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Articles avec le tag ‘Marc Guillemot’

michel-desjoyaux_foncia-2008-09-30

Crédit photo: ©VINCENT CURUTCHET / DPPI/site du Vendée-Globe

L’année voile 2009 restera mémorable. Dans tous les sports, il existe d’innombrables exemples de courage et de détermination. Mais on retrouve précisément dans cette discipline qu’est la voile un nombre élevé de ces têtes dures qui ne reculent devant rien. On y trouve aussi de fabuleux exemples de fair-play qui redonnent au mot sport tout son sens.

La voile nous a gâtés cette année. Elle nous a gratifiés d’un nombre impressionnant de personnes qui ont affronté les éléments en se tenant debout face au vent. Des éléments qui parfois ne se trouvaient pas seulement en mer. Des personnes qui ont résisté. Des personnes qui ont affronté la peur, l’angoisse, le froid, l’humidité, et mille périls pour permettre au grand public de rêver.

L’idée qui nous vient immédiatement en tête chez nous est cette incroyable capacité qu’un homme comme Georges Leblanc a eu de se relever en dépit d’une déveine qui en aurait poussé plusieurs à démissionner. Après avoir vécu son troisième naufrage et perdu son bateau, Georges s’est relevé. Il possède maintenant un coursier fiable et sécuritaire. Une machine des plus performantes capable de lui faire gagner des courses. L’année 2010 sera celle de Georges, nous sommes nombreux à le souhaiter.

On peut aussi penser à Derek Hatfield qui s’est aligné au Vendée-Globe en dépit d’innombrables difficultés. Revenu aux Sables d’Olonnes et reparti par la suite, il doit abandonner en Nouvelle-Zélande. On ne peut qu’être admiratif. Ceux qui savent ce qu’implique de prendre le départ du Vendée-Globe sont à même de vous dire par où Derek Hatfield est passé…

Puis il y a celles et ceux qui nous ont ébahit sur la scène international. Que dire de l’extraordinaire fair-play de Marc Guillemot durant le Vendée-Globe ? Que dire de son arrivée avec un bateau n’ayant plus de quille ? Et finalement que dire de son extraordinaire victoire dans la transat Jacques-Vabre ? Sinon qu’elle était pleinement méritée.

Nous n’oublierons pas non plus le courage de Yann Eliès qui a repris la mer après une blessure entrainant des souffrances à peine imaginables. On croyait sa carrière terminée. Eh bien non! L’homme a du caractère. Yann Éliès nous a ébahit, tous !

Il y a aussi eu les traversées de Groupama et Banque populaire qui ont pulvérisé le record de l’Atlantique. Les superbes victoires de Francisco Lobato et Thomas Ruyant dans la Mini-Transat. Puis celle de Torben Graël et de son équipe dans la Volvo Ocean race. Tous des exemples qui nous inspirent.

Le sport est aussi et surtout fait de performances sportives exceptionnelles qui font les gagnants. Et c’est pour cette raison que nous avons choisit Michel Desjoyeaux comme personnalité sportive Voile En Ligne 2009.

Ce n’est pas donné à tous de pouvoir un jour célébrer une grande victoire. La plupart des mortels ne vivent jamais ce genre de chose durant leur vie. Mais celles et ceux qui ont eu le bonheur de vire cette extraordinaire sensation d’être victorieux savent que cela a été réalisé au prix de gigantesques efforts Et curieusement, ce labeur est souvent oublié dans l’euphorie qui entraîne les athlètes. La victoire est un véritable tourbillon qui étourdie et anesthésie bien des souffrances.

Et si gagner une fois est un exploit en soi, gagner deux fois une épreuve sportive comme le Vendée-Globe relève du prodigue. Michel Desjoyeaux est l’enfant prodige de la voile. Il nous a fait vivre l’apothéose de ce sport le 1er février dernier. De plus, cette année, il ne s’est pas seulement contenté de gagner le Vendée-Globe. Il est aussi allé chercher le tour de l’Europe en équipage lors de l’Istanbul-Europa Ocean race. Aujourd’hui, en cette fin d’année 2009, nous voulons souligner de façon particulière ces remarquables performances sportives qui resteront longtemps gravées dans les annales non seulement de la voile, mais aussi du sport en général. 

Bravo à Michel Desjoyeaux!

