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Articles avec le tag ‘Vendée-Globe’

12_desjoyeaux Cette entrevue

avec Michel Desjoyeaux 

est présentée par

Formation nautique Québec

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Nous poursuivons notre entrevue avec Michel Desjoyeaux. Aujourd’hui, le skipper de Foncia nous entretient sur l’avenir et principalement sur les risques liés à la pratique de ce sport.

V.E.L. Est-ce que vous et vos collègues avez-vous une réflexion en cours sur la problématique des avaries à répétition, sur le risque financier que cela fait peser sur les épaules des sponsors ainsi que sur l’avenir de la classe IMOCA dans ce contexte?

M.D. «C’est déjà difficile de faire des règlementations qui vont dans le bon sens. On constate qu’il y a eu beaucoup d’abandons, mais ce n’est pas une catastrophe pour autant. Dans d’autres sports mécaniques pourtant plus fortunés que la voile, on retrouve des niveaux d’abandons beaucoup plus importants. D’autre part, sur les 19 abandons du Vendée-Globe, il y a 19 causes différentes, dont plusieurs qui ont frappé des objets flottants non identifiés. Certes, il ya des problèmes de fiabilité, mais il vient un temps où le skipper doit décider de mettre des critères de sécurité à certains endroits.  Chez nous par exemple, la quille de Foncia a été calculée par trois bureaux d’architectes incluant un dernier coup de moulinette donné par mon équipe. Voilà pourquoi j’ai confiance en toute cette chaîne d’efforts et que je n’ai aucun doute sur la fiabilité de chacun des éléments de mon bateau, que ce soit la quille, les cloisons de mât le vérin ou quoi que ce soit d’autre.

Cette sécurité me permet d’avoir la disponibilité d’esprit pour faire marcher mon bateau parce que je sais qu’il est largement assez solide pour ce que je veux en tirer. Nous avons construit le bateau sur les mêmes standards que s’il s’agissait d’un bateau mené en équipage. Nous avions ainsi établi qu’en équipe, il pouvait marcher à 23 ou 24 nœuds de moyenne dans les mers du Sud. Et comme sur le Vendée-Globe, nous sommes en solitaire, en maintenant un rythme autour des 20 nœuds, je savais que j’étais largement en dessous du point de rupture. Voilà pourquoi j’avais la décontraction pour tirer toute la quintessence de Foncia. C’est grâce à ces petites choses que l’on va si loin. Si un skipper ne s’intéresse qu’aux voiles et au sport et pas à la technologie, il risque d’avoir des problèmes difficiles à maîtriser.

Maintenant, il ne faut jamais faire le malin. On me dira encore que je manque d’humilité, mais je crois qu’aujourd’hui, je peux me permettre d’être un plus rassuré dans ce que je dis. Mais ça ne veut pas dire pour autant qu’une démarche, si structurée soit-elle, fait en sorte qu’il ne nous arrivera rien. La mer est un milieu très difficile et surtout très incertain.

En Formule 1, par exemple il n’est pas rare de voir des voitures démolies. Pourtant, il y en a toujours autant au départ lors du grand-prix suivant. Ron Dennis le patron de MacLaren disait que les voitures ont le droit de casser leur moteur entre le drapeau à damier et le camion qui les ramène à l’écurie. Nous vivons un peu la même chose. On ne peut pas être faillible, on n’a pas le droit de casser, on est considérés comme les derniers grands aventuriers et on doit être au dessus de toutes les vicissitudes de la vie? Je crois que cela est assez éloigné de la vérité et surtout de la réalité d’un voilier de course qui part en mer pour trois mois. »

V.E.L. Doit-on comprendre que vous laisseriez de côté l’idée de diminuer la puissance des monocoques comme certains le préconisent?

Il faut faire attention à ce que l’on entend par réduction de la puissance. Si par exemple, on caractérise la puissance par ce que l’on appelle le moment de redressement, diminuer celle-ci en faisant des bateaux dont le moment de redressement serait plus faible rapprocherait les monocoques d’une limite d’instabilité. Si d’autre part, on diminue la hauteur des mâts pour amoindrir la surface de voile sous le prétexte que c’est trop grand pour un homme seul, idée que je ne partage pas soit dit en passant, ça augmenterait alors le moment de redressement. Alors, du coup, qu’est-ce que l’on décrit comme la puissance, qu’est-ce qui est limitant et quelle est la moins mauvaise décision à prendre? Bien que l’on doive imaginer des règles pour qu’il y ait une équité sportive, il ne faut pas penser que les bateaux sont faits pour être cassés. On fait des bateaux pour la compétition et il est normal que de temps en temps on aille un peu trop près des limites. Mais cela fait partie du jeu.

