Les skippers peuvent-ils en faire plus ? Pas sûr ! Ici les façons de faire habituelles et normales ne tiennent plus. Tout est question de hasard, de bulles venteuses locales et de coups mieux placés. Être au bon moment au bon endroit peut tout changer en quelques heures. Cela peut vous faire grimper au classement d’un trait ou à l’opposé, vous faire plonger. Et dans ce cas, ceux qui occupent une position de chasseur sont souvent plus favorisés que les proies. Ils devinent les bons coups en esquivant les gaffes des leaders qui, soudainement, se retrouvent empêtrés. Il s’agit donc, d’un véritable jeu du chat et de la souris.
On savait pourtant que la zone de convergence tropicale appelée communément le « Pot-Au-Noir » par les marins était pour redistribuer les cartes. Mais de là à en faire autant, c’est une autre histoire. Et comme la presque totalité de la flotte est engluée à l’est, certains n’avaient rien à perdre à aller faire un petit tour ailleurs. D’autant quand on voit que ceux qui sont devant en prennent plein les dents !
Or, depuis plusieurs jours déjà, le duo formé de Mike Golding et Bruno Dubois sur Ecover occupait la position de tête. Et comme l’entré dans le Pot-Au-Noir pour les leaders les amènent toujours à concéder quelques miles à leurs adversaires, personnes ne se formalisait de ce qui est tout à fait normal, sûre que l’effet d’élastique suivrait plus tard celui de l’accordéon qui prévaut lors de l’entrée dans la zone trouble. Par contre, rien ne nous prédisposait à un tel regroupement de la flotte. Au point où, coup de théâtre ! C’est maintenant les centristes Bernard Stamm et Tanguy Cariou sur Cheminées Poujoulat qui ont pris les devant sur le duo anglo-québécois d’Ecover.
VM matériaux a décidé quant à lui de jouer quitte ou double en choisissant une option ouest mais d’aucun s’entendent pour dire que le pari est fort risqué, le duo LeCam-Morvan rallongeant sa route au moins d’un bord.

Chez les multicoques de 50 pieds, il n’y a pas eu beaucoup plus d’action sinon que personnellement, je serais fort heureux de voir la sympathique Anne Caseneuve et sa fille atteindrent enfin une marche du podium, elle qui a multiplié les déveines et les abandons en tous genres aux cours des récentes années. Elle occupe pour l’instant la troisième place.
Pour ce qui est des Class 40, ma prédiction allait vers Bertrand DeBroc et A.ST. Groupe. Il occupe présentement la 3ième place, 66 petits miles derrière le leader Telecom Italia. Le gros de la flotte se trouve tout juste au nord du Cap vert et si l’on en croit les trajectoires, on peut s’attendre à un passage par l’est de l’archipel pour la majorité sinon le groupe tout entier. Là encore les vitesses moyennes sont lentes. A noter le retour de la colorée Florence Artaud sur son Deep Blue qui est passée de la 24ième à la 8ième place
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Imaginez ! La Barcelonia World Race est commencée depuis maintenant quatre jours et les premiers concurrents viennent tout juste de passer le détroit de Gibraltar. Un peu comme si la même molle qui a causé des soucis aux duellistes de la Jacques-Vabre avait décidé d’aller aussi scotcher les 9 bateaux de cette course. Là encore les moyennes sont décevantes.
Mauvais début de course pour Roland Jourdain qui d’habitude offre une résistance acharnée. À l’instar de son collègue Jérémie Beyou sur son Delta Dore flambant neuf, Bilou se traîne comme une limace et tente de recoller le trio formé par PRB, Virbac Paprec II et Estrella Dam qui sont maintenant dans l’Atlantique. Même chose pour le talentueux Alex Thompson sur son Hugo Boss qui se traîne les pieds à plus de 105 miles du leader. On a l’impression que ce dernier n’a pas entendu la cloche de départ.
Par contre le mano à mano entre PRB et Virbac Paprec II est engagé et ce combat en sera un de tous les instants jusqu’à l’arrivée. Ce duel sera sans nul doute passionnant. J’ai choisi Virbac-Paprec II pour l’emporter. À suivre !
