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Crédit photo: © Clipper Venture
La flotte de la Clipper a repris sa route pour San Francisco après une baston mémorable qui ne l’a pas laissé sans lui infliger quelques sévères blessures. Chose certaine, tous se rappelleront cette traversée, même les skippers qui sont pourtant des professionnelles.
Dans cet océan qui n’a de pacifique que le nom, le voilier California a repris lui aussi son chemin vers sa destination après avoir évacué l’un de ses équipiers qui fût blessé lorsque le bateau fut emporté par la même vague scélérate qui est venue à bout de son mât. L’Américain Clive Cockram a été transféré avec succès sur le pétrolier danois Nord Nightingale qui fait route vers Los Angeles. Son coéquipier Dennis Flynn est également à bord pour assister Clive Cockram. Ce dernier a subi un sévère traumatisme crânien lorsqu’il a été éjecté de sa bannette alors que le bateau était renversé sur 90 degrés par la vague. Il se porte bien et est conscient, mais son état nécessite une intervention ainsi que de la surveillance médicale dès que possible.
Cette étape de Clipper Round the Word yacht Race est caractérisée par du mauvais temps depuis le début. Les Clippers enchaînent maintenant les dépressions les unes après les autres. Le gros de la flotte a d’ailleurs mis le cap vers le sud pour tenter d’éviter un autre magistral coup de tabac qui se forme présentement au nord-ouest de la flotte. La dépression est chargée de vents de plus de 50 nœuds générant du coup une mer démontée. Une vraie folie quoi ! Elle pourrait rejoindre la flotte dans 48 heures.
Le comité de course surveille attentivement la trajectoire de cette nouvelle basse pression et avisera si le besoin se fait sentir. Mais pour l’instant, plusieurs ont déjà mis le cap au sud pour s’écarter du chemin de ce monstre. La seule inquiétude va pour Team Finland qui navigue seul à plus de 1800 milles derrière le peloton et qui doit à son tour franchir la porte du Pacifique.
Pour l’instant, il n’y a plus beaucoup de monde qui a encore en tête cette course. Dans une houle résiduelle la plus dure et la plus moche qui soit, on pense plutôt à sauver sa peau. Les voiliers Hull and Humber ainsi que Spirit of Australia sont allés à la rencontre de California pour le ravitailler en carburant afin de lui donner le plus de chance possible de rejoindre San Francisco par ses propres moyens. Il faudra donc compenser ces deux syndicats pour le temps qu’ils ont mis à rejoindre les équipes en détresse. Dans le cas de Spirit of Australia, c’est deux interventions que l’équipe a dû faire durant la même étape. La première lors de la blessure du skipper Pierce Dudin sur Hull and Humber et la deuxième pour donner son carburant à California. On peut donc présumer que cette équipe serait beaucoup plus loin, n’eût été des multiples détours qu’elle a dû faire.
Dans cette course qui n’en est plus une, il reste 1147 milles nautiques à faire avant l’arrivée à San Francisco du voilier canadien Cape Breton Island qui est présentement en tête de la flotte. Les Canuks possèdent maintenant plus d’une journée d’avance sur leurs poursuivants dont le plus proche est Qingdao maintenant à plus de 409 milles derrière. Le troisième est Jamaica Lightning Bolt qui était flashé à 567 milles du leader au classement de la matinée d’hier, à 10 h (HAE).

crédit photo: Gabriele Olivo/Telefonica Blue/Volvo Ocean Race
Puma a vu sa bôme être cassée, Telefonica Black a abandonné la course en raison de très inquiétantes fissures apparu sur sa coque. Green Dragon a aussi des problèmes structurels. Quant à Delta Loyds, son rail est endommagé, sa grand-voile est déchirée et il a demandé assistance car l’une de ses deux barres-roue est bloquée.
Point positif de l’affaire, bien qu’ils en aient bavé comme jamais, on ne dénombre aucun marin blessé dans cette hécatombe.
Côté course, Telefonica Blue en a profité pour prendre la poudre d’escampette et creuser un écart de 65 milles nautiques sur ses deux poursuivants, en l’occurrence les soeurs Ericson 3 et 4. Il faut dire que des tempêtes, Bouwe Bekking en a vu d’autres. Avec Torben Grael, il est de loin le plus expérimenté de la flotte en ce domaine. Premier à s’engager dans le détroit de Luzon en dépit du mauvais temps, Telefonica blue prend maintenant une sérieuse option sur la victoire d’étape.
L’équipage canadien du voilier Nova-Scotia sous l’égide du skipper Robert McInally a pris le 9ième rang de l’étape. Il occupe présentement le 7ième rang au classement général et cumule 23,5 points jusqu’ici derrière le team Westernaustralia2011.com qui lui, est campé en 6ième position avec 33 points.
Le skipper du voilier canadien rapporte ses impressions dans le blogue des équipages que l’on peut lire sur le site internet de la course. Il faisait état du fait qu’après plusieurs semaines de navigation, la fatigue commençait à faire son œuvre à bord du bateau. Il a par contre rapporté que l’accueil fût triomphal à Qingdao en chine. Il semble que cela a à la fois impressionné et ragaillardi l’équipe selon le skipper.
J’en profite pour rappeler à tous que si l’horaire va comme prévue, la flotte entière de la Clipper sera bientôt de passage en terre canadienne. Elle visitera 2 ports de la Nouvelle-Écosse, soit ceux de Halifax du 7 au 12 juin puis celui de Sidney du 13 au 16 juin, qui est le jour prévu pour le départ vers l’Europe. Voilà une excellente opportunité de voir de magnifiques voiliers de course et aussi, d’aller encourager ces circumnavigateurs lors de leur passage chez nous. Ne manquez pas ça si vous êtes dans les provinces maritimes à ce moment.
La Clipper Round the World Race est une course autour du monde par étapes et en équipage. Ouverte à tous, les participants sont, pour la grande majorité, des plaisanciers amateurs. La course est cette année parrainée par la légende de la course océanique Sir Robin Knox Johnston. Agé de 69 ans, celui que l’on surnomme respectueusement et affectueusement Sir Robin vient de compléter la Vélus 5 Oceans, un tour du monde en solitaire par étape.
Pour ceux et celles qui souhaiteraient vivre ce type expérience qu’est un tour du monde à la voile en équipe et par étape, cliquez sur le lien Get Onboard que l’on retrouve en bas de page sur le site de la course. Vous pouvez aussi vous adresser à l’actuel comité organisateur. Tous les détails en visitant le site internet de l’épreuve à l’adresse suivante :





