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Mike Birch
Le monde selon Mike…

(photo © Jacques Vapillon / dppi)
M.B. « Il est difficile d’en dire plus que ce qui a été dit jusqu’à maintenant. Pour ma part, je n’ai jamais accompli ce genre de course autour du monde… Comme tous le monde, je suis cette course avec attention. Disons que j’ai trouvé les derniers jours assez incroyables. Jean Lecam qui perd son bateau puis Vincent Rioux qui brise son mât en allant le chercher. J’ai aussi une pensée pour ceux ont vu cette course tourner au désastre. Pour d’autres, c’est assez cocasse. Ils voient leur position au classement s’améliorer. Mais on ne parle pas de distance par rapport au premier. Il s’agit uniquement d’un rang qui descend à chaque avarie encaissée par ceux qui les précèdent. Quant à Michel Desjoyaux, C’est une performance incroyable. Michel est un coureur fantastique. »
V.E.L. Que pensez-vous du nombre important d’abandons, des démâtages et des avaries de quilles qui parsèment une fois de plus cette compétition?
M.B. « Je suis la Volvo Ocean Race et ils ont des équipements comparables. Mâts en carbone, quilles pendulaires, etc. Ils semble qu’ils aient moins de problèmes cette année. Je ne saurais dire la cause exacte de toutes ces avaries, mais une chose demeure, c’est que lorsque l’on enchaîne les dépressions les unes derrière les autres et qu’un seul individu manie le bateau, des éléments comme la fatigue peuvent entrer aussi en ligne de compte. En même temps, on ne peut certes pas blâmer les coureurs. Moi aussi j’aurais cru qu’il y aurait moins de casses cette année et je trouve cela tout de même étrange. Je pense que les autorités du Vendée-Globe, comme les coureurs, les architectes, les ingénieurs et les équipes doivent certainement se poser les mêmes questions comme bon nombre de gens qui suivent la course d’ailleurs. Il y aura certainement des analyses intéressantes à faire au terme de celle-ci. »
V.E.L. Que pensez-vous de cette course technologique effrénée? L’aventure est-elle toujours bel et bien présente?
M.B. «Les temps changent de toute évidence. Mais ce n’est pas la technologie qui a changé le plus, mais bien plutôt la pression que l’on met sur les équipes et les coureurs pour qu’ils gagnent. Les marins sont très talentueux. On compte beaucoup sur eux. Ils doivent pousser les bateaux au maximum avec tous les risques que cela comporte. Il en résulte alors les problèmes que l’on connaît. »
V.E.L. Feriez-vous ce genre de course ?
M.B. «Certainement ! Si j’avais 50 ans de moins. (grands éclats de rires) Bien sûr, si j’étais plus jeune, je la ferais. Même que j’aurais dû la faire quand cela était possible.»
V.E.L. Que pensez-vous de ces portes de sécurité pour éviter les zones sensibles où l’on retrouve des icebergs ?
M.B. « C’est une bonne idée. Évidemment, cela enlève une part de suspens qui était liée au choix des routes que faisaient les skippers. Mais quand on voit ce qui est arrivé à Jean-Pierre Dick, on ne peut que se réjouir que cette décision ait été prise par les organisateurs. D’ailleurs, les nouveaux critères de sécurité sont beaucoup plus élaborés et stricts qu’autrefois et ils ont prouvé durant cette course leur remarquable efficacité. La communication est également bien meilleure qu’’elle ne l’était. Elle permet des interventions rapides et le suivit efficace des schémas d’un pays à un autre. »
V.E.L. La question qui tue : Qui va gagner cette course. Croyez-vous que Desjoyaux résistera jusqu’à la fin à la pression et aux assauts de Roland Jourdain ?
M.B. «Effectivement, c’est une question fort embêtante. (rires) Pas de doutes quant aux capacités de Desjoyaux, ça, c’est sûr. C’est surtout le côté impondérable qui peut poser problèmes. On l’a vu avec Jean-Pierre Dick qui a fait une course sensationnelle. Et pourtant, cela s’est terminé de très mauvaise façon. La course est encore très longue et tout peut arriver. Une chose est sûre. Même si les gars doivent être extrêmement heureux d’avoir passé le Cap Horn, malgré cela, ils ne souffleront d’aise qu’une fois arrivés aux Sables d’Olones et pas avant !»
V.E.L. Avez-vous suivi Derek Hatfield ?
