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crédit photo: Gabriele Olivo/Telefonica Blue/Volvo Ocean Race
Puma a vu sa bôme être cassée, Telefonica Black a abandonné la course en raison de très inquiétantes fissures apparu sur sa coque. Green Dragon a aussi des problèmes structurels. Quant à Delta Loyds, son rail est endommagé, sa grand-voile est déchirée et il a demandé assistance car l’une de ses deux barres-roue est bloquée.
Point positif de l’affaire, bien qu’ils en aient bavé comme jamais, on ne dénombre aucun marin blessé dans cette hécatombe.
Côté course, Telefonica Blue en a profité pour prendre la poudre d’escampette et creuser un écart de 65 milles nautiques sur ses deux poursuivants, en l’occurrence les soeurs Ericson 3 et 4. Il faut dire que des tempêtes, Bouwe Bekking en a vu d’autres. Avec Torben Grael, il est de loin le plus expérimenté de la flotte en ce domaine. Premier à s’engager dans le détroit de Luzon en dépit du mauvais temps, Telefonica blue prend maintenant une sérieuse option sur la victoire d’étape.
La soupe est bien brassée, c’est le moins que l’on puisse dire. Des vents de 60 nœuds avec une mer dantesque offrant des creux de près de dix mètres. Les éléments ont fait la fête aux skippers de ce Vendée Globe. Fort heureusement, on ne déplore aucun blessé.
Depuis leur entrée dans l’océan Indien, les solitaires vivent des moments extrêmement difficiles, ayant l’impression de naviguer dans une boîte à sardines au fond d’un compacteur à déchets. La fuite vers le Pacifique devait rendre les choses plus faciles. Oubliez-ça ! La fessée des dernières 36 heures risque de marquer à la strappe la mémoire des marins.
Conséquence : deux autres bateaux ont subit des avaries majeures. Steve White a vu le vit-de-mulet de son Toe in the Water se fracturer. Mais c’est le BT de Sébastien Josse qui a subit les affres les plus dures. Le pont du bateau s’est fissuré et les safrans sont faussés. Une vague déferlante gigantesque s’est abattue sur le bateau et a couché celui-ci pendant plusieurs minutes. On ne sait pour l’instant si Jojo réussira à réparer. Il fait présentement route vers le nord à vitesse réduite pour tenter de trouver des eaux plus calme pour réparer.
Derek Hatfield raconte quant à lui avoir vu des trombes d’eau s’inviter au party de Noël à l’intérieur du bateau. Ordinateur, et matériel électronique inondés, vêtements trempés et sacs de couchage lavés, bref, tout pour « remonter le moral. » Derek a réussi à reprendre le contrôle de la situation mais on sent que ses réserves de tolérance sont fortement entamées. Il fait tout de même une bonne course jusqu’ici. Il est présentement 16ième et navigue à seulement 137 milles derrière l’américain Rich Wilson qui roule en couple avec le britannique Johnny Malbon.
Un des points à retenir de cette déveine, c’est que malgré les bastons à répétition, les bateaux tiennent le coup. Ils continuent de protéger adéquatement les marins. Et ça, c’est une avancée remarquable. Elle témoigne des extraordinaires progrès en matière de sécurité fait par les autorités de l’ISAF, l’IMOCA ainsi que les dirigeants du Vendée Globe. Si une pareille situation s’était produite dans les années 90, nous aurions assurément plusieurs concurrents dont la vie seraient carrément en danger.
On se croise les doigts en espérant que le mauvais temps va finir par laisser sa place à une période de répit salutaire pour les marins. Et surtout, on espère ne pas revivre l’angoisse de l’épisode Yann Eliès. Dans tout cela, on ne peut cependant s’empêcher de penser aux familles de ces incroyables marins qui voient leurs proches être bardassés de la sorte. La dinde nous reste à travers la gorge juste à y penser.

La stratégie de Jean LeCam commence à agacer
Ne pas voir Foncia aux avant-postes en train de se battre contre les meilleurs sera sans doute l’une des plus énormes déceptions de ce début de course. Mais que dire ensuite des démâtages de Yannick Bestaven et Marc Thiercelin. Une pareille avarie survenant au début d’une course est un choc. Il ne faut que penser à toute la préparation qu’elle nécessite pour déjà ressentir la houle qui nous envahie le cœur.
Le champion toutes catégories de la malchance demeurera cependant Alex Thompson. L’équipe technique d’Hugo Boss a fait des pieds et des mains pour remettre le bateau en état pour le départ suite à une collision avec un chalutier lors du convoyage vers les Sables d’Olonne. Deux semaines d’une course effrénée contre la montre. L’opération a coûté plus d’un demi- million de dollars. Le départ et la participation du jeune anglais allaient donc être le couronnement de milliers d’heures de travail et des efforts de centaines de personnes. Et crac ! 28 heures plus tard, un objet flottant vient tout bousiller, effacer l’ardoise, comme l’eau de mer sur un château de sable. C’est la fin d’un rêve qui dure depuis 4 ans. Plus de 10 millions d’Euros envolés en fumé. Un vrai cas de suicide…
Hormis ces avaries, il y a trois choses que nous retiendrons de cette première semaine de Vendée Globe. La première, c’est que jusqu’ici, la nouvelle génération de bateaux n’a pas été en mesure de se démarquer de manière significative. En effet, la puissance qui devait faire la différence ne l’a finalement pas faite. De toute évidence, certains ménagent leur monture. Mais il reste que l’on se serait attendu à beaucoup plus de machine comme Pindar ou Safran par exemple. Il est difficile d’expliquer comment il se fait qu’avec un coursier disposant de 640 mètres carré de voile, soit la plus grande surface de toute la flotte, Brian Thompson se retrouve à près de 200 milles nautiques du meneur à se colletailler avec l’ancien PRB. (Roxy de Samantha Davies)
La deuxième chose que l’on retiendra, c’est la performance des bateaux moins récents. Les deux plans Lombard de Roland Jourdain et Jean LeCam n’ont rien laissé aux bateaux de dernière génération comme Gitana Eighty ou Virbac-Paprec. Pire, ils maintiennent inlassablement la dragée haute. Ainsi, LeCam suit Peyron à la trace depuis plusieurs jours. Que se passera-t-il alors, lorsque nous seront dans le grand Sud dans des mers beaucoup plus hostiles s’il est impossible à ces coursiers alliant puissance et rapidité de se démarquer dans les Alizées ? Que se passera-t-il quand le temps imposera ses trois ris et trinquette à ces lourdes embarcations et qu’elles devront suivre un VM Matériaux toilé de la même façon mais beaucoup plus léger ?
On comprend mieux à la lumière de ces questions comment se joue la guerre psychologique du Vendée Globe. Pour LeCam, le but est clair : rester collé comme un sparadrap, le plus près possible du meneur jusqu’au Cap de Bonne Espérance. Par la suite, c’est à ce moment que l’on fera la distinction entre les hommes et les enfants. Il disposera de 15000 milles nautique pour faire son lit.
Le troisième élément que l’on retient, c’est le retard de la tête de flotte sur l’année 2004. Et même sans cette tempête dans le golf de Gascogne, les vitesses ne donne pas à croire qu’il en aurait été autrement. Assurément, si ça ne cravache pas d’avantage, Vincent Rioux n’aura pas trop à s’inquiéter pour son record.






