Joint par téléphone plus tôt cette semaine, Derek Hatfield se disait prêt. Son niveau de préparation psychologique s’est vraisemblablement amélioré avec l’arrivée d’un sponsor majeur : Algimouss. Une équipe de préparation est maintenant à pied d’œuvre. Le plan de pont a été refait. Des voiles neuves ont été installées, les pilotes automatiques fiabilisés et finalement, le confort et l’ergonomie ont été grandement amélioré.
Malgré cela, le budget de la seule équipe canadienne en lice n’est qu’une fraction de celui de la moyenne des équipes européennes. C’est ce qui explique que le bateau n’a pas fait l’objet d’une mise à niveau indispensable pour espérer caracoler avec les meneurs.
Il reste que l’équipe Spirit of Canada ne fait pas qu’office de figurant dans cette course. Il demeure aussi, qu’en restant dans un rayon de moins de 500 milles nautiques du meneur, Derek Hatfield pourrait éventuellement en profiter. Derek Hatfield possède un bateau neuf et rapide. Terminer dans les quinze premiers serait très bien. Dans les dix premier : excellent. Parmi le top cinq serait un exploit dont on n’oserait même pas imaginer l’impact. Soyons prudent : 12ième place. Mais souhaitons avant tout à Derek Hatfield de compléter ce tour du monde. Car faut-il encore le rappeler, le monde de la course océanique est le seul et unique sport où parmi ceux qui partent comme ceux qui reviennent il n’y a que des gagnants.
Cette entreprise n’en est pas à ses premières armes dans le domaine du Sponsoring-voile. Elle a déjà , entre autres, été derrière Jean-Luc Van Den Heede et Raphaël Dinelli. Deux circumnavigateurs bien connus.
L’équipe Spirit of Canada avait démarché en terre canadienne mais elle n’a jamais pu trouver une entreprise voulant s’inscrire comme sponsor principal, une situation pour le moins gênante. Une chose est cependant sûre et certaine, c’est que des entreprises canadiennes s’en mordront les doigts quant elles réaliseront qu’elles sont passées à côté d’une telle aubaine en termes de volume de communication et de visibilité.
À noter que plusieurs entreprises européennes s’étaient jusqu’ici manifestées. Elles exigeaient, par contre, que le bateau adopte en exclusivité le nom de leur entreprise, ce que Derek Hatfield a toujours refusé, arguant qu’il ne pouvait tourner le dos aux milliers de canadiens l’ayant supporté. Algimouss a quant à elle accepté une entente lui permettant de voir son nom apparaître sur le bateau sans que celui de Spirit of Canada ne soit effacé pour autant. Le bateau portera donc le nom de : Algimouss-Spirit of Canada.
Joint ce matin par téléphone, le grand patron d’Algimouss en France Monsieur Frédéric Baffou, a affirmé que l’équipe aurait un suivi régulier via une nouvelle plateforme Web qui reste à développer. Des objectifs commerciaux sont bien sûr recherchés dans cette démarche mais il s’agit aussi de donner suite à une passion pour la voile que cultivent depuis plusieurs années les dirigeants et l’équipe d’Algimouss. Monsieur Baffou affirme également avoir été attiré par la personnalité et l’envergure du skipper. «Plusieurs autres équipes recherchaient du financement complémentaire mais pour ces raisons, nous nous sommes intéressés à Derek Hatfied,» a tenu à préciser Monsieur Baffou.
À noter également que Derek Hatfield cherche toujours un partenaire principal pour son bateau et qu’il est le seul parmi tous ceux qui prennent le départ le 9 novembre à ne pas avoir un commanditaire majeur pour le Vendée-Globe. Pourtant, Dieu sait que cette course offrira cette année une opportunité en or du point de vue de la visibilité. C’est ce qui rend cette situation encore plus carrément loufoque pour ne pas dire gênante.













