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Crédit photo: Crêpes Whaou
Le directeur le de l’entreprise française Crêpes Whaou, monsieur Michel Blandon a annoncé ce matin l’arrêt du programme de sponsoring voile qui dure depuis maintenant plus de 10 ans. Cette décision deviendra effective à la fin de l’année 2011. Monsieur Blandon a fait l’annonce de cette nouvelle dans un communiqué où il ne donne pas de raison précise à cette décision sinon de dire que l’aventure est rendue à son terme.
C’est donc dire que Franck-Yves Escoffier devra se trouver un autre sponsor pour l’année 2012, notamment pour la Transat Québec-Saint-Malo. On ne reverra pas, du moins pour l’instant, le bateau rouge avec la voile décorée de la girafe.
Évidemment, la décision suscite une certaine tristesse, notamment chez les enfants habitués qu’ils étaient à suivre ce magnifique bateau et son skipper. Ce projet a d’ailleurs été l’une des plus belles initiatives à caractère pédagogique du monde de la voile.
De son côté, Franck-Yves Escoffier entend bien poursuivre l’aventure. Et compte tenu des performances de ce bateau, il ne devrait pas avoir trop de difficultés à se trouver un autre sponsor. Quoi que…
On sait que ce marché vit des heures difficiles en ce moment. La zone euro connaît présentement des perturbations économiques importantes qui insécurisent beaucoup d’investisseurs, tandis que la reprise économique se fait très lente de ce côté-ci de l’Atlantique.
Les retombées de ces aléas ne devraient pas avoir d’incidences majeures sur le milieu de la voile en raison du potentiel publicitaire mirobolant qui y est relié et qui est à ce jour toujours en développement. Mais la période actuelle invite les entreprises à la prudence.
En définitive, l’économie, c’est un peu comme la mer. Quand ça s’agite, on a hâte de retrouver les calmes…

Crédit photo AFP © 2010
Le trimaran Prince de Bretagne a toute une histoire. Il a commencé sa vie utile aux mains du skipper Hervé Cléris qui a eu la surprise de sa vie en voyant l’un des bras de liaison se rompre alors qu’il manœuvrait l’engin pourtant respectueusement. Dès le début, donc, on a su que ça ne tournait pas rond.
Un peu plus tard, le légumier Prince de Bretagne décide de confier le trimaran à Lionel Lemonchois. L’objectif est d’une part redresser la situation techniquement parlant et deuxièmement tenter de remporter la route du rhum. Ce dernier ne perd pas de temps et passe le plus clair de celui-ci dans l’atelier, pour tenter de ramener dans le droit chemin un arbre qui à l’évidence, semble avoir poussé tout croche.
En septembre dernier, Lemonchois se présente sur la ligne de départ du trophée du port de Fécamp pour un premier duel contre ses ennemis de circonstance, Yves LeBlevec sur Actual et Franck-Yves Escoffier sur Crêpes Whaou. Les choses tournent court lorsque Lemonchois retourne son poulain dare-dare à l’écurie. Encore une fois, le moteur claque. Et comme l’objectif est avant tout la Route du Rhum, le temps n’abonde pas. Il faut donc se mettre immédiatement à la tâche.
Puis, débute la Route du Rhum. Quelques jours plus tard, alors qu’il navigue au large du Cap Finistère, Lemonchois déclare avoir des ennuis avec le système de lashing de son trimaran. Il fait demi-tour pour rentrer au port lorsqu’à la faveur d’une mer plus calme sur sa route, il saisit l’opportunité de monter en tête de mât et vient alors à bout de réparer seul.
Mais lorsqu’il reprend la route des Antilles, le mal est déjà fait. Il accuse plusieurs centaines de milles de retard sur le leader Franck-Yves Escoffier. Plusieurs jours passent quand soudainement, c’est la casse pour les deux premiers. Escoffier brise son étrave tandis que LeBlevec fend son bras de liaison avant sur tribord. On connaît la suite. Prince de Bretagne ayant avalé un à un ses adversaires de classe, il ne lui reste que Région Aquitaine-Port Médoc à rattraper. Il le fera à quelques centaines de milles de la Guadeloupe pour ensuite couper le fil en vainqueur.
