L’américain Rich Wilson vient de terminer le Vendée-Globe. Il a réalisé son tour du monde en 121 jours 00 heures et 43 minutes. Il devient ainsi le deuxième américain à boucler ce parcours mythique après Bruce Schwab qui, en 2005, avait aussi terminé 9ième mais avait mis beaucoup moins de temps. Schwab avait réalisé son exploit en 109 jours 19 heures et 58 minutes.
Cela n’enlève rien à la grandeur de l’exploit de ce Bostonnais de 58 ans qui aura confondu les plus sceptiques. Personne n’aurait en effet imaginé au départ que l’américain aurait pu finir dans le top 10. Tout au plus, Rich Wilson était-il parti davantage pour terminer sa course que pour courir. Il y en a toujours pour relever de beaux défis personnels dont beaucoup d’entre nous rêvent en secret.
Quoi qu’il en soit, c’est quand même là une preuve flagrante qu’il faut toujours se méfier des pronostics même si la loi des probabilités ne donne que peu de chance à ceux que d’aucuns considèrent parfois comme de simple figurants. Les outsiders peuvent parfois brouiller les cartes refaire le jeu mathématique des preneurs aux livres les plus aguerris.
Il faut donc donner à Rich Wilson le mérite d’une préparation minutieuse vraisemblablement à la hauteur de celle du prof de Harvard qu’il est. C’est ce qui lui a permit de traverser les épreuves météo du plus dur Vendée-Globe depuis celui de 1996-1997 pour rallier l’arrivée aujourd’hui. On peut compter sur les Sablais pour fanfarder généreusement le jeune homme avec la Washington Post March de circonstance. Monsieur le Président des USA Barak Obama qui fût d’ailleurs appuyé par Rich Wilson doit aujourd’hui mettre à son agenda une courte conversation téléphonique pour féliciter ce « Great american ».
Le Vendée-Globe n’est toujours pas fini pour trois concurrents. Après avoir peiné au près pendant plusieurs jours, l’américain Rich Wilson progresse maintenant au portant. Il lui reste tout de même plus de 1000 milles nautiques à faire et il n’est pas attendu aux Sables d’Olones avant au moins 4 jours.
Même chose du côté de Norbert Sedlaceck qui a lui aussi louvoyé depuis quelques jours. Mais au moins, tout se passe bien. Même s’il reste à l’autrichien plus de 2000 milles nautiques à faire…
C’est du côté de Raphaël Dinelli que les choses se sont gâté au cours des dernières heures. Le dernier français en course commence à trouver que la Marianne se fait attendre pas mal. Il a cassé sa bôme et n’avance plus désormais que sous trinquette et à vitesse très réduite, soit environ 4 nœuds. De plus, Raphaël s’est, selon toute vraisemblance et l’avis du médecin de la course Jean-Yves Chauve, fracturé une côte. Quand on sait qu’il souffre déjà de tendinites aux coudes, on ne peut que conclure que cette fin de course prend des allures de chemin de croix.
Il lui reste 1600 milles avant de voir son calvaire prendre fin…
Steve White est un autre de ces skippers qui a pataugé dur pour se hisser dans son bateau. Parti de rien, ce jeune homme cultivait depuis une dizaine d’années le rêve de prendre part au Vendée-Globe comme un adolescent songe des nuits durant à sa première voiture. Il a hypothéqué sa maison et s’est endetté jusqu’aux oreilles. Quelques jours avant le départ, on se demandait encore s’il pourrait en être, tellement les difficultés étaient nombreuses et sévères. Il n’avait aucun sponsor pour le supporter et financièrement, ça surchauffait dans le rouge. Jusqu’à l’arrivée du projet Toe in the water.
Le Vendée-Globe, c’est parfois la réédition sous un autre format et à une autre échelle de toutes les grandes découvertes et conquêtes qui ont marqué l’histoire mondiale. De l’invention du téléphone en passant par celui du télescope, de la découverte du nouveau monde aux premiers pas de Neil Armstrong. Toutes ces histoires sont fascinantes. Les mois et les années de labeur qui ont précédé ces grandes réussites frappent l’imaginaire. Comme pour toutes ces personnes qui sont entrées dans la légende, il y aurait des pages et des pages à écrire sur ces émules modernes des frères Wright qui, au terme de milles efforts et de milles difficultés, affrontent ensuite milles périls pour revenir en héros aux Sables d’Olones. Toutes proportions gardées, leurs exploit dépassent quand même l’entendement.
Steve White est l’un de ces héros. Il marque sont nom en grosses lettres dorées dans l’histoire du Vendée-Globe en terminant dans le top 10 de surcroit. Un exploit que bien peu d’entre nous aurait pu imaginer. Il termine en 109 jours 36 minutes et 55 secondes. Il a complété son parcours à la vitesse théorique de 9,49 nœuds.
Voile en Ligne félicite