
Le docteur Robert Patenaude est de retour en terre québécoise depuis tard hier soir. Il a donné ce matin une entrevue au Réseau De l’Information (RDI) à l’occasion de l’émission RDI Week-end animée par Louis Lemieux.
Vous pouvez voir cette entrevue en visitant notre section Multimédia sous l’onglet Vidéos. Un hyperlien est inséré dans la photo du docteur Patenaude. En cliquant sur l’image, la console du Réseau De l’Information s’ouvre et l’on peut ainsi, visualiser l’entrevue.

Le docteur Robert Patenaude et son coéquipier André Gagnon ont été honoré lors de la cérémonie de remise des trophées qui a suivit la fin de la course Bermuda One-Two. Les premiers Québécois à avoir remporté la course dans leur classe respective se sont vu offrir la coupe Bermuda One-Two dans la classe PHRF 1.
C’est une performance qui certes, restera marquée dans les annales de la course au large au Québec. Notons qu’en plus de terminer premier de leur classe, Robert Patenaude et André Gagnon ont très bien figuré dans la deuxième partie de la course, terminant au deuxième rang malgré un bateau hypothéqué par un safran qui était loin d’être au meilleur de sa forme. 
En plus de terminer au 1er rang de leur classe, les deux hommes ont mené l’équipe IRIC-Persévérance à la 5ième place au classement général sur un parcours offrant des conditions de mer extrêmement difficiles. Creux de huit mètres, mer croisée et vent de trente nœuds, bref, l’océan a été sans pitié pour les équipes impliquées dans cette course. Ce trophée est donc des plus mérité pour le médecin de l’hôpital Honoré-Mercier et son coéquipier.
La suite de cette aventure se jouera au retour de Robert Patenaude qui est prévu pour cette semaine. Dimanche prochain le 5 juillet à 8h40 Le docteur Patenaude sera en onde à RDI week-end. Le Québec pourra alors faire connaissance avec le premier champion québécois de la Bermuda One-Two. Il y sera bien sûr question de la course océanique mais aussi de la cause qui tient à cœur à l’équipe de Robert Patenaude, celle de l’Institut de Recherche en Immunologie et en Cancérologie de l’université de Montréal (IRIC). C’est là un rendez-vous à ne pas manquer.

La Bermuda one two achève. La plupart des coureurs sont de retour à Newport. Cette deuxième partie de la course fût à l’image de la première partie. Un départ canon et puis une zone sans vent à l’entrée d’un Golfstream qui a pris des allures de Pot-au-noir et surtout, qui a durée une éternité. La même zone fût ponctuée de grains, ce qui n’a jamais permis aux engagés de pouvoir accélérer à leur guise. Le tout s’est terminé par les derniers cent milles dans des conditions de mer hallucinantes. Vagues croisées, vent de 25 à 35 nœuds avec des grains incessants. Une course intense et épuisante durant laquelle les coureurs n’on jamais pu lâcher les écoutes.
Comme on s’y attendait, le duo composé de Robert Patenaude et André Gagnon a dû vivre avec les aléas d’un bateau dont les performances furent réduites par la blessure subit lors de la première partie de la course. On se souviendra que le C&C 41 avait heurté un cétacé à quelques encablures du fil d’arrivée et avait ainsi lourdement endommagé son safran. Ce dernier a pu être réparé mais Robert Patenaude avait indiqué d’entré de jeu qu’il ne pourrait pousser la machine à son maximum lors de la deuxième partie de la course.
Mais tout de même, malgré ce handicap, le résultat a de quoi surprendre. Le bateau skippé par l’urgentologue de l’hôpital Honnoré-Mercier à Saint-Hyacinthe a terminé deuxième de sa classe avec seulement 2heures 50 minutes de retard sur le gagnant. Un score plus que respectable dans les circonstances. Mais il y a plus. Comme le handicap PHRF de Robert Patenaude obligeait son rival à terminer dans une fenêtre de trois heures avant l’équipe IRIC-Persévérance, Le médecin devient donc le grand gagnant de sa classe dans le temps combiné des deux épreuve. Il termine dix minutes seulement devant son adversaire et devient ainsi le premier Québécois à remporter la Bermuda one-two.
En entrevue au téléphone ce matin, Robert Patenaude était fier mais aussi soulagé. Il parlait d’une mer impitoyable pour décrire les heures que viennent de vivre la flotte de cette course fondé par Jerry Cartwright en 1977.
« Ce n’était pas une promenade de santé je vous assure ! Les écrous qui retiennent mon réservoir à eau ont cassé lorsque le bateau filant à huit nœuds s’est soudainement arrêté dans le creux d’une vague. Le miroir de la salle de bain a éclaté en mille miettes et mon bas-étai s’est rupturé. J’ai environ pour 15000 dollars de dommages sur le bateau(…) » de dire Robert Patenaude.
Ajoutons à cela les nombreux bobos que l’urgentologue a dû soigner.
« Comme j’étais le médecin de la course, j’ai dû soigner par VHF de nombreux concurrents en plus d’envoyer l’un d’eux à l’hôpital pour une plaie lourdement infectée. Il y est toujours d’ailleurs et il reçoit présentement des antibiotiques sous perfusion » Il y a eu de nombreuses plaies et des traumatismes de toutes sortes(…) » d’ajouter Robert Patenaude.
Puis ce dernier de conclure : « Je suis très content de notre course. C’est d’autant plus méritoire que ce sont de loin les pires conditions de mer qu’il m’ait été donné de voir depuis que j’y prends part. J’ai vu des gens qui pleuraient à chaudes larmes dans les bras de leurs proches à l’arrivée. C’est dire jusqu’à quel point certains en sortirons marqués à jamais. Pour finir, nous avons été suivit par un requin blanc de plus seize pieds pendant plus d’une heure. Il nous montrait sa gueule de temps à autres avec ses dents comme des lames de rasoir. Ai-je besoin de vous dire que nous étions attachés dans le bateau ? À ce moment, nous songions aux gars qui naviguent sur des mini avec un monstre pareil à leur côté. Imaginez ! Cette bête est presque aussi longue que leur bateau… Ça glace le sang ! On s’est aussi retrouvé au beau milieu d’un troupeau de baleines qui bleachaient à vingt pieds du voilier pour ramasser les millions de crevettes qu’il y avait sous le bateau. Certains cétacés sortaient complètement de l’eau. J’ai dit à André, si l’un d’eux heurte le bateau, à la vitesse qu’ils vont, ce sera la niche sur le chien. On est fait comme des rats. »
Du côté de Pogo Loco, ce mini 6.50 skippé par Philipe Laville et Patrick Tissier, le duo de la région de l’Estrie a terminé 4ième de sa classe et 18ième au classement général. Les deux hommes de Sherbrooke ont amélioré le rang du bateau d’une place au sein de sa classe et de 10 places au classement général, ce qui n’est pas rien.
Ils ont eux aussi vécu des conditions de mer difficiles. Selon les informations que nous avons reçues, il semble que les deux hommes en étaient à une première expérience en course océanique et qu’incidemment, ce baptême du feu fût particulièrement éprouvant. Finir au milieu du peloton pour cette équipe est donc tout à fait remarquable et relève carrément de l’exploit.
Voile en Ligne tient à féliciter Robert Patenaude, Phillipe Laville, André Gagnon et Patrick Tissier pour leur participation ainsi que leurs remarquables performances dans la course océanique Bermuda One-Two.





