
Crédit photo: Archives Spi Médias communication inc.
Enfin le voici arrivé! Depuis le temps qu’on l’attendait! Le Salon du Bateaux et des sports nautiques de Montréal 2013 ouvre demain. Il s’agit toujours d’une belle pause estivale qui nous met dans l’ambiance de l’été à venir et interrompt avec soulagement la froidure ambiante. Le Salon de Montréal c’est l’opportunité de faire trempette dans le rêve pour quelques heures. Des rêves qui deviennent parfois réalité à la faveur de choix de vie ou de retraite.
Vendre sa maison pour prendre la mer vers la Polynésie, ou juste acheter un beau bateau pour s’amuser localement sur les fabuleux plans d’eau qu’offre le Québec, bref, il y en a pour tous les goûts. Avec du fort beau monde prêt à vous accueillir pour vous aider à faire vos choix ou pour bavarder cordialement l’espace de quelques minutes.
Le Salon de Montréal est le plus gros au Québec par le nombre de ses exposants mais aussi par ses attractions. Parades de mode, démonstrations en bassin, jeux, animations pour les tout-petits, aires de restauration à proximité, accès directe par métro, etc. La place Bonaventure est le lieu à ne pas manquer dans les prochains quatre jours. Ça ouvre à 10h00 le matin, ça coûte 13$ par personne, ou 30$ pour une famille de deux enfants. Il y a un vestiaire, des gens partout pour vous orienter et de superbes bateaux.
La course au large sera encore là cette année avec des conférences données par Georges Leblanc et Robert Patenaude. Pour dessert, le champion de la Volvo Ocean Race, Damien Foxall viendra nous parler de son extraordinaire expérience à bord du VO70 Groupama.
Il y aura de nombreuses autres attractions. Et bien entendu, nous y serons. Voile en Ligne couvrira le salon en entier cette année. Nous organiserons des rendez-vous avec des coureurs et vous serez invités à venir nous voir dans les kiosques de nos commanditaires. Tout au long de ces quatre journées, nous relayerons images et contenu sur notre site ainsi que via nos pages Facebook et Twitter. Des entrevues, des vidéos, des photos et des textes en direct de la Place Bonaventure. Nous serons là. Nous vous tiendrons au courant de l’endroit où nous serons durant la fin de semaine. Venez nous rencontrer! On vous attend!

Crédit photo: Spi Médias communication inc. © 2012
Parlons d’abord de Groupama
Une revue de l’année sans parler de l’extraordinaire exploit de Groupama serait un péché. L’équipe de Franck Cammas a fait plus que répondre aux attentes. Les Français ont toujours eu du mal à faire la preuve de leur supériorité en course océanique. Un doute a toujours subsisté. Ne souffrant pas pour autant de complexe d’infériorité, l’équipe Groupama a néanmoins juré qu’elle ne se présenterait pas pour jouer les touristes. Et la résistance française a surpris tout le monde dès le début de la course. Des tactiques audacieuses et un modèle de course non orthodoxe ont engagé les concurrents sur le sentier d’une guerre psychologique où ils furent complètement déstabilisés.
C’est le cas de Puma et Telefonica qui se sont retrouvés sur le cul face à l’offensive gauloise. Chez les Kiwis, on est peut-être bon pour faire des ronds dans l’eau durant un après-midi dans la piscine de San Francisco. Mais la Volvo qui est un laminoir sans pitié aura eu raison de l’équipe de Grant Dalton qui a été incapable de tenir la cadence tant la condition physique n’était pas au rendez-vous. Ça peut passer dans l’America’s Cup, mais pas dans la Volvo.
En définitive, Groupama aura réussi un exploit incroyable en venant à bout de vaincre dès son premier match des adversaires beaucoup plus aguerris et expérimentés. La victoire de Groupama n’est ni miraculeuse ni le fruit du hasard. Elle résulte simplement d’une préparation sans faille, de la force de caractère et de la volonté de Franck Cammas et de ses hommes. Cette victoire est spectaculaire, inusitée et pleinement méritée. Elle est extraordinaire! Elle se compare avantageusement à la victoire française lors de la Coupe du Monde de soccer de 1998.
