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© Jean-Christophe l’Espagnol et Sylvain Lapierre
« Le trophée quitte le Québec pour se retrouver chez nos cousins ».
C’est le Sait-Pierrais Bernard Ozon qui a remporté en temps compensé la Solo des fous 2010. Il succède ainsi à Réjean Desgagnés qui avait remporté l’édition 2009 et qui a terminé premier en temps réel lors de la présente édition. Réjean Desgagnés a toutefois vu son temps compensé être insuffisant pour être sacré vainqueur une deuxième année d’affilée.
Quinze bateaux étaient prétendant au titre cette année. La course de 93 milles nautiques dont le départ avait lieu vendredi dernier du Havre-Aubert aux Îles de la Madeleine a été ponctuée de quelques épisodes forts intéressants comme nous le raconte avec force détails ce résumé que l’on peut aussi lire sur le site du Club de voile Madelinot. Un texte rempli de belles couleurs de ces îles qui font rêver.
Résumé de la course
10h00
Beau départ d’Alvarado qui frôle la moustache du bateau comité. Salacia plus véloce vire en tête la bouée de dégagement devant le grand Sarah Priscilla. Cap sur la pointe de l’est, le vent de sud-est d’une dizaine de nœuds n’est pas idéal. Pourtant les spinnakers fleurissent les uns après les autres . Tire-bouchon toujours rapide sur la gâchette puis Starfisher, Alvarado, Salacia et l’Abeille des caps envoient leur belle voile multicolore. Encouragés, d’autres comme Biscornu s’essayent aussi, tandis que ceux qui n’en ont pas tentent de suivre malgré tout.
Le vent de sud-est forcissant, le cap devient difficile à maintenir et les spis ont tous regagné leurs sacs avant la Grande- Entrée. A ce moment de la course, Sarah Priscilla est toujours en tête suivi de Salacia. Jeff Anna et l’Abeille des caps ne sont pas loin. Esdras très à l’aise dans ce bon vent de travers revient fort sur les premiers ; Brume radieuse aussi. Pour ce qui est des autres, ils s’accrochent. Passé la pointe de l’est, il y a comme un parfum de grand large. On quitte l’abri des îles, la mer se creuse et le vent est plus dur. Biscornu un des petits voiliers de la course décide sagement de faire demi-tour.
Les premiers atteignent le rocher en milieu d’après-midi acclamés par les milliers de fous de bassans, seuls habitants de ce lieu à la triste réputation. Le vent est maintenant établi à plus de 20 noeuds et les vagues toujours plus grosses sont difficiles à négocier pour les petits bateaux. Ceux qui n’ont pas eu le temps d’enfiler leur ciré n’ont plus un poil de sec. Les pilotes automatiques ne peuvent pas tenir des voiliers ainsi surtoilés. Il faut donc barrer sans cesse. On ne lâche la barre que quelques secondes pour essayer d’attraper un morceau à manger. Les manœuvres à l’avant du bateau deviennent soudainement sportives.
Esdras en grande forme remonte irrésistiblement sur le Salacia. Pas question pour lui de laisser la barre une seule seconde pour aller vérifier le cap. Il a son adversaire en point de mire. Mais ce qu’il ne sait pas, c’est que Salacia a son GPS en panne et fait un cap très approximatif, faisant lui aussi confiance à son poursuivant. Quand les 2 capitaines s’aperçoivent de leur erreur, ils sont loin à l’ouest de la marque de parcours. Le Salacia ne s’en tire pas trop mal, mais l’Esdras perd plus d’une heure à louvoyer pour revenir sur la bouée se faisant ainsi dépasser par 3 ou 4 concurrents…
Vers 23h alors que Sarah Priscilla est sur le point de franchir la ligne d’arrivée, Brume radieuse qui volait littéralement de vague en vague et grignotait un a un ses adversaires perd soudain le contrôle de son bateau. Il constate avec stupéfaction qu’il n’a plus de safran. Il stabilise son voilier avec un sceau amarré à la poupe et appelle la garde côtière pour se faire remorquer à bon port.
Les voiliers franchissent un à un la ligne d’arrivée et vont s’amarrer au quai du Havre-Aubert. Les capitaines débarquent en titubant la gueule brûlée par le soleil et les embruns, heureux pour certains, soulagés pour d’autres. Grendel ferme la marche un peu avant l’aube.
Voile en Ligne tient à féliciter Bernard Ozon pour sa victoire dans la Solo des Fous 2010.
Photo: le voilier Don Quichotte du navigateur Marc Nadeau.
