Voile En Ligne 2013-05-23 @ 13:44:04 -04:00 UTC
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Jörge Riechers

Transat Québec/Saint-Malo: Les forces en présence.

S’aligner au départ d’une grande océanique est en soi un exploît. Reste ensuite à se rendre à destination et terminer au meilleur rang possible. Remporter une comme la Québec Saint-Malo est donc un accomplissement extraordinaire. D’autant que cette revêt un caractère mythique par son histoire et sa longévité.

[media-credit name="Crédit photo: Spi Médias communication inc. © 2012" align="alignnone" width="520"][/media-credit] 

D’ailleurs, depuis sa première édition en 1984, les Québécois qui ont figuré sur la liste des gagnants sont loin d’être légion. À notre connaissance, le seul qui a inscrit son nom sur la plus haute marche du podium est le regretté Gerry Roufs en 1988 alors qu’il naviguait sur le catamaran Jet Services du skipper Serge Madec.

Généralement, le premier à sortir du Saint-Laurent va être en cadillac s’il choisit la bonne option qui est d’ordinaire le nord. Mais on ne saurait trop répéter ce qui est devenu un cliché à savoir que notre fleuve est une boîte à surprise et que sa descente est loin d’être facile en plus de requérir une attention de tous les instants en cette période d’étiage. Les trois dernières éditions ont vu apparaître des unités munies de voile de quilles long, ce qui rend la navigation encore plus périlleuse. La Transat de 2008 a vu deux se retrouver dans le trouble. L’un s’est échoué sur les banc de l’île rouge tandis que l’autre a talonné sur la roche à Veillon près de St-Jean Port-Joli.

C’est donc dire que la connaissance approfondie du St-Laurent et des chartes de profondeurs ainsi qu’une navigation avec la plus grande attention sont parmi les prérequis les plus importants pour espérer se rendre et gagner la course. Si les Québécois bénéficient d’un peu plus d’expérience à ce chapitre, sur d’autres plans, ils sont défavorisés. Nous y reviendrons dans notre deuxième article sur le sujet à paraître demain.

Du coup, le Saint-Laurent étant le talon d’Achille des équipages, la morphologie du plan d’eau impose de multiples et épuisantes manoeuvres. Le chenal sud est plus rapide, mais aussi plus exigeant. Tandis que le chenal nord lui, est fréquenté par les cargos. Quant à la météo, la norme veut qu’un sud ouest offre des conditions de portant. Mais sur cette question, il n’y a pas de service après-vente. Pas de solution miracle donc. Comme disait Churchill, ce sera « blood sweat and tears » jusqu’après Terre-Neuve où les équipages pourront enfin prendre un peu de repos. D’ici là, oubliez ça! Changements de voile, empannages et matossage au menu.

La condition physique et surtout la capacité de résistance à la fatigue sont donc un deuxième critère important pour envisager la moindre chance de victoire. Le synchronisme et l’homogénéité des équipe sont aussi des valeurs non négligeable quand on doit multiplier les manoeuvres sur un plan d’eau aussi technique. Bien que le festival printanier de la bille de bois soit derrière nous, le fleuve , le golfe et les bancs de Terre-Neuve regorge encore de pièges tels que filets dérivants, haut-fonds, bouées, courants et marées qui rendent complexe à la fois la navigation et les choix stratégiques lorsqu’il est par exemple question de choisir le meilleur moment pour empanner. Sur ce plan, les équipes québécoises de Georges Leblanc et d’Éric Tabardel ont une longueur d’avance notable, se bagarrant sur leur terrain de prédilection.

Le troisième critère est le bateau. Fiabilité et rapidité sont les deux mots clés. Ça élimine beaucoup de monde. À peine une 6 à huit bateaux peuvent prétendre répondre à ces critères indispensables. Le premier qui nous vient en tête est du skipper allemand Jörg Riechers. a démontré toute la puissance du Mach 40 de Sam Manuard. L’équipe germanique a aussi à sa disposition un groupe de préparateurs qui travaillent sur le coursier depuis son arrivée à Québec. Riechers est talentueux et minutieux dans ses choix tactiques. Il est sans contredit le grand favori de cette course.

L’équipe du skipper français Aloys Le Claquin a la même monture et est également à compter parmi les favoris. Mais celui le plus susceptible de livrer un duel de titan aux Allemands est le Belge Michel Kleinjans sur le Kiwi 40 FC Roaring Forty II. C’est d’ailleurs la première confrontation sérieuse entre le Kiwi 40, un plan dessiné par le cabinet Farr Yacht Design et le Mach 40.

L’Américain David Rearick s’est présenté à Québec avec un super espadon flambant neuf sorti des chantiers néo-zélandais il y a quelques mois à peine. Bodacious Dream est un Kiwi 40 aussi, tout comme son sistership Roaring Forty II. Si ce bateau avait une traversée de faite, nous pourrions y croire. Mais le problème est que les Américains n’ont pas l’expérience de plans d’eau tels que le fleuve ou la côte ouest française et surtout, que ce bateau n’a pas été éprouvé ni optimisé. Il y a encore trop de travail à faire pour espérer le voir gagner. Mais sait-on jamais?

Dans un autre registre, si les courses étaient autrefois une affaire presque exclusivement française, ce n’est plus le cas de nos jours. Mais croire que nos cousins ne sont pas dans le coup serait une erreur grossière. Le vétéran et sa compagne nous viennent tout de suite à l’esprit. Leur bateau, un Pogo 40 S2  est fiable, rapide et bien préparé. L’équipe est homogène et expérimentée. Le champion de 2008 en Class 40 est loin d’être battu d’avance.

