
Crédit photo: Barcelona World Race © 2011
On y pensait presque plus. La course avait tellement bien commencé. Le passage du détroit de Gibraltar, puis la descente de l’Atlantique avec le passage aux Canaries. Bref, on avait presque oublié que parfois… Ça casse!
Certainement, au bistro hier matin, en prenant leur petit café, d’aucuns devaient se dire « Tiens! C’est chic! Pas de bris ni d’abandon depuis le début de cette course… » Mis à part le ciel qui tombe sur la tête d’Alex Thompson peut-être? Mais de ce côté, un jour viendra bien qui ne saura être comme ceux qui précèdent.
Et puis voilà, paf! On s’était réjoui trop vite. Le premier tombé au champ d’honneur est Président des skippers Jean LeCam et Bruno Garcia qui ont vu leur mât lâcher en fin d’après-midi hier. Et comme si ce n’était pas assez, voilà que Foncia a vu son crash-box être explosé par un objet flottant non identifié. Le voilier piloté par Michel Desjoyeaux et François Gabart projette un arrêt technique au Brésil.
Pour ce qui est de Bruno Garcia et Jean LeCam, après avoir largué les voiles et tout le gréement par-dessus bord, ils font maintenant tous les deux, route au moteur vers le Cap Vert où ils devraient accoster en fin de journée aujourd’hui. Ils ne sont plus qu’à une cinquantaine de milles du ponton de service.
On comprend que pour le duo franco-espagnol, les chances de repartir en course de l’archipel portugais après une éventuelle réparation sont plutôt minces sinon carrément nulles. Il faudrait un mât, un gréement et des voiles neuves. Le tout installé sur un bateau relancé en course sans aucun essai préalable. Autant aller courir le marathon sans entraînement…
Voici le récit des évènements raconté par Jean LeCam :
” Nous sommes à une cinquantaine de milles de notre port d’arrivée et à 25 milles sous le vent de la côte de l’île de San Antao. Nous progressons à 4 nœuds au moteur. Nous espérons arriver avant la nuit, mais pour l’instant nous sommes travers aux alizés donc nous ne progressons pas très vite. Nous devrions donc toucher terre cette nuit, un peu avant si la mer s’aplatit derrière les îles. Au niveau gazole nous avons tout ce qu’il faut à bord puisque nous avions le plein pour notre tour du monde.
Le démâtage s’est passé vers 19h00 TU, juste avant la tombée de la nuit. Il y avait 20-25 noeuds de vent. Nous étions sous gennaker et grand-voile haute. Nous avons planté dans un train de vagues d’alizés assez courtes. Cela n’avait rien d’exceptionnel. Le pourquoi du comment, je n’en sais rien. J’étais à la barre à ce moment-là alors que Bruno se trouvait à la table à carte.
Ce n’était même pas un enfournement, c’était un petit planté comme cela nous est arrivé une vingtaine de fois. Au niveau du mât nous avons planté, nous avons entendu « crac » et le fagot était par terre. Le temps que tu lèves la tête et il n’y a plus de mât ! Difficile donc de savoir ce qui s’est passé.
Le mât s’est cassé, il n’est pas parti sur l’avant. Le mât a dû se casser en plusieurs morceaux. Mais je ne peux pas dire en combien. Tout est tombé à l’eau. Le souci, qui est toujours le même, est d’éviter d’abîmer la coque. Le mât était sur le côté, il a donc fallu tout larguer le plus rapidement possible pour éviter d’endommager le bateau. Nous avons coupé les drisses et les écoutes jusqu’à ce que le bateau se sépare du gréement complet. Après vérification nous avons mis le moteur immédiatement pour nous diriger vers le port le plus proche.
