Voile En Ligne 2013-05-22 @ 23:56:09 -04:00 UTC
Le Blogue nautique de référence au Québec!

La Solidaire du Chocolat

1 2 3 5

Solidaire du Chocolat: Riechers et Lepesqueux triomphent.

a sacré ses champions. Et c’est et qui ont remporté les grands honneurs.

Crédit photo: © 2012 Bruno Bouvry / imagesdemer.com

Le duo franco-allemand a fait une course splendide depuis le départ et terminé la traversée en 24 jours 7 heures 41 minutes et 24 secondes explosant le record de course par pas moins de 2jours 8heures 53minutes 36 secondes.

En plus d’avoir accompli un exploit sportif remarquable, la victoire des deux hommes marque le terme d’une course exceptionnelle. Aucun abandon et une confrontation serrée jusqu’à la fin. Le tout dans un environnement imposant aux coureurs la limite de la tolérance physique et psychologique. Chaleurs étouffantes, fatigue, obligation d’être constamment la main à l’écoute pour tirer le maximum de la performance du bateau, bref, les vainqueurs ne l’ont pas volé.

Marc Lepesqueux et Jörge Riechers naviguaient sur Mare, un Mach 40 flambant neuf dessiné par Sam Manuard. Il s’agit de la deuxième génération de voilier crayonnés par ce talentueux architecte en passe de devenir le Guillaume Verdier de la .

La deuxième place est allée au duo formé de l’un des champions défendant Adrien Hardy et du skipper Stéphane LeDiraison sur le voilier Agir Recouvrement-Bureau Véritas. La troisième place fut quant à elle une très belle surprise. Fabrice Amédéo et Armel Tripon sur Geodis ont coiffé par un nez les champions de la Transat Jacques Vabre Éric Drouglazet et Yann Bestaven sur Aquarelle.com.

C’est l’aboutissement d’une belle aventure. Il reste encore quelques voiliers en mer, dont celui du français d’origine canadienne qui a dû faire escale à St-Barthélémy. est accompagné par Benoît Jouandet. Les deux ferment la marche à un peu moins de 1000 milles du but.

Il est à espérer que le côté médiatique sera un peu plus développé sur cette course passionnante. Cela va dans l’intérêt de la classe qui se développe de plus en plus et attire des marins faisant partie de l’élite mondiale de ce sport.

La Solidaire du Chocolat est une course magnifique. Elle a ceci de particulier qu’elle est une épreuve à caractère caritative. Elle sert à amasser des fonds pour des oeuvres auxquelles des entreprises acceptent de s’associer. Ainsi, mentionnons que le duo vainqueur naviguait pour  l’Association des Malades d’un Syndrome Néphrotique primitif ou idiopathique, qui rassemble et crée des liens entre les familles touchées par la maladie. Dix mille personnes sont touchées, principalement des enfants. Le syndrome néphrotique est la maladie rare des reins la plus fréquente chez les enfants, mais encore très peu connue. Le navigateur Marc Lepesqueux porte les couleurs de l’association depuis que sa fille, Marine, est atteinte de cette maladie.

Le duo tirait aussi des bords pour un autre organisme, l’ACF. La vocation d’ACF est de sauver des vies en luttant contre la faim, la misère physiologique, les situations de détresse qui menacent de mort des hommes, des femmes, des enfants sans défense. L’action de l’association se situe soit pendant la crise elle-même (intervention d’urgence), soit après (programmes de réhabilitation et de relance). Elle peut aussi intervenir dans la prévention des risques.Tous les programmes d’Action contre la Faim ont pour finalité de permettre à leurs bénéficiaires de recouvrer le plus vite possible leur autonomie et les moyens de vivre sans dépendre d’une assistance extérieure.


Solidaire du Chocolat: Petit plateau mais gros joueurs.

