Articles avec le tag ‘Thomas Ruyant’

Crédit photo: AFP © 2010
Bilan d’une Route du Rhum d’anthologie à l’heure où l’organisation remet les prix aux grands vainqueurs de cette 9e édition. Le dernier concurrent est arrivé hier à Pointe-à-Pitre. Il s’agit de Gilbert Chollet. Gilbert Chollet a passé la ligne d’arrivée autour des 11h30 hier matin (heure de Montréal). Il est le dernier à être arrivé en Guadeloupe, et sûrement le plus courageux. L’homme de 60 ans a passé ces derniers jours seul en mer. Il n’y avait plus aucun autre concurrent. Avec patience et détermination, Gilbert Chollet peut aujourd’hui se vanter d’avoir complété la Route du Rhum-La Banque Postale 2010. Son temps de course est de 28 jours 4 heures 26 minutes 2 secondes. On ne peut qu’être admiratif devant un tel effort.
On retiendra aussi cette année l’arrivée de la classe Ultime qui aura évidemment marqué l’imaginaire par son côté grandiose et spectaculaire. Voir des marins manœuvrer seuls des engins de cette taille était tout simplement renversant. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas le plus gros qui a remporté la victoire, mais bien plutôt le plus en forme, le plus habile et le plus talentueux. Franck Cammas a été magistral. Il a fait une superbe démonstration de son savoir-faire comme marin, athlète et comme homme.
D’un point de vue sportif, c’est toutefois la classe 40 qui a encore une fois volé le show cette année. En raison de sa farouche compétitivité, les Class 40 sont en voie de devenir la catégorie reine de la course au large, un peu comme les 500cc l’ont déjà été dans le monde des courses à moto.
Le Dunkerkois Thomas Ruyant a été phénoménal. Le ministe est du genre à transformer tout ce qu’il trouve en or, comme l’indique avec éloquence son palmarès. Cette fois-ci, il venu faire la barbe et les moustaches aux Bretons et aux Normands. Il a été dominant dans toutes les phases du jeu. Il a survolé le parcours en 17 jours, 23 heures, 10 minutes et 17 secondes, établissant ainsi une nouvelle marque pour les Class 40. Nicolas Troussel a pris le deuxième rang. Ce dernier s’est bien battu, mais il n’a jamais pu venir inquiéter Ruyant pour la peine.
La lutte pour la troisième place restera gravée dans les anales. À la manière de Roland Jourdain et Jean LeCam qui en 2006, s’étaient bagarrés jusqu’au fil d’arrivée, Yvan Noblet et un autre ministe Samuel Manuard ont lutté sans merci jusqu’à la fin. Un beau duel finalement gagné par Yvan Noblet. Ce dernier ne l’a pas volé. Il a connu sa part d’ennuis notamment en 2008 lors de la Transat anglaise, alors que son bateau avait eu une importante voie d’eau qui l’avait contraint à l’abandon. Armé de l’ancien Telecom Italia de Giovanni Soldini, Yvan Noblet a enfin pu se justifier en décrochant un podium qui a dû lui faire beaucoup de bien.
Déception dans cette classe pour les Thierry Bouchard dont on attendait un peu plus, Tanguy De Lamothe qui a vécu des ennuis tout comme Bernard Stamm. Ce dernier a cependant réalisé un superbe retour en piste, terminant malgré tout à la 9e place.
On retiendra de cette course de Class 40 que Mike Birch avait fait la distance sur son multicoque Olympus en 23 jours, 6 heures 59 minutes et 35 secondes alors que les monocoques de type Class 40 ont aujourd’hui fait la même distance en moins de 18 jours. C’est tout dire… Et cela donne un bon aperçu de l’incroyable évolution ayant caractérisé ce sport.
Autres hauts faits d’armes durant cette 9e édition de la Route du Rhum-La Banque Postale, que les victoires de Roland Jourdain et Lionel Lemonchois. Les deux hommes rejoignent le club très sélect des doubles vainqueurs de la Route du Rhum. Lemonchois est d’ailleurs le seul qui peut s’enorgueillir d’une victoire dans deux catégories différentes. Roland Jourdain a de son côté fait la preuve éloquente qu’il est un marin parmi les plus difficiles à battre si tant est qu’on lui fournisse une monture fiable et le moindrement rapide. Lemonchois et Jourdain, deux splendides coureurs !
