Crédit photo: Walter Timmerman
Le skipper Derek Hatfield est présent au Toronto Boat Show depuis son ouverture samedi dernier. Le marin et ex-agent de la Gendarmerie Royale du Canada y est d’office, accompagnée de sa conjointe madame Patianne Verburgh pour donner des conférences et présenter son tout nouveau projet. En effet, Derek Hatfield a annoncé avant les fêtes son intention de participer à la prochaine édition de la Velux 5 Oceans.
Cette course qui était à l’origine, le Boc Challenge a cette année, adopté une nouvelle formule. Les bateaux impliqués dans la course sont pour la plupart d’ex-Open 60 qui doivent avoir été mis à l’eau avant 2003. L’utilisation de ces coursier baptisés pour l’occasion Eco 60 correspond au voeu des organisateurs d’ouvrir le champs de ce tour du monde à des équipes ayant des budgets moindres que celles participant en classe régulière IMOCA en plus de contribuer au recyclage d’une importante flotte de voiliers de course. Voilà ce qui amène le skipper canadien à retourner à ses anciennes amours, lui qui a connu beaucoup de succès dans cette course en 2003, alors qu’il avait remporté celle-ci en classe de 40 pieds et ce, en dépit d’un démâtage subi au Cap Horn.
Pour ce qui est du bateau dont Derek Hatfield se servira, une annonce devrait être faite incessament. Ce que nous pouvons dire cependant, c’est que le bateau convoité est un très bon coursier, très performant et ayant déjà gagné des courses. On sait qu’en raison d’un manque de budget Derek Hatfield a été contraint de se départir du Spirit of Canada avec lequel il a fait le Vendée-Globe. Les négociation pour la location d’un bateau vont toutefois bon train et il sera sous peu fixé quant à cet aspect du projet.
Par ailleurs, la présence de Derek au Toronto Boat show est pour le grand public une belle occasion de rencontrer le skipper. De même, pour Derek Hatfield, il s’agit d’une opportunité pour rencontrer non seulement le grand pulic mais aussi des gens d’affaires avec qui les potentiels de partenariats sotn intéressants.
Le Toronto Boat show se poursuit jusqu’à dimanche prochain au Direct Energy Center.
Le skipper Derek Hatfield a annoncé aujourd’hui que le prochain défi autour du monde en solitaire de Spirit of Canada serait la VELUX 5 OCEANS 2010-11. L’aventurier canadien est le premier participant à être officiellement annoncé parmi la liste des neuf inscrits à la VELUX 5 OCEANS. Le nom des huit skippers restants originaires de six pays différents sera révélé dans les semaines et les mois à venir, à mesure qu’ils finalisent leur projet.
La huitième édition du Défi Absolu en Solitaire, qui se court tous les quatre ans depuis 1982, partira de La Rochelle (France) le 17 octobre 2010. Les Open 60 s’élanceront à travers les cinq océans du monde pour une circumnavigation en solitaire par les trois grands caps. A 57 ans, Derek Hatfield revient sur la course qui a lancé sa carrière en solitaire, après une expérience inachevée dans le Vendée Globe 2008 où il avait été contraint à l’abandon.
« J’ai hâte de participer à la VELUX 5 OCEANS 2010-11″, confie Derek. « C’est une course que je connais bien. Nous avions décroché un résultat très prometteur en 2002 lorsque j’ai fait la course dans la classe des 40 pieds. Ce sera notre troisième course autour du monde en solitaire après Around Alone 2002 et le Vendée Globe 2009 et nous devrions être très compétitifs sur l’eau. Nous naviguerons en Eco 60 car c’est une classe qui incarne des valeurs auxquelles nous tenons en matière d’environnement et d’éducation. L’Eco 60 Spirit of Canada portera une fois de plus les couleurs du Canada et des entreprises qui nous soutiennent ».
La nouvelle Classe Eco 60 est conçue pour offrir une nouvelle dimension économique et écologique à la course au large en Open 60. Le concept destiné aux solitaires, qui sera inauguré lors de la VELUX 5 OCEANS 2010-11, concerne les Open 60 mis à l’eau avant le 1er janvier 2003. La Classe Eco 60 sera régie par des règles qui visent à limiter les coûts et à encourager des pratiques positives en termes de respect de l’environnement et elle profitera des nombreux Open 60 de troisième génération actuellement à vendre, bateaux qui se sont révélés sûrs et fiables.
« C’est une très bonne nouvelle de voir Derek Hatfield revenir dans la VELUX 5 OCEANS en 2010″, a déclaré Sir Robin Knox-Johnston, Président de la société organisatrice Clipper Ventures. « Plus d’un an avant le départ, nous avons déjà neuf inscrits confirmés en Eco 60, ce qui représente déjà les trois-quarts de notre objectif de 12 participants. La Classe Eco 60 rencontre beaucoup de succès auprès des sponsors et des skippers, notamment dans ce contexte économique particulier qui incite à réduire les dépenses et à se tourner vers le développement durable. Nous espérons que cette nouvelle classe offrira une plateforme financièrement plus abordable pour les marins au budget limité qui souhaitent accéder au milieu de la course au large en solitaire, et qu’elle permettra de repérer de nouveaux talents à l’expérience et aux motivations différentes et aux origines variées. La VELUX 5 OCEANS est avant tout une affaire d’accessibilité, de professionnalisme et de sécurité ».
