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Articles avec le tag ‘Roland Jourdain’

Crédit photo: AFP © 2010

Bilan d’une Route du Rhum d’anthologie à l’heure où l’organisation remet les prix aux grands vainqueurs de cette 9e édition. Le dernier concurrent est arrivé hier à Pointe-à-Pitre. Il s’agit de Gilbert Chollet. Gilbert Chollet a passé la ligne d’arrivée autour des 11h30 hier matin (heure de Montréal). Il est le dernier à être arrivé en Guadeloupe, et sûrement le plus courageux. L’homme de 60 ans a passé ces derniers jours seul en mer. Il n’y avait plus aucun autre concurrent. Avec patience et détermination, Gilbert Chollet peut aujourd’hui se vanter d’avoir complété la Route du Rhum-La Banque Postale 2010. Son temps de course est de 28 jours 4 heures 26 minutes 2 secondes. On ne peut qu’être admiratif devant un tel effort.

On retiendra aussi cette année l’arrivée de la classe Ultime qui aura évidemment marqué l’imaginaire par son côté grandiose et spectaculaire. Voir des marins manœuvrer seuls des engins de cette taille était tout simplement renversant. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas le plus gros qui a remporté la victoire, mais bien plutôt le plus en forme, le plus habile et le plus talentueux. Franck Cammas a été magistral. Il a fait une superbe démonstration de son savoir-faire comme marin, athlète et comme homme.

D’un point de vue sportif, c’est toutefois la classe 40 qui a encore une fois volé le show cette année. En raison de sa farouche compétitivité, les Class 40 sont en voie de devenir la catégorie reine de la course au large, un peu comme les 500cc l’ont déjà été dans le monde des courses à moto.

Le Dunkerkois Thomas Ruyant a été phénoménal. Le ministe est du genre à transformer tout ce qu’il trouve en or, comme l’indique avec éloquence son palmarès. Cette fois-ci, il venu faire la barbe et les moustaches aux Bretons et aux Normands. Il a été dominant dans toutes les phases du jeu. Il a survolé le parcours en 17 jours, 23 heures, 10 minutes et 17 secondes, établissant ainsi une nouvelle marque pour les Class 40. Nicolas Troussel a pris le deuxième rang. Ce dernier s’est bien battu, mais il n’a jamais pu venir inquiéter Ruyant pour la peine.

La lutte pour la troisième place restera gravée dans les anales. À la manière de Roland Jourdain et Jean LeCam qui en 2006, s’étaient bagarrés jusqu’au fil d’arrivée, Yvan Noblet et un autre ministe Samuel Manuard ont lutté sans merci jusqu’à la fin. Un beau duel finalement gagné par Yvan Noblet. Ce dernier ne l’a pas volé. Il a connu sa part d’ennuis notamment en 2008 lors de la Transat anglaise, alors que son bateau avait eu une importante voie d’eau qui l’avait contraint à l’abandon. Armé de l’ancien Telecom Italia de Giovanni Soldini, Yvan Noblet a enfin pu se justifier en décrochant un podium qui a dû lui faire beaucoup de bien. 

Déception dans cette classe pour les Thierry Bouchard dont on attendait un peu plus, Tanguy De Lamothe qui a vécu des ennuis tout comme Bernard Stamm. Ce dernier a cependant réalisé un superbe retour en piste, terminant malgré tout à la 9e place.

On retiendra de cette course de Class 40 que Mike Birch avait fait la distance sur son multicoque Olympus en 23 jours, 6 heures 59 minutes et 35 secondes alors que les monocoques de type Class 40 ont aujourd’hui fait la même distance en moins de 18 jours.  C’est tout dire… Et cela donne un bon aperçu de l’incroyable évolution ayant caractérisé ce sport.

Autres hauts faits d’armes durant cette 9e édition de la Route du Rhum-La Banque Postale, que les victoires de Roland Jourdain et Lionel Lemonchois. Les deux hommes rejoignent le club très sélect des doubles vainqueurs de la Route du Rhum. Lemonchois est d’ailleurs le seul qui peut s’enorgueillir d’une victoire dans deux catégories différentes. Roland Jourdain a de son côté fait la preuve éloquente qu’il est un marin parmi les plus difficiles à battre si tant est qu’on lui fournisse une monture fiable et le moindrement rapide. Lemonchois et Jourdain, deux splendides coureurs !

