelle le moment de redressement, diminuer celle-ci en faisant des bateaux dont le moment de redressement serait plus faible rapprocherait les monocoques d’une limite d’instabilité. Si d’autre part, on diminue la hauteur des mâts pour amoindrir la surface de voile sous le prétexte que c’est trop grand pour un homme seul, idée que je ne partage pas soit dit en passant, ça augmenterait alors le moment de redressement. Alors, du coup, qu’est-ce que l’on décrit comme la puissance, qu’est-ce qui est limitant et quelle est la moins mauvaise décision à prendre? Bien que l’on doive imaginer des règles pour qu’il y ait une équité sportive, il ne faut pas penser que les bateaux sont faits pour être cassés. On fait des bateaux pour la compétition et il est normal que de temps en temps on aille un peu trop près des limites. Mais cela fait partie du jeu.

On est dans cette problématique. Nous pourrions revenir à des bateaux monotypes certes, mais cela figerait complètement l’évolution technologique. On ne peut pas geler une jauge pendant dix ou quinze ans. Il ne faut pas oublier que les bancs d’essai, que sont des classes comme l’IMOCA, permettent aussi de faire progresser d’autres jauges et ultimement tout le milieu de la voile. Voilà pourquoi il m’apparaît quelque peu réducteur de croire que l’on va imaginer des règles qui vont permettre de ne plus casser les bateaux.

V.E.L. Est-ce que les conditions de mer et de météo étaient plus difficiles cette année? Certains disent qu’un Vendée-globe comme celui-là aurait pu avoir des conséquences funestes dans les années 80 ou 90. Qu’en pensez-vous?

M.D. «Je n’ai pas eu cette impression d’où j’étais. Ça me semblait même moins difficile qu’il y a huit ans. Mais je pense que cela était surtout dû aux prévisions météo qui sont bien meilleures que ce qu’elles étaient à cette époque. On peut maintenant choisir de faire plus de route avec moins de vent en surfant sur la bordure ou encore de couper au centre d’une dépression où ça souffle fort, mais où aussi, la mer est plus dure. C’est le genre de choix que la précision des fichiers météo d’aujourd’hui permet de faire.

Le fait d’avoir augmenté l’angle de chavirage de nos bateaux comme la jauge l’impose contribue aussi à la sécurité. Les bateaux sont plus marins sans pour autant aller moins vite. Voilà pourquoi, entre autres, on déplore beaucoup moins de pertes de vie. Et cela est une évolution remarquable.

Ceci étant dit, quand on pratique un sport comme le nôtre, il faut s’attendre à prendre des risques. Ils ne sont pas pour autant plus dangereux que ceux que l’on prend sur terre, si tant est qu’on fasse les choses de manière sécuritaire. Le risque zéro n’existera jamais, ni sur mer, ni sur terre. Chaque coureur assume ses propres risques. Nous ne sommes pas des fous et des kamikazes. Nous avons des familles, des enfants et des responsabilités. Nous sommes pour nombre d’entre nous des chefs d’entreprises. On ne fait donc pas cela pour jouer avec notre vie. On fait cela par plaisir et par passion, mais aussi de façon très rationnelle et raisonnée. »

V.E.L. Quel est l’avenir de ce sport ? Les économies émergentes sont-elles en train de s’accaparer de la course océanique en raison de leurs moyens financiers considérables ? Les petits marchés subiront-ils les conséquences du déplacement des évènements au profit d’autres cieux économiquement plus cléments pour les organisations?

M.D. Pourquoi pas ? Il y a d’autres endroits où l’on peut faire de la voile. La Volvo Ocean Race a démontré que le marché chinois de la voile de plaisance se développe, mais par contre, tout est à faire. Il leur faudra apprendre à construire des bateaux, aménager les ports de plaisance nécessaires, il faudra augmenter le nombre d’écoles de voile en raison de la demande. Cette dynamique est tout à fait envisageable. La Volvo Ocean Race a permis de faire découvrir la voile à d’autres nations que celles traditionnellement plus proches de ce sport. S’il y a d’autres nations qui participent et que la voile conquière d’autres marchés et que cela se traduit par l’expansion de ce sport en notoriété ou en popularité, croyez bien alors que je serai le premier enthousiasmé par cette nouvelle perspective. 

Propos recueillis le 26 mars 2009 par Daniel Lévesque

Ça bouge en IMOCA!

Beaucoup de mouvements dans la classe cette semaine. Le skipper a d’abord été honoré de l’ordre mérite par le roi du Barhein Hamad bin Isa Al Khalifa, suite à sa cinquième place dans le .

Ca bouge en classe Imoca

D’autre part, l’assemblée générale de l’IMOCA s’est tenue hier à Barcelone en Espagne sur l’invitation de la .

On sait que la Fondation pour la Navigation Océanique de Barcelone est très impliquée dans la Barcelona World Race et a récemment fait l’acquisition de deux bateaux, soit ceux de Loïck Peyron et de Jean-Pierre Dick. La FNOB annonce ainsi son intention de devenir un partenaire majeur de L’IMOCA.

À cette occasion, l’IMOCA s’est appliquée à rencontrer deux objectifs, soit ceux de fiabilité et de sécurité. Ainsi donc, l’assemblée s’est appliquée à limiter les écarts de vitesse entre les nouveaux bateaux et ceux des générations antérieures. Trois mesures ont été votées:

1) le nombre de voiles limitée à 10 (peu importe le nombre d’équipiers à bord)

2) le nombre d’appendices limité à 5 (1 quille, 2 safrans et 2 dérives)

3) la définition d’une hauteur de mât maximum.

