Armel LeCléac’h a été sacré champion du monde IMOCA pour l’année 2008. Marc Guillemot et Michel Desjoyaux complètent un podium qui ressemble étrangement à celui du Vendée-Globe.
Notons aussi la présence de Samantha Davies qui termine au 4ième rang. Elle est la première femme et la première Britannique à occuper une place aussi haute dans le classement.
Pour revenir au skipper de BritAir, mentionnons qu’il s’est illustré en 2008, en prenant la deuxième place de l’Artemis-Transat et du Vendée-Globe. A seulement 32 ans, le jeune homme se présente de plus en plus comme l’une des étoiles montantes du circuit IMOCA.
Rappelons que Armel LeCléac’h avait connu les affres d’un chavirage particulièrement traumatisant alors qu’il pilotait en équipage le multicoque Foncia. Suite à cette mésaventure, il avait décidé de rendre son tablier à l’équipe d’Alain Gauthier. Plusieurs s’interrogeaient alors sur la suite qu’aurait la carrière du skipper. La dernière année aura toutefois confondu tous les sceptiques, le talent de navigateur d’Armel LeCléac’h ne faisant désormais plus aucun doute.
Dans ces conditions, la continuité du partenariat avec BritAir ne devrait être qu’une formalité et nous devrions revoir cette équipe sur la ligne de départ du prochain Vendée-Globe avec ce skipper plein d’avenir.
D’ailleurs, le principal intéressé a tenu à mentionner que cette récompense était le fruit du travail de toute une équipe. Il a remercié son partenaire ainsi que ses supporters. « Je suis ravi de devancer des hommes tels que Michel Desjoyaux et Marc Guillemot qui sont beaucoup plus expérimentés que moi et je suis heureux d’offrir ce championnat du monde à mon partenaire BritAir seulement trois ans après son arrivée dans la voile. Cela fait grand plaisir… » a déclaré Armel LeCléach.
Le curriculum vitae d’Armel LeCléac’h commence à être bien garni comme on peut le constater.
· 4ème de la Route du Rhum 2006
· 7 Solitaire du Figaro (vainqueur en 2003)
· 2 Transats AG2R avec Nicolas Troussel (vainqueur en 2004)
· Skipper du trimaran Foncia en 2005, 6ème à la Québec – St Malo en 2004
· Vainqueur du Championnat de France Solitaire de course au large en 2003
· Vainqueur du Tour de France à la Voile en 2001
Sur le 60’ « Brit Air »
· 7ème Transat Jacques Vabre 2007 (avec Nicolas Troussel)
· Abandon sur démâtage dans la Transat Ecover B to B 2007
· 2ème de l’Artemis Transat 2008
· 2ème du Vendée-Globe 2008-2009
Source: Site IMOCA et Vendée-Globe
Plus de doute maintenant ! Il y a bel et bien quelque chose qui cloche quelque part. Et si ça coûte chère, c’est bien là le moindre de nos soucis. Car ce qui nous serre les fesse, c’est d’abord et avant tout de savoir qu’il y a quelque part, un marin que nous connaissons et apprécions, qui se balade en mer avec une combinaison de survie à temps plein, les ballasts bourrés jusqu’à la gueule et qui récite des Ave avec les yeux rivé sur le canoë de sauvetage.
Et on aura le derrière serré jusqu’aux sables d’Olones semble-t-il car Big Marc a décidé de finir coûte que coûte. Son bateau n’a plus de quille. Mais qu’à cela ne tienne, il est résolu comme Georges Washington celui-là.
En tous les cas, si nous nous rappelons le texte de mon collègue Michel Sacco publié récemment en ces pages qui disait que « les ingénieurs et les architectes auraient du boulot, » assurément, ceux qui feront des heures sups seront les rescapés du bureau du patron qui réussiront à conserver leurs acquis parce qu’ils auront mieux vendu leur salade. Et ceux-là devront pondre des perles dans les années qui viennent. Car après tout, on ne peut tout de même pas blâmer la mer et la météo pour la crise économique…
Si, et je dis bien si la casse ne change pas encore, pour une sempiternelle fois, l’ordre des choses, on peut se demander comment les poursuivants parviendront à rattraper le roi des mers qu’est Michel Desjoyaux. Imaginez si ce gars là n’avait pas été retardé par ses problèmes électriques du début de course. Où serait-il présentement ?
Seul Roland Jourdain continue de s’accrocher au prof, n’accusant que 62 petits milles de retard. Grâce à Bilou, le suspens persiste et il sera fort intéressant de surveiller les options que prendront les deux skippers à l’approche des trois grands obstacles qu’ils leurs restent à franchir, soit l’anticyclone de Sainte-Hélène, le Pot-au-noir puis l’autre anticyclone, celui des Açores.
Bien sûr, il est encore permis d’espérer pour les poursuivants. Jean LeCam peut encore recoller. LeCléach et Rioux aussi. Mais les trois devront se mettre à l’ouvrage et cesser de naviguer avec la peur des casses au ventre comme c’est le cas présentement. Autrement, Rioux peut dire adieu à un deuxième titre. Quant à LeCam, il devra encore une fois se contenter de « la place du con… »
D’autre part, il ne faudrait pas négliger la navigatrice Samantha Davies qui est sans aucun doute l’une des figures dominante de ce Vendée-Globe. Elle bénéficie d’un crédit en milles compte tenu de son détour pour porter assistance à Yann Eliès. Elle est maintenant en 6ième place et frappe à la porte du carré d’as de cette course.
Bien qu’il était au départ l’un des favoris avec un des plus rapide bateaux de la flotte, Marc Guillemot a manqué de cette indispensable chance qui orne le parcours des vainqueurs du Vendée-Globe. La décision qu’il a prise en début de course était ce que l’on appelle en termes de hockey «un long shot.» Elle aurait tout aussi bien pu payer. Mais hélas, ce ne fût pas le cas. Fort heureusement pour lui, Marc ne fait pas une mauvaise course pour autant, loin de là. En plus, il est devenu une figure emblématique de ce 6ième Vendée-Globe en portant une précieuse et réconfortante assistance à Yann Eliès. Sa présence aux côté du marin sérieusement blessé a permis à tous de respirer d’aise. Finalement, en réparant à lui seul son rail de grand-voile, il a rappelé l’impérissable souvenir d’Yves Parlier qui avait jadis réparé le mât de son bateau au même endroit.
Même s’il ne fait plus parti des meneurs dans ce Vendée-Globe, Marc Guillemot brille en faisant encore une fois étalage du courage qui l’a toujours caractérisé. Incontestablement, il gagne le trophée du meilleur sportif. Et s’il est une chose que cet extraordinaire marin mérite, c’est bien de finir ce Vendée-Globe. Ils seront sans doute nombreux à vouloir aller le saluer dans le chenal des Sables d’Olones et cela sera tout à fait justifié.