C’est un coup. Nous n’avons plus de mât ni de voiles. Il nous est très difficile de repartir. J’ai découvert ce bateau récemment. Globalement, nous en étions assez satisfaits. Ce n’était pas la dernière génération de bateau. Nous avions un petit manque de vitesse par rapport aux nouveaux bateaux même si globalement, nous allions pas mal. Pour revenir sur notre course, Mapfre et Groupe Bel nous donnaient du fil à retordre. Mapfre va vite, il est le plus rapide de la flotte. “
Côté course, le malheur des uns fait toujours le bonheur des autres. Virbac-Paprec 3 toujours en tête depuis plusieurs jours, verra Foncia lui lâcher les baskets au Brésil. Le bateau bleu de Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron devrait entrer dans le pot au noir dès ce soir avec une avance confortable de plus de 200 milles sur Estrella Damm, troisième pour l’instant.
À ce chapitre, mentionnons que c’est la guerre pour le troisième rang qui devrait bientôt être le deuxième. Le brasseur de bière espagnole est poursuivi par deux espadons. Le premier est Mapfre qui a doublé Mirabaud. Si l’ancien Foncia d’Iker Martinez et Xabi Fernandez fait parler la poudre, reste que le Suisse Dominique Wavre et sa conjointe Michel Paret ne sont pas prêts à leur concéder leur place à la buvette sans combattre. Les tourtereaux circumnavigateurs font marcher le plan Owen Clarke à plein régime et sont collés aux ailerons du bateau des deux Espagnoles.
On retrouve donc trois bateaux dans un rayon de 34 milles nautiques au troisième, quatrième et cinquième rang tandis que Groupe Bel à 312 milles et Neutrogena à 333 milles sont en cinquième et sixième place.

Crédit photo: © Équipe Virbac Paprec
Même si par les temps qui courent, on ne parle pas beaucoup de l’IMOCA il n’en demeure pas moins que beaucoup de choses se passent de ce côté-là. D’abord, vous vous rappelez sans doute que nous avions mentionné en avril le retour de Luc Talbourdet qui a repris son siège de président à la barre de l’IMOCA après un an d’absence pendant laquelle le Suisse Dominique Wavre avait occupé le poste. Hé bien on apprenait récemment qu’il est de l’intention de Dominique Wavre de participer au prochain Vendée Globe. Le Suisse prendra donc un troisième départ sur ce tour du monde en novembre 2012 cette fois-ci sous les couleurs de la banque privée suisse Mirabeau.
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Le monocoque Virbac Paprec 3 est sur sa dernière phase de préparation avant sa mise à l’eau et son test de retournement qui devraient se faire incessamment. Le nouvel Open 60 du skipper Jean-Pierre Dick dessiné par Guillaume Verdier et Vincent Loriot-Prévost est toujours au chantier Cookson en Nouvelle-Zélande. Pour sa première sortie majeure, Jean-Pierre Dick prévoit participer à la Route du Rhum en novembre prochain. Durant l’été, l’équipe fera la traversée du bateau probablement par le canal de Panama pour ensuite traverser l’Atlantique et rejoindre la France.
Pendant ce temps, Vincent Riou a de son côté, tiré les premiers bords sur son nouveau PRB, un sistership de Safran et lui aussi un plan VPLP. Lors du grand-prix de Douarnenez, Vincent le terrible a étrenné son nouveau coursier sans toutefois être en mesure de devancer Marc Guillemot qui a finalement eu le dessus. On peut penser que l’équipe PRB est encore en période de rodage et qu’en tenant compte de ce facteur, ils n’auront pas voulu pousser la machine qu’ils veulent sans doute faire monter graduellement en puissance.
Toujours en IMOCA, un autre Suisse, cette fois-ci il s’agit de Bernard Stamm qui vient de terminer une transat AG2R pour le moins ordinaire, avait probablement la tête ailleurs. Son nouveau bateau, un plan Kouyoumdjan est à prendre forme en ce moment même dans les chantiers du groupe Decision S.A. en Suisse. En passant, ce chantier-là est celui qui produit les Decision 35. Ils ont aussi été impliqués dans la construction de bateaux pour la Coupe de l’America.
