Crédit photo : © copyright Bruno Bouvry – Images de Mer
Tanguy de Lamothe et Adrien Hardy ont coupé cette nuit à 3h25, (heure de Montréal), la ligne d’arrivée de la première édition de la Solidaire du Chocolat. Les deux hommes sortent donc grand vainqueur de cet interminable marathon de 5000 milles. Ils ont bouclé le parcours au terme de 26 jours, 16 heures et 35 minutes de mer très dure. Le duo a de plus, fait le trajet sans aucune escale.
Si d’entrée de jeu, on croyait que cette traversée allait s’avérer facile, les marins et observateurs se sont vite rendu compte que cette épreuve allait en être une pour les vrais. D’abord, un golfe de Gascogne sans pitié qui a, comme à l’habitude, prélevé son lot de concurrents. La classe 40 qui d’accoutumé, n’enregistre que peu d’abandons a vu cette fois-ci de gros noms s’effacer du tableau pendant que d’autres jouaient et perdaient au jeu du serpent et des échelles, étant forcés à des escales pour réparer.
C’est que l’Atlantique-nord à ce temps-ci de l’année est l’une des zones océaniques les plus instables qui soient. C’est d’ailleurs ce qui a caractérisé ce parcours au cours duquel, les Class 40 ont enchainé les dépressions les unes après les autres. Ainsi, on a vu successivement des noms tels que Benoît Parnaudeau, Marc Lepesquieux, Yves Écarlat et Thierry Bouchard s’inscrire au bas des feuilles de pointage sous la rubrique des abandons. Avouons qu’il ne s’agit pas des moindres…
Dans cet environnement, Tanguy De Lamothe et Adrien Hardy ont fait une course intelligente. Ils n’ont rien forcé et ont été des gestionnaires de course brillants. Bien sûr, il y a toujours un minimum de chance mais De Lamothe et Hardy ont évité soigneusement les pièges d’une accélération taxante pour le bateau dans des conditions propices aux visites chez le garagiste.
De Lamothe, un grand champion !
Tanguy De Lamothe a encore fait le show sur le plateau de la class 40. On se rappellera que le jeune homme avait bien failli ravir le titre de la Transat Québec-Saint-Malo en 2008, suite à une remonté historique du peloton après un échouage sur les bancs de sables de l’île Blanche au beau milieu du Saint-Laurent. Cette fois-ci, De Lamothe a volé le spectacle en allant chercher un autre gagnant, Adrien Hardy, 26 ans, splendide régatier issu du milieu des Minis 650. Les deux qui formaient le plus jeune équipage de la flotte, ont donné toute une leçon de voile à leurs adversaires.
Pas de doute, De Lamothe est de la graine de Tabarly. Exemplaire sur terre comme en mer, ce gars là est du véritable bonbon pour un sponsor. De surcroît, il s’affirme de plus en plus comme l’étoile montante non seulement de la Class 40 mais aussi de tout le milieu de la course au large. Extrêmement brillant, talentueux architecte naval, fin stratège et régatier redoutable, à 31 ans seulement il vient actualiser ce ver célèbre du Sid de Corneille : « Je suis jeune, il est vrai ! Mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années »
Les mots du vainqueur.
« C’est bon ! Ce n’est que du bonheur ! C’est vrai que 26 jours, c’est un peu long. Nous sommes désolés d’avoir un peu traîné dans les derniers milles jusqu’à l’arrivée, mais nous sommes très impressionnés par l’accueil que nous recevons : ce feu d’artifice quand on coupe la ligne, cette cérémonie maya à la sortie du bateau, c’est génial. Mes pensées vont bien sûr à Mécénat Chirurgie Cardiaque et c’est un vrai plaisir de découvrir ici, à Progreso, la famille d’accueil de la petite Nana qui s’est fait opérer juste avant le départ de la course. Un grand merci aussi à mes deux sponsors, qui sont là et sans lesquels toute cette aventure qui se termine si bien avec une victoire – ma première sur une transat, comme pour Adrien – c’est vraiment fabuleux et c’est forcément beaucoup d’émotions. Cette course, très complète, s’est révélée très dure, mais de gagner au Mexique qui accueille pour la première fois une course au large, cela nous donne un peu l’impression d’être des éclaireurs. Le bateau a enduré, on a même calculé qu’il a pris à peu près 40 000 chocs dans les creux, les vagues et la succession des six dépressions essuyées. Avec Adrien, nous nous sommes vraiment bien entendus et le fait d’être jeunes nous a peu être aidé à avoir la niaque tout le temps : nous avons pris toutes les décisions en commun et maintenant, nous allons vraiment savourer cette victoire ensemble. » Tanguy de Lamotte (Initiatives-Novedia)
Source : Site internent de la Solidaire du Chocolat
Crédit photo: © Bruno Bouvry – Images de Mer
Bien que Tanguy De Lamothe affirme que les choses se passent bien, il n’en demeure pas moins qu’aucun relâchement n’est possible pour les deux hommes qui naviguent sous spi. Comme on s’en doute, la fatigue commence à faire son œuvre après 24 jours de mer. C’est ce qui rend les derniers milles si pénibles. Chaque craquement du bateau provoque les pires idées noires et chaque changement d’amure devient un défi de maîtrise de soi. La plus petite erreur de jugement ou le plus petit manque de synchronisme dans les mouvements à faire peut être fatal.