Crédit photo: © Bruno Bouvry / Images de mer

Admettons que notre titre est trompeur. Il y a tout de même onze bateaux au départ de cette course soit le double de la Volvo Ocean Race. Ce qui n’est tout de même pas rien. Mais en comparaison des 24 bateaux qui s’étaient alignés au départ de l’édition de 2009, disons que c’est plus modeste. Évidemment, le climat de morosité économique qui affecte nos cousins européens y est pour quelque chose. Mais après la pluie vient le beau temps. Ainsi, les mauvais jours finiront bien par finir comme on dit chez nous.

Et en attendant, le directeur de course Damien Grimont et son équipe n’ont pas chômé. La solidarité étant le pivot de l’épreuve, l’organisation a multiplié les démarches et projets avec de multiples partenaires pour venir à bout de donner le drapeau vert. L’histoire est d’ailleurs relatée avec éloquence dans une entrevue donnée par Damien Grimont lui-même à nos collègues Frédéric Girou et Raphaël Bonamy du quotidien Ouest-France et que nous vous encourageons à lire.

C’est connu que plus on est de fous, et plus on rit, bien sûr. Mais ce n’est pas parce qu’il y a moins de monde qu’on ne rigolera pas. Et si la quantité est moins au rendez-vous, la qualité, elle, répond présente. Dans les vingt-deux participants, on retrouve nombre d’étoiles de la course au large. Yannick Bestaven, Éric Drouglazet, Adrien Hardy, Tanguy DeLaMothe, Jörg Riechers, des ministes, des figaristes et même des pros issus de la classe IMOCA. Bref, on ne manque de rien pour donner une course qui sera enlevante.

Le Franco-Québécois qui est aussi circumnavigateur est du voyage. Parnaudeau est comme on le sait, le premier Québécois d’origine à avoir complété le Vendée Globe. Le skipper des grandes causes du commerce équitable en profiterait à ce que l’on dit pour faire un croche vers chez nous pour la Québec Saint-Malo.

La Solidaire du chocolat est davantage une course pour le financement de causes humanitaires. Ce qui n’empêche toutefois pas de donner un spectacle du plus haut intérêt du point de vue sportif. Les gars qui la font veulent quand même la gagner. Au surplus, a le mérite d’être également une confrontation d’architectes. On y retrouve deux nouvelles unités dessinées par l’architecte du Bleu, Sam Manuard. Son tout nouveau Mach 4 fait ses premières armes sous les mains des skippers Jörg Riechers et Marc Lepesqueux (Mare). L’autre unité de son cru est dirigée par Aloys Le Claquin et Ludovic Aglaor (Jack in the Box).

Ces deux équipes font face au Pogo 40 S2 d’Adrien Hardy et Stéphane Le Diraison, (Agir Recouvrement/ Bureau Veritas) un coursier dessiné par le cabinet de Jean-Marie Finot et mis à l’eau en juin dernier, ainsi que l’Akilaria 40 RC2 de Bertrand Delesne et Sébastien Rogues (Eole Generation-GDF SUEZ) un pur-sang dessiné par Marc Lombard aussi mis à l’eau en juin 2011. Tout cela sera donc des plus intéressant à surveiller.

Partis hier après-midi, les coureurs ont passé une première nuit sur la corde à linge. La chaise musicale des classements ne permet pas encore de distinguer les hommes des enfants. Mais ça va vite. Ça flash à 12 et 13 noeuds avec des moyennes de rapprochement  avoisinant les 14 noeuds. Premier obstacle à se dessiner sur la route des duos, une barrière anticyclonique au Cap Finistère. La flotte va se regrouper.