Le titre de personnalité maritime de l’année Voile en Ligne.com est un honneur remis à deux marins qui se sont le plus illustrés tant sur l’eau que sur terre. Le premier titre est offert à un marin de chez nous, québécois ou canadien. Le deuxième souligne les performances d’un marin professionnel sur les grands circuits de course océanique.

marc_guillemot

Crédit photo: © Safransixty

Marc Guillemot est le marin champion de la classe IMOCA pour l’année 2009. Armel LeCléac’h occupait avant la transat Jacques-Vabre, le premier rang de ce championnat, mais en raison de son abandon, il a été mis hors course pour ce titre annuel. Il ne restait donc que Marc Guillemot et Michel Desjoyeaux qui pouvaient raisonnablement aspirer aux grands honneurs. Marc Guillemot s’est donc assuré du titre en remportant la Jacques-Vabre et surtout, en terminant deux positions devant le skipper de Foncia.

C’est la consécration pour ce skipper exceptionnel. Marc Guillemot termine donc l’année aux antipodes de son commencement, alors qu’il avait dû se détourner pour venir au secours de Yann Eliès blessé. C’est aussi un juste retour des choses pour cet homme aux qualités humaines recherchées.

Force est maintenant d’admettre que Marc Guillemot a fait taire tous ses dénigreurs. Engagé dans le milieu de la course au large depuis de nombreuses années, victime de plusieurs malchances et d’un sévère accident qui aurait pu lui coûter la vie, rien ne sera finalement venu à bout de la détermination de ce marin attachant. Et parions pour ne pas dire espérons que le succès ne fait que débuter. Car personne n’en doutera ! Marc Guillemot mérite pleinement la reconnaissance sinon l’admiration de tous. 

l’IMOCA, ses champions, son avenir…

Par ailleurs, il importe de mentionner qu’au cours des quatre dernières années, les champions IMOCA ont tous été différents. Il y eu d’abord Jean LeCam, Bernard Stamm puis Yann Eliès et maintenant Marc Guillemot. Cet état de fait démontre l’existence d’une certaine parité au sein de la classe. Et c’est en grande partie ce qui rend le spectacle intéressant. Elle indique également qu’aucun des prototypes engagés n’affiche une domination significative, si ce n’est que certains semblent plus enclins à occuper le haut du classement que d’autres mais sans plus.

L’IMOCA a passé par une période de remise en question au cours des derniers mois. Elle a été contrainte de revoir ses règles de jauge et ces dernières ont modifié sensiblement la latitude dont les constructeurs disposent. Après l’avalanche d’abandons qui a marqué le Vendée-Globe et la crise économique, plusieurs se demandaient si la classe n’allait pas perdre des plumes. Or malgré l’instabilité ambiante, elle a démontré sa solidité et sa capacité à se tirer d’affaire. Elle s’est internationalisée avec l’arrivée de coureurs de divers horizons. L’IMOCA a vu des espagnols, des suisses, des canadiens, des américains se joindre à elle en plus d’accroître sa présence de l’autre côté de la manche chez les sujets de Sa majesté.

L’IMOCA a aussi été proactive plutôt que de se vautrer dans un attentisme qui aurait pu lui être néfaste. Au lieu de laisser courir les perceptions surfaites que son sport est coûteux et dangereux, elle s’est appliquée à en maximiser la sécurité et applique maintenant de nouvelles règles susceptibles générer une diminution du nombre d’avaries. Et la réflexion se poursuit toujours… 

Comme le disait si bien Michel Desjoyeaux, « la voile est un sport mécanique ». Il est normal que des avaries surviennent. C’est aussi un sport qui commande un niveau de maturité et de maîtrise que l’on ne retrouve pas dans d’autres sports. D’où la moyenne d’âge tout de même élevée des coureurs de haut niveau. Aussi, n’y a-t-il rien d’étonnant dans le fait que les carrières s’arrêtent ou s’orientent différemment, si l’on tient compte des exigences que comporte une campagne en IMOCA. Les communications sont au cœur des démarches de sponsoring. Les commanditaires recherchent maintenant des coureurs jeunes mais expérimentés. Ils s’intéressent à de bons vendeurs de leur sport et de bons porte-paroles potentiels. Finalement, ils espèrent un champion. En considérant tous ces critères, on se rend compte que l’avenir de la classe repose sur des noms tels que ceux de Sam Davies, Alex Thompson, Sébastien Josse et Armel LeCléac’h. 