Cette dernière résolution aura également un impact sur la sécurité dans la mesure où elle permet de limiter la puissance des mâts. Cette mesure est une conséquence directe de la série de casses observées lors du Vendée Globe. Ces mesures seront définies afin de faciliter l’utilisation de la bôme lors de la mise en place d’un gréement de fortune. Elles permettront également plus de manœuvrabilité en cas de perte de mât.

Les problèmes se quille rencontrés ont également engendré la mise en place d’une mesure qui instaure de nouveaux tests obligatoires de contrôle de torsion, de flexion et de vibration des quilles afin de prévenir un grand nombre d’abandons.

Concernant la sécurité des skippers, Wavre a rappelé l’expérience de Yann Eliès au cours de laquelle il s’est cassé le fémur et s’est retrouvé dans l’impossibilité d’atteindre sa trousse de secours et autres équipements d’urgence. « Nous allons tenter de faciliter la tâche des navigateurs blessés en améliorant l’accès aux équipements de secours et nous adapterons la règle en conséquence ».

Des mesures techniques seront également étudiées afin de maintenir le tableau arrière hors de l’eau en cas de chavirage, permettant au skipper de s’extraire du bateau par la trappe de secours comme l’a fait Jean Le Cam lors du Vendée-Globe.

Les membres de l’assemblée ont également approuvé le besoin de développer de nouvelles technologies, notamment les systèmes d’énergies renouvelables. L’une des prochaines règles autorisera le développement de moteurs électriques qui fonctionneront à l’aide d’éoliennes, de panneaux solaires ou d’hydro générateurs dont les bateaux IMOCA sont déjà équipés.

Le programme de courses a également été défini. La décision la plus attendue était la confirmation de l’European Pro Tour dont le départ sera donné à Istanbul, avec des étapes à Nice, Barcelone, un port Britannique (à confirmer) et une arrivée à Brest. Les autres épreuves au calendrier sont La Transat Jacques Vabre, La Route du Rhum, La Barcelona World Race et le Vendée Globe.

Le nouveau Conseil d’administration de l’IMOCA a été élu comme suit: Président, Dominique Wavre; Vice-président, Pascal Chadail et Jacques Guilbaud; Secrétaire Général, Bernard Stamm; Président du Technical Committee, Pascal Chadail; Président de l’Event Committee, Jean Le Cam. Yann Eliès et Alex Thomson complètent le Conseil d’Administration. Luc Talbourdet reste Trésorier.

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Le voilier Hugo Boss a été remis à l’eau après un chantier de plusieurs mois. Le monocoque noir parcourra la Méditerranée cet été et sera présent lors du Grand-Prix de Monaco de Formule 1. On sait qu’Hugo Boss est aussi partenaire de l’écurie MacLaren. De ce côté, Voile en Ligne a appris de bonne source qu’en dépit des difficultés rencontrées jusqu’à maintenant par cette écurie de course océanique l’entreprise Hugo Boss entend rester partenaire du monde de la voile de compétition de haut niveau et ce, avec ses ressources actuelles.

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En terminant, l’entreprise espagnole de communication Telefonica pourrait s’engager en classe IMOCA. C’est ce qu’a laissé entendre le manager de la FNOB Jose Benavides. Selon le magazine Course Au Large qui a publié une dépêche sur le sujet sur son site Internet, Il semble que l’écurie qui est déjà engagé dans la Volvo Ocean Race s’intéresse de façon sérieuse à la classe IMOCA et envisagerait un partenariat pour le prochain .

Nouvelles de Derek Hatfield et du Spirit Of Canada.

Publié le 20/02/09 par Daniel Lévesque

Il y a maintenant six semaines que a lancé ses amarres sur les pontons australiens. On se rappellera que le skipper canadien avait été contraint de mettre fin à sa participation au suite à un vrac ayant entrainé des cassures aux barres de flèche de son . Depuis ce temps, Derek a procédé aux réparations et préparé son bateau en vue d’un convoyage de retour qui devrait s’effectuer dans les jours qui viennent.

C’est l’entreprise Navtec a fourni l’équipement qui est arrivé en Australie le 16 février dernier. Depuis lors, Derek Hatfield s’est appliqué à réparer et préparer le bateau. Il comptait ainsi prendre un départ demain et de même, suivre les autres coursiers engagé dans la Volvo Ocean race et la Portimao Global Ocean Race. On sait qu’il est déconseillé de naviguer seul et isolé dans le pacifique sud étant donné l’éloignement de toute terre, ce qui rend les interventions difficiles en cas de pépin.

Derek ramènera en solitaire son bateau. Sa campagne en vue de trouver un ou deux passager suite à la mise aux enchères de deux places à bord ne s’est pas avérée fructueuse. Il faut dire que le voyage vers l’Australie aurait été fort onéreux et que le convoyage d’un Open 60 par le Cap Horn n’a rien de « la Croisière s’amuse ». En plus de l’argent ainsi que les frais de déplacement, les candidats devaient impérativement avoir quelques milliers de milles nautiques au compteur. Ne navigue pas qui veut dans le grand sud.

Une fois de retour, Derek Hatfield envisage de poursuivre sa campagne en . Il laisse même entendre qu’il souhaiterait prendre le départ du prochain Vendée-Globe en 2012. Vous pouvez suivre Derek au cours des prochaines semaines en visitant le site internent de à l’adresse suivante :

http://www.spiritofcanada.net/

Malheureusement, c’est uniquement en anglais.

Voile en ligne souhaite Bon vent à Derek Hatfield !

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