Parmi les Canadiens qui se sont illustrés cette année, le Québécois Peter Hall est à mettre sur le dessus de la pile. Aidé par ses deux coéquipiers Paul Davis et William Hall, le skipper et son équipe ont remporté un deuxième titre mondial en trois ans en classe en Soling. L’équipe canadienne a mis la main sur le titre lors des mondiaux de septembre qui se sont tenus cette année à Milwaukee sur les bords du lac Michigan. Il s’agissait du deuxième titre consécutif pour Peter Hall qui a d’ailleurs reçu le titre de marin québécois de l’année 2011 de la Fédération de Voile du Québec. En cette année 2012, la Fédération a choisi Martin Robitaille.
Éric Tabardel
De notre côté nous ne sommes pas en rupture face à cette décision. Bien au contraire! Pour nous le mérite de Peter Hall et Martin Robitaille ne fait aucun doute. Voile en Ligne choisit simplement d’honorer des marins selon un processus qui est le nôtre. Cinq experts du milieu de la voile son sollicité pour donner leur avis sur les évènements et les coureurs. La démarche est secrète afin qu’aucune pression ne soit mise sur les décideurs.
Cette année, le comité a choisi pour le titre de marin québécois de l’année 2012, le skipper Éric Tabardel. Depuis presque neuf ans, Éric s’est lancé dans un projet d’une complexité phénoménale. Il est le premier québécois à avoir construit de ses mains un voilier de course de type Class 40. Bâtie sur les plans de Sam Manuard, la construction est absolument impeccable comme l’ont démontré les tests lors de l’obtention du certificat de jauge.
Éric est le premier à dire qu’il ne revendique pas à lui seul l’exploit de la construction du bateau. Il rappelle l’implication de Damien Depas, Chris Sayer, et le coup de main de son regretté préparateur Jean-Maurice Dupuis. Éric pense aussi à tous celles et ceux qui ont donné la moindre contribution. Personne n’est oublié
Bleu devait prendre le départ en 2008. Mais voilà que la malchance s’abat sur l’équipe qui subit les affres d’un démâtage durant sa qualification. Dès lors, on aurait pu croire que ce serait fini. Éric lui-même avoue avoir pris cette épreuve très durement. « Quand j’ai vu les autres partir et que je suis resté seul derrière, ç’a été épouvantable. J’avais le coeur en miette » dira-t-il lors d’une entrevue.
Éric Tabardel n’est pas le genre à s’apitoyer très longtemps sur son sort. Mais nous sommes bien placé pour affirmer ici qu’il a fait face à d’innombrables et d’inextricables problèmes qui serait venu à bout de n’importe quel humain raisonnablement constitué. En fait, on se demande par quel mystère Éric Tabardel a pu poursuivre son projet sans devenir fou? Oui, il a eu de l’aide. Mais Éric Tabardel se serait-il lancé s’il avait su ce qui l’attendait? Pas sûr! Quelques heures passées en sa compagnie suffisent à convaincre que la route a été atrocement dure et raboteuse.
À force de volonté, d’efforts par milliers, de travail acharné, d’une pléiade d’amis sincères, de bras droit et gauche comme les frères Molimard et avec la contribution fort appréciée de Philippe Boisclair, Bleu a pris le départ de la Transat 2012. Et l’équipe n’a pas seulement figuré. Elle s’est fièrement battue. Bleu a fait une course éblouissante en traversant l’Atlantique en moins de 15 jours. Il est devenu du coup le monocoque québécois le plus rapide de l’histoire sur ce parcours.
Bleu n’a pas gagné la course. Mais l’histoire retiendra qu’Éric Tabardel en revendique la paternité, qu’il aura mobilisé les Québécois comme jamais auparavant sur un projet de ce type et que sans le courage et la détermination de toutes ces personnes, jamais ce bateau n’aurait été mis à l’eau. C’est cela la victoire de Bleu. Et cette victoire-là est la meilleure de toutes.