En tenant compte de ces facteurs, on réalise que le vacuum qui suit les courses n’est pas surprenant et qu’il ne faut pas s’en faire avec ce phénomène outre mesure. Ce sont des décisions d’affaires qui influencent maintenant les choix dans le monde de la course au large. Elles arrivent en deuxième place tout juste après les questions de sécurité. Si des sponsors ont déposé le bilan de leur opération voile, d’autres, par contre, ont repris le flambeau ou poursuivent l’aventure. C’est le cas de Bernard Stamm dont on apprenait qu’il sera doté d’un nouveau coursier lors du prochain Vendée-Globe. Même chose pour Vincent Rioux et Jean-Pierre Dick. Quant à Alex Thompson, il  sera équipé d’un bateau récent puissant et capable de le propulser là où Hugo Boss le désire.

Toutes ces nouvelles démontrent sans l’ombre d’un doute que la santé de la classe IMOCA est bonne et que nous aurons encore droit à de belles et enlevantes courses dans les mois et les années qui viennent.   

Palmarès du championnat du monde IMOCA :

2009  Marc Guillemot (FRA)
2008 Yann Eliès (FRA)
2007 Bernard Stamm (SUI)
2006 Jean Le Cam (FRA)
2005 Mike Golding (GBR)
2004 Mike Golding (GBR)
2003 Bernard Stamm (SUI)
2002 Roland Jourdain (FRA)
2001 Roland Jourdain (FRA)

Classement IMOCA 2009

1 Marc Guillemot (Safran) 362 pts
2 Michel Desjoyeaux (Foncia) 357 pts
3 Armel Le Cléac’h (Britair) 338 pts
4 Sam Davies (Artemis II) 321 pts
5 Vincent Riou (PRB) 304 pts
6 Dee Caffari (Aviva) 295 pts
7 Arnaud Boissières (Akena Vérandas) 292 pts
8 Brian Thompson (Brian Thomson Racing) 281 pts
9 Steve White (Spirit of Weymouth) 250 pts
10 Richard Wilson (Great American III) 220 pts

victoire crêpes wahou

Crédit photo: site de la Transat Jacques Vabre.

Crêpes Whaou de Franck-Yves Escoffier et Erwan Leroux a remporté la nuit dernière la Transat Jacques Vabre 2009 dans la catégorie des multicoques. Les deux marins ont mis le pied sur le sol costa-ricain autour des 23h30 heure de Montréal. Cette victoire n’a rien de surprenant bien qu’elle n’en demeure pas moins pleinement méritée. En effet, le début de la course fût des plus pénibles avec les coups de vent qui se suivaient à la queue leu-leu. Voilà pourquoi les temps de cette course risquent fort aussi de ne pas passer à l’histoire. Crêpes Whaou, Escoffier et Leroux réalisant une traversée en 15 jours 15 heures et 31minutes à la vitesse moyenne de 13,41 noeuds.

La meilleure nouvelle de la soirée nous est toutefois parvenue des monocoques où le duo formé de Marc Guillemot et Charles Caudrelier-Benac ont fait atterrir leur Open 60 safran à Puerto Limon un peu plus tard dans la nuit environ quatre heures après le multicoque d’Escoffier. Le duo a terminé la course en 15 jour 19 heures 22 minutes à la vitesse moyenne de 12,46 noeuds. Encore là, le temps réalisé ne s’inscrira pas dans les annales de la course au large. Mais cela n’enlève néanmoins absolument rien à cette superbe victoire.

arrivee_safran_tjv2009Pour Marc Guillemot, elle est d’autant plus savoureuse que ce dernier avait commencé l’année d’une bien triste façon, en allant au secours de son frère d’armes Yann Eliès, blessé sérieusement durant le Vendée-Globe. Sensible, Marc Guillemot qui avait jadis connu lui aussi, les affres d’une blessure extrêmement sérieuse alors qu’il courait en multicoque il y a de cela quelques années, avait été l’un des héros de l’opération de sauvetage sur le monocoque Generali. Il avait tourné autour du bateau de Yann Eliès pendant presque trois jours, le temps que ce dernier soit pris en charge par les secours australiens.

Marc Guillemot avait ensuite repris sa route vers le fil d’arrivé où il s’était présenté ballasté au maximum et sans sa quille qu’il avait perdu quelques jours auparavant. Il avait terminé troisième, étant compensé pour s’être détourné pour porter secours à Yann Eliès.