M.B. Je n’ai pas suivi beaucoup le début de la course. Je sais qu’il a connu certains problèmes et qu’entre autres, il n’a pas terminé la course. Il faut comprendre que malgré son expérience, il n’a jamais eu un soutien comparable à celui qu’ont des leaders tels que Desjoyaux, Peyron ou LeCam. La course au large souffre beaucoup de ses perceptions et de sa culture au Canada où les sports nationaux sont avant tout le hockey, le football et le baseball. Or, il faut être très entraîné pour faire un tour du monde comme celui-là. Ce n’est pas tout d’avoir un bon bateau. Ça vous prend une équipe de préparation et surtout, un très bon entraînement. Cela semble avoir cruellement fait défaut. Ceci étant dit, ce que Derek a fait est extraordinaire et il est à espérer que ça éveillera l’intérêt chez des sponsors potentiels.
V.E.L. Suivez-vous le tour du monde de Thomas Coville ? Il tente de battre le record de Francis Joyon.
M
.B. «Oui, un peu. Je ne le suis pas tous les jours mais je lis ce qu’on rapporte çà et là. J’avoue qu’il y a beaucoup de questions entourant ce genre de défi. Le fait que les coureurs partent losqu’une fenêtre météo leur est favorable fait que la compétition est quelque peu inégale selon moi. Personnellement, je préfère lorsque les coureurs sont côte à côte. Bien que cela n’enlève rien aux qualités extraordinaires de l’exploit. Mais je souhaite vivement voir au plus vite une course mettant en scène tous ces multicoques géants. Cela sera des plus excitants. »
Il importe toutefois de ne pas se laisser emporter par notre enthousiasme. Il faut se rappeler que notre but premier demeure la promotion de la voile sportive de compétition par la mise sur pied d’une offre crédible de vitrine médiatique. Rappelons aussi qu’au Québec, malheureusement, les médias traditionnels ne manifestent que peu d’intérêt pour ce sport pourtant magnifique.
C’est pourquoi, au courant des mois à venir, l’entreprise Spi Médias s’affairera à une mise à niveau complète de ce média spécialisé qu’est Voile en ligne. Un véritable site internet verra le jour. Des collaborateurs sont en voie de re recrutement et l’emphase sera davantage mis sur la couverture des activités québécoises de voile sportive. Nous sommes conscients du fait que nous avons beaucoup couvert ce qui se passe à l’étranger. Nous allons corriger cela pour que les sportifs de chez nous puissent davantage en bénéficier et que le public, lui, puisse apprécier le fruit des efforts de ces athlètes d’exception. Dans les mois qui viennent, nous mettrons encore plus d’énergie pour que les compétiteurs du Québec aient la visibilité qu’ils méritent.
En attendant, en guise de cadeau, Voile en ligne vous offre ce matin une entrevue exclusive avec le plus célèbre navigateur québécois, Mike Birch, qui nous livre aujourd’hui ses impressions sur ce 6ième Vendée-Globe.
Merci à Mike ! Merci à tous nos lecteurs.
Un Québécois en tête!
L’autre Québécois dans la course, Mike Birch, et son collègue, l’américain Rich Wilson, commencent, quant à eux, à récolter les dividendes de leur audacieuse option. Ils ont en effet repris une place au classement à la faveur d’une route très fortement orientée vers l’ouest, la plus décalée de tous les participants à la Transat.
Chez les Class 40, C’est toujours Giovani Soldini qui occupe le siège de leader mais il ne possède plus que 12 petits miles nautiques d’avance sur Dominique Vittet et son Atao Adio Système. À noter la dégringolade au classement de Benoît Parnaudeau qui s’accentue d’un relevé de positions à l’autre. Il est maintenant 25ième à 247 miles nautique du leader. C’est une forte déception car on s’attendait à beaucoup mieux. À sa décharge, il faut cependant noter que cette course se déroule depuis le début dans des conditions jamais vu. Le carburant fait cruellement défaut en raison d’une dépression stationnaire sur les Açores. Cette indécollable molle persiste depuis maintenant plus d’une semaine et rend les choix de route aussi complexes qu’hasardeux. Les météorologues et les routeurs s’arrachent les cheveux et ne savent plus à quel saint se vouer tant le vent est instable pour ne pas dire capricieux. Les fichiers météos ne donnent rien qui puisse aider les équipages. Chose certaine, le vent est le grand absent de cette course jusqu’ici.
Or les coureurs n’ont même pas encore abordé le pot au noir, ce qui risque de leur causer encore davantage de maux de tête. Des concurrents partis avec des rations pour un nombre fixe de journées passées en mer commencent d’ailleurs à se demander s’ils ne devront pas s’arrêter au Cap vert ou ailleurs pour se ravitailler.