On est dans cette problématique. Nous pourrions revenir à des bateaux monotypes certes, mais cela figerait complètement l’évolution technologique. On ne peut pas geler une jauge pendant dix ou quinze ans. Il ne faut pas oublier que les bancs d’essai, que sont des classes comme l’IMOCA, permettent aussi de faire progresser d’autres jauges et ultimement tout le milieu de la voile. Voilà pourquoi il m’apparaît quelque peu réducteur de croire que l’on va imaginer des règles qui vont permettre de ne plus casser les bateaux.

V.E.L. Est-ce que les conditions de mer et de météo étaient plus difficiles cette année? Certains disent qu’un Vendée-globe comme celui-là aurait pu avoir des conséquences funestes dans les années 80 ou 90. Qu’en pensez-vous?

M.D. «Je n’ai pas eu cette impression d’où j’étais. Ça me semblait même moins difficile qu’il y a huit ans. Mais je pense que cela était surtout dû aux prévisions météo qui sont bien meilleures que ce qu’elles étaient à cette époque. On peut maintenant choisir de faire plus de route avec moins de vent en surfant sur la bordure ou encore de couper au centre d’une dépression où ça souffle fort, mais où aussi, la mer est plus dure. C’est le genre de choix que la précision des fichiers météo d’aujourd’hui permet de faire.

Le fait d’avoir augmenté l’angle de chavirage de nos bateaux comme la jauge l’impose contribue aussi à la sécurité. Les bateaux sont plus marins sans pour autant aller moins vite. Voilà pourquoi, entre autres, on déplore beaucoup moins de pertes de vie. Et cela est une évolution remarquable.

Ceci étant dit, quand on pratique un sport comme le nôtre, il faut s’attendre à prendre des risques. Ils ne sont pas pour autant plus dangereux que ceux que l’on prend sur terre, si tant est qu’on fasse les choses de manière sécuritaire. Le risque zéro n’existera jamais, ni sur mer, ni sur terre. Chaque coureur assume ses propres risques. Nous ne sommes pas des fous et des kamikazes. Nous avons des familles, des enfants et des responsabilités. Nous sommes pour nombre d’entre nous des chefs d’entreprises. On ne fait donc pas cela pour jouer avec notre vie. On fait cela par plaisir et par passion, mais aussi de façon très rationnelle et raisonnée. »

V.E.L. Quel est l’avenir de ce sport ? Les économies émergentes sont-elles en train de s’accaparer de la course océanique en raison de leurs moyens financiers considérables ? Les petits marchés subiront-ils les conséquences du déplacement des évènements au profit d’autres cieux économiquement plus cléments pour les organisations?

M.D. Pourquoi pas ? Il y a d’autres endroits où l’on peut faire de la voile. La Volvo Ocean Race a démontré que le marché chinois de la voile de plaisance se développe, mais par contre, tout est à faire. Il leur faudra apprendre à construire des bateaux, aménager les ports de plaisance nécessaires, il faudra augmenter le nombre d’écoles de voile en raison de la demande. Cette dynamique est tout à fait envisageable. La Volvo Ocean Race a permis de faire découvrir la voile à d’autres nations que celles traditionnellement plus proches de ce sport. S’il y a d’autres nations qui participent et que la voile conquière d’autres marchés et que cela se traduit par l’expansion de ce sport en notoriété ou en popularité, croyez bien alors que je serai le premier enthousiasmé par cette nouvelle perspective. 

Propos recueillis le 26 mars 2009 par Daniel Lévesque

Publié le 17/02/09 par Daniel Lévesque


L’aventure de Loïck Peyron avec Gitana est terminé.

Le Vendée-Globe n’est pas encore terminé que déjà une deuxième équipe déposent son bilan. Après Delta Dore, voici que Gitana quitte le navire de l’IMOCA. L’entreprise du baron Benjamin de Rotschild a décidé de s’orienter vers l’extrême 40. Or, cette option ne correspondait pas aux plans de carrière de Loïck Peyron qui incidemment a décidé de quitter l’équipe. Loïck Peyron ne désirait pas non plus poursuivre dans le poste de manager de l’équipe qu’il occupait depuis plusieurs mois. Quant au bateau, il a été vendu à une équipe espagnole qui compte l’utiliser pour la Barcelona World Race dont le départ est prévu en décembre 2010.