Équipe                                       Vitesse/distance au premier


1

Agir Recouvrement / Bureau Veritas
Stéphane LE DIRAISONAdrien HARDY

13.9 nds

0.00 mn

2

Mare
Jörg RIECHERSMarc LEPESQUEUX

12.9 nds

2.69 mn

3

Aquarelle.com
Yannick BESTAVENEric DROUGLAZET

12.8 nds

7.05 mn

4

Jack in the Box
Aloys LE CLAQUINLudovic AGLAOR

12.8 nds

8.46 mn

5

Initiatives – Alex Olivier
Tanguy DE LAMOTTEJean GALFIONE

12.3 nds

10.60 mn

6

Poèmes Bleus – Planète Insuline
Mathis PROCHASSONMatthieu GALLAND

11.9 nds

18.05 mn

7

Geodis
Fabrice AMEDEOArmel TRIPON

11.8 nds

18.86 mn

8

Eole Generation – GDF SUEZ
Sébastien ROGUESBertrand DELESNE

12.0 nds

18.88 mn

9

Groupe Picoty
Jacques FOURNIERJean-Christophe CASO

11.5 nds

20.55 mn

10

Looking for sponsor
Jean-Edouard CRIQUIOCHEAnna-Maria RENKEN

10.2 nds

28.25 mn

11

Transport Cohérence
Benoît PARNAUDEAUBenoît JOUANDET

10.6 nds

37.90 mn


À propos des derniers…

princedebretagne_jv2009

Crédits photos: © DR  et © Bruno Bouvry-Images de mer   pour .

« Le premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers » dit-on dans les Évangiles. Or si vraiment Dieu a dit ça, c’est qu’il savait probablement jusqu’à quel point, en course océanique du moins, celles et ceux qui terminent dernier en bavent. C’est le cas du trimaran de Prince de Bretagne de et Chrisophe Dietsch qui est enfin arrivé hier à Puerto Limon au Costa-Rica.

Les deux navigateurs ont fait la distance sur 30 jours 11 heures et 39 minutes à la vitesse moyenne de 6,88 nœuds. On peut dire d’Hervé Cléris et Christophe Dietsch qu’ils sont deux entêtés de première. Personnellement, je ne connais pas beaucoup de gens qui n’auraient pas jeté la serviette à grand coup de pieds dans le panier à linge face aux ennuis à répétition qu’a connus ce duo. Ces deux là sont faits sur mesure pour des gants de boxe…

Rappelons qu’Hervé Cléris a premièrement vu son trimaran flambant neuf se désintégrer sous ses yeux, le flotteur tribord ayant décidé de dire merde au reste du bateau à quelques jours du départ de la transat. Hervé Cléris s’est alors retourné sur une pièce de dix cents pour armer le Prince de Bretagne 1. Après plusieurs jours de travail, le bateau a pu prendre le départ de la course. Mais s’était sans compter sur une série d’avaries au chariot de grand-voile qui allait ramener au port les deux marin non pas une mais bien deux fois. Et là, on ne parle même pas des magistrales coups de vent qui ont marqué le début de la course. Voilà pourquoi les marins sont toujours des gagnants et ce, même s’ils arrivent derniers.sdc_arrivee_2009

La Solidaire du chocolat n’est pas en reste. Elle a vu  le ORBIS Flying Eye Hospital ‘Saving Sight Worldwide du duo britanno-irlandais Stephen Card et Shaun Murphy finir la course au terme d’un interminable 34 jours 17 heures et 42 minutes de mer. Les deux hommes épuisés étaient aussi rationnés en eau depuis plusieurs jours et le moteur de leur bateau fonctionnaient aux vapeurs des millilitres de carburant qui leur restait. 

Voilà ce qui fait la grandeur de ce sport. Traverser la mer restera toujours une entreprise risquée et difficile physiquement. Le résultat au classement aura bien sûr toujours son importance. Mais il demeure que celles et ceux qui finissent en queue de peloton auront mis beaucoup plus de temps et d’effort que les premiers arrivés. Ils suscitent donc l’admiration autant sinon plus que les vainqueurs. La voile est donc logiquement un sport où ceux qui perdent gagnent aussi.



1 2 3 5
Catégories
Publicité

Réseaux