Puis, il y a Roland Jourdain qui tel un canard, semble tranquille sur le dessus de l’eau ces temps-ci pendant que les palmes, elles, s’activent à brasser pas mal sous la surface. Le skipper prépare en ce moment son retour en course. Il prendra le départ de la prochaine route du rhum sur l’ancien BT de Sebastien Josse qui a été sauvé in extremis du naufrage en novembre dernier. Le bateau a été réparé et entièrement repeint aux couleurs de Veolia Environnement. Qu’advient-il de son plan Lombard ? Il semblerait que le bateau fasse l’objet d’une location, ce qui explique que Roland Jourdain a dû se rabattre sur le coursier de Sébastien Josse.
Finalement, le roi Jean LeCam était soulagé d’avoir pu enfin mettre la malchance de côté en complétant hier cette Transat AG2R. Il a d’ailleurs terminé la traversée avec une très belle performance. Aussi, le roi Jean a-t-il annoncé son intention de participer prochainement à la Barcelona World Race. On pense qu’il pourrait faire équipe avec Vincent Riou.
Puis, il s’engagera activement dans la recherche d’un partenaire pour le Vendée Globe 2012. Voile en Ligne a appris que VM Matériaux ne dirait pas non à un retour mais souhaiterait par contre une formule du type 50-50 avec un autre partenaire. Quant au futur bateau de LeCam, on pense qu’il serait déjà dessiné. Il s’agirait là-aussi d’un plan VPLP, ce qui expliquerait la proximité du roi Jean avec l’équipe PRB.

Crédit Photo: © DR
Parmi les engagés de la Transat AG2R, se trouve un groupe ayant choisi l’option de manière quelque peu extrême. Il y a aussi les autres, qui dans l’est qui ont fait de même. Pour comprendre un peu le contexte, imaginons que l’un des deux est parti de Rimouski et a fait un détour par Drummondville pour se rendre à Roberval…
S’il est vrai qu’en voile, le chemin le plus court n’est pas nécessairement la ligne droite, certains participants de cette course se sont rendu compte que le chemin le plus long mène ne valait pas l’investissement consenti.
Évidemment, c’est toujours facile à dire quand on est bien assis chez soi sans avoir le pif dans le vent comme les coureurs. Mais toujours est-il qu’au final, certains trouvent la facture aussi salée que l’eau sur laquelle leur bateau avance. C’est le cas de Crédit Mutuel de Bretagne qui se retrouve ce matin à plus de 92 milles du meneur. Même chose pour Generali-Europ-Assistance du duo Beyou-Elièes qui est à plus de 90 milles du meneur. Quant à l’autre Generali, celui de Lunven et LeCam, ils cravachent à près de 77 milles de la tête.
Évidemment, la course est loin d’être finie. Mais parions que les chances sont bonnes qu’en posant la question la réponse soit que ce n’est pas vraiment la place que ces gens-là voulaient occuper en choisissant l’option est. Pour les cowboys, qui eux avaient opté pour l’ouest, le résultat est meilleur pour ne pas dire les dommages sont moindres… Gedimat est à 21 milles, Gaspé 7 à 28 milles et Lufthansa est de son côté à 31 milles.
Les deuxièmes du tiercé sont les centristes Cercle Vert de Morvan et DeBroc à un peu plus de 10 milles. Ceux qui ont fait mouche à cette loterie météo sont sur Saveol. Le bateau de Romain Attanasio et Samantha Davies est en effet le grand gagnant de cette première option stratégique. Après être allé vers l’ouest, le bateau des tomates s’est recalé juste à temps pour aller chercher la mise.
Dans d’autres classes, la situation des retardataires n’aurait rien de catastrophique. Mais il en va tout autrement en monotype Figaro où chaque écart si minime soit-il reste significatif et peut faire toute la différence entre l’arrivée en première place et « la place du con » pour paraphraser Jean LeCam. Pour l’instant, ceux qui sont passés par Drummondville sont en passe de se retrouver dans le deuxième groupe à moins que la bouée de Palma viennent jouer les trouble-fêtes. Il y aura pas mal d’empannage au menu car la zone comporte encore une bonne dose de vents instables et de bulles anticycloniques. Des options sont donc encore possibles avant l’autoroute des alizées. La chasse est ouverte. Après les cowboys et les indiens, voici maintenant Teetee et Grosminet… Qui sera le premier à avaler le canari?