Il faudra aussi observer avec attention les plan Lombard. Thierry Bouchard et Fabrice Amédéo disposent de puissants Akilaria RC2 capable de faire la guerre. Chez , l’équipe a le même noyau depuis un bon bout de temps avec entre autres le figariste , un surdoué qui a gagné la mini-transat en 2003 et dont les talent de régatier sont connus. Le duo a terminé troisième de la Solidaire du Chocolat. À quelques encablures de l’arrivée, l’Akilaria est venu à bout de reléguer au quatrième rang le Tyker 40 Évolution Aquarelle.com (un plan Verdier) sur lequel naviguait le duo formé de Yanick Bestaven et Éric Drouglazet, un coup de force dont on parle encore dans le milieu de la .

Il ne faut pas oublier non plus les trois mousquetaire chez Groupe Picoty. Jacques Fournier et Jean-Christophe Caso  ont l’expérience du fleuve. Mais ce qui enrichit cette équipe est sans contredit la venue d’Arnaud Boissière, un athlète qui fera le Vendée Globe en novembre prochain. Malgré son expérience limité du fleuve et des Class 40, il n’en demeure pas moins un excellent gestionnaire de course. Il apportera à l’équipe son expérience d’une course dans la durée et la patience qui lui manque peut-être un peu.

Une autre équipe à surveiller est celle de Stéphane Le Diraison. Ministe talentueux accumulant les succès, Le Diraison ne pourra toutefois pas compter cette fois-ci sur les services de l’excellent Adrien Hardy. Il a donc choisi pour lui succéder. Or, Delesne est loin d’être un inconnu. Il revendique une victoire d’étape sur la mini-Transat. Mentionnons aussi que le bateau est un Pogo 40 S2 avec lequel il a raflé la deuxième place de la Solidaire du Chocolat. Seul inconvénient pour cette équipe, comme chez Geodis, c’est la méconnaissance du fleuve…

La suite demain alors que nous analyserons les chances de nos Québécois et jetterons un coup d’oeil sur les multicoques.

 

 

 

 

 

 

 

Solidaire du Chocolat: Riechers et Lepesqueux triomphent.

a sacré ses champions. Et c’est et qui ont remporté les grands honneurs.

Crédit photo: © 2012 Bruno Bouvry / imagesdemer.com

Le duo franco-allemand a fait une splendide depuis le départ et terminé la traversée en 24 jours 7 heures 41 minutes et 24 secondes explosant le record de par pas moins de 2jours 8heures 53minutes 36 secondes.

En plus d’avoir accompli un exploit sportif remarquable, la victoire des deux hommes marque le terme d’une course exceptionnelle. Aucun abandon et une confrontation serrée jusqu’à la fin. Le tout dans un environnement imposant aux coureurs la limite de la tolérance physique et psychologique. Chaleurs étouffantes, fatigue, obligation d’être constamment la main à l’écoute pour tirer le maximum de la performance du bateau, bref, les vainqueurs ne l’ont pas volé.

Marc Lepesqueux et Jörge Riechers naviguaient sur , un Mach 40 flambant neuf dessiné par Sam Manuard. Il s’agit de la deuxième génération de voilier crayonnés par ce talentueux architecte en passe de devenir le Guillaume Verdier de la .

La deuxième place est allée au duo formé de l’un des champions défendant Adrien Hardy et du skipper Stéphane LeDiraison sur le voilier Agir Recouvrement-Bureau Véritas. La troisième place fut quant à elle une très belle surprise. Fabrice Amédéo et sur ont coiffé par un nez les champions de la Transat Jacques Vabre Éric Drouglazet et Yann Bestaven sur Aquarelle.com.

C’est l’aboutissement d’une belle aventure. Il reste encore quelques voiliers en mer, dont celui du français d’origine canadienne qui a dû faire escale à St-Barthélémy. est accompagné par Benoît Jouandet. Les deux ferment la marche à un peu moins de 1000 milles du but.

Il est à espérer que le côté médiatique sera un peu plus développé sur cette course passionnante. Cela va dans l’intérêt de la classe qui se développe de plus en plus et attire des marins faisant partie de l’élite mondiale de ce sport.

La Solidaire du Chocolat est une course magnifique. Elle a ceci de particulier qu’elle est une épreuve à caractère caritative. Elle sert à amasser des fonds pour des oeuvres auxquelles des entreprises acceptent de s’associer. Ainsi, mentionnons que le duo vainqueur naviguait pour  l’Association des Malades d’un Syndrome Néphrotique primitif ou idiopathique, qui rassemble et crée des liens entre les familles touchées par la maladie. Dix mille personnes sont touchées, principalement des enfants. Le syndrome néphrotique est la maladie rare des reins la plus fréquente chez les enfants, mais encore très peu connue. Le navigateur Marc Lepesqueux porte les couleurs de l’association depuis que sa fille, Marine, est atteinte de cette maladie.

Le duo tirait aussi des bords pour un autre organisme, l’ACF. La vocation d’ACF est de sauver des vies en luttant contre la faim, la misère physiologique, les situations de détresse qui menacent de mort des hommes, des femmes, des enfants sans défense. L’action de l’association se situe soit pendant la crise elle-même (intervention d’urgence), soit après (programmes de réhabilitation et de relance). Elle peut aussi intervenir dans la prévention des risques.Tous les programmes d’Action contre la Faim ont pour finalité de permettre à leurs bénéficiaires de recouvrer le plus vite possible leur autonomie et les moyens de vivre sans dépendre d’une assistance extérieure.


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