C’est donc une année faste pour ce marin hors norme. Et le succès vient avec l’avis unanime des observateurs sur son caractère pleinement méritoire. Pour le coureur océanique québécois Michel Littée, ami de Marc Guillemot, le gagnant de la Transat Jacques Vabre est un modèle. « Ce gars là est un exemple de ténacité. Pour moi si j’avais eu à faire ce métier, c’est comme lui que j’aurais aimé être, » disait le marin québécois il y a quelques jours lorsque rejoint par Voile en Ligne.

Il va sans dire que pour beaucoup de Québécois, cette victoire de Marc Guillemot est un moment de réjouissance. Le marin français avait pris part à la Transat Québec Saint-Malo 2004 et plusieurs gens d’ici gardent un excellent souvenir du passage chez nous de ce marin attachant.

Notons en terminant que les dernières 24 heures de cette Transat ont été marquées par une passe d’armes en mode furtif pour les deux monocoques de tête Safran et Groupe bel. Cela signifie que les deux bateaux n’apparaissaient plus aux classements ni même à la cartographie. Cette initiative faite pour personaliser davantage des options libérées d’influences, a cultivé un suspens pendant une bonne partie de la journée d’hier, plusieurs se demandant si Crêpes Whaou parviendrait à doubler Safran avant l’arrivée à Puerto Limon.

Extraits de la conférence de presse

Franck-Yves Escoffier : « Les temps forts de cette course ? On va commencer par l’arrivée parce qu’avoir une arrivée comme celle-ci avec un tel accueil est extraordinaire. On a eu des accueils sympas mais ici à Puerto Limon, entre le feu d’artifice, le monde sur le quai… C’était un grand moment.

Le départ est aussi quelque chose d’intéressant. Il y a toujours ce petit taux d’adrénaline qu’il faut avoir quand on est compétiteur. Je crois qu’on a pris le meilleur départ en Multi 50 d’ailleurs. Il y a eu un moment fort hier également, quand on a failli retourner le bateau. Ca n’était pas drôle. J’en souri maintenant mais rétrospectivement je me dis qu’on n’est pas passé loin. Erwan qui est plus jeune que moi a dû me freiner à certains moments.

Erwan Le Roux : « Il y a eu des moments forts sur l’arrivée et au départ. Le chavirage d’Actual a été un moment fort, particulièrement déstabilisant. Mais je crois que le moment le plus fort a été le bord de reaching qu’on s’est fait sur l’Atlantique. C’était fabuleux, le bateau volait sur l’eau. C’était magique.

Nous vous êtes-vous pas un peu ennuyés faute de concurrence ?

Franck-Yves Escoffier : « En 2002, j’avais propose à mon partenaire d’aller sur le Vendée Globe. J’avais fait du Figaro et du Tour de France à la Voile. J’avais vraiment envie de courir avec des pratiquants de la monotypie. J’ai donc décidé de faire du Multi 50 et de tout faire pour lancer cette classe. On était sur le point de réussir à la faire décoller, avec de nouveaux arrivants. Malheureusement, ces deux nouveaux bateaux ne sont pas à l’arrivée. On a manqué un peu de concurrence mais il ne faut pas oublier Guyader pour Urgence Climatique. C’est un équipage très bon. En multicoque on n’a rien à leur apprendre. Ils n’ont pas encore les finances pour faire un bateau comme Crêpes Whaou ! et je leur souhaite de trouver. J’espère qu’avant que je ne quitte cette classe, il y aura une vraie flotte de bateaux comme le notre.

Je veux aussi rappeler que faute de concurrence en Multi 50, l’objectif a été de se dire qu’on avait de quoi jouer avec les Imoca et arriver avant eux. Nous nous sommes bien battus pour ça.

Quels sentiments avez-vous éprouvé à l’arrivée ?

Erwan Le Roux : « C’est toujours un moment très émouvant de retrouver sa femme et sa petite fille. Cette arrivée est l’aboutissement d’un projet. Elles l’ont  subi toute l’année et je veux vraiment les remercier de supporter mes absences.

On ne s’attendait pas à un tel accueil. Quand on arrive de la mer, on ne voit pas ce qu’il se passe. Cette arrivée était magique, tout ce monde, toute cette musique. Ca restera certainement  longtemps un grand moment.

 Quels ont été les moments les plus difficiles ?

 Erwan Le Roux : « Il y a eu des moments difficiles pour les passages de perturbations, quand on est allé chercher les fronts à trois reprises. Après un passage de front, la mer est chaotique, énorme. Le bateau souffre beaucoup et on souffre avec lui. Ce sont toujours des moments très difficiles.