Dans la catégorie Rhum, l’Italien Andrea Mura a remporté la course. Une très belle victoire, pleinement méritée. Mis à part quelques jours où il a dû payer les taxes sur son option, Mura a aussi dominé de manière convaincante la flotte du Rhum. Il a devancé les Français Luc Coquelin et Julien Mabit. Parlant de ce dernier, mentionnons qu’il a réalisé un sacrée belle course pour terminer troisième. Il a pris la mesure de gars comme Pierre-Yves Guennec et Yves Ecarlat qui sont loin d’être des nouveaux venus en course océanique. Julien Mabit a réalisé son exploit en dépit du fait qu’il ne cumule pas un background des plus étoffé en la matière, si ce n’est qu’une vaste expérience acquise lors de convoyage. Une belle performance sportive donc.
Le beau côté de cette classe Rhum aura sans doute été le mélange entre les monocoques et les multicoques, un peu à la manière de la première édition de cette course. De quoi faire rêver les nostalgiques d’entre nous.
On retiendra aussi de cette édition de la Route du Rhum le nombre record de bateaux inscrits. Et loin d’être dilué, le produit est au contraire une excellente cuvée de coureurs talentueux et de nouveaux venus qui émergent du lot. C’est l’une des belles réussites de cette course.
Pour ce qui est des déceptions, la faible présence des femmes est certes l’une des plus grandes. Par ailleurs, la couverture média télévisuelle est également le parent pauvre de cette 9e édition de la Route du Rhum. Alors que la Transat AG2R-La Mondiale nous avait offert de belles images embarquées et même deux webcam pour suivre les arrivées, l’organisation n’a pas ici jugé bon d’impliquer davantage le volet télévisuel.
Autres déceptions que sont les casses bien sûr inévitables. Mais là du moins, l’organisation a réagi avec le professionnalisme auquel on est en droit de s’attendre pour assurer la sécurité des coureurs. Les récupérations de Sydney Gavinet d’Étienne Giroire et Bertrand Quentin se sont faites avec efficacité et célérité. De plus on ne déplore tout au plus qu’une douzaine de bateaux ayant connu divers soucis les empêchant de rejoindre la Guadeloupe. La moitié de ces unités sont des multicoques tandis qu’on répertorie 4 Class 40 ayant abandonnés.
En définitive, quand vous avez 80 bateaux qui prennent le départ et que tous les marins d’une manière ou d’une autre rentrent à bon port, alors on est content. C’est mission accomplie ! Prochain rendez-vous de la Route du Rhum dans 4 ans, soit en 2014.
Crédit photo: ©VINCENT CURUTCHET / DPPI/site du Vendée-Globe
L’année voile 2009 restera mémorable. Dans tous les sports, il existe d’innombrables exemples de courage et de détermination. Mais on retrouve précisément dans cette discipline qu’est la voile un nombre élevé de ces têtes dures qui ne reculent devant rien. On y trouve aussi de fabuleux exemples de fair-play qui redonnent au mot sport tout son sens.
La voile nous a gâtés cette année. Elle nous a gratifiés d’un nombre impressionnant de personnes qui ont affronté les éléments en se tenant debout face au vent. Des éléments qui parfois ne se trouvaient pas seulement en mer. Des personnes qui ont résisté. Des personnes qui ont affronté la peur, l’angoisse, le froid, l’humidité, et mille périls pour permettre au grand public de rêver.
L’idée qui nous vient immédiatement en tête chez nous est cette incroyable capacité qu’un homme comme Georges Leblanc a eu de se relever en dépit d’une déveine qui en aurait poussé plusieurs à démissionner. Après avoir vécu son troisième naufrage et perdu son bateau, Georges s’est relevé. Il possède maintenant un coursier fiable et sécuritaire. Une machine des plus performantes capable de lui faire gagner des courses. L’année 2010 sera celle de Georges, nous sommes nombreux à le souhaiter.
On peut aussi penser à Derek Hatfield qui s’est aligné au Vendée-Globe en dépit d’innombrables difficultés. Revenu aux Sables d’Olonnes et reparti par la suite, il doit abandonner en Nouvelle-Zélande. On ne peut qu’être admiratif. Ceux qui savent ce qu’implique de prendre le départ du Vendée-Globe sont à même de vous dire par où Derek Hatfield est passé…
Puis il y a celles et ceux qui nous ont ébahit sur la scène international. Que dire de l’extraordinaire fair-play de Marc Guillemot durant le Vendée-Globe ? Que dire de son arrivée avec un bateau n’ayant plus de quille ? Et finalement que dire de son extraordinaire victoire dans la transat Jacques-Vabre ? Sinon qu’elle était pleinement méritée.