Cette situation entraîne nécessairement des choix qui sont fait sur le mode essai erreur. Et ce qui est payant pour les uns devient en même temps vachement coûteux pour les autres. Chez les 60 pieds IMOCA, certains y sont allés de choix plus que discutables, cherchant la brise ça et là, sans grand succès. C’est le cas de Michel Desjoyaux qui paye un lourd tribut pour son option le long de la côte africaine. Il accuse maintenant près de 100 miles de retard et ça ne s’arrêtera pas là. Même chose pour Jean LeCam qui voir son retard s’accroître en dépit d’un choix pourtant beaucoup plus logique à l’ouest du plan d’eau. En conclusion, les centristes ont raison. Du moins pour l’instant…
Reste le Pot-au-noir qui pourrait réserver encore quelques surprises et redistribuer les cartes. Après, il ne restera plus beaucoup d’options, sinon peut-être une autre molle au large du Brésil qui pourrait nous donner un finish dans le genre de celui de la dernière Route du Rhum mais je ne parierai pas mon chèque de paye là-dessus.
D’autre part, en multicoque 60 pieds Orma, plus rien, sinon un bris majeur, ne pourrait empêcher Frank Cammas et Stève Ravussin de poursuivre leur balade de santé vers la ligne d’arrivée à Salvador de Bahia sur leur trimaran Groupama II qui mène la flotte depuis déjà plusieurs jours. Il leur reste moins de 1000 miles à parcourir. Rappelons que nonobstant un arrêt éclair qu’il a dû effectuer aux Açores, le célèbre trimaran vert a maintenant franchi le pot au noir et se dirige droit vers l’arrivée sans être inquiété par Lionel Lemonchois et son Gitana XI qui suivent à…341 miles nautiques derrière. Même chose pour Crêpes Wahoo qui domine outrageusement sa classe et a maintenant devancé presque tous les 60 pieds IMOCA. Franck-Yves Escoffier et Karine Fauconnier ont 343 miles d’avance sur Laiterie St-Malo de Victorien Erussard et Fred Dahirel.
Du côté de la Barcelonia World Race, ça ne va guère mieux point de vue météo. Bien qu’aux dernières nouvelles Jean-Pierre Dick menait la flotte qui s’était divisée en deux, un coup d’œil sur les vitesses des bateaux avait de quoi refroidir la libido du meilleur marin. C’était à proprement dit décourageant même pour les terriens qui suivent les courses. Et certains comme Jérémie Beyou sur Delta Dore ne cachaient d’ailleurs pas leur exaspération devant cette situation qui met les nerfs à vif. « Est-ce que la course va se décider en Méditérané? » Se demandait le skipper lors de sa dernière communication.
Si le classement demeurait tel qu’il est maintenant jusqu’à l’arrivée, cette édition de la Transat Jacques Vabre pourrait couronner un Québécois d’origine belge, un Anglais, des Français et un suisse. Pour ceux qui rêvent d’internationaliser les courses au large, ce serait à n’en point douter un scénario idéal. Mais la course est dure et la route est longue.
Tout comme ceux de la Transat Jacques-Vabre, les participants à la Barcelonia World Race se trainent comme des limaces en ce début de course.
Mike Birch dans la transat Jacques-Vabre… Et la Québec-St-Malo
Ce bateau construit en 1998 est nul autre que l’ancien VM matériaux de Patrice Carpentier qui a fait le Vendée-Globe en 2004. Le bateau est un plan Nivelt construit en 1998 par Thierry Dubois et muni d’un mât de carbone. Il s’agit donc d’un bateau construit assez récemment.
Quant à Rich Wilson, c’est loin d’être un deux de pique. L’homme est un diplômé en mathématique qui oeuvre comme enseignant au célèbre collège Harvard, situé dans le Massachusets. Sa feuille de route est étourdissante et ce, autant son CV d’enseignant que celui qu’il a acquis comme marin. Monsieur Wilson a en effet gagné de nombreuses courses.
C’est deux là se présenteront donc avec un bateau des plus compétitif et sont bien capable de causer des surprises. En tout les cas, une chose est sûr, ils ne se présenteront pas sur la ligne de départ du Havre comme des touristes au mois de novembre prochain.
De plus, il semble bien que Mike Birch ne s’arrêtera pas là. Un proche du Cow-boy des mers m’a confié dans le secret de l’anonymat qu’il aurait reçu « une offre qui ne se refuse pas » de la part d’un sponsor pour s’aligner au départ de la Québec-St-Malo le 20 juillet 2008. Il magasinerait en ce moment un bateau. On parle d’un multi-coque ou même d’un Open 60. Mike regarderait aussi du côté de son ancienne monture, le Nootka qu’il avait skippé jusqu’à St-Malo en 2004. C’est à suivre!










