Le maxi Yacht Shockwave V photographié ici à Hobart. Crédit photo: blogs.smh.com.au
Terrible coup du sort en Australie où le naufrage du super maxi-yacht Shockwave V dans la nuit de jeudi à vendredi, a entraîné le décès de deux membres d’équipage. Les victimes sont le skipper bien connu Andrew Short et la navigatrice Sally Gordon. Les deux étaient très expérimentés. Ils avaient participé à pas moins de 15 éditions de la Sydney-Hobart, cette célèbre course dont le départ est donnée le lendemain de Noël et qui relie la ville de Sydney en Australie à celle de Hobart en Tasmanie. Ils avaient même pris part à la tristement célèbre édition de 1998 au cours de laquelle six marins avaient perdu la vie.
Le yacht de 80 pieds datant de 2000 et construit entièrement en carbone était sponsorisé par le cabinet de comptable Price-Waterhouse-Coopers. Il était engagé dans une course entre Sydney et Flint Island lorsque, semble-t-il, au beau milieu de la nuit, le bâtiment aurait été entraîné dans un très fort mouvement de tangage de l’avant vers l’arrière communément appelée en anglais « chineese gybe. » Ce mouvement d’une forte amplitude se produit au vent arrière lorsque ceux-ci soufflent à forte vélocité. Le bateau incontrôlable aurait ensuite talonné sur les dangereux récifs des côtes de Flinders Islet près de Wollongong. Deux fils adolescents du skipper (père de cinq enfants) se trouvaient sur le bateau au moment du drame. L’un d’eux aurait raconté à la marine australienne que les victimes auraient été sérieusement blessées par la chute de la bôme.
Victime d’une très sérieuse voie d’eau, le bateau aurait par la suite coulé en quelques minutes seulement. Les 16 autres membres de l’équipage ont tous été secourus. Les corps des deux victimes ont été récupérés par les équipages de deux bateaux concurrents. Le skipper de Ragamuffin Syd Fisher a récupéré la navigatrice tandis que c’est l’équipe de Quest qui a retrouvé le skipper. Toutes les tentatives pour les sauver ont été sans résultats. On sait que la plupart des équipages ont maintenant des protocoles d’alerte en mer qu’ils pratiquent plusieurs fois, afin d’être en mesure de réagir convenablement lorsqu’une situation d’urgence se présente.
Mentionnons en terminant que la Marine australienne et le Bureau Australien de la sécurité des transports ont institué une enquête. Celle-ci sera longue, étant donné l’état de destruction totale du bateau. De plus, l’endroit où se trouve l’épave rend toute opération de récupération des indices extrêmement difficile. Des hypothèses pointent cependant déjà vers une rupture de la quille pour expliquer le terrible accident.
Aujourd’hui, Georges a donné de ses nouvelles et pas les moindres. Pour les proches du marin de Lévis à qui nous avions eu l’occasion de parler au courant des dernières semaines, il était clair qu’à seulement 56 ans, rien ne pouvait garder Georges Leblanc à quai et le forcer à la retraite, et ce, en dépit de ses nombreuses déveines. Le marin est résolument entêté à coûte que coûte, conjurer le mauvais sort. Et depuis le temps des fêtes, il a pris les moyens pour y arriver.
Georges Leblanc a donc « magasiné » un bateau pour retourner en mer dès l’été 2009. Après quelques possibilité en Amérique du nord, la conjoncture ainsi que les échanges n’ont pas permit de conclure. Il s’est donc tourné vers l’Europe, plus précisément vers la Suède où il a déniché tout un spécimen.
La coque d’une longueur de 64 pieds est en kevlar, ce qui devrait offrir plus de résistance aux nombreux OFNI (objet flottant non identifié) que l’on retrouve dans le golfe et l’estuaire du fleuve St-Laurent. Son mât d’aluminium fait 96 pieds de longueur. Sa voilure fait plus de 300 mètres carrés au portant. Le coursier qui deviendra l’un des plus rapides au Canada, est présentement toujours en Suède. Il est entreposé à l’intérieur depuis plusieurs années et se trouve dans un état tout à fait impeccable. Il est muni de giant-winchs et d’un moulin à café. L’intérieur est entièrement configuré pour la course et équipé de bannettes antiroulis.
Au cours d’une entrevue accordé cet après-midi à Voile en ligne, Georges Leblanc n’a pas caché sa satisfaction et sa hâte de reprendre la mer. Les derniers mois furent pour lui très difficiles et frustrants. Certains médias allant même jusqu’à questionner ses compétences. Pourtant, les dernières semaines ont prouvé de manière éloquente qu’il n’y a pas qu’avec Georges Leblanc que la mer est sans pitié et qu’incidemment, ses capacités de navigateur n’ont rien à voir avec ses ennuis passés.
Maintenant que tout cela est derrière lui, un autre chapitre du carnet de bord de ce marin hors norme vient de se conclure pour laisser dorénavant une page blanche sur laquelle Georges Leblanc espère écrire de nouvelles aventures qu’il souhaite encore une fois partager généreusement avec les Québécois. Il est convaincue que cette fois-ci, l’histoire lui rendra justice et aura une fin heureuse. Après tout, la malchance c’est comme le vent. Ça finit toujours par changer de direction.