Le soulagement doit être extraordinaire chez le fruitier légumier Prince de Bretagne. L’effort financier fut des plus engageant chez ce sponsor qui ne s’imaginait certes pas il y a quelques jours encore, voir son nom dans le livre d’or de la Route du Rhum-La Banque Postale.
En effet, l’aventure prenait presque des allures de casse-tête (pour être polie) tant ces gens-là ont rencontré des difficultés à répétition. Mais heureusement, la voile est le genre de sport où la persévérance paye.
Quant à Lionel Lemonchois qui a enregistré son deuxième sacre sur la Route du Rhum, il est tellement bon qu’il trouverait encore le moyen de gagner une course en chaloupe gréée avec un manche à balai et un drap-contour. Certes les mauvaises langues diront qu’il a eu de la chance que les deux premiers se retrouvent au tas en raison d’ennuis. Mais c’est aussi là une part importante de ce sport. Réussir à amener le bateau jusqu’au fil d’arrivée. Et pour cela, à l’instar de la Formule 1, une bonne partie de la course se déroule dans les paddocks.
Lalou Roucayrol deuxième
Certainement que Lalou Roucayrol en rêvait comme de sa première flamme. Mais il ne devait pas trop se faire d’illusion. Devant les trois premiers Actual, Crêpes Whaou et Prince de Bretagne, son Région Aquitaine-Port Médoc ne semblait tout simplement pas faire le poids, du moins en termes de vitesse.
Mais en termes de robustesse, c’est une autre histoire. Et comme pour l’informatique, le code 18 y est pour beaucoup. Le code 18, c’est 18 pouces derrière la barre. Là où se trouve la caboche. Lalou Roucayrol a fait une très très belle course. Il s’est même payé Maître Jacques (l’ex-Crêpes Whaou 2) à son tableau de chasse. Avouez qu’il faut le faire. Comme disait le célèbre Capitaine Bonhomme, « les sceptiques seront confondus ».
Au fait, combien d’entre nous auraient parié sur ce bateau pour terminer deuxième ?
Temps de course de Lionel Lemonchois: 15 jours, 4 heures, 50 minutes et 48 secondes à la vitesse moyenne de 9.70 noeuds.

Crédit photo: ©JM Liot/DPPI/Idec
La route du rhum-La Banque Postale 2010 s’annonce pour être populeuse cette année avec pas moins de 55 inscriptions à ce jour. Et d’autres pourraient bien sûr se rajouter dans les semaines à venir. Pour l’instant, ce qui frappe à première vue c’est le peu de bateaux IMOCA (i l n’y a que huit Open 60 ) tout comme l’absence des Anglais et des Espagnoles au tableau des inscrits. On se demande bien où sont les Golding, Caffari, Alex Thompson, Sam Davies et autres sujets de Sa Majesté qui d’habitude, forment le haut du plateau regroupant les vedettes de l’IMOCA. Et c’est la même chose du côté des Pella et autres Ribero flottant… Ils nous manqueront tous.
À la décharge des organisateurs, il faut dire ici que la proximité de la Barcelonia World Race qui part le 31 décembre prochain force plusieurs à faire des choix en fonction des budgets et de l’assurance de prendre un départ. Une casse sur la Route du Rhum risquant de compromettre la participation à ce tour du monde a sans doute forcé plusieurs à faire des choix pour assurer aux sponsors un juste retour sur l’investissement.
Fort heureusement, ceux qui partiront ne sont pas les moindres. On retrouve Vincent Riou sur sa nouvelle monture, tout comme Jean-Pierre Dick. Les deux se mesureront à Marc Guillemot qui tentera le doublé Transat Jacques-Vabre-Route du Rhum-La Banque Postale sur son Safran maximisé. Ce sera bien sûr l’occasion de mesurer les avancées en termes technologiques sur les nouvelles unités avant le Vendée-Globe de 2012.