Bien sûr, on tente d’oublier tout ça et de rester concentrer sur le travail qui reste avant la ligne d’arrivée. Le maître-mot est d’ailleurs concentration… Car les occasions sont belles de se laisser aller aux plaisirs des Caraïbes. Enfin, si plaisir il y a…. Car c’est un soleil de plomb qui rôtie les coureurs. Ajoutez à cela un seabreeze qui cache insidieusement la sensation immédiate de brûlure sur le corps et l’intérieur du bateau devenu un véritable four… L’envie de se foutre à l’eau devient quasi obsessionnelle. C’est le désert du Sahara avec un oasis où il vous est interdit de boire…
Derrière, c’est encore pire ! Les Italiens des Telecom doivent se battre au couteau contre le bucheron suisse Stamm et son comparse Jourdren qui ont juré de leur faire la guerre jusqu’au bout. Stamm et Jourdren mettent tout le charbon qu’ils peuvent dans leur Cheminée Poujoulat pour tenter de rattraper les « Romains » 13 petits milles devant.
Si ce qui est devant frappe l’imaginaire, ce qui se passe derrière n’est pas dénué d’intérêt pour autant. Une belle bagarre s’annonce entre 7 bateaux. Plan les enfants changeront le monde de Denis Lazat et Frédéric Nouel ouvre la marche en 9ième place. Ils sont bord à bord avec ORBIS Flying Eye Hospital ‘Saving Sight Worldwide de Stephen Card et Shaun Murphy. Adriatech de David Consorte et Arnaud Aubry suivent 11 milles plus loin. Puis 24 milles derrière se trouvent les enragés de Crédit Maritime de Patrice Carpentier et du mexicain Victor Maldonado. Contraint de s’arrêter pour réparer, le journaliste et coureur océanique brûle les gommes de son Pogo 40 depuis son retour en piste.
Pour finir, toute cette bande de joyeux lurons n’est pas seule. Les Américains de Keysource,
Mike West et Paul Worswick naviguent eux aussi avec l’idée bien arrêtée de mener le trouble à ceux qui les précèdent. Tout ce beau monde en filigrane dans cette course, sont dans un rayon de 41 milles. Ils sont comme des prédateurs attendant la moindre occasion ou la plus petite erreur de ceux qui les précèdent pour pirater des positions. Ne jetez donc pas vos billets tout de suite ! Ce sera long et passionnant jusqu’à la fin…
Crédit photo: site de la Solidaire du Chocolat.
Depuis 48 heures, la première édition de la Solidaire du Chocolat est dans un tournant décisif. Tanguy De Lamothe et Adrien Hardy ont passé la nuit dernière la porte de Saint-Barthélemy et se dirigent maintenant en droite ligne vers le fil d’arrivée. Mais il reste plus de 1500 milles nautiques à parcourir dans une mer offrant des conditions de navigation assez mal connues…
Depuis le début, les comparses de Novedia ont montré qu’ils n’allaient pas la faire facile à leurs adversaires. Ainsi, ils disposent de plus de 100 milles d’avance sur Giovanni Soldini et Pietro D’Ali qui sur Italia Telecom, devraient être les prochains à contourner l’archipel français des Antilles.
C’est sous grand-voile haute et gennaker que le bateau bleu blanc rouge est apparu au beau milieu de la nuit. Le duo avait les traits tirés, mais comment pourrait-il en être autrement ? Cette traversée fût des plus dures pour toute la flotte qui a dû enchainer dépression sur dépression. C’est d’ailleurs ce qui est à l’origine du nombre inhabituellement élevé d’abandons. Le dernier en lice n’est d’ailleurs pas le moindre. Il y a moins de 48 heures, nous apprenions avec stupeur et forte déception l’abandon du duo finlandais formé de Jouni Romppanen et Sam Ohman sur Tieto Passion. Le bateau a subit une avarie de quille importante et se dirige en ligne directe vers le port le plus proche sous l’étroite surveillance du comité de course. Les deux hommes ont demandé être ravitailler en carburant sans plus.
Du reste, les choses se passent plutôt bien. Il fait maintenant une température plus clémente, ce qui a permis de sécher les cirés ainsi que le court bouillon que les bateaux suintaient depuis plusieurs semaines. On est au 19ième jour de course et une première arrivée au Yucatan pourrait avoir lieu dès mardi prochain. Plusieurs Pit-stop sont toutefois prévu à Saint-Barth. On verra comment cela influencera le coure de l’histoire de cette première Solidaire du Chocolat.
Pour l’instant, on a droit à une bataille épique entre les trois poursuivants de Novedia que sont Telecom Italia, Cheminée Poujoulat et Cargill MTTM. Notons l’excellente performance du duo anglais Nicko Brennan et Tim Wright sur Palanad à seulement 265 milles du meneur. Prochaine étape cruciale : la traversée de la mer des Caraïbes et les influences du golfe du Mexique.








