Crédit photo-montage: www.cammas-groupama.com
Coup de tonnerre hier dans l’Atlantique sud. Alors que Groupama 3 avait repris sa vitesse de croisière après avoir été scotché pendant plusieurs jours par l’anticyclone de Sainte-Hélène, on apprenait que Franck Cammas et son équipe devaient renoncer à leur tentative de record pour le trophée Jules Verne.
Le grand trimaran a été victime du bris d’une cloison dans le bras de liaison arrière sur bâbord. C’est une déception immense pour Cammas et ses hommes qui ont donc dû renoncer à poursuivre leur tentative de record en raison des risques pour la sécurité de l’équipage. Tant que le bateau marche à vitesse réduite, il semble toutefois que ces risques ne se posent pas.
Le bateau qui se trouve en ce moment à mi-chemin entre les continents américain et africain en plein Atlantique sud, fait maintenant route sous vitesse réduite vers Cap Town en Afrique du sud. Il subira dès son arrivée une inspection approfondie pour savoir s’il peut continuer sa route jusqu’à sa base à Lorient en France ou s’il doit encore être ramené par cargo.
C’est la deuxième fois que L’équipe Groupama doit renoncer à une tentative de record pour le trophée Jules Verne. On se rappellera qu’en 2007, Franck cammas et ses hommes avaient dû oublier la compétition après que le bateau ait chaviré à quelques 125 milles nautiques dans l’Est de la Nouvelle-Zélande.
Pour l’instant, l’équipe s’est réorganisée autour des « experts » embarqués du domaine de la résine et des composites que sont Lionel Lemonchois et Thomas Coville. Les deux hommes ont effectué des réparations toute la nuit durant, dans une mer de chien pour tenter de solidifier le bras de liaison et empêcher la dégradation de la structure.
Groupama a, quant à lui, fait route plein sud pour éviter la nuit dernière, un énorme coup de vent avec des rafales balayant à 60 nœuds. Il a repris sa route directe vers Cap Town un peu plus tôt ce matin. Tous le monde à bord se serre les fesses et les coudes. Franck Cammas rapportait dans une récente communication que chacun fait son travail et que le bateau avance bien, se payant même des pointes autour de 17 nœuds. L’arrivée à Cap Town est prévue entre le 22 et le 24 novembre.
BT entre la vie et l’abysse…
La situation est maintenant critique pour BT. Le bateau est non seulement dans un piteux état mais il risque maintenant de sombrer à tout moment. Le monocoque victime d’une vague scélérate ayant arraché son rouf, a maintenant l’étrave sous l’eau, ce qui donne à penser que la pression est venue à bout de certaines cloisons étanches.
Par ailleurs, l’équipe technique de BT team Ellen tente désespérément de sauver le Open 60 de Sébastien Josse. Pris en remorque depuis hier, le monocoque est à 47 milles nautiques des Açores. Mais le temps presse. Le remorqueur avance à environ 3 nœuds de vitesse dans une mer formée. De plus, on attend vers la fin de la journée d’aujourd’hui, un fort coup de vent sur zone. Ça n’augure donc rien de bon.
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C’est le duel au sommet dans la Transat Jacques Vabre ce matin. Marc Guillemot et Charles Caudrelier à bord de Safran n’ont plus que 24 petits milles d’avance sur Groupe Bel de Kito De Pavant et François Gabard. Ayant vu leur avance, de près de 60 milles, fondre comme neige au soleil, les deux premiers savant maintenant qu’ils n’ont pas droit à l’erreur. Car Kito DePavant est une véritable machine à gagner des courses. C’est l’un des meilleurs marins du plateau IMOCA et certes, l’un des meilleurs régleurs aussi. Pas de doute, il sait comment faire marcher un bateau.
Le dauphin de Safran était flashé ce matin à 17.3 contre 16.4 pour le bateau de Marc Guillemot. La partie risque donc d’être des plus dures pour les deux premiers s’ils tiennent à conserver leur position de leader. On aura droit à un combat de coq entre les deux plans Verdier qui ont laissé dans leurs sillages Mike Golding qui accuse maintenant près de 113 milles de retard. C’est dire toute la puissance de ces deux machines…
Pendant ce temps, rien n’a changé derrière, sinon qu’on a appris dans la matinée d’hier l’abandon d’Hugo Boss. Alex Thompson désabusé pour ne pas dire « en beau fusil » a raconté lors d’une communication avec son équipe comment il a encore été victime d’une autre de ces damnées fortunes de mer causée par une saleté jeté à l’eau et qui a percuté la carène de son plan Finot-Conq. Lui et Ross Daniels faisaient route vers les Açores en tentant de pomper à la main l’eau qui s’engouffre à vitesse grand V par une brèche, résultat de la collision. Ah, les joies de la voile de course !
Pour ce qui est du classement, il ne reste que trois concurrent dans un rayon de 113 milles nautiques. Après ça, on tombe à Foncia à 376 milles. Ce dernier a réussi à passer 1876 puis Veolia Environnement qui eux, sont maintenant à plus de 400 milles de distance du premier. C’est une journée complète de navigation à bonne vitesse… Assez étonnant aussi de voir Vincent Rioux au bas de la feuille à 568 milles du leader…
Chez les multicoques, Crêpes Wahou continue son outrageante domination avec plus de 700 milles d’avance sur son plus proche rival Victorien Erussard sur Guyader pour Urgence Climatique. Lalou Roucayrol est 59 milles derrière le deuxième. Pour celles et ceux qui se demandent si Crêpes Wahou pourra rattraper son retard sur Safran, Le trimaran accuse toujours plus de 300 milles de retard selon nos estimations. Mais il reste plus de 2000 milles nautique à franchir dans cette course. La route est encore longue.
