Voile En Ligne 2013-05-22 @ 15:55:27 -04:00 UTC
Le Blogue nautique de référence au Québec!

Mike Golding

Plus de quille sur Virbac-Paprec III.

Crédit photo: Jean-Marie Liot/DPPI/Vendée Globe

Le Vendée Globe de est fini. Ça s’est arrêté net fret sec aujourd’hui à 17h45 heure du Québec. À ce moment, navigue dans des conditions de près serré à un peu moins de 850 milles nautiques au sud des Açores. Il tente de se détacher encore plus d’Alex Thomson et de recoller aux leaders plus de 400 milles devant. Un grain se présente. Le skipper niçois rejoint le cockpit pour choquer. Il entend alors un bruit inhabituel. C’est la quille qui a lâché. Ça s’est cassé au raz de la carène.

Le bateau parti au lofe a pu être ramené séance tenante après un largage en règle des écoutes. Ballasté jusqu’aux oreilles, le coursier fait maintenant route à une dizaine de noeuds vers les Açores. La politesse est de rigueur. Trois ris et trinquette, pas plus.

Un peu plus tôt cette semaine, et Tanguy De LaMothe ont aussi eu des ennuis. Le premier a vu une voile se déchirer et le deuxième est en proie à des ennuis avec un safran délaminé. Du côté de , ce sont les hydrogénérateurs qui risquent de mettre Gamesa à sec de diesel.

Plus la course approche de son terme et plus les skippers et leur matériel souffrent. Pour les poursuivants, il faut se rendre à destination tandis que les leaders doivent encore batailler. Armel LeCléac’h a vu en quelques jours son différentiel passer de 165 à seulement 95 milles sur la première position toujours occupée par François Gabart. Celui que l’on surnomme le « Chacal » n’a pas encore dit son dernier mot. La météo favorise un rapprochement des deux leaders. Deux bulles sont presque statiques, mais elles sont situées dans le chemin vers la maison. L’anticyclone des Açores offre un trou de souris dans lequel il est loin d’être assuré de voir passer les deux inséparables. Avec moins de 1700 milles à faire, on ne sait toujours pas qui va remporter ce Vendée Globe 2012-2013.

Le scénario ressemble à s’y méprendre à celui de 2004-4005 où et Vincent Riou s’étaient disputé la victoire jusqu’à quelques milles de l’arrivée. Et comme Vincent Riou, François Gabart n’a aucun droit à l’erreur. On peut prévoir que la tentation de la route directe sera forte. Mais il faudra résister autant à l’envie de couper le fromage, qu’aux chants des sirènes. Comme Vincent Riou, Gabart devra monter au nord et choisir judicieusement le moment d’empanner afin de ne pas mettre son avance en péril.

Si vous divisez les 1730 milles qui restent par 350 milles par 24 heures, ce qui constitue à peu près une moyenne en cette difficile remontée de l’Atlantique, on arrive donc à environ cinq jours de course. Le premier bateau devrait en principe pointer son étrave aux Sables d’Olonne durant le week-end ou en début de semaine prochaine. À ce stade-ci, les chances de voir le record de course de 2008-2009 être abaissé sont, disons de 75%. L’avance de François Gabart sur le temps de Michel Desjoyaux (qui est de 84 jours 03 heures 09 secondes) est certes impressionnante à ce moment-ci. Mais rappelons-nous qu’il faut passer la ligne d’arrivée et que ce n’est pas encore chose faite. Pour paraphraser un célèbre entraîneur de chez nous. « Il y a encore loin de la coupe au lièvre ».

Vendée Globe: C’est loin d’être fini!

Crédit photo: Jean-Marie Liot/DPPI/Virbac-Paprec © 2013

Le Vendée Globe est très loin d’être fini. Il se passe en ce moment des choses qui pourraient changer la face du classement à moyen terme. Premièrement, Virbac Paprec skippé par attaque depuis plusieurs jours au point de revenir dangereusement sur les leaders François Gabart et Armel LeCléac’h. Le grand blond au coursier bleu a recollé au point de ne plus avoir que 238 milles de retard.

C’est un très beau retour pour Jipé d’autant qu’il a connu toutes sortes de problèmes mécaniques qui ont ralenti sa progression durant son séjour dans le grand sud. Avec l’anticyclone de Saint-Hélène et le pot au noir, tous les espoirs sont maintenant permis pour Jean-Pierre dont le bateau est amplement en mesure de rivaliser contre Macif et Banque Populaire VI.

