Crédit photo: Stéphanie Gaspari
On en sait maintenant un peu plus sur le dossier Robert Patenaude. Le coursier dont il a fait l’acquisition est un Pogo de première génération. Il sera rebaptisé Persévérance III. C’est jeudi dernier que l’affaire s’est conclue. Le voilier est à la base de sous-marins à Lorient. « Je suis aux côtés de Virbac-Paprec III et de Banque Populaire V. Vous devriez voir les bateaux qu’il y a ici. C’est hallucinant ! (…) a raconté le médecin visiblement émerveillé comme un enfant dans un magasin de jouets.
Le voilier est tout équipé en électronique. Il dispose d’un ordinateur, d’un AIS, d’un Immarsat, d’un système détection radar et d’un amplificateur de réflecteur radar. Le Pogo 40, un plan Finot-Conq mis à l’eau en 2007, a certaine particularité du Pogo S, soit ceux de la seconde génération. La coque est plus rigide et le rail d’écoute plus long. Les winchs sont plus gros. Quant à l’ergonomie du cockpit, elle est mieux adaptée pour la voile en solitaire. Le bateau qui ne pèse que 4,600 kg et est aussi équipé de ballasts de 750 litres. Le mat est du type cathédral renforcé pouvant recevoir un code 0. Les voiles sont de chez Incidence. La garde-robe comprend deux grade deux grand-voile vectran /carbone dont l’une flambant neuve, deux génois carbone, quatre spi, un code 0, un code 5 ainsi que la trinquette de tempête.
Le bateau est une vraie perle. Il est en excellent état. Il appartenait à deux confrères européens du docteur Patenaude. « Ces derniers qui travaillent en dentisterie s’en servaient pour des levées de fond. Hélas, ils manquent de temps. Le Class 40 en question n’a même jamais fait de transat. Le plus loin qu’il s’est rendu, c’est à l’île de Horta(…) » nous dit d’entrée de jeu Robert Patenaude. La carène du voilier est fibre de verre. Le mât, la bôme ainsi que les tangons et le bout dehors rétractable sont tous fait de carbone. « Tout est impeccable. Les voiles, les espars, les drisses et les écoutes sont dans un état presque neuf. Quand on entre dans le bateau, c’est d’une propreté nickel et ça sent le neuf (…) » a déclaré le médecin rejoint par Voile en Ligne au début de la soirée hier.
Robert Patenaude est rentré d’Europe le week-end dernier pour reprendre le travail. Il a cependant eu le temps d’effectuer l’antifooling et de le mettre le coursier à l’eau. La décision de faire l’acquisition s’est prise rapidement suite à la perte d’un proche. « Cela m’a fait réaliser qu’il ne faut pas attendre pour vivre son rêve (…) » déclare le skipper qui a aussi tenu souligné la gentillesse et la serviabilité des Bretons qui lui sont venus en aide durant toute la durée de la préparation du bateau.
Le médecin coureur a commencé à préparer son bateau pour la saison 2011. Seul l’entraînement est au menu. Pas question de course cette année. Robert Patenaude a même renoncé à sa participation au sein de l’Équipe de Voile Océanique de Georges Leblanc. « J’ai besoin de prendre tout le temps dont je vais disposer pour me rendre en Europe et m’entraîner. Je compte aller là-bas en juin, juillet et août (…) ». Pas de transat en vue cette année donc. Le bateau restera en Europe où Robert Patenaude pourra effectuer des sorties même pendant la saison hivernale.
Et ensuite?
Une décision sera prise au printemps. Le skipper choisira quelle course il compte faire. Il y a deux choix qui s’offrent à lui. Le premier est la Solidaire du Chocolat prévue en mars. Le deuxième choix serait l’OSTAR dont le départ s’effectue à la mi ou fin mai. Chose certaine, le bateau traversera de ce côté de l’Atlantique pour ensuite effectuer un retour vers l’Europe. Évidemment, le grand rendez-vous du docteur Patenaude sera la Transat Québec-Saint-Malo 2012. « C’est tout à fait certain que je m’enligne sur une participation à cette course. Pas question de manquer ce rendez-vous là (…) » poursuit le skipper. Robert Patenaude formera ainsi le quatrième équipage québécois à prendre part à la transat après Luc Forcier, Éric Tabardel et Georges Leblanc. Avec les deux premiers, il pilotera le troisième Class 40 du Québec.
Questionné sur les performances du bateau, Robert Patenaude est prudent mais aussi confiant d’offrir une bonne opposition à ses concurrents européens. « J’ai la chance d’être en excellente condition physique et je pense que cela va m’aider. Je désire surtout bien naviguer pour aller chercher le meilleur résultat possible. Je réalise dabord et avant tout un rêve. Je célèbre les 30 ans de rémission de mon cancer l’an prochain. À cette occasion, j’aimerais bien faire la Transat Québec-St-Malo et réaliser une levée de fonds pour la lutte contre le cancer. Bien entendu, j’aimerais courir sous les couleurs de l’Institut de Recherche en Immunologie et en Cancérologie de l’Université de Montréal (IRIC)(…) ».
Caractéristiques du voilier Persévérance III
Type : Pogo 40
Architecte: Finot-Conq
Chantier: Structure
Année de mise à l’eau: 2007
Poids: 4600 kg
Longeur: 12,19 mètres
Largeur: 4,4 mètres
Tirant d’eau: 3 mètres

Crédit photo: http://lesloustikspourleneurodon.blogspot.com/
Voile en Ligne a appris cet après-midi que le docteur Robert Patenaude a fait l’acquisition du Pogo 40 Neurodon.fr (ex Les Loustick). Il s’est rendu à l’étranger pour préparer le voilier. Nous avons tenté sans succès de prendre contact avec le docteur Patenaude mais ce dernier travaille présentement à l’urgence de l’hôpital Honoré-Mercier de St-Hyacinthe. Il a cependant retourné un communiqué disant qu’il prendra contact avec nous demain.
Robert Patenaude devient ainsi le troisième Québécois à se lancer en Class 40 après Éric Tabardel et Luc Forcier. Vainqueur de la Bermuda One two 2009, le docteur Patenaude reluquait depuis les Class 40 sur les pontons de la planète. Il avait par contre mis de côté ses projets en 2010 pour des raisons familiale.
Le docteur Robert Patenaude est un survivant du cancer. Affecté par une forme très agressive de leucémie alors qu’il étudiait en première année de médecine, il fut l’un des premiers greffés de moëlle osseuse au Canada. Depuis, il oriente son action vers des causes majoritairement liées à la lutte au cancer. Pour cette raison, il soutient activement à travers sa participation aux courses océaniques l’Institut de Recherche en Imunologie et en Cancérologie de l’université de Montréal (IRIC). Plus à venir dans les heures qui viennent.