 Crêpes Whaou ! est un bateau neuf qui disputait sa première transat, à l’arrivée il ne semble pas avoir subit beaucoup de dégâts. Qu’en est-il vraiment ?

Erwan Le Roux : « Le bateau a souffert. Extérieurement il n’y a pas grand-chose, c’est surtout intérieurement. Le moteur n’a pas tenu et c’est le seul gros souci que nous avons rencontré. Dans les grosses dépressions, il s’est désolidarisé de la coque. C’est un gros souci qui aurait pu se terminer très très mal. Pour le reste, ce ne sont que de petites choses

 Franck-Yves, pouvez-vous dire un mot sur Erwan ?

Franck-Yves Escoffier : « En 2005 j’avais embarqué mon fils aîné. Il fallait trouver quelqu’un qui soit un peu de la même trempe que Kevin, avec qui je puisse m’entendre. Quelqu’un qui travail sur un bateau, qui s’investit, il me semble normal de lui proposer de naviguer ensuite, c’est la carotte. Je connaissais peu Erwan avant qu’il n’intègre mon projet. Je n’avais navigué qu’une seule fois avec lui aux Antilles. Mais j’aimais son côté peu bavard et je savais que c’était un très bon barreur. Je ne suis pas très calé en informatique, je suis un ancien pêcheur ! Je suis un autodidacte, Erwan également mais il est très performant en informatique. Ca s’est très bien passé ave Erwan. On ne peut pas gagner une course comme ça, en ayant cravaché comme on a cravaché ces derniers jours sans s’entendre très bien.

Erwan, un mot sur Franck-Yves ?

Erwan Le Roux : « Franck-Yves est quelqu’un que j’ai appris à connaître et c’était fabuleux parce j’ai appris plein de choses avec lui en mer. C’est un grand marin. J’ai pris beaucoup de plaisir à naviguer avec lui et je suis prêt à repartir avec lui sans aucun problème ».

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Quelques instants après leur arrivée à Puerto Limon, Marc Guillemot et Charles Caudrelier Bénac ont donné une conférence de presse. Morceaux choisis…

Marc Guillemot : « C’est une victoire qui s’est faite sans la main de Thierry Henry, ça il faut vraiment le souligner c’est très important ! (rires). Ca m’a vraiment touché de voir ma femme débarquer en première sur le bateau et en même temps elle sait bien que quand j’arrive il me faut un petit temps pour atterrir. Je suis content qu’elle soit à bord, je suis content que tout le monde soit là mais je suis encore dans ma course et dans mon trip, mais qu’elle se rassure, je vais atterrir bientôt !

Cette victoire est géniale pour tous ceux qui ont passé énormément de temps sur ce projet, les gens de Safran, les architectes et toute mon équipe : tout ce monde qui s’est investit avec beaucoup d’intérêt et beaucoup de passion. Cette victoire est vraiment formidable. C’est génial, on avait dit qu’on reviendrait pour faire mieux qu’en 2007, c’est fait ! Ca n’a pas été facile, c’était un gros travail sur le bateau, ces bateaux sont exigeants, on le sait mais on n’a pas molli, on a fait une bonne paire avec Charles pour maintenir le rythme, on a réussi à maintenir  ceux qui était derrière et ça me fait vraiment plaisir.  On est allé jusqu’au bout du bout, on n’a jamais molli, on en a bavé, on est vraiment content. C’était une grande transat, par sa longueur et par le niveau des compétiteurs, l’acharnement de chacun pour la gagner et donc la victoire sera d’autant plus belle à savourer par la suite.

Les moments les plus difficiles c’était aujourd’hui : à chaque fois que nous étions sous les grains, sous les orages, sous la pluie, sans vent, on imaginait Kito et François avec leur Vache qui Rit dévaler les pentes à 25 nœuds alors que nous étions collés à 3 ou 4 nœuds, c’était hyper dur pour le moral. Jusqu’à une heure avant la ligne on était très inquiet. Mais le principal c’est qu’on arrive devant.

Marc Guillemot : « C’était la course la plus difficile de ma carrière. Il y a eu plusieurs moments difficiles notamment au passage de la Guadeloupe, de Marie Galante. On a éclaté un spi et c’était vraiment une voile superbe. On était très inquiet pour la suite car on savait que pendant toute la mer de Caraïbes, on aurait à  l’utiliser. Il y a eu un grand moment d’inquiétude et on s’est dit que la course allait peut être se jouer à ce moment là.