Dans la catégorie Rhum, l’Italien Andrea Mura a remporté la course. Une très belle victoire, pleinement méritée. Mis à part quelques jours où il a dû payer les taxes sur son option, Mura a aussi dominé de manière convaincante la flotte du Rhum. Il a devancé les Français Luc Coquelin et Julien Mabit. Parlant de ce dernier, mentionnons qu’il a réalisé un sacrée belle course pour terminer troisième. Il a pris la mesure de gars comme Pierre-Yves Guennec et Yves Ecarlat qui sont loin d’être des nouveaux venus en course océanique. Julien Mabit a réalisé son exploit en dépit du fait qu’il ne cumule pas un background des plus étoffé en la matière, si ce n’est qu’une vaste expérience acquise lors de convoyage. Une belle performance sportive donc. 

Le beau côté de cette classe Rhum aura sans doute été le mélange entre les monocoques et les multicoques, un peu à la manière de la première édition de cette course. De quoi faire rêver les nostalgiques d’entre nous.

On retiendra aussi de cette édition de la Route du Rhum le nombre record de bateaux inscrits. Et loin d’être dilué, le produit est au contraire une excellente cuvée de coureurs talentueux et de nouveaux venus qui émergent du lot. C’est l’une des belles réussites de cette course.

Pour ce qui est des déceptions, la faible présence des femmes est certes l’une des plus grandes. Par ailleurs, la couverture média télévisuelle est également le parent pauvre de cette 9e édition de la Route du Rhum. Alors que la Transat AG2R-La Mondiale nous avait offert de belles images embarquées et même deux webcam pour suivre les arrivées, l’organisation n’a pas ici jugé bon d’impliquer davantage le volet télévisuel.

Autres déceptions que sont les casses bien sûr inévitables. Mais là du moins, l’organisation a réagi avec le professionnalisme auquel on est en droit de s’attendre pour assurer la sécurité des coureurs. Les récupérations de Sydney Gavinet d’Étienne Giroire et Bertrand Quentin se sont faites avec efficacité et célérité. De plus on ne déplore tout au plus qu’une douzaine de bateaux ayant connu divers soucis les empêchant de rejoindre la Guadeloupe. La moitié de ces unités sont des multicoques tandis qu’on répertorie 4 Class 40 ayant abandonnés.

En définitive, quand vous avez 80 bateaux qui prennent le départ et que tous les marins d’une manière ou d’une autre rentrent à bon port, alors on est content. C’est mission accomplie ! Prochain rendez-vous de la Route du Rhum dans 4 ans, soit en 2014.


Crédit photo: AFP © 2010

La Route du Rhum-la Banque Postale a couronné un autre de ses monarques au courant de la nuit. Tel le petit Poucet, Roland Jourdain a mis des miettes de pain sur le chemin de la victoire qu’il a suivi à la trace pour une deuxième fois. Et les oiseaux ne les ont pas bouffées. Il a donc complété le parcours de 3542 milles nautiques en 13 jours, 17 heures, 10 minutes et 56 secondes à la vitesse moyenne de 10.75 nœuds pour ainsi aller chercher son deuxième consécutif titre sur cette course. La morale de cette histoire ? Donnez un coursier fiable et rapide à Roland Jourdain et vous avez un duo bateau-skipper d’enfer capable de gagner n’importe quelle course.

Évidemment, cette victoire fait d’autant plus de bien à celui que l’on surnomme affectueusement Bilou, lui qui a connu sa part de fortunes de mer au courant des derniers mois. Ayant joué son va-tout dans le Vendée-Globe, on se rappellera cette deuxième place perdue en raison d’une sérieuse avarie de quille subite à la suite d’une collision avec un cétacé. Cela est sans compter les ennuis de santé qui l’ont contraint à l’inactivité pendant une bonne partie de la saison 2009. Mais heureusement dans un moment pareil, on oublie toutes les larmes. Et il faisait bon de voir le sourire de Bilou.

Rempli de bonheur, le skipper de Véolia Environnement a eu d’ailleurs ces premiers mots. « Vous allez peut-être trouver cela prétentieux, mais je vais vous dire que lorsque j’étais à Saint-Malo, j’ai senti que j’allais gagner cette course (…) Au début, je n’aimais pas trop ce genre de bateau qui a tendance à plonger. Mais rapidement, lorsque nous avons passé Ouessant, je suis devenu en phase avec le coursier et là je me suis dit tiens, finalement ça va bien (…) » de poursuivre Bilou.

