
Gildas Morvan a finalement résisté aux assauts de ses adversaires pour remporter une deuxième victoire sur la Transat BPE. Il signe son exploit en 19 jours, 14 heures, 24 minutes et 12 secondes à la vitesse moyenne de 7.29 noeuds.
On savait que Morvan ne s’était pas présenté sur la ligne de départ pour faire du tourisme. Celui que l’on surnomme le géant vert avait mis des mois de préparation derrière son départ. Et dès le début, il a annoncé ses couleurs en prenant le premier rang du classement provisoire seulement quelques heures après le coup de canon.
Par la suite, à l’approche des canaries, il fallait jouer le sud ou le nord un peu comme lorsque l’on fait un gâteau, c’est-à-dire avec tout juste la bonne quantité d’ingrédients pour faire en sorte que la pâte puis lever. Un poil trop au sud ou une pincée de sel de trop vers le nord et paf, c’est loupé ! Il fallait donc choisir avec intelligence et calcul le moment de l’empannage décisif. C’est ce qu’a fait Gildas Morvan.
Il a pour ainsi dire, laissé ses copains les plus menaçants soit Erwan Tabarly Nicolas Troussel dans son sillage. Mais rien n’était joué pour autant. Les sudistes ont en effet tout donné. Au point ou Erwan Tabarly le neveu du célèbre Éric, s’est retrouvé dans la matinée bord à bord avec Cercle Vert. Un grain difficile à négocier aura décidé de la suite de l’histoire. La fin voulant que Tabarly n’ait plus la chance de revenir au contact de Morvan.
Voilà tout de même ce qui explique cette fin de course au photo-finish, Tabarly donnant des sueurs au leader jusqu’à la toute fin et terminant 2ième avec… 4 minutes et 20 seconde de plus que Morvan ! C’est à se demander si on a déjà vu plus serré comme classement. Décidemment, la voile offre non seulement un très beau spectacle mais aussi des suspens haletant.
François Gabard a terminé troisième. Il évince ainsi du podium l’ancien champion Nicolas Troussel qui doit se contenter de la quatrième place.
Étape cruciale de la Transat BPE, la jonction avec l’alizée a, encore cette année, redistribué les cartes au profit des tenants de l’option sud. Depuis des lustres, ce vent qui sert d’autoroute vers l’ouest est la voie pavée vers la victoire pour les coureurs européens engagés dans une transatlantique en direction des Antilles.
L’histoire se répète une fois de plus alors que le premier à toucher le flux soutenu est celui qui capitalise et prend une option importante sur l’issue de la Transat. Une fois passé l’archipel des Canaries, les coureurs pointe leur nez au vent jour et nuit dans l’espoir d’être les premiers à accrocher cette brise régulière qui, généralement, offre de surcroit une mer assez facilement négociable. La suite est une question d’angle d’entrée sur la destination qui offre le fil d’arrivée.
Parmi les 13 engagés restants, c’est Gildas Morvan qui semble en avoir profité le plus. Depuis quelques heures, Morvan creuse l’écart légèrement mais aussi régulièrement à chaque pointage. Il est suivit par Nicolas Troussel et Erwan Tabarly à 33 et 38 milles nautiques de distance.
Aucun doute que les jeux sont faits et que rien ne va plus en ce qui concerne l’arrivée outre-Atlantique. Il restera cependant une autre étape importante, soit celle de l’approche de Marie-Galante. L’archipel guadeloupéen a la réputation d’être un piège où les zones sans vents se multiplient. Plusieurs se rappeleront sans doute l’arrivée de la dernière Route du Rhum où Roland Jourdain avait vu son avance sur Jean Lecam fondre comme neige au soleil. Ce dernier avait terminé 20 minutes derrière le leader qui possédait plus de 100 milles nautiques d’avance 24 heures auparavant. La marge d’erreur est donc nulle pour les leaders et 1300 milles, c’est encore long.
Premier abandon dans la Transat BPE. C’est à 17h40 aujourd’hui qu’Eric Drouglazet, skipper de Luisina a téléphoné au comité de course de la Transat BPE pour annoncer qu’il abandonnait. Il semble qu’un bris majeur ait entraîné une panne d’électronique sur le Figaro 2. Naviguant à l’aveugle, le skipper ne peut plus poursuivre la course. Eric Drouglazet fait maintenant route vers Lisbonne.
Les malheurs d’Eric Drouglazet se poursuivent donc. Il avait aussi dû abandonner dans la dernière Transat AG2R suite à la blessure de son co-skipper. Lors de la Cap Istanbul, Il s’était blessé sérieusement suite à un accident de moto. Gagnant lors de l’édition 2005, on pensait bien que la guigne cesserait pour une fois de lui chercher noise. Mais voilà que des ennuis d’électronique viennent se mettre dans son chemin. Selon le site internet de la Transat BPE, Éric Drouglazet se bagarrait avec son pilote automatique depuis le début de la course. Le bateau s’était d’ailleurs retrouvé les culottes à terre dans une rafale il y a de cela quelques heures.
Par ailleurs, on signale que le temps est assez musclé sur la zone de course en ce moment et que plusieurs bobos sont à déplorés. Il vente fort, la mer est dure et les coureurs sont soumis à un douche et de la gîte incessante. L’inconfort est permanent et plusieurs ont hâte que le temps réchauffe suffisamment pour commencer à se sécher.