Si en IMOCA l’affaire semble jusqu’ici entièrement française, il en sera tout autrement en Class 40 où sept pays seront représentés. On verra entre autres le bucheron suisse Bernard Stamm qui sera l’une des grosses pointures. Il sera opposé à des sommités comme Tanguy De Lamothe, Yvan Noblet, Marc Lepesquieux et Thierry Bouchard pour ne nommer que quelques-uns des plus « dangereux ».
Si l’absence de Giovani Soldini est à noter jusqu’à maintenant, il reste qu’on verra le retour de plusieurs coureurs intéressant dont par exemple, Régis Guillemot. Il faudra suivre également le retour en course de François Angoulevant qu’on a très peu vu depuis la Transat Québec-St-Malo tout comme l’arrivée d’un jeune loup en la personne de l’architecte Samuel Manuard qui a dessiné le Class 40 d’Éric Tabardel.
En classe Multi 50, il sera intéressant de suivre la confrontation, principalement entre deux multis 50, soit Prince de Bretagne que le fruitier français a décidé de confier aux bons soins de Lionel Lemonchois et d’autre part Crêpes Whaou qui tentera de retrouver le chemin de la victoire après sa deuxième place dans la course Vendée-St-Petersbourg. On attend toujours de voir si Actual et Yves LeBlevec viendront encore une fois tenter de détrôner le grand Escoffier. Actual ne figure toujours pas au tableau des inscrits.
Le choc des titans…
C’est en classe « Ultime » que se déroulera le duel le plus attendu de cette course. Cette nouvelle classe a été formée en raison de la disparition des Multicoques ORMA que l’on tente tant bien que mal de remplacer par les Multis One Design de 70 pieds (MOD 70) dont les premières unités devraient sortir de chantiers à l’automne si Dieu le veut… Elles ne seront toutefois pas prêtes pour participer à la Route du Rhum.
Dans cette classe, quatre monstres se feront face. Parmi ceux-ci, on retrouvera Franck Cammas qui naviguera en solitaire sur son trimaran géant Groupama III. Hé oui! Il sera opposé à Sydney Gavinet qui naviguera sur le sistership de Sodebo. Ce dernier commandé par Thomas Coville sera d’ailleurs présent sur la ligne de départ tout comme Francis Joyon sur IDEC.
La présence de ces bouffeurs d’océans en porte plusieurs à croire que le record de Lionel Lemonchois pourrait sauter. En admettant que dame Nature collabore et que les casses ne soient pas au rendez-vous pour « casser le party », c’est en moins de 7 jours, 17 heures 19 minutes et 6 secondes qu’il faudra boucler le parcours pour espérer venir à bout de ce record. Rien de moins sûr quand le départ est à une date fixe sans égard aux fenêtres météo.
Finalement, la classe Rhum est la dernière en lice. Il s’agit d’une classe « bonbons mélangés » dans laquelle on retrouve des unités dont la longueur varie entre 39 et 59 pieds. On y retrouvera Pierre-Yves Chatelin, Yves Ecarlat, Pierre-Yves LeGuennec et Luc Coquelin, quatre habitués de la mer qui avec quelques nouveaux venus, devraient se faire une belle lutte.
La Route du Rhum 2010 présente donc un plateau formé du noyau du monde professionnel de la course océanique européenne entouré de plusieurs habitués ainsi que des candidats dont on a peu ou presque jamais entendu parler. Plusieurs amateurs donc. Mais celles et ceux qui ont suivi la Solidaire du Chocolat et la Transat AG2R sont à même de savoir que les petits nouveaux sont parfois eux aussi, capables d’impressionner la galerie. Rendez-vous au départ le 31 octobre prochain.





