À mi-chemin du parcours entre Istanbul et Nice, les paris sont ouverts et les débats font rage. Trois options ont été envisagées par les équipes. D’abord celle la plus au nord à laquelle ont souscrit Roland Jourdain et Marc Thiercelin. Le milieu de terrain occupé par Kito De Pavant. Puis le sud où se trouve le trio composé de Jean-Pierre Dick Michel Desjoyeaux et Gillermo Altadil.
Le passage du détroit des Dardanelles suivit du jeu de cache-cache à travers les archipels de la mer Égée n’ont pas permis de départir qui que ce soit. Bien au contraire, les positions de tête se sont échangées pour un temps et il semble que ces passes d’armes ont plutôt servit à alimenter les cogitations sur les options concernant la suite des évènements une fois rendu dans la Méditerranée.
Il est surprenant de constater la différence des choix et le peu de différentiel qu’ils ont engendré, symbole d’une certaine parité dans la performance de ces bateaux qui ne se voient toutefois pas offrir de quoi maximiser leurs vitesses. En effet, la Méditerranée, pourtant reconnue pour ses belles brises soutenues, a plutôt présenté épisodiquement de timides souffles ayant eu pour effet de ralentir les les uns et les autres.
Aux derniers pointages, Kito DePavant et son Groupe Bel occupaient toujours le premier rang suivit de près par Guillermo Altadil sur Estrella Damm à seulement cinq milles et Michel Desjoyeaux à neuf milles nautiques. Tous les concurrents sont dans une fourchette située à l’intérieur des quatre-vingt milles.

Plusieurs heures de réparation sont
maintenant à l’agenda de Jean-Pierre Dick
Voici le communiqué émis par le PC de course que nous reproduisons ici:
Paprec-Virbac 2 victime d’un OFNI
A 13h00 (heures française), le leader du Vendée Globe, Paprec-Virbac 2, a percuté violemment un OFNI (objet flottant non identifié). Dans le choc, le safran tribord s’est relevé. En voulant le remettre en place, Jean-Pierre Dick s’est aperçu que la barre reliant les deux safrans était cassée et que le support de fixation du haut du safran au pont du bateau était endommagé. Pour l’instant, Paprec-Virbac 2 navigue avec un seul safran à bâbord et devra traverser la tempête à venir dans cette configuration. Pendant ce temps-là, Jean-Pierre Dick a ralenti son bateau et envisage différentes possibilités de réparation. »Voilà pour le communiqué.
Joint par téléphone au courant des dernières heures, la plupart des experts que nous avons questionnés sur le sujet s’entendent pour dire que Jean-Pierre Dick n’est pas sorti de l’auberge. Les réparations qu’il devra faire sont à la fois délicates et fort complexes.
Michel Denis de l’entreprise Global Marine spécialisée dans les pièces, le service et la réparation d’embarcations se disait perplexe quant à la capacité de Jean-Pierre Dick d’effectuer en mer une réparation qui puisse tenir le coup jusqu’à l’arrivée aux sables d’Olones. «Tout dépend de l’état de la fixation. Réparer des pièces de carbonne ou de fibre de verre dans cet environnement… C’est pas simple, d’autant que la météo ne semble pas non plus vouloir coopérer. Ça dépend aussi de ce que le gars dispose à porté de main dans le bateau. Mais pour ma part, je ne vois pas comment il peut faire ça sans au minimum, se mettre à la cappe, ou au pire, rentrer au port…»François Lemelin de l’entreprise Boulet et Lemelin abondait quant à lui dans le même sens.
«Il y a beaucoup de conditionnel dans les réponses que l’on peut donner mais une chose demeure, c’est que du point de vue strictement sportif, la situation est sérieuse. La barre de transmission peut toujour se bricoler mais si la fixation de safran est endommagée ou que la mèche est cassée ou même croche, alors là, c’est une toute autre histoire…»Chose certaine, comme Jean-Pierre Dick devra réparer, il devra aussi oublier la course et le premier rang dans les heures qui viennent. L’anglais Mike Golding prendra donc dans les prochaines heures la tête du classement si ce n’est pas déjà chose faite.
Comme si cela ne suffisait pas, un autre gaulois se retrouve lui aussi en difficulté. Jean-Baptiste DeJeanty a annoncé à la direction de course que son bateau Le Maisonneuve souffre de multiple problèmes. Pilote automatique, drisse de grand-voile défaillante et génois déchiré. Le cadet de la flotte tente présentement de se trouver un petit coin sans vent pour réparer.
Pour finir, la cerise sur le sundae, le champion défendant Vincent Rioux a lui aussi des problèmes. Il a cassé son étai d’ORC. Décidément, ce Vendée Globe est dure. Il n’y aura pas de récession pour les fournisseurs de pièces de rechange…
Avec les remerciements de Voile en ligne pour la collaboration de Monsieur Michel Denis de l’entreprise Global Marine.
http://www.globalmarine.qc.ca/
Ainsi que l’aimable contribution de Monsieur François Lemelin de l’entreprise
Boulet et Lemelin
11 nov. – « En France, c’est l’armistice. Pas pour nous en mer, nous avons vécu l’enfer ! ». Les mots sont durs, à la hauteur de ce que les marins du Vendée-Globe ont vécu depuis le départ des Sables d’Olonne dimanche dernier : un vent fort et une mer violente. Jean-Pierre Dick a bien sorti son épingle du jeu et sort en tête du Golfe de Gascogne malgré un mal de mer tenace pendant 36 heures : « je n’ai jamais vécu cela ! ». Paprec-Virbac 2 navigue en ce moment toutes voiles dehors au large du Cap Finisterre (pointe nord ouest de l’Espagne) suivi de son sistership, Gitana 80, et de Veolia.
JP à la vacation avec son équipe ce matin:
« Je suis en tête ! C’est une bonne nouvelle (Jean-Pierre n’avait pas reçu les positions à 5h00) ! J’ai du avoir plus de vent au large ces dernières heures. Je me suis défoncé cette nuit pour faire avancer Paprec-Virbac 2 car j’ai été malade pendant 36 heures. J’ai vomi tout ce que j’avais dans le bide. C! a ne m’était jamais arrivé ! 36 heures sans dormir et avec les efforts fournis, j’étais complètement à plat. Malgré cela, après le passage du front et la bascule du vent au nord-ouest, il a fallu renvoyer de la toile. Je suis passé de 3 ris dans la grand-voile et trinquette à grand-voile haute et grand gennaker. C’est l’horreur le temps que cela prend quand tu es crevé. Heureusement que j’ai fait de la préparation physique.