L’autre Québécois dans la course, Mike Birch, et son collègue, l’américain Rich Wilson, commencent, quant à eux, à récolter les dividendes de leur audacieuse option. Ils ont en effet repris une place au classement à la faveur d’une route très fortement orientée vers l’ouest, la plus décalée de tous les participants à la Transat.
Chez les Class 40, C’est toujours Giovani Soldini qui occupe le siège de leader mais il ne possède plus que 12 petits miles nautiques d’avance sur Dominique Vittet et son Atao Adio Système. À noter la dégringolade au classement de Benoît Parnaudeau qui s’accentue d’un relevé de positions à l’autre. Il est maintenant 25ième à 247 miles nautique du leader. C’est une forte déception car on s’attendait à beaucoup mieux. À sa décharge, il faut cependant noter que cette course se déroule depuis le début dans des conditions jamais vu. Le carburant fait cruellement défaut en raison d’une dépression stationnaire sur les Açores. Cette indécollable molle persiste depuis maintenant plus d’une semaine et rend les choix de route aussi complexes qu’hasardeux. Les météorologues et les routeurs s’arrachent les cheveux et ne savent plus à quel saint se vouer tant le vent est instable pour ne pas dire capricieux. Les fichiers météos ne donnent rien qui puisse aider les équipages. Chose certaine, le vent est le grand absent de cette course jusqu’ici.
Or les coureurs n’ont même pas encore abordé le pot au noir, ce qui risque de leur causer encore davantage de maux de tête. Des concurrents partis avec des rations pour un nombre fixe de journées passées en mer commencent d’ailleurs à se demander s’ils ne devront pas s’arrêter au Cap vert ou ailleurs pour se ravitailler.
Cette situation entraîne nécessairement des choix qui sont fait sur le mode essai erreur. Et ce qui est payant pour les uns devient en même temps vachement coûteux pour les autres. Chez les 60 pieds IMOCA, certains y sont allés de choix plus que discutables, cherchant la brise ça et là, sans grand succès. C’est le cas de Michel Desjoyaux qui paye un lourd tribut pour son option le long de la côte africaine. Il accuse maintenant près de 100 miles de retard et ça ne s’arrêtera pas là. Même chose pour Jean LeCam qui voir son retard s’accroître en dépit d’un choix pourtant beaucoup plus logique à l’ouest du plan d’eau. En conclusion, les centristes ont raison. Du moins pour l’instant…
Reste le Pot-au-noir qui pourrait réserver encore quelques surprises et redistribuer les cartes. Après, il ne restera plus beaucoup d’options, sinon peut-être une autre molle au large du Brésil qui pourrait nous donner un finish dans le genre de celui de la dernière Route du Rhum mais je ne parierai pas mon chèque de paye là-dessus.
D’autre part, en multicoque 60 pieds Orma, plus rien, sinon un bris majeur, ne pourrait empêcher Frank Cammas et Stève Ravussin de poursuivre leur balade de santé vers la ligne d’arrivée à Salvador de Bahia sur leur trimaran Groupama II qui mène la flotte depuis déjà plusieurs jours. Il leur reste moins de 1000 miles à parcourir. Rappelons que nonobstant un arrêt éclair qu’il a dû effectuer aux Açores, le célèbre trimaran vert a maintenant franchi le pot au noir et se dirige droit vers l’arrivée sans être inquiété par Lionel Lemonchois et son Gitana XI qui suivent à…341 miles nautiques derrière. Même chose pour Crêpes Wahoo qui domine outrageusement sa classe et a maintenant devancé presque tous les 60 pieds IMOCA. Franck-Yves Escoffier et Karine Fauconnier ont 343 miles d’avance sur Laiterie St-Malo de Victorien Erussard et Fred Dahirel.
Du côté de la Barcelonia World Race, ça ne va guère mieux point de vue météo. Bien qu’aux dernières nouvelles Jean-Pierre Dick menait la flotte qui s’était divisée en deux, un coup d’œil sur les vitesses des bateaux avait de quoi refroidir la libido du meilleur marin. C’était à proprement dit décourageant même pour les terriens qui suivent les courses. Et certains comme Jérémie Beyou sur Delta Dore ne cachaient d’ailleurs pas leur exaspération devant cette situation qui met les nerfs à vif. « Est-ce que la course va se décider en Méditérané? » Se demandait le skipper lors de sa dernière communication.