On ne pouvait pas donner de coup d’oeil dans le rétroviseur dans la dernière heure dans la mesure où on ne savait pas où il était. La seule chose qu’on savait c’est que toutes les périodes où on n’avançait pas on savait que lui avançait toujours. On n’osait pas imaginer de voir cette course pour laquelle on s’était bien battu nous échapper. A certains moments on la voyait s’échapper sans vraiment pouvoir réagir. C’est dur pour le moral, dans ces moments difficiles il faut rester combatifs et c’est toujours plus facile de rester combatif quand on est deux.

Cette course était dure pour plusieurs raisons. La première c’est qu’il y avait beaucoup de bons bateaux au départ, de bons équipages. Les conditions étaient également particulièrement difficiles ainsi que le rythme de la cours et le fait d’être à deux. Avec des duos assez semblables d’un bateau à l’autre, en tous les cas pour ce qui est du bateau qui nous suit. Nous avons le même bateau et à peu près le même équipage ; des skippers qui ont un peu de bouteille et des co-équipiers plus jeunes, issus de milieu figariste. Ca fait des duos intéressants, assez exigeants. Le fait d’être avec quelqu’un de plus jeune motive, il ne s‘agit pas de se laisser dépasser par les évènements, du coup c’est difficile physiquement. Le fait qu’il y ait eu beaucoup de changements météo a entraîné beaucoup de changements de voiles et beaucoup de travail pour essayer de ne rien laisser filer et de garder le bateau en phase avec ses polaires, c’est-à-dire ses vitesses de prédilection. Ca veut dire que c’est exigeant, besogneux. Ca joue sur le repos et forcément sur la fatigue. Quand on sait qu’on joue la gagne ça vaut le coup.

A chaque course, tout le monde change évidemment et s’adapte au niveau situation. J’ai fait mon Vendée Globe, il a été particulier pour moi et forcément tout ce qui m’est arrivé sur ce parcours autour du monde m’a appris beaucoup de choses et forcément je suis arrivé sur la Transat Jacques Vabre avec peut être une autre vision des choses que sur la dernière édition. Aujourd’hui je suis certainement différent d’il y a  deux et dans deux ans je dirais certainement la même chose. C’est le cours du temps.

Depuis deux ans, Charles et moi avons fait des parcours un peu différents et on a forcément plus de maturité dans l’exercice qu’on pratique qu’il y a deux. On est arrivé tous les deux au départ de cette Transat Jacques Vabre avec un enrichissement d’expériences nouvelles depuis deux ans qui nous a forcément aidé à nous projeter dans la victoire sur cette épreuve.

Forcément au départ il y avait tellement d’équipages qui non seulement voulaient la gagner mais en étaient aussi capables. On se situait aussi dans les gens qui en avions envie mais on savait que ce serait difficile et exigeant pour tout le monde. Ce qu’il fallait c’était ne pas s’emballer dès le départ et rester serein. Lorsqu ‘on a décidé de partir avec quelques autres dans l’ouest pour aller chercher cette dépression on y est allé serein, en ayant confiance en notre bateau et notre maturité.

 Charles Caudrelier Bénac : «  Au passage de la ligne on s’est dit « on a réussi »,  certainement en correspondance avec la deuxième place de la dernière fois. On savait que se venger de la dernière fois serait dur.

Le stress m’empêchait de lâcher même épuisé. J’avais tellement envie de gagner cette course. Marc m’a impressionné physiquement. J’arrive à un âge où je commence à sentir que ma force physique peu baisser un peu. Avec 15 ans de plus que moi, Marc m’a vraiment impressionné.

Cette course a été dure parce qu’il y avait un inconfort permanent, on était tout le temps trempé. Il y a beaucoup de voiles à bord de ces bateaux et le choix est énorme. La manœuvre de chaque voile est compliquée. C’est la première fois que je me rends compte de l’exigence de ces bateaux et de la difficulté à les mener en solo. Tout ça plus la pression que nous a mis Kito…

Kito est capable d’aller très vite. François est hyper brillant ! Pour la première fois ils avaient le même bateau que nous . Pourquoi on est allé plus vite ? Peut être parce qu’on avait la niaque du premier. On les a toujours trouvé trop près et on était obsédé par eux. Ils n’avaient peut-être pas la même énergie que nous. Il faut qu’on discute avec eux. Il y a des moments où on allait plus vite, à d’autre c’était eux. On a fait une belle trajectoire mais on n’a jamais lâché ! »

Source: www.jacques-vabre.com


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Site last updated 11 mars 2010 This page last updated 29 novembre 2009