
Rebondissement incroyable dans l’Artemis Transat. Le navigateur
Vincent Rioux est constraint d’abandonner son Open 60
PRB flambant neuf en raison d’une rupture du joint de quille suite à une collision avec un requin pèlerin. Il est récupéré par Loïc Peyron. Notons que c’est le troisième
avarie subit par le nouveau PRB. Depuis sa sortie de chantier, ce bateau a eu deux ruptures d’espar et maintenant un bris de quille. Cette déveine mettra-t-elle en péril la participation au Vendée-Globe de
Vincent Rioux et de PRB ? Quoi qu’il en soit, nous publions ici l’article du magazine Course au Large racontant ce qui s’est passé.
D’après Course au large.
Enorme et très mauvaise surprise sur la Transat Anglaise, déjà marquée par les abandons de Michel Desjoyeaux, Sébastien Josse et Unai Basurko : en raison d´une grave avarie de quille suite à un choc violent avec un requin pèlerin survenu la nuit dernière, le leader Vincent Riou a annoncé à 17h (HF) son intention de quitter son monocoque. Il se trouvait alors à 530 milles d´Halifax. Il a été récupéré vers 19h25 par Loïck Peyron, qui a ensuite repris sa route vers Boston, alors que Vincent Riou a tenté de sécuriser au maximum PRB avant de l’abandonner.
C’est à 9h15 ce matin que Vincent Riou a appris à son équipe à terre qu’il avait heurté cette nuit un requin pèlerin. Le choc avait été suffisamment rude pour arrêter net son monocoque. La situation n’avait pas alors alarmé outre mesure Vincent qui constatait cependant qu’il n’arrivait plus à vidanger le puits de quille. Le skipper de PRB ne s’en n’alarmait pas outre mesure se félicitant juste de ne pas avoir à trop forcer son bateau dans les heures à venir en raison d’une petite bulle anticyclonique sur la route.
A mi-journée, Vincent pensait même avoir trouvé l’origine du problème : le décollement de l’ogive de quille, sorte de carénage du puits de quille. Son équipe à terre lançait même la fabrication d’une pièce de rechange pour l’installer à Boston une fois la course finie. Rien de grave donc.
Loïck Peyron se porte à son secours
Mais un peu avant 17 heures la situation était devenue toute autre. Vincent venait en effet de profiter des calmes revenus pour inspecter plus minutieusement son système de vérin. Et là, stupeur, il s’apercevait que la fixation avant de sa quille était cassée. La quille n’était plus retenue que par son axe arrière et par le système de vérin qui la maintenait à ce moment inclinée sur un bord. Qu’il remette la quille droite et elle partirait inévitablement vers l’avant, se posant directement sur la coque avec tous les risques de détérioration rapide de celle-ci que l’on imagine, voir de perte de quille. Impossible pour Vincent d’envisager d’aborder ainsi le coup de vent qui s’annonce dans les 24 heures sans mettre en péril et le bateau et le marin…
C’est pourquoi après avoir prévenu une première fois la direction de course, Vincent confirmait à celle-ci à 17h38 son intention de demander assistance et de quitter son bateau. Situé à 13 milles dans l’axe arrière de Vincent, Loïck Peyron, déjà prévenu, faisait immédiatement route vers PRB qu’il devrait rejoindre vers 18h30/19 heures. Pour préparer le transbordement sur Gitana Eighty, Vincent a enfilé sa combinaison de survie et prévoyait éventuellement de gonfler son canot de sauvetage. Il a indiqué à la direction de course que la mer était formée, environ 2,50 m de creux mais les conditions semblaient malgré tout maniables en raison du passage dans une bulle anticyclonique. Le skipper profitait également de ces derniers moments à bord pour préparer le mieux possible son PRB à résister à la dépression annoncée car l’idée est évidemment de venir le récupérer au plus vite à partir des côtes nord-américaines.
Vincent à bord de Gitana Eighty
Dernières infos : A 19h25 mardi soir, Vincent Riou a été embarqué à bord du Gitana Eighty de Loïck Peyron qui a repris sa route vers Boston, juste après que Vincent ait tenté de sécuriser au maximum son bateau avant de le quitter, ballasté à fond.