

On retrouve cette année beaucoup de changements dans le monde des courses océaniques. À commencer par la Transat Jacques-Vabre. Comme on le sait, cette course au départ du Havre, s’orientait depuis quelques années vers la ville brésilienne de Salvador de Bahia. Or, celle que l’on surnomme traditionnellement la « Route du Café » fera dorénavant cap vers une autre destination, soit la ville de Puerto Limon au Costa-Rica.
Un seul départ sera donné pour tous les bateaux le 8 novembre prochain. S’ajoute à cela un prologue qui se tiendra dans les bassins du port du Havre transformé en stade nautique selon le communiqué de l’entreprise Penn Duick qui agit comme organisateur de la course.
Visitez le site au www.jacques-vabre.com
La Class 40 fera quant à elle route à part cette année. Le Conseil Mondial de la classe a mis à son agenda la première course entièrement réservé à ce type de bateaux. Il s’agit de la Solidaire du Chocolat qui vivra cette année une première édition. La Solidaire du Chocolat n’est pas une transat comme les autres. Selon les termes du communiqué que l’on peut lire sur le site internet de l’épreuve. « Pour la première fois, une course comporte un défi solidaire à relever TOUS ENSEMBLE dans une démarche citoyenne concrète » y écrit-on. Chaque coureur sur la ligne de départ sera le porteur d’un projet associatif solidaire, fort de sens et structurant. Il devra également être soutenu par un mécène. Le mécène s’engage à financer le projet d’une association à hauteur de 25 000 euros, le tout déductible d’impôt bien sûr ! Le départ de la course est prévu de Saint-Nazaire le 18 octobre prochain. Le parcours se terminera à Progreso dans la péninsule du Yucatan au Mexique. Jusqu’ici, 25 participants sont inscrits et 10 couples mécène-association sont identifiés. L’épreuve est l’évènement phare de la saison 2009 de voile pour la Class 40.
Visitez le site au www.lasolidaireduchocolat.com
Par ailleurs, pour tenter de redonner à la Velux 5 Oceans son dynamisme et sa vigueur d’antan, l’organisation de cette course délaisse la ville de Bilbao au Pays-Basque d’où la dernière édition avait pris le départ. Le nouveau choix s’est fait au profit de la ville de La Rochelle en 2010. Ce tour du monde qui est nul autre que l’ancien Boc Challenge et l’Around Alone, n’avait attiré que 8 coureurs lors de sa dernière édition qui fût outrageusement dominé par le Suisse Bernard Stamm. Une certaine déception quant au taux de participation avait quand même marqué la dernière édition, ce que les organisateurs tentent de ne plus revivre. De cette façon, en choisissant une ville française ayant une forte tradition maritime, la Velux tente d’attirer davantage de concurrents de la classe IMOCA qui sont, comme on le sait, fortement concentrés en France.
Rappelons que cetour du monde par étapes est l’ancêtre de l’actuel Vendée-Globe. À l’origine la crème des plus grands coureurs océaniques y prenait part. Des noms aussi prestigieux que ceux de Sir Robin Knox Jonhston, d’Isabelle Autissier, Christophe Augin, Titouan Lamazou, Jean-Luc Van Den Heede ou encore le regretté Mike Plant ont marqué l’histoire de cette course.
Visitez le site au www.velux5oceans.com
Pour l’instant, ils peuvent cependant pavoiser et s’enorgueillir d’une course qui fût impeccable tant au plan de l’organisation que de la couverture de manière générale. Le suivi, les documents fournit au grand public et le volet éducatif ont fait de cette course un succès retentissant. Chapeau bas aux organisateurs !
De plus, hormis quelques abandons, on n’a répertorié aucun incident fâcheux et tous les concurrents sont à bon port. Ajoutez qu’on a eu droit à un suspens digne d’Hollywood autant chez les 60’IMOCA que les Class 40. Une question demeure toutefois : Est-ce que l’effet combiné du retrait de la classe IMOCA et d’une éventuelle disparition de la classe ORMA mettront cette splendide course sur la corde raide ?
Et d’abord, est-ce le chant du cygne des grands multicoques 60’ ORMA. Pour ma part je le crains. Et à voir l’énergie qui se tourne maintenant vers les mono 60 et 40, il est permis de se poser les questions suivantes :
1) Pendant combien de temps les sponsors vont-ils continuer à soutenir une classe onéreuse, très casse-bateau et qui de surcroît ne leurs procurent pas la visibilité et le retour sur l’investissement auquel ils seraient en droit de s’attendre ? On l’a vue encore une fois avec le prologue qui a dû être annulé pour les Multis 60.
2) Pendant combien de temps cette classe pourra-t-elle tenir entre l’étouffante expansion des classe 40 et des open 60, qui draine littéralement les ressources sponsoring ? L’abandon du programme de sponsoring de l’entreprise Brossard est à ce chapitre, une tuile de plus pour ce circuit.
3) La monotypie dans laquelle l’ORMA s’est engagée sauvera-t-elle cette classe qui regroupe tout de même de magnifiques bateaux ? Rien de moins sûr !
Mais voilà quand même des questions qui devront trouver réponses d’ici les prochains mois.
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Spirit of Canada connaît un bon départ !
Spirit Of Canada connaît un bon début de course. À ce stade les classements ne sont pas très significatifs mais ils donnent tout de même un bon aperçu de l’atmosphère général. Comme écrit précédemment, Derek Hatfield est engagé dans un parcours de qualification en vue du Vendée-Globe. Et c’est en participant à la Transat BtoB qu’il réalise cette qualification qui, soit dit en passant est obligatoire. La Transat BtoB est une toute nouvelle course qui ramène les participants à la Transat Jacques-Vabre vers l’Europe.