Nous n’oublierons pas non plus le courage de Yann Eliès qui a repris la mer après une blessure entrainant des souffrances à peine imaginables. On croyait sa carrière terminée. Eh bien non! L’homme a du caractère. Yann Éliès nous a ébahit, tous !
Il y a aussi eu les traversées de Groupama et Banque populaire qui ont pulvérisé le record de l’Atlantique. Les superbes victoires de Francisco Lobato et Thomas Ruyant dans la Mini-Transat. Puis celle de Torben Graël et de son équipe dans la Volvo Ocean race. Tous des exemples qui nous inspirent.
Le sport est aussi et surtout fait de performances sportives exceptionnelles qui font les gagnants. Et c’est pour cette raison que nous avons choisit Michel Desjoyeaux comme personnalité sportive Voile En Ligne 2009.
Ce n’est pas donné à tous de pouvoir un jour célébrer une grande victoire. La plupart des mortels ne vivent jamais ce genre de chose durant leur vie. Mais celles et ceux qui ont eu le bonheur de vire cette extraordinaire sensation d’être victorieux savent que cela a été réalisé au prix de gigantesques efforts Et curieusement, ce labeur est souvent oublié dans l’euphorie qui entraîne les athlètes. La victoire est un véritable tourbillon qui étourdie et anesthésie bien des souffrances.
Et si gagner une fois est un exploit en soi, gagner deux fois une épreuve sportive comme le Vendée-Globe relève du prodigue. Michel Desjoyeaux est l’enfant prodige de la voile. Il nous a fait vivre l’apothéose de ce sport le 1er février dernier. De plus, cette année, il ne s’est pas seulement contenté de gagner le Vendée-Globe. Il est aussi allé chercher le tour de l’Europe en équipage lors de l’Istanbul-Europa Ocean race. Aujourd’hui, en cette fin d’année 2009, nous voulons souligner de façon particulière ces remarquables performances sportives qui resteront longtemps gravées dans les annales non seulement de la voile, mais aussi du sport en général.
Bravo à Michel Desjoyeaux!
Le titre de personnalité maritime de l’année Voile en Ligne.com est un honneur remis à deux marins qui se sont le plus illustrés tant sur l’eau que sur terre. Le premier titre est offert à un marin de chez nous, québécois ou canadien. Le deuxième souligne les performances d’un marin professionnel sur les grands circuits de course océanique.
Crédit photos: Site internet de la Transat 650 Charente-Bahia.
Le Français Thomas Ruyant a remporté dans la catégorie prototype, la Mini-Transat entre la Charente-Maritime et Bahia au Brésil. Parti grand favori, le jeune Français a été outrageusement dominant, remportant coup sur coup les deux étapes de la course. À seulement 28 ans, le jeune homme s’impose comme un véritable champion et nul doute qu’il a certes été remarqué par les dépisteurs. Retenez ce nom là ! On le reverra, soyez-en certain !
Du côté des séries, c’est Francisco Lobato qui a finalement eu le dessus sur Charlie Dalin, et ce, même si ce dernier a remporté la deuxième partie de la course. Au cours de la première partie de la transat, le jeune Italien de 25 ans avait été sans pitié pour ses adversaires à un point tel, qu’il aurait été étonnant qu’il perde son avance dans la deuxième partie de la course. Mentionnons cependant la belle lutte que nous ont offert Lobato et Charlie Dalin dans la dans la portion entre Funchal et Bahia. Nous avons eu droit à un beau suspens.
Vive inquiétude pour Alexandre Scrizzi.
Par ailleurs, le français Alexandre Scrizzi suscite présentement beaucoup d’inquiétude. Le comité de course a déclenché l’alerte ce matin après que le bateau de ce dernier eu franchit et anormalement outrepassé la latitude de Bahia. Un avion a survolé aujourd’hui le coursier sans pour autant être en mesure de prendre contact avec le skipper. La marine brésilienne a déployé une unité spéciale d’intervention sur un bâtiment qui tente de rejoindre le bateau. Ils prévoient être sur zone demain autour de 16h. Le bateau est présentement à 300 milles nautiques au large des côtes brésiliennes et poursuit une course au 203.







