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Mini-Transat 650
Sylvain Lévesque en route pour la Transat 650 de 2011
Nous sommes dans l’arrondissement Beauport à Québec. Dans l’un de ces quartiers de banlieusards tout ce qu’il y a de plus normal. À ce temps-ci de l’année, les bungalows sont cachés par les trois mètres de neige accumulée sur le terrain qui orne la façade de ces maisons pour la plupart bâties dans les années 70. De peine et de misère, je finis par trouver l’adresse recherchée et à l’une d’elles, je cogne à la porte. Un jeune homme me répond. C’est le responsable des communications de l’équipe Rakko sailing team.
J’entre et le jeune homme me guide au sous-sol par trois portes avant de me retrouver dans un petit sentier à l’extérieur menant à ce que l’on appelle chez-nous : un abri d’hiver pour auto. Je franchis un petit portique improvisé avec des couches de cellules de plastiques et voilà que je me retrouve dans l’atelier de construction d’un mini 6.5. Y a pas à dire, on n’imagine pas ce qui peut se passer dans les cours arrières de ces maisons…
Sylvain Lévesque m’accueille. C’est un vrai mordu. Il m’explique d’entrée de jeu que le nom Rakko vient du japonais. Une culture qu’il adore. Ça signifie la loutre. « C’est mon signe astrologique autochtone » me dit-il en riant. Le jeune homme a 36 ans. Il rêve d’une carrière de coureur océanique. « J’y investie toutes mes économies » me dit-il. Puis, il s’empresse de s’excuser pour le côté rustique du lieu. Il ajoute, sourire aux lèvres, « Ça me coûte une petite fortune de propane uniquement pour chauffer cet abri tout l’hiver durant. Si seulement un commanditaire nous aidait à payer nos factures de carburant, ce serait déjà un début… »
Le coureur met tout ce qu’il a dans son rêve. La construction de son plan Dudley est avancée. La carène en bois est complétée, la silhouette du rouf se dessine et l’équipe est présentement à la conception de la quille. Ses acolytes Philipe Bourassa et Alix De Courcy mettent la main à la pâte pour l’aider. De temps à autre, il se paye une main-d’œuvre pour mélanger les composites, cela quand il reste quelques sous…
Coût total de l’opération construction : 70 000 dollars canadiens. Il en faudra quelques milliers de plus pour payer les coûts du programme de course. Ça inclut la mise à l’eau du monotype pour des essais en eaux canadiennes, le convoyage du bateau vers l’Europe par cargo, le coût des déplacements, les frais liés à la certification de jauge, les frais de quaiage, de mise à l’eau ainsi que l’inscription au différentes courses. Coût du bateau inclu, on dépassera alors facilement les 100 000 dollars canadiens. Le rêve a un prix que le principal interressé finance presque entièrement de lui-même jusqu’à maintenant.
Évidemment, Sylvain Lévesque compte sur l’arrivée d’un sponsor majeur. La Mini-Transat a ceci de particulier qu’elle est très accessible. Son coût est une fraction de ce que coûte par exemple une campagne IMOCA. Quant aux retombées, elles sont excellentes en particulier pour une entreprise ayant des intérêts sur le marché européen.
Cela ne fait en effet pas de doute que c’est une formule gagnante qui attend quiconque embarquera dans l’aventure. Le jeune homme est charismatique et volubile. Il est passionné et donc, très bon vendeur de son sport. Il espère mettre son coursier à l’eau dans le courant de l’été. À qui la chance de s’associer avec cette équipe ?









