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Personne ne montrera au « chacal » comment faire marcher un bateau. Armel LeCléac’h et son copain Fabien Delahaye ont remporté la 10ième édition de la Transat AG2R-La Mondiale. Ils gagnent avec panache cette traversée au terme de 22 jours 16 heures et 59 minutes de course.
Une course qui dès ses prémices, laissait entrevoir le redoutable talent de chasseur de ces deux coureurs. Inspirés probablement par les succès que cumule cette graine de Tabarly qu’est Armel LeCléacc’h qui incidemment, fête aujourd’hui son 33ième anniversaire de naissance en même qu’il célèbre sa deuxième victoire dans cette Transat AG2R-La Mondiale. Il avait en effet remporté l’édition de 2004.
On l’avait dit il y a quelques jours sur Voile en Ligne. BritAir devait être surveillé de près. La flèche d’argent était aux avant-postes depuis le début et ses deux pilotes en filigrane depuis plusieurs jours, attendaient le moment propice pour sauter sur le titre. « Ça s’est joué sur des détails (…) On a barré presque tout le temps (…) On discutait tout le temps moi et Fabien des choix qu’on devait faire, les choix météo, les empannages, etc. Ça été remarquable. Fabien Delahaye monte vite(…) il faudra s’en méfier(…) ».
Quels marins incroyables que ces deux jeunes hommes qui alignent les victoires et dont les coups fumant n’attendent pas le nombre des années. Armel LeCléac’h a en effet terminé deuxième du Vendée-Globe l’an dernier. Excellent régatier, il est encore plus remarquable comme gestionnaire de course. Il sait non seulement faire marcher un bateau, mais il sait aussi comme l’économiser et terminer ses courses. Et cela, ce n’est pas donné à tous le monde.
Jeanne Grégoire Gérald Véniard terminent deuxième, un autre titre pour Banque populaire qui cumule les succès. Cercle Vert était troisième, trois milles nautiques devant Saveol au moment d’aller sous presse. Ils étaient attendus Il reste donc encore de l’adrénaline en bonne quantité sur cette course où se disputeront chaque place la plus près possible du sommet.
Cette Transat AG2R-La Mondiale aura été marquée par de belles performances sportives, mais aussi par une couverture médiatique historiquement riche. Bulletins météo, Webcam diffusant l’arrivée en live streaming, vacations et conférences de presse, diffusion du départ en direct et même images embarquées et diffusion à partir d’un bateau suiveur. Penn Duick aura mis le paquet pour offrir aux amateurs de voile une couverture médiatique qui est non seulement à la hauteur de l’évènement, mais qui est aussi digne des efforts surhumains consentis par ces sportifs. En effet, on conviendra assurément qu’une épreuve sportive qui dure presque 23 jours, ça mérite bien qu’on en parle minimalement. Chapeau donc aussi aux organisateurs qui ont compris que la voile est maintenant un sport-spectacle qu’il faut dorénavant faire entrer dans le 21ème siècle. C’est une chance que dans ce sport, il y ait des visionnaires…

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Les premiers ETA sont maintenant faits sur la Transat AG2R-La Mondiale 2010. On croit que le premier bateau devrait toucher terre dans le port de Gustavia dans la nuit de lundi ou encore tôt dans la matinée de mardi. À moins de 300 milles nautiques de l’arrivée, les jeux sont loin d’être fait. La tension a même monté d’un cran depuis que l’équipe Brit Air est passée en mode furtif dans la nuit de samedi à dimanche. On saura tôt ce matin où est passé le bateau d’Armel LeCleac’h et Fabien Delahaye.
Ce jeu de chat et de souris est l’une des nouveautés du monde des courses au large. Depuis quelques mois, la mode est de permettre aux équipes de disparaître volontairement des écrans radars pendant 24 heures. Cette initiative permet principalement de personnaliser son option et de décaler le moment où elle est connue des adversaires.
Il ne faut cependant pas se faire d’illusion, car les fichiers météo sont les mêmes pour tous. Et à ce stade, le choix des cartes n’est plus très grand. La seule chose qui peut jouer les trouble-fête, c’est l’absence de vent causé par les effets de côtes ou encore les grains qui peuvent pousser un peu plus certains concurrents. Pour ce qui est du reste, le carré d’as de cette transat AG2R-La Mondiale est maintenant connu.
Et justement, parlons-en de ce carré d’as. Ce qui retiendra l’attention de cette transat AG2R, ce sera certainement l’éblouissante performance des dames. À ce moment-ci on peut dire sans crainte de se tromper que cette course aura été celle de Samantha Davies et Jeanne Grégoire. Quoi qu’il arrive, elles auront une fois de plus prouvé que dans ce sport, à armes égales aux hommes, elles ont non seulement rivalisé, mais elles ont aussi battu à la régulière un très grand nombre d’entre eux. Sam Davies et Jeanne Grégoire ont gardé en respect des sommités du monde de la voile tel que Nicolas Troussel, Bernard Stamm, Jérémie Beyou, Yann Eliès et même Jean LeCam. Chapeau bas mesdames !
D’ailleurs, Jeanne Grégoire ne se compte surtout pas pour battue. Elle s’affaire présentement sur un bord tiré loin de la route direct pour tenter d’aller chercher plus de vent afin de venir à bout de doubler le duo de tête. L’instabilité des vents pourrait lui donner raison, mais beaucoup convienne qu’il s’agit d’un coup de poker.
Un peu plus loin derrière on ne se fait plus trop d’illusion sur ses chances de rafler le jack-pot. Crédit Mutuel de Bretagne a peut-être encore une maigre chance, mais il faudrait un miracle à Generali pour rattraper et doubler le quatuor échappé. Chose certaine, en surcroît de la première position, la lutte pour les deuxième et troisième places s’annonce aussi pour être acharnées. Cette transat réserve donc encore quelques heures de suspens dont nous connaîtrons le dénouement dans les derniers milles.

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Beaucoup d’action sur la Transat AG2R-La Mondiale au cours des dernières heures. Au moment où le voilier Saveol semblait près de prendre la poudre d’escampette, les copains eux, refusent qu’on les oublis. Ils multiplient les heures à la barre de leur Figaro pour tenter de combler l’écart. Pas de gaspillage ! La moindre vaguelette sert de propulseur. On tente de capitaliser sur le moindre souffle et le plus petit surf
De près de 20 milles nautiques qu’était l’avance de Sam Davies et Romain Attanasio, il ne restait plus que 10 milles en hier soir. Ça ressemble de plus en plus au tour de France, ou les leaders d’hier se font avaler aujourd’hui. Puis avec le passage de la bouée de Palma, l’écart s’est de nouveau remis à la hausse. La tomate flottante a regagné quelques milles et affiche ce matin une avance de 17 milles. La voile, c’est comme le marché boursier…
Effet d’accordéon ? Pas du tout ! Le premier groupe de poursuivants a plutôt empanné pour descendre vers le sud, histoire de rejoindre l’alizée un peu plus vite. Deux bateaux du deuxième groupe de poursuivants ont également suivi la tendance. Il s’agit de Gaspé 7 et de Crédit Mutuel de Bretagne.
Rappelons d’abord que le couple Attanasio-Davies a passé en tête la bouée de Palma dans la soirée d’avant-hier. Depuis qu’ils se sont emparés de la pole position, Saveol est suivi de deux groupes de poursuivants. Le premier est à plus ou moins 10 milles de distance, emporté par le géant vert Gildas Morvan et l’expérimenté Bertrand DeBroc. Ce dernier, rescapé du Vendée-Globe, a flairé du champagne à portée de sabre. Il attend depuis longtemps son tour pour passer au tonneau. On peut raisonnablement penser que passer des heures humides à user sa corne, écoute à la main, est un mal dont il peut s’accommoder. Bref, c’est le genre de souffrance qu’il est en mesure de supporter tant et aussi longtemps que subsistera la possible victoire.
Cercle Vert n’est par ailleurs pas seul loup à convoiter le morceau. Il est bord à bord avec Banque Populaire de Jeanne Grégoire et Gérald Veniard, deux as du Figaro. Et puis moins d’un mille derrière se trouve le redoutable Armel LeCleac’h, un marin prédateur, opportuniste qui semble ne pas connaître l’impulsivité et qui cultive la patience comme un Sioux. On l’a vu durant le Vendée-Globe. Serait-il en train de nous refaire le coup, mais en mieux?
Le deuxième groupe de poursuivants est un gros 40 milles en montant derrière le leader. Ça commence avec Gaspé 7 à 41 milles et ça se poursuit avec Gedimat, Generali et Crédit Mutuel de Bretagne à plus de 50 milles. Ce sont les plus menaçants.
Samantha Davies et Romain Attanasio ne sont donc pas encore tirés d’affaire. L’heure des options approche. Si la gazelle ne veut pas être avalée par les fauves, il faudra éviter les erreurs de jugement. La prochaine étape c’est d’empanner pour aller chercher l’alizée, ce que certains ont déjà commencé à faire. Le problème est de savoir à quel moment il faut changer de cap et jusqu’où on doit descendre. Traditionnellement, les tenants des options extrêmes sud sont gagnants. Mais ça, c’était quand il n’y avait pas cette bouée à Palma.
La meilleure stratégie demeure donc de barrer le plus longtemps possible. C’est de laisser de côté la table à carte avec ses fichiers météo à n’en plus finir pour plutôt aller prendre l’air. Une fois son idée faite, on doit aller jusqu’au bout. Et même là, pas le temps de ressasser ses vieux péchés. Un œil en l’air sur les penons et l’autre sur la mer, à chercher les bons rouleaux, main à l’écoute. Le marathon se gagnera le pif en l’air…
Mentionnons en terminant une première fortune de mer. Kito de Pavant et Sébastien Audigane sont entré en collision avec un cétacé. Le safran tribord du voilier Groupe Bel a été arraché. Les deux hommes se sont déroutés vers Santa Cruz où ils sont présentement à évaluer pour peut-être réparer, puis repartir.
Le directeur technique de l’équipe s’amène avec un safran neuf et ses clés à molette pour réparer. Mais comme on le sait, en démontant les pièces endommagées, il arrive parfois que des surprises changent la donne. On imagine donc que si la mèche de l’espar a été tordue, il faudra alors songer à une réparation plus lourde et incidemment, prendre les décisions qui s’imposent. Mais on est au stade des conjonctures…