Y aura-t-il d’autres projets comme celui de Bleu? Reverrons-nous une flottille québécoise lors de la prochaine transat? Bleu sera-t-il au départ en 2016? C’est encore trop loin pour le dire. Mais ce genre d’initiative est un vrai parcours du combattant. Le docteur Robert Patenaude aurait vendu son Class 40 tandis que Luc Forcier a du mal à mener son projet à terme. Pas facile donc!
Éric Tabardel aura été jusqu’au bout. Un exploit incroyable dans un contexte de rareté d’appuis financiers. Il a réalisé l’impossible grâce à sa détermination et sa capacité de mobilisation.
C’est sans surprise que le trimaran de 50 pieds FenêtréA Cardinal III a remporté la 8e édition de la Transat Québec/Saint-Malo en classe Open. L’ancien Crêpes Whaou III s’est présenté devant la cité corsaire autour des 7h50 heure locale. Le skipper Erwan Leroux et ses hommes s’adjugent ainsi la victoire et le record de course dans la classe des multis 50. L’ancienne marque appartenait à Franck-Yves Escoffier et datait de 2008.
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Il s’est passé beaucoup choses sur la Transat. En l’espace de quelques heures, des concurrents au coeur de la course ont été largué. Longitude Mer Lattitude Neige a subi une avarie majeur. Le bateau est fissuré jusqu’à la coque sur le tableau arrière. Il n’y a pas de voie d’eau mais la course est définitivement terminé pour Aurélien Ducroz. David Augeix EDF Énergie Nouvelle a un étai et un spi qui ont lâché. IXBlue, Comiris-Élior et Roaring Forty II sont tous au dessus des 130 milles nautiques du meneur.
Depuis plusieurs jours, la cadence est imposés par Halvard Mabire et Miranda Merron sur Campagne de France. Bien campés sur leur Pogo 40 S2, ces deux skippers parmi les plus expérimentés semblaient regarder le terrain studieusement pour choisir furtivement le moment propice pour s’emparer de la tête. À la manière d’un prédateur guettant sa proie, Mabire et Merron ont été patient. Un bord tiré vers le sud pendant 24 heures a donné au champion défendant la meilleure veine du creux dépressionnaire qui a affecté la flotte samedi dernier dans la soiré. Depuis ce temps, Mabire a accoté l’accélérateur sur la vis et n’a empanné qu’une seule fois avant d’entrer en eaux territoriales européennes. L’avance de Campagne de France tient à un bord de 1000 milles de long. Cela s’appelle capitaliser.
Campagne de France a ainsi mis des cailloux dans les chaussures de Mare qui accuse un retard de près de 40 milles. GDF-Suez a été plombé de 55 milles et Geodis traîne maintenant une enclume avec plus de 80 milles de retard. Avec moins de 500 milles à faire, l’avance creusée par Campagne de France n’est peut-être pas décisive mais elle n’en demeure pas moins significative.
Les vitesses aussi ont augmenté. Plus le but se rapproche, plus la foulée s’allonge. Des Class 40 se sont payé la traite avec des pointes à 20 noeuds tandis que leurs grands frères en classe Open ont aussi passé la surmultiplié.
Nos Québécois se débrouillent aussi fort bien et font une course plus qu’honorable dans les circonstances. Charles Mony se bagarre pour la deuxième place sur le trimaran de Gilles Lamiré Défi Saint-Malo Agglo. Même chose pour Éric Tabardel qui colle au peloton des Class 40 avec Bleu. Georges Leblanc avance bien en dépit de plusieurs petits soucis qui ont empêché l’équipe de pousser le Ocean Phenix à son maximum. Quant au docteur Robert Patenaude, Après la réparation de la drisse de grand-voile qui a cédé il y a quelques jours, la vie a repris son cours sur le voilier.
Tous nos coureurs profitent de l’expérience extraordinaire que procure la chance de vivre une transat. Et à défaut de figurer au devant de la flotte, l’enrichissante expérience de la mer compense largement. le mot d’ordre est « nous faisons de notre mieux ». Il est de notoriété publique que les humbles terriens que nous sommes sont fiers de ce que ces gens de chez nous accomplissent. Prendre le départ d’une grande course océanique relève déjà de l’exploit. Arriver à destination sans encombre est un bonus qui réjouit tous le monde. Lâchez pas!