La course est donc terminée pour le skipper canadien. Il est en effet impossible pour Derek Hatfield de réparer à lui seul. L’océan Indien, particulièrement vache cette année, aura donc eu raison d’un septième concurrent dans ce Vendée-Globe. Et cela fait d’autant plus mal qu’il s’agit du seul qui soit l’un des nôtres. C’est d’autant plus déplorable que Derek faisait aussi, depuis plusieurs jours, une bonne course qui le rapprochait graduellement de son prédecesseur l’américain Rich Wilson.
Voile en ligne tient à féliciter Derek Hatfield pour les innombrables efforts ainsi que la détermination dont il a fait preuve tout au long de ce projet. Malgré de nombreux sacrifices et des difficultés inimaginables, Derek n’a jamais abandonné. On ne peut qu’être fier de ce qu’il a accompli au fil des cinq dernières années. Peu de gens chez nous peuvent se vanter d’avoir pris part au Vendée-Globe. Avec Gerry Roufs et Benoît Parnaudeau, Derek est le seul autre marin canadien a avoir accompli cet exploit exceptionnel. Il est surtout le seul à l’avoir fait avec un bateau entièrement construit ici.
Derek, you can come back home head up! You are the greatest sailor of ours. Congratulations for what you have done!
Voici les premiers propos de Derek suite à son avarie. Nous les reproduisons tel que publiés sur le site du Vendée-Globe.
Un autre concurrent devrait lui aussi confirmer son abandon dans les heure qui viennent. On s’attend à ce que Sébastien Josse, qui était l’un des grands favoris de cette course, se détourne vers la Nouvelle-Zélande, en raison de ses safrans lourdement abimés lui aussi suite à un chavirage. Deux autre concurrents tentent quant à eux de réparer des avaries graves. Jean-Pierre Dick est au prise avec son safran endommagé il y a quelques semaines tandis que Steve White navigue avec un vit de mulet cassé. Finalement, Marc Guillemot est reparti après s’être arrêté au mouillage dans une baie de l’île d’Aukland pour effectuer une réparation de son rail de grand-voile.
Marc Guillemot ne le lâche plus. Il a pu voir Elies lui envoyer un signe de la main de l’intérieur de son bateau. Moment émouvant s’il en est un… La navigatrice Samantha Davies a profité, quant à elle, de forts vents et accéléré. Elle est arrivée un peu plus vite que prévu et est maintenant sur place avec Guillemot. Au moment d’écrire ces lignes, nous sommes samedi et il est 15h00 à Canberra. L’Arunta serait donc arrivée près de Yann Elies et l’opération de récupération ne devrait plus tarder. La frégate Arunta de la marine australienne qui navigue depuis jeudi soir à plein gaz vers Generali, devait fort heureusement arriver sur zone un peu plus tôt que prévu.
La seule ombre au tableau est que durant la journée d’hier, les vents ont forcit à plus de 40 nœuds. Le navigateur blessé a donc dû de se faire brasser considérablement. Notons aussi que toute la course a comme été relégué au second plan par cet accident. Des internautes par milliers ont d’ailleurs fait parvenir des messages à Yann Elies pour le soutenir dans l’épreuve.
Côté compétition, les leaders Desjoyaux et Jourdain plongeait vers le sud au classement de 23h00HNE afin d’éviter une molle. Le premier accroit son avance, tandis que le deuxième tente de s’accrocher comme il peut. Il est maintenant à 80 milles nautiques. Détail significatif, Sébastien Josse et Jean LeCam sont maintenant relégué à plus de 200 milles du premier. L’anticyclone devant ne devrait pas y changer grand-chose dans les heures à venir puisque les leaders ont entamé une manœuvre de contournement par le sud.
Bien que la fracture n’en soit pas une dite « ouverte, » elle n’en demeure pas moins souffrante à l’extrême et nécessite de toute urgence l’évacuation du skipper vers l’hôpital le plus proche. La course est donc terminée pour lui, cela va de soit. Selon un ancien patrouilleur de ski questionné sur le sujet ce matin, le risque de détérioration massive et rapide de l’état de santé est bien réel et les minutes comptent.
Yann Éliès doit demeurer immobile et si possible, se faire une attèle. Il doit aussi tenter de s’alimenter et de boire pour éviter la déshydratation, ce qui, on en conviendra, est loin d’être simple. Jusqu’à maintenant il a réussi à ramper péniblement jusqu’à sa bannette devant la table à carte à l’intérieur du bateau. Il est donc en relative sécurité. Il a pris contact avec le médecin officiel de la course le docteur Jean-Yves Chauve qui l’assiste et lui fournit un soutien psychologique en attendant l’arrivée des secours. Il semble cependant que Yann Éliès soit incapable (du moins pour l’instant) de s’administrer les premiers soins. Au moment d’aller sous presse, il n’avait pu atteindre la trousse de secours pourtant située à moins de deux mètres de lui. On sait que cette dernière contient de la morphine, ce qui à l’évidence serait fort utile pour apaiser la douleur.
Le skipper Marc Guillemot s’est quant à lui détourné pour aller lui aussi prêter une assistance psychologique qui, on le comprendra, est absolument nécessaire. Il est à 100 milles nautiques du coursier qu’il devrait atteindre ce soir. Même chose pour Samantha Davies sur Roxy. Elle est à un peu plus de 500 milles et prévoit être sur zone d’ici une quarantaine d’heures. On peut penser que les deux adversaires vont vraisemblablement tenter se mettre en travers de la houle afin de minimiser autant que faire se peut, l’effet de la mer sur le bateau du skipper blessé. De plus, ils garderont le contact visuel et radio avec le bateau. C’est tout ce qu’ils peuvent faire car pour des raisons de sécurité, il leur est interdit et de toute manière impossible de tenter de s’approcher à portée de bras du coursier pour monter à bord.
Generali est présentement à la cape (immobilisé et face au vent) sous trois ris et trinquette. Il est situé à environ 800 milles nautiques des côtes australiennes vers lesquelles il avance à environ 2 nœuds. Une assistance héliportée est impossible. Compte tenu de la distance énorme, aucun hélicoptère ne possède une autonomie de carburant suffisante pour atteindre le coursier et revenir à son port d’attache. De toute façon, un hélitreuillage directement du bateau est aussi à proscrire. En raison de la longueur du mât, les risques de collision ou d’enchevêtrement du câble d’hélitreuillage avec le gréement du bateau sont beaucoup trop grands.
Les conditions climatiques ne permettent pas non plus d’effectuer le parachutage d’une équipe de soins. Cette option a aussi été rejeté d’emblée car elle ne permettrait pas aux plongeurs d’atteindre le coursier. Dans une mer très dure, les plongeurs risqueraient d’être blessés en tentant d’atteindre un bateau qui ballotte dans tous les sens.
Les secours s’organisent cependant du côté de la marine australiennes. Mais ça risque d’être extrêmement long pour le solitaire qui ne pourra être secouru avant la fin de la journée de samedi. Aux dernières nouvelles, les autorités de la Maritime Rescue Coordination Center (MRCC) de Canberra ont décidé de détacher une frégate médicalisée de type Adélaïde qui devrait quitter Perth ce soir à 21h00 heure de Paris. On évaluait également la possibilité de faire monter un hélicoptère sur la frégate pour accélérer l’assistance par une tentative de larguage d’une équipe de soins aussisitôt que le rayon d’action permettra l’atteinte du coursier. La manoeuvre pourrait alors se coordonner et se verrait facilitée par la présence des deux autres concurrents déjà sur place.