Or jusqu’ici, Le Spirit of Canada occupe le troisième rang 3,5 miles derrière le leader Groupe Bel et un peu plus d’un demi mile derrière Generali. Cette course risque fort d’être intéressante car il est permis de croire que certains concurrents déçus des résultats de la Transat jacques-Vabre voudront se refaire. C’est le cas de Goupe Bel, Gitana Eighty et Ecover qui, piégé par le Pot-au Noir lors de la Jacques-Vabre, ont récolté des fruits plutôt amers malgré une navigation et des efforts qui furent sommes toutes plus que louables.
Et parlant de beaux efforts, le Québécois Bruno Dubois a terminé la Transat Jacques Vabre en cinquième place chez les monos 60’. Parti avec Mike Golding sur le bateaux Ecover tout à fait flambant, le duo aurait mérité un bien meilleur sort n’eut été de ce vilain Pot-au-Noir venu redistribuer les cartes comme je l’ai indiqué plus haut.
Injustice aussi pour Benoît Parnaudeau et son équipier Jean-Christophe Caso qui ont connu une traversée atroce, ponctuée de bris de toute sorte. Navigant en mode convoyage depuis la casse d’un safran, le Class 40 de Ben et JC termine à la 21ème place : une véritable contre-performance pour les deux navigateurs. Les difficultés de la course n’ont cependant pas entamé la bonne entente à bord : « on avait toutes les conditions pour se pourrir, (l’atmosphèere) et on ne l’a pas fait ! » Raconte Benoît Parnaudeau.
En terminant, félicitations à tous les concurrents !
La Barcelona
Du côté de la Barcelona World Race, suite au Pot-Au-Noir, Paprec-Virbac II avait repris les devants sur PRB avec une priorité de 7 minuscules miles nautiques. Roland Jourdain est toujours en filigrane 140 miles derrière. Peut-il recoller les deux premiers enragés ? Nous poserons la question à Georges Leblanc ce week-end. À lire samedi !

Je vous indique que d’heure en heure, nous suivront la Transat BtoB ainsi que Derek Hatfield et son Spirit of Canada qui y sont engagés. Nous poursuivrons aussi la couverture de la Barcelonia World Race ainsi que les analyses de Georges Leblanc. Le tout au sein même de ce blogue. Demeurez donc à l’affût !
Par : Georges Leblanc, skipper.
Les derniers Open 60 bien contents d’en finir avec cette course rentreront au plus tard en début de semaine car le vent NE reste de la partie et facilitera leur arrivée. Il en sera de même pour quelques autres de la Classe 50. Pour les derniers multicoques de cette classe qui ferment la marche, rien ne servira de tenter de se justifier. Ils repartiront dès leurs arrivées tant leur déception sera grande.
Et puis il y a les monocoques de la classe 40. Il y a toujours les mêmes leaders qui tracent la route. Ils se suivent à peu près toujours dans le même ordre depuis le début du parcours Atlantique. Ils se préparent à franchir la ligne d’arrivée par groupes de trois ou quatre. Ça promet d’être intéressant pour ceux qui, je l’espère, iront les accueillir.
L’ordre dans lequel ils parcourent le dernier droit en direction de Salvador de Bahia ne devrait pas trop être perturbé. Les conditions météo sont favorables et semblables pour tous, et cela, pour encore trois à quatre jours. Sauf qu’il y a quand même la possibilité que les derniers en queue de flotte buttent dans des calmes à partir du milieu de la semaine prochaine, tout juste avant que les vents ne virent au secteur ouest. Jusqu’à présent la Jacques-Vabre n’a pas occasionné trop de soucis aux coureurs ni aux organisateurs. Elle n’a pas laissé place à de grands exploits non plus. Mais c’est par contre une belle course où les embarcations de toutes les classes ont bien navigué.
Il est aussi inévitable que la pression soit sur les épaules des leaders. Ils doivent se lancer en direction du Pot au Noir en espérant que les systèmes demeurent stables le temps qu’eux se faufilent tout en souhaitant que la porte se referme face à leurs poursuivants. Sinon ils seront rattrapés ou tout simplement dépassés tout comme cela s’est produit lors de la Jacques Vabre. Cela peut-être frustrant, voir même choquant pour les leaders car nul n’a la réponse et encore moins la vérité dans ce Capharnaüm météo. Reste à avoir la chance avec soit. Les poursuivants doivent prier afin que leurs désirs soient exaucés.
Il ne faut pas croire que dans ces régions il est possible avec des moyennes avoisinant les 10 nœuds de vitesse de négocier les options météos. Et en lisant les témoignages de certains skippers prétendant avoir trop poussé leur monture pour se refaire de quelques dizaines de milles tout au plus, je constate qu’ils n’ont pas encore réalisé qu’ils se sont engagés à faire un tour du monde. Diantre! C’est pourtant un marathon et non une régate. Allons! Un peu de patiente! Les skippers ont quatre vingt pourcent des chances de voir ralentir ceux qui sont devant eux, et cela bien avant qu’ils aient changé d’hémisphère.
Il y a à venir, encore une semaine d’incertitude, au cours de laquelle aucun skipper ne peut prétendre être en meilleure position et encore moins disposer d’une avance insurmontable…