Et puis il y a qui a passé le Horn pour la première fois en solitaire. L’Anglais mène la course de sa vie. Il est maintenant à moins de 600 milles des leaders. Avec plus de 5000 milles à faire, c’est rien. En tous les cas, avoir aux fesses ne sera pas de tout repos pour les premiers qui n’ont pas réussi à tenir le blond en noir à distance après plus de 20 000 nautiques. Préparez vos caméras! La fin sera haletante.

On a obtenu une bonne nouvelle du comité de course qui a accepté réexaminer le cas de . Mais les bonnes nouvelles ont duré le temps d’une vague. Une collision avec un objet en mer a bousillé ses deux hydrogénérateurs. Il a une batterie au tiers de sa capacité et presque plus de carburant. Ça veut dire électricité minimum sinon plus de pilote automatique ni communication, ni fichiers météo, ni désalinateur, donc plus d’eau… Là, non seulement c’est moins drôle, ça devient carrément merdique.

Stamm et son équipe cherchent désespérément une solution tandis que le comité de course a à l’oeil la situation et se tient prêt à intervenir en cas de besoin pour organiser un ravitaillement en mer. Une chose est certaine, Bernard Stamm nous aura fait passer par toute la gamme des émotions. S’il parvient à terminer cette course et à se classer, ce sera le Tout-Paris qui ira l’accueillir aux Sables d’Olonnes. En attendant, les perspectives sont des plus sombres. Bernard cherche une autre planque pour se mettre à l’abri et réparer. Le problème, c’est que Cheminées Poujoulat ne sera pas au Horn avant mardi matin. D’ici là, on se croise les doigts et on allume des lampions. Ça va de travers aussi pour qui a été aux prises avec sa énième avarie cette semaine alors qu’un chariot de grand-voile s’est cassé. Dur Vendée Globe pour l’Espagnol.

Derrière les leaders, hormis Dick et Thompson, le prochain à passer le Cap Horn est qui devrait le faire dans la soirée d’aujourd’hui. Ça pourrait toutefois être retardé par un important anticyclone qui barre complètement la route à Cynerciel. Dommage, car LeCam a mouliné plus de 300 milles de son retard sur les leaders. Il risque maintenant d’en perdre de nouveau. LeCam a un peu moins de 300 milles d’avance sur qui lui, bataille avec deux autres concurrents, et Bernard Stamm. Les trois sont dans environ 60 milles avec 100 milles de décalage latéral.

180 milles plus loin, et Javier Sanso sont bord à bord dans une lutte sans merci. Cali a pris les devants depuis quelques heures, mais l’autre ne s’en laissera pas imposer. Une fois son rail réparé, Javer Sanso va se remettre en mode accélération. Bertrand DeBroc a 275 milles d’avance sur Tanguy DeLaMothe qui vient de passer la porte du Pacifique Ouest. ferme la marche plus de 800 milles derrière Initiative Coeur. Cela s’appelle avoir du courage à revendre.

Côté météo, pendant que les leaders sont au près le premier groupe poursuite a bénéficié de conditions plutôt favorables. Jean LeCam a dû se contenter de sandwichs à la moutarde avec plus de moutarde que de pain. Il s’est fait brasser pas mal depuis une semaine. Dans les heures qui viennent les premiers coureurs devront se faufiler entre deux anticyclones qui offrent des trajectoires plutôt ouest vers l’est, donc encore du près serré pour au moins 24 heures. Ça ne fendra pas la pipe comme on dit ici.

 

 

Disqualification de Bernard Stamm: Alors là bravo!

Crédit photo: Jean-Marie Liot/DPPI/Cheminées Poujoulat

Ah oui là bravo! Je suis persuadé que tous sont heureux de la disqualification de comme pas possible. On en saute tous de joie… Il y a franchement des moments où c’est une sacrée chance que l’ironie existe. Car plus sérieusement, qui est-ce qui se réjouit de la disqualification de ? Personne? Alors pourquoi cette flagellation pour un gars qui déjà se fait fouetter la gueule par vagues et embruns depuis des semaines ? Qu’est-ce que le comité de course avait à prouver en jouant ainsi les matamores et en appliquant bêtement les règles « by the book »?

Une fois que la course est en marche, on ne peut pas revenir sur les règles direz-vous sans doute. Et vous avez raison. Mais il y a des amendements possibles, d’autant quand la sanction est disproportionnée en regard de l’offense. Et puis, mettez-vous deux secondes à la place d’un sponsor comme Cheminées Poujoulat qui investit dans la voile depuis plus de dix années et qui voit tous ces efforts être réduit à néant et son skipper disparaître du tableau. Vous en penseriez quoi? Auriez-vous encore le goût d’en remettre?

Il va falloir que les autorités du Vendée Globe entrent un jour ou l’autre dans le 21e siècle. Un système de pénalité cumulatif à la fin du parcours et un compteur qui marche même à quai aurait le mérite de ne pas reléguer aux orties tous les efforts qu’une équipe a consentis sur plusieurs années.  Une pénalité de deux jours par exemple aurait amplement suffi à Bernard Stamm tout en dissuadant quiconque de requérir à l’assistance. Nous aurions les mêmes effets recherchés sans pour autant faire table rase des efforts et investissements mis de l’avant par les équipes. Ce système aurait permis à des gens comme Isabelle Autissier, Derek Hatfield ou Jérémie Beyou de se classer avec la mention assistance. Au moins, tout n’est pas perdu. Également, dans certaines épreuves sportives, les concurrents sont classés s’ils parviennent à faire 90% du parcours. Une règle de la sorte aurait permis à Roland Jourdain de figurer dans le tableau du Vendée Globe 2008. 

Interrogé cet après-midi, le coureur Philippe Laville abondait dans le même sens, affirmant que bien qu’il comprenait la décision du comité, il estime qu’une simple pénalité suffirait. Le ministe a aussi mentionné que trop de suivi de course était comme trop peu. « Je vis un décrochage face à l’obligation qu’ont les marins de faire des vidéos sur tout et sur rien. Il faut dire que je suis plus de la génération LeCam, mais il me semble que certaines prestations ne nous apprennent pas grand-chose. Par contre, j’admets qu’il s’agit d’une très belle course jusqu’ici » déclarait Philippe Laville.

Le marin de l’Estrie en est à peaufiner son calendrier pour la saison 2013. « on va se voir au salon du bateau de Montréal. Comme d’habitude, je serai au kiosque WPG Canada. Les gens sont donc invités à venir me rencontrer. J’en saurai plus à ce moment sur ce que sera ma saison de voile. Voile en Ligne a tout de même pu savoir que Philippe Laville étudie la possibilité d’effectuer la Bermuda one-two. Tout dépendra de sa capacité à coordonner son horaire de travail et celui de son partenaire avec le calendrier de course.

Pour revenir au Vendée Globe, l’affaire Bernard Stamm a pratiquement fait passer sous silence le passage du mythique cap Horn. Trois concurrents ont maintenant franchi la barrière qui les séparait de l’océan Atlantique. Bien entendu, François Gabart et  Armel LeCléac’h furent les premiers à passer en fin d’après-midi. Ils sont suivis de qui est passé ce matin et d’. En ce moment, les deux premiers sont fortement ralentis par des vents erratiques. La mer qui était dure dans le détroit de Lemaire s’est calmée. Dick n’est plus qu’à 330 milles du duo de tête. Il va recoller encore plus dans les heures qui viennent. Une route à l’ouest des Falklands pourrait s’ouvrir à la faveur d’une bascule sur l’heure du souper ce soir. Cette option pourrait permettre aux poursuivants   et Alex Thompson de recoller encore plus et même menacer les leaders.

Mis à part fait cavalier seul plus de 400 milles devant un peloton fait de , , , et Bernard Stamm. Ce dernier toujours pas officiellement disqualifié étant donné la procédure d’appel enclenchée par son équipe. Le hormis LeCam qui s’est détaché, ce deuxième groupe-poursuite s’étiole sur un peu plus de 300 milles nautiques. Mais le retour de Boissière et Sanso qui ont vécu des pépins, mais qui pressent maintenant le pas donnera certes du piquant dans les jours qui viennent.

On a parlé d’Alex Thompson. Le Gallois fait une course magistrale. Il n’est qu’à 650 milles de la tête et pourrait réduire considérablement son écart dans les heures qui viennent. Quant aux deux inséparables devant, François Gabart s’est démarqué d’une quarantaine de milles devant Armel LeCléac’h. Le suspens se poursuit…

 

 

 

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