Le voilier est un plan Farr qui a participé au Vendée-Globe sous les couleurs de BT Team Ellen. Il a été contraint à l’abandon sur bris après s’être fait coucher sur l’eau. Le coursier a ensuite connu les affres d’un rouf défoncé par une vague scélérate lors de sa participation à la Transat Jacques Vabre il y a deux ans. L’équipe de Sébastien Josse avait alors dû être hélitreuillée, laissant le bateau en perdition. Une équipe avait plus tard remorqué le coursier vers les Açores où BT était arrivé in extremis enfoncé au trois quarts dans l’eau. C’est ainsi que le voilier a pu être sauvé des abysses et refait en entier avant d’être affrété par l’équipe de Veolia Environnement.

Par ailleurs, le deuxième IMOCA est arrivé un peu plus de huit heures après le vainqueur. Il s’agit d’Armel Lecléac’h rentré tôt ce matin vers les 7h00. Qui d’autres aurait pu prétendre au titre que ce marin hors norme ? La principale menace de Bilou a cependant avoué avoir été hypothéquée par le bris d’une conduite du désalinateur. Cela a résulté en une inondation du compartiment des batteries et du coup, multiplié les problèmes électriques, dont bien sûr, le vital pilote automatique. Ce qui a contraint le « chacal » à barrer sans arrêt.

Si le classement actuel est respecté, le prochain bateau attendu à Pointe-à-Pitre sera celui de Jean-Pierre Dick. Il devrait pointer au ponton d’honneur l’étrave de son Virbac-Paprec 3 avant le début du match de football de 20h30 ce soir entre les Patriots de la
Nouvelle-Angleterre et les Steelers de Pittsburgh.

Par contre, chez les IMOCA, en ce qui concerne le classement, rien n’est encore décidé. La troisième place se dispute au corps à corps entre Jean-Pierre Dick et Marc Guillemot qui est tout juste derrière à seulement 12 milles de distance. Même chose un peu plus loin où Michel Desjoyeaux est en passe de reprendre Christopher Pratt qui est complètement scotché au nord. 

Chez les multis 50, les deux Dupont, Escoffier et LeBlevec filaient le parfait bonheur vers la victoire quand la cavalcade s’est soudainement arrêtée. L’un a cassé son étrave et l’autre son bras de liaison. Je dirais même plus, quand ça va mal, ça va mal. Et si Escoffier semble avoir repris le contrôle de la situation assez vite, LeBlevec, lui a plutôt zigzagué pendant plus de trois jours avant de s’extirper la caboche du galurin enfoncé jusqu’aux oreilles.

Et le skipper d’Actual n’est toujours pas tiré d’affaire. Il se débat courageusement comme un diable dans l’eau bénite pour ramener son bateau meurtri à l’os et cela dans une mer où ça brasse sans arrêt. Il a plongé au sud pour tenter d’aller chercher du portant plus stable. Mais comme on le sait, l’alizée se fait capricieux cette année.  En ce moment, LeBlevec est encore à 768 milles nautiques de l’arrivée. À sa vitesse actuelle, il en aurait pour encore 6 jours au moins avant d’arriver. La grosse misère quoi..! Y a pas à dire, il faut aimer le métier…

Ça continue de barder sur le plateau des Class 40 qui nous offrent la plus belle et la plus haletante course de cette 9e édition de la Route du Rhum. Le Français Nicolas Troussel est la grande vedette du jour. Il est en train de jouer un sale tour à tous les tenants de l’option nord en les rattrapant un à un, y compris le leader.

Si les IMOCA pouvaient opter pour le nord avec l’assurance d’accrocher les dorsales dépressionnaires les unes après les autres, il en va autrement pour les Class 40 beaucoup moins rapides qui eux, se retrouvent aujourd’hui sans gain significatif par rapport à leurs confrères ayant opté pour le sud. Rallonger la route ou couper le fromage n’aura en définitive rien donné. Voilà pourquoi Nicolas Troussel se retrouve aujourd’hui à la porte du ciel au deuxième rang avec seulement 38 milles de retard sur Tom Ruyant qui doit commencer à trouver que ça sent le roussi.

L’Allemand  Jorge Riechers fait une course magistrale et tient tête aux meilleurs coureurs de la classe. Il occupe le troisième rang. Devant un l’autre ministe Sam Manuard. Ce dernier devance Yvan Noblet qui a eu hier la frousse de sa vie. Son ancrage d’étai principal a lâché et le mât s’est replié sur 45 degrés avant que Noblet ne choque les écoutes au plus pressé. Fort heureusement, il a pu sauver son mât. Mais il risque d’être handicapé pour la fin de la course.

À noter que le Bulgare Dimitar Topalov est encore une fois stoppé pour on ne sait quelle raison sur l’île de Faïal aux Açores. On ne sait pas plus si oui ou non il repartira. Chez les multicoques, le navigateur français Étienne Grégoire a vu son trimaran chavirer. Heureusement, il a rapidement été pris en charge par un cargo venu à sa rescousse.

En classe Rhum, c’est toujours Andrea Mura qui domine. Il est suivi de Luc Coquelin et Julien Mabit. Charlie Capelle est maintenant au quatrième rang à près de 360 milles du meneur. Il s’agit d’une descente de régime plutôt étrange et il n’est pas impossible que ce dernier ait rencontré certaines difficultés. 



Crédit photo: © Équipe Virbac Paprec

Même si par les temps qui courent, on ne parle pas beaucoup de l’IMOCA il n’en demeure pas moins que beaucoup de choses se passent de ce côté-là. D’abord, vous vous rappelez sans doute que nous avions mentionné en avril le retour de Luc Talbourdet qui a repris son siège de président à la barre de l’IMOCA après un an d’absence pendant laquelle le Suisse Dominique Wavre avait occupé  le poste. Hé bien on apprenait récemment qu’il est de l’intention de Dominique Wavre de participer au prochain Vendée Globe. Le Suisse prendra donc un troisième départ sur ce tour du monde en novembre 2012 cette fois-ci sous les couleurs de la banque privée suisse  Mirabeau.

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Le monocoque Virbac Paprec 3 est sur sa dernière phase de préparation avant sa mise à l’eau et son test de retournement qui devraient se faire incessamment. Le nouvel Open 60 du skipper Jean-Pierre Dick  dessiné par Guillaume Verdier et Vincent Loriot-Prévost est toujours au chantier Cookson en Nouvelle-Zélande. Pour sa première sortie majeure, Jean-Pierre Dick prévoit participer à la Route du Rhum en novembre prochain. Durant l’été, l’équipe fera la traversée du bateau probablement par le canal de Panama pour ensuite traverser l’Atlantique et rejoindre la France.

Pendant ce temps, Vincent Riou a de son côté, tiré les premiers bords sur son nouveau PRB,  un sistership de Safran et lui aussi un plan VPLP. Lors du grand-prix de Douarnenez, Vincent le terrible a étrenné son nouveau coursier sans toutefois être en mesure de devancer Marc Guillemot qui a finalement eu le dessus. On peut penser que l’équipe PRB est encore en période de rodage et qu’en tenant compte de ce facteur, ils n’auront pas voulu pousser la machine qu’ils veulent sans doute faire monter graduellement en puissance.

Toujours en IMOCA, un autre Suisse, cette fois-ci il s’agit de Bernard Stamm qui vient de terminer une transat AG2R pour le moins ordinaire, avait probablement la tête ailleurs. Son nouveau bateau, un plan Kouyoumdjan est à prendre forme en ce moment même dans les chantiers du groupe Decision S.A. en Suisse. En passant, ce chantier-là est celui qui produit les Decision 35. Ils ont aussi été impliqués dans la construction de bateaux pour la Coupe de l’America.

Puis, il y a Roland Jourdain qui tel un canard, semble tranquille sur le dessus de l’eau ces temps-ci pendant que les palmes, elles, s’activent à brasser pas mal sous la surface. Le skipper prépare en ce moment son retour en course. Il prendra le départ de la prochaine route du rhum sur l’ancien BT de Sebastien Josse qui a été sauvé in extremis du naufrage en novembre dernier. Le bateau a été réparé et entièrement repeint aux couleurs de Veolia Environnement. Qu’advient-il de son plan Lombard ? Il semblerait que le bateau fasse l’objet d’une location, ce qui explique que Roland Jourdain a dû se rabattre sur le coursier de Sébastien Josse.

Finalement, le roi Jean LeCam était soulagé d’avoir pu enfin mettre la malchance de côté en complétant hier cette Transat AG2R. Il a d’ailleurs terminé la traversée avec une très belle performance. Aussi, le roi Jean a-t-il annoncé son intention de participer prochainement à la Barcelona World Race. On pense qu’il pourrait faire équipe avec Vincent Riou.

Puis, il s’engagera activement dans la recherche d’un partenaire pour le Vendée Globe 2012. Voile en Ligne a appris que VM Matériaux ne dirait pas non à un retour mais souhaiterait par contre une formule du type 50-50 avec un autre partenaire.  Quant au futur bateau de LeCam, on pense qu’il serait déjà dessiné. Il s’agirait là-aussi d’un plan VPLP, ce qui expliquerait la proximité du roi Jean avec l’équipe PRB.



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