Les Québécois seront bien représentés lors de la prochaine édition de la Route Halifax- St- Pierre et Miquelon dont le départ est prévu pour le 10 juillet prochain. D’ailleurs, l’organisation de cette course va plutôt bon train. On ne dénombre pas moins de 17 équipes ayant fait part leur intention de s’aligner sur la ligne de départ.
En classe « IRC 1 », le VO 60 Ocean-Phenix de Georges Leblanc croisera véritablement le fer pour la première fois. L’an dernier, Georges Leblanc avait pris part à la Course Jacques-Cartier mais il s’agissait davantage pour lui d’une démarche promotionnelle que d’une course à proprement dit. Cette fois par contre, il s’agira d’une première course avec le voilier qui sera configuré en conséquence et avec un équipage qui sera entrainé.
En classe « PHRF Racing 1 », l’ancien comparse de Georges Leblanc, Marc Nadeau, prendra le départ sur son course-croière, un Hunter 45 baptisé Don Quichotte. Marc Nadeau est un navigateur expérimenté ayant déjà participé à la Transat Jacques-Vabre. Lui aussi a fait la Course Jacques cartier l’an dernier. Sur la même ligne, on retrouvera le gagnant de l’édition 2009 de la Solo des Fous, Réjean Desgagnés sur son Labrador 44, le Sarah-Priscilla.
Jusqu’à maintenant, on retrouve une belle délégation canadienne venant principalement de la Nouvelle-Écosse. Quatre voiliers américains sont aussi sur les rangs dont le Dawn Treader, un Swan 48MK II venant du New-York Yacht-Club et skippé par Lawrence Cohen. Le Archambault 35 Ciao Bella du navigateur français Philippe Paturel sera aussi du départ sous les couleurs de la France. Le bateau est toutefois rattaché au Royal Nova Scotia Yacht Squadron.
Les équipes désirant s’inscrire ont encore jusqu’au 7 juillet prochain pour le faire. L’avis de course spécifie toutefois que les inscriptions quant à leur acceptabilité, sont à la discrétion du comité de course. On comprendra par cette phrase que le comité doit surtout tenir compte de la capacité d’accueil de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon. Il est donc préférable à celles et ceux qui désirent mettre cette course à leur calendrier de s’inscrire sans plus tarder.
À noter que Voile en Ligne fera un suivit attentif de cette course. Vous pouvez aussi visiter le site internet de la Halifax St-Pierre et Miquelon à l’adresse suivante :
Crédit photo: Réjean Desgagnés
Voici le nouveau bateau du navigateur Mike Birch. Il s’agit d’un plan Réjean Desgagnés de 33 pieds de longueur par 8pieds et demi de large. Le bateau, dont certaines des lignes sont inspirées des coursiers modernes, est étroit pour favoriser son transport par camion. Il est fabriqué de mousse corcel et d’époxy, d’où son poids des plus modestes de seulement 5500 livres.
Son tirant d’eau est de 5 pieds. La quille dont le bulbe fait 2000 livres est quant à elle facilement escamotable et ce, pour les mêmes motifs qui concernent la facilitation du transport. Trois écrous aisément accessibles retiennent l’appendice qui peut être démonté en seulement quelques minutes.
Le Dolly est équipé d’un seul safran qui se manœuvre à l’aide d’une barre franche. Pour ce qui est du gréement, le prototype devait à l’origine être un cat-boat. C’est ce qui explique que le mât de 38 pieds pivotant et fait de carbone soit si avancé sur le plan de pont. Pour compenser, un bout dehors a donc été installé et la bôme fut rallongée pour fournir une bonne surface de voilure. Notons aussi que des outriggers seront installés au printemps.
Le bateau a été construit au chantier de Walter Green dans le Maine aux USA. Mike Birch a manifesté à des proches son envie de transporter le bateau sur la côte du pacifique où il aimerait bien naviguer pendant quelques mois. On sait que le marin vit à Québec mais que ses origines sont britanno-colombiennes.
Mike Birch a mis le bateau le 9 novembre dernier. Une façon de souligner le 78ième anniversaire de naissance du légendaire cowboy des mers qui avait eu lieu quelques jours plus tôt soit le 1er novembre.Présentement, le bateau est toujours aux Etats-Unis à Yarmouth où il passera l’hiver. Il sera remis à l’eau au printemps pour des essais plus poussés.
Voyez d’autres photos de ce bateau et sa mise à l’eau en visitant notre page multimédia sous l’onglet photo