Crédit photo Copyright: © Jean-Marie Liot/Safran/ Site de la Transat Jacques Vabre.
La Transat Jacques Vabre est revenue à ses moutons depuis le début de la journée d’hier. La course a repris ses droits après des coups de vents dévastateurs. Enfin sortis de la zone où ils se sont fait brasser comme des colis envoyés par poste, les équipes peuvent enfin souffler d’aise et accélérer. Après tout, la course, c’est fait pour ça.
Néanmoins, de mauvaises surprises attendaient certains à l’ouverture de la boîte. Et les assurances si généreuses soient-elle ne changeront rien à la suite des choses. C’est le cas de Marc Thiercelin sur DCNS qui a fait demi-tour et se dirige ballasté au max vers son port d’attache. Le bateau se comportait bizarrement quand Thiercelin et son coéquipier Christopher Pratt ont procédé à une inspection pour découvrir que le problème venait de la tête de quille. Dans ces conditions, le duo a pris la sage décision de rebrousser chemin et de ne pas prendre de risques inutiles.
Notons que Roland Jourdain a dû s’arrêter temporairement aux Açores et que du côté des Multicoques, on enregistre un deuxième abandon, celui de Fenêtre A Cardinal. Quant à Prince de Bretagne, il est reparti après un deuxième arrêt en raison de problèmes de chariot de grand-voile.
Pour ce qui est de la course comme telle, une très vive déception doit commencer à se faire sentir dans le cœur des sudistes. En effet, les tenant d’une route médiane sont maintenant presque à la même latitude qu’eux à la différence près qu’ils sont plus de 350 milles devant. C’est la situation d’Aviva, à 351 milles ce matin et de Foncia dans le même potage à 366 milles du leader. C’est semblable du côté des extrêmes nordistes Hugo Boss qui navigue avec une dérive cassée, et 1876 d’Yves Parlier et Pacchi Rivero. Les deux affichent maintenant un retard de plus de 200 milles.
La facture est donc salée et à moins de 3000 milles de l’arrivée, ce bilan doit sans doute semer une certaine amertume. Car sentir qu’on s’est soi-même sorti de la course en raison d’un choix stratégique qui va nous donner des cauchemars n’est certainement pas d’augure à remonter le moral, surtout après qu’un train de dépressions vous soit passé sur le dos et ait laissé votre bateau sens dessus dessous. Le flegme légendaire des coureurs fait cependant en sorte qu’ils se concentreront sur la course qui reste à faire tout en tentant de profiter le plus possible des joies de la navigation et en se cuisinant quelques bon repas chaud, devenus rare ces derniers jours… Le retour du soleil et d’une mer plus manœuvrable ont aussi de quoi remonter le moral.
Dans le centre, c’est toutefois une autre histoire. C’est pied au plancher que Marc Guillemot descend légèrement écarté au sud de la route orthodromique. Il est passé ce matin sous le radar à plus de 20 nœuds en vitesse instantanée. Il a creusé un léger écart de près 59 milles sur Mike Golding et de 66 milles sur Kito De Pavant. Inutile de dire que chez les partisans français et québécois de Marc Guillemot, on se croise les doigts.
Goldinger le prédateur…
Mais il reste encore énormément de route à faire. Et les poursuivants immédiats sont loin d’être des deux de piques. Mike Golding, qui se cherche un sponsor et qui n’a pas goûté au champagne depuis 2004, n’a pas du tout l’intention de laisser sans suite cette odeur de victoire lui chatouiller le nez comme le poulet frit du resto du coin. On peut s’attendre à ce que l’aristocratique pompier anglais affamé, allume même le barbecue à la place du cuisto. Et c’est ce qu’il fait jusqu’ici avec des vitesse qui tournent autour du 20 noeuds. Kito De Pavant n’est pas du genre non plus à laisser gentiment sa place à la taverne, et on peut s’attendre à ce qu’il revendique lui aussi, le siège tant convoité de leader. Il reste donc beaucoup de boulot pour Marc Guillemot et Charles Caudrelier.
Dans une telle lutte, deux questions se posent. La première, c’est est-ce que ça va tenir ? Et la deuxième concerne la météo qui peut toujours venir brasser les cartes. C’est un cliché qui se répète, mais la position du chassé est toujours moins confortable que celle du poursuivant. Reste à savoir si les coyotes viendront à bout de rattraper le road-runner dessiné par Guillaume Verdier.
Chez les multicoques, Franck-Yves Escoffier n’est pas trop inquiété. Il bénéficie non seulement d’un coussin mais de la couette au grand complet avec 511 milles d’avance sur Lalou Roucayrol sur son Région Aquitaine-Port Médoc. La deuxième place est loin d’être jouée chez les multis car Victorien Erussard n’est qu’une trentaine de milles derrière Roucayrol. Ça risque d’être intéressant de ce côté.
Fait cocasse
Pour revenir brièvement à Crêpes Wahou et Franck-Yves Escoffier, notons qu’ au terme de la série de bastons, il accuse lui aussi plus de 350 milles de retard sur Marc Guillemot. Sa vitesse moyenne de rapprochement (vmg) est pour l’instant légèrement supérieure à celle de Safran, quoi que significative. On parle de 19,8 pour le multi comparé à 18,2 pour le mono. Mais comme il y a un peu plus de distance à parcourir pour Crêpes Wahou, les paris sont donc ouvert à savoir qui, d’un multicoque ou d’un monocoque, franchira le premier la ligne d’arrivée à Puerto Limon. Avez-vous une petite idée sur le sujet?