Derek Hatfield fut sacré Rolex Sailor of the Year au Canada en 2003 et il est la 126e personne de l’histoire à avoir bouclé une course autour du monde en solitaire. Malgré un chavirage qui aurait pu être dramatique près du Cap Horn dans Around Alone 2002/03, le Canadien a terminé premier de sa flotte et 3e au général en Classe II.
Entre 2003 et 2006, Derek et Spirit of Canada ont construit le premier Open 60 au Canada. En mai 2006, le bateau a été mis à l’eau à Coburg en Ontario après 22.000 heures de construction. En 2008, Derek a pris le départ du Vendée Globe, course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Des 30 participants, seuls 11 ont réussi à franchir la ligne d’arrivée. Après 50 jours de mer, alors qu’ils se trouvaient dans les Mers du Sud, Derek et son bateau ont chaviré et démâté. Dans l’impossibilité de réparer seul, Derek a du abandonner la course.

Le Spirit of Canada a été vendu. Derek Hatfield s’est départi du Open 60 qu’il a mis des années à construire. Il l’a fait pour une somme modique, soit celle totalisant les dettes contractées dans cette aventure. Selon ce qu’on a pu lire sur le communiqué émis par l’équipe, il semble que le prêteur soit devenu le nouvel acquéreur du bateau. On ignore pour l’instant ce qu’il compte faire du coursier qui est toujours en Nouvelle-Zélande. De son côté, Derek Hatfield est présentement à l’écriture d’un livre sur ses aventures en mer.
Derek Hatfield n’a pas caché son amère et vive déception. Devoir se départir de ce bateau est un coup très dure mais l’équipe n’avait plus le choix. Depuis des mois, elle cherchait à refinancer l’emprunt contracté mais sans succès. L’équipe n’avait d’ailleurs pas donné de nouvelle depuis janvier dernier. « J’ai attendu le plus possible pour tenter de communiquer quelque chose de positif mais hélas, je n’ai rien » disait Derek Hatfield sur son communiqué.
En dépit du sérieux de l’entreprise et du skipper, aucun sponsor principal venant du Canada ne se sera manifesté pour soutenir de façon récurrente et stable l’équipe Spirit of Canada. À priori, cela peut paraître gênant pour un pays aussi riche, mais il faut comprendre les choix d’affaires fait par celles et ceux ayant rejeté cette option. Le Canada bénéficie présentement très peu des retombées d’un marché de course océanique tel que celui de l’IMOCA. Aucune course impliquant ce type de bateau n’est organisée ou se termine en terre canadienne. Et puis il y a le risque qu’il faut assumer.
Le monde de la course océanique étant pour l’essentiel concentré en Europe, l’est du Canada ne figure que comme un marché très restreint. La glace qui recouvre une bonne partie des cours d’eau pendant près de cinq mois et qui contraint le milieu de la voile à l’inactivité n’est pas d’augure non plus à aider ce marché dans son développement.
Mais cela n’explique pas tout. La Suède qui vit une situation comparable voit son industrie de voile de compétition se développer à vitesse grand V. Il y a définitivement dans ce pays, plus de gens qui croient au potentiel de ce sport qu’il y en a au Canada. Cela signifie que chez nous, on doit d’abord battre de la semelle et aller vers le milieu des affaires pour le mettre aux faits des qualités que comporte l’investissement-voile. Or, il s’agit là d’une tâche énorme qui entre en conflit avec l’entraînement, la préparation des bateaux et les nécessaires relations publiques qu’il faut entretenir pour survivre dans ce petit marché. Beaucoup de tâches souvent pour un seul homme, le skipper.
Dommage tout de même que l’équipe Spirit of Canada n’ait pas davantage occupé le terrain au Québec où les liens avec la France sont plus étroits. Une participation du Open 60 à la Transat Québec-Saint-Malo 2008 aurait sans doute procuré une visibilité dont l’équipe ne pouvait se passer. De là à croire que cela aurait pu avoir une influence quelconque sur l’issu finale, nous ne saurions le dire.
Malgré les quelques erreurs stratégiques que cette équipe a pu commettre, il reste qu’en définitive, elle a été de bonne foi et nous a fait vivre des moments que nous n’oublierons pas. Derek Hatfield est et demeure le seul canadien à avoir construit un Open 60 de dernière génération en terre canadienne. De plus, depuis Georges Leblanc, personne n’avait couru en classe IMOCA sous les couleurs du Canada. Joint par téléphone ce matin, ce dernier avouait d’ailleurs qu’il est extrêmement difficile de faire une campagne canadienne dans cette classe. « À ce moment-ci, il n’y a pas ce qu’il faut et surtout la confiance nécessaire pour démarrer un projet d’une telle envergure chez nous…. C’est sût que tous aurait aimé voir les choses finir autrement pour Derek mais en même temps, il n’a rien à se reprocher. Il devrait même se sentir soulagé…. » a affirmé Georges Leblanc.
Le poids qui reposait sur les épaules de Derek Hatfield était en effet, démesuré. Quand nous lui avons parlé l’automne dernier avant le départ pour le Vendée-Globe, Derek Hatfied affirmait avoir une pression si énorme, que même sa famille en était affectée.
À l’évidence, celles et ceux qui ont vécu ou supporté l’aventure de Spirit of Canada n’en demandait pas tant à Derek Hatfield. Au contraire, pour notre part, nous lui sommes reconnaissants de ce qu’il a accompli et de son extraordinaire contribution à l’avancement de la voile sportive de compétition au Canada.