Ce n’est certes pas une nouvelle qui plaira aux autorités de l’IMOCA. Mais hélas, on peut aussi penser que d’autres équipes sont également à réévaluer leur avenir dans cette classe. C’est le cas entre autres de celles ayant perdu leur bateau comme Generali ou VM matériaux.

Il ne fait cependant aucun doute qu’une rotation normal de plusieurs sponsors était à prévoir. Certains teams avaient des objectifs commerciaux qui ont été rencontrés et ils n’ont donc plus de raison immédiate de continuer, ayant atteint leur but sur le plan de la visibilité.

Il faut dire ici que toutes les équipes font l’exercice du post-mortem suite au Vendée-Globe et que, bien que plusieurs d’entre elles décident de passer à autre chose, il n’en demeure pas moins que parallèlement, certaines opportunités s’ouvrent et se saisissent aussi. C’est le cas de plusieurs écuries qui se voient ainsi offrir la chance de s’associer avec un skipper de premier plan devenu agent libre ou encore un bateau relativement récent qui ne demande alors qu’à être maximisé.

Une certitude demeure cependant. L’IMOCA devra s’astreindre à des règles de jauge garantissant davantage de fiabilité. Les multiples avaries ont eu un indéniable effet sur la réputation de la classe. Le Vendée-Globe n’est pas encore terminé mais fort heureusement, on touche du bois en se disant que les autorités se sont imposées des règles de jauge qui ont permis jusqu’à maintenant d’assurer aux coureurs une sécurité presqu’à toute épreuve. Un autre pas doit être dorénavant franchit : celui de la fiabilité.

Publié le 16/02/09 par Daniel Lévesque

Tout ce que les hommes font, les femmes sont capables de le faire. Mais les hommes ne sont pas tous capable de réaliser l’exploit que vient d’accomplir aujourd’hui la navigatrice britannique Dee Caffari. Il aura fallu 99 jours, 1 heure, 10 minutes et 57 secondes à cette tête dure pour venir à bout de finir son tour du monde. Mais là ne s’arrête pas le grandiose de cette prouesse.

Il y a trois ans, Dee Caffari complétait un tour du monde en solitaire et à l’envers, contre les vents et les courants dominants, en 178 jours 3 heures 5 minutes. Aujourd’hui elle réédite le coup mais cette fois, d’Ouest en Est et en moins de cent jours… Elle devient ainsi la première femme à accomplir une circumnavigation en solitaire dans les deux sens. De plus, elle entre dans le club sélect des navigateurs ayant mis moins de cent jours pour faire un tour du monde.

Bien que la besace aux exploits de Dee caffari commence à déborder, l’histoire retiendra cette fois-ci le caractère et la persévérance dont elle a fait preuve. Ennuyée par des problèmes récurrents de grand-voile depuis la Nouvelle-Zélande, les paris étaient ouverts depuis des semaines sur la destination d’Aviva et le moment de son abandon. Mais c’était sans compter sur l’extraordinaire persévérance de cette navigatrice hors norme.

C’est ainsi que de ruban en colle et de sparadrap en courtepointe, l’infirmière du Vendée-Globe, a bricolé tout ce qui pouvait l’être pour ramener son bateau sur la ligne d’arrivée. Et finalement c’est avec une grand-voile en lambeaux que le magnifique monocoque jaune a coupé le fil d’arrivée dans la matinée d’aujourd’hui. Chapeau SVP messieurs!

Les deux femmes du Vendée-Globe 2008-2009 ont donc sauvé l’honneur anglais. Dee Caffari est une autre candidate à l’anoblissement. Cette femme d’exception a offert une performance extraordinaire. Elle a fait face à de dures conditions et relevé le défi avec courage, endurance et détermination. C’est ce genre de performance qui fait que dans ce sport, les poursuivants et les derniers peuvent aussi être des gagnants. C’est ce type d’exploit qui marque l’histoire du Vendée-Globe et bâtie ainsi une tradition qui se renforce et se glorifie.

Voile en ligne tient à féliciter Dee Caffari pour son extraordinaire exploit.

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