Si le classement demeurait tel qu’il est maintenant jusqu’à l’arrivée, cette édition de la Transat Jacques Vabre pourrait couronner un Québécois d’origine belge, un Anglais, des Français et un suisse. Pour ceux qui rêvent d’internationaliser les courses au large, ce serait à n’en point douter un scénario idéal. Mais la course est dure et la route est longue.
Tout comme ceux de la Transat Jacques-Vabre, les participants à la Barcelonia World Race se trainent comme des limaces en ce début de course.
Par ailleurs, en multicoque Open 50, C’est Franck-Yves Escoffier qui mène la flotte sur son Crêpes Wahou. Il est accompagné de la championne en titre de la dernière édition de notre transat, j’ai nommé nul autre que Karine Fauconnier… Ces deux là comptent déjà plus de 50 miles d’avance dans ce qui s’annonce pour être une véritable promenade de santé.
Chez les Class 40 la course est des plus excitante. Et encore là c’est quelqu’un de bien connue chez nous en l’occurrence Giovanni Soldini, qui occupe le haut de la formation avec environ 20 miles d’avance sur son plus proche poursuivant. Tandis que chez les multicoques 60 ORMA, Lionel Lemonchois et son Gitana XI ont repris l’initiative sur Franck Cammas et son Groupama.
Le début de la course a été intéressant et a permis jusqu’ici de valider la performance des bateaux (nouveaux et anciens) dans les petits airs. Les marins ont passé des nuits passablement longues à multiplier les changements de voiles. Constamment à la manœuvre et aux aguets du moindre coup de vent pouvant déstabiliser le bateau ou causer des avaries, deux choix s’imposaient : garder les yeux ouverts ou lever le pied. Parmi ceux ayant diminué le régime, on compte Jean Lecam et Gildas Morvan sur VM matériaux qui, malgré cela, tenaient toujours la dragée haute aux meneurs au moment d’écrire ces lignes. D’autres ont par contre choisi de ne pas ralentir. En jouant leur va-tout certains ont cependant payé le prix fort. C’est le cas de Johnny Malbon sur son Artemis qui a récolté une triste mise. Il fait présentement route vers Vigo suite à un démâtage lors du premier coup de tabac rencontré par les coureurs au large du Cap Finistère. Il est donc la première victime d’abandon de cette transat.
Cette situation de vents instables fait donc en sorte que l’on peut oublier d’or et déjà la course aux records dans cette édition 2007 de la Transat Jacques-Vabre si Éole ne collabore pas davantage dans les prochains jours. En effet, après la bulle anticyclonique qui nous a donné un début plutôt lent, voilà qu’un nouvel anticyclone s’annonce devant les coureurs, ce qui force ces derniers à changer de cap et à empanner vers l’ouest, rallongeant du coup la route vers les alizés qui, comme on le sait, constitue l’autoroute vers l’ouest et l’arrivée.
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Chez nos Québécois, Bruno Dubois (Ecover) occupait le 5ième rang 57 miles derrière Marc Guillemot. Pour ce qui est de Mike Birch, prit dans une zone sans vent, il se retrouve à 247 miles du meneur au 16ième rang. Finalement, Benoît Parnaudeau est à environ 40 miles derrière le leader Tim Progetto Italia et fait jusqu’à maintenant une très belle course.
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Vous rêvez de monter à bord d’un coursier de dernière génération ? Allez naviguer sur le site de la Transat Jacques-Vabre que vous retrouvez en hyperlien sur Voile en ligne. Dans la section multimédia du site de la transat, on vous propose une visite vidéo du nouveau bébé de Michel Desjoyaux, le Open 60 Foncia. Personnellement, j’ai été renversé par le confort tout à fait rudimentaire ainsi que l’aspect basic de la table à carte. On vous amène aussi dans l’antre du Groupamma et du Crêpes Wahoo. C’est à voir !
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Dès Samedi prochain le 10 novembre 2008, retrouvez sur ce site l’analyse de Georges Leblanc. Le skipper québécois commentera la première semaine de course. Il sera des nôtres à tous les samedi et ce, non seulement pendant la Transat Jacques-Vabre mais aussi pendant toute la Barcelonia Worlrd Race.











