Il faut dire ici que la plupart des concurrents sont dans l’obligation de participer à cette course. Étant donné que la grande majorité d’entre eux disposent de bateaux flambants neufs, ils se retrouvent dans l’obligation de compléter un parcours de qualification en solitaire pour ainsi avoir le droit participer au Vendée-Globe. Voilà pourquoi cette première édition de la Transat Ecover B to B offre un plateau de concurrents aussi relevé.
Il n’y a donc rien de facile en perspective pour Derek Hatfield qui sera le premier canadien engagé dans cette course de qualification pour le Vendée-Globe. Depuis le regretté Gerry Rouf, seul le français d’origine québécoise Benoît Parnaudeau s’est qualifié et a réussi l’exploit de compléter le Vendée-Globe. À ce sujet, voici ce que Derek Hatfield avait à raconter dans sa dernière communication.
Nous sommes arrivés vers minuit (heure locale) le mardi 13 novembre. Notre première réaction fût de s’asseoir sur le bateau afin de contempler le paysage qui s’offrait à nous et aussi de faire le bilan de ce premier véritable voyage.
Ma première impression fût de constater que le open 60 Spirit of Canada est fort différent du 40 pieds que j’ai manœuvré lors du BOC challenge. Il demande beaucoup plus physiquement. De plus ses performances sont impressionnantes. Il est de toutes évidences beaucoup plus rapide.
Lentement, je commence à trouver mes marques dans cet environnement tout à fait nouveau et je m’habitue aux manœuvres en solitaire. Le design du bateau est fait de telle sorte qu’il est impératif de maintenir une attention constante lorsque l’on est en mer. On se doit d’être beaucoup plus souvent au moulin à café pour être en recherche de vitesse.
Après plusieurs mois de préparation au Canada, le bateau a quitté Halifax en Nouvelle-Écosse le 27 octobre dernier. LaTransat Ecover B2B auquel je participerai bientôt en est une de qualification. Les milles nautiques que j’aurai à parcourir me serviront de tremplin pour participer au Vendée-Globe 2008. Ce sera là une bonne mise en jambe pour approfondir certains éléments de la course comme la diversité des conditions de mer, le routage et l’épreuve du challenge contre mes adversaires ; choses que je n’ai pas faites depuis un certain temps.
Jusqu’ici, les conditions rencontrés ont été sommes toutes plutôt linéaires. Seuls quelques jours de navigation au près serré nous ont donné un aperçu de l’inconfort qui peut parfois régner dans ce genre d’embarcation. Spirit of Canada n’est pas un bateau de plaisance et dans ces temps, le bateau tape durement sur l’eau et le bruit est infernal. Pas moyen de fermer l’œil… Par contre, nous avons atteint des pointes de vitesse à plus de 26 nœuds avec grande voile et tourmentin. Nous sommes donc fort satisfait des performances du bateau.
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Laissez-moi maintenant vous présenter les membres de l’équipage. Il y a bien sûr moi-même mais aussi Patianne Verburgh et le montréalais Damien DePas qui a participé à la mini-transat 6.5 en 2001. Damien nous enrichi beaucoup de sa présence et son expérience. C’est un environnementaliste convaincu qui a intégré ces valeurs dans son propre programme de course qu’il développe en ce moment. Cela s’accorde parfaitement avec notre façon de voir. Damien est aussi impliqué dans un programme scolaire qui l’amène à partager ses expériences et son attachement à la préservation de l’environnement. Aussi, je vous invite donc à visiter son site au
http://www.bleuvoileoceanique.com/
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Pendant notre voyage, nous avons mis en place une structure afin d’inspecter le bateau de façon minutieuse. Le travail a fait en sorte que les 17 jours passés en mer nous ont semblés filer très vite. Comme toujours, il y a bien eu quelques bris à bord mais rien que l’on pourrait qualifier d’anormal. Le temps passé sur l’eau fût un banc d’essai extrêmement utile.
Au terme de cette course, nous laisserons le bateau en France pour l’hiver. Le bateau reviendra ensuite à Toronto pour participer à une multitude d’évènements liés essentiellement à la recherche et la consolidation de nos relations avec les sponsors. J’aurai accumulé à ce moment plus de 12000 miles nautiques sous l’étrave avant le Vendée-Globe 2008.
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Nous avons célébré notre passage de l’équateur en saluant Neptune comme le veut la tradition. Suite à notre arrivée dans l’hémisphère sud nous avons fait route direct vers Recife puis sud-ouest jusqu’à Salvador. Vent changeant et curieusement assez frais comme température. Les polaires et les gilets de laine étaient de mise.
Voir le soleil et la mer bleue est une joie quand on pense au temps qu’il fait chez nous… Nous avons par contre été un peu déçu par la rareté des dauphins. Pendant nos 17 jours en mer, nous n’en avons vu que trois alors que l’on nous avait dit qu’ils étaient nombreux par ici. En 2002 je voyais presque tous les jours ces fantastiques animaux, ce qui rompait joyeusement avec la solitude de certains moments.
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La flotte des Open 60 engagés dans la Transat Jacques Vabre s’est agglutinée aux pontons depuis quelques jours. J’ai vraiment hâte de me mesurer à eux. Leur présence nous rend encore plus fébrile. Cette étape de qualification est importante et je vous avoue que j’ai quelque peu hâte qu’elle soit derrière nous.
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Un mot pour remercier les sponsors.
Courir et représenter le Canada à un tel niveau de compétition requière un support financier stable, récurent et généreux. Aussi, ai-je le devoir d’apporter à ces gens extraordinaire la reconnaissance qu’ils méritent.
Il y’en a beaucoup à remercier incluant les 5000 personnes qui ont contribué individuellement en payant pour que leur nom soit inscrit sur la coque du bateau. Je me dois de souligner de façon particulière, la contribution de ces 45 entreprises qui m’ont gratifié d’un soutien gigantesque. Je pense par exemple à celui de la Velux 5 Oceans, à celui de la Caritate Foundation and Earth Rangers qui nous ont donné les ressources nécessaires à la préparation pour la course. À toutes ces personnes, je dis un très grand MERCI et j’invite le public à encourager nos sponsors par tous les moyens possibles car sans eux, nous ne serions pas où nous sommes.
Demeurez à l’affût pour d’autres nouvelles en provenance du Spirit Of Canada.
À bientôt !
Derek »
Pour ma part, j’ai dis à Patianne Verburgh d’indiquer à Derek qu’il doit d’abord s’amuser. Tous ceux qui participent à de telles courses sont des exemples de courage et de détermination. Conséquemment ils sont tous des gagnants. À ce stade, il faut donc oublier la pression et
mettre l’emphase sur le plaisir de naviguer. De toute façon au point où sont Derek et son équipe, ils ont déjà réalisé l’impossible.
Spirit of Canada est parti. Le bateau est en route vers le Brésil. Aux dernières nouvelles, en milieu de semaine dernière, il se trouvait à environ 25 milles nautiques à l’est de Québec.
L’équipe a cependant choisi de ne pas s’arrêter en chemin pour des fins promotionnelles tel qu’il était initialement prévu de le faire. Cela est dû essentiellement aux échéanciers imposés par la fenêtre météo qui se referme rapidement sur le golfe du St-Laurent et l’Atlantique-nord. La zone comporte en effet son lot d’écueils qui sont parmi les plus « casse-bateau » qui soient. L’attaché de presse de Derek Hatfield, Patianne Verburgh m’a d’ailleurs fait part du désarroi ressenti par l’équipe à cause de cette situation.
« Nous aurions tellement aimé nous arrêter pour remercier ceux et celles qui nous supportent. Cela nous attriste beaucoup. Mais comme nous devons être au Brésil le plus rapidement possible et qu’il reste encore beaucoup de travail à faire pour préparer le bateau, nous avons dû prendre cette décision déchirante » a dit Madame Verburgh lors d’une conversation téléphonique tenue au cours de son passage devant Québec.
Le bateau doit être configuré pour la navigation hauturière lors de la seule escale à prévue à Caraquet au Nouveau-Brunswick. L’équipe fera ensuite route vers le large et le sud directement vers Salvador de Bahia pour la préparation pour la première course de Derek Hatfield soit la transat B2B.
De plus, le skipper Damien DePas sera du voyage. J’ai parlé avec Damien aux cours des dernières heures et il m’a confirmé qu’il serait du convoyage du bateau jusqu’au Brésil. Damien agit à titre de règleur. Il fait maintenant partie de l’équipe de Derek. Cette démarche a pour but de partager l’expertise entre l’équipe de Derek et celle de Bleu-Voile-Océanique. Elle permettra aussi à Damien de garder la forme en lui donnant la chance de naviguer.
Vous aurez donc l’opportunité de voir le bateau et de rencontrer ces deux excellents skippers lors de leur passage à Montréal et Québec. Deumerez à l’affût pour d’autres nouvelles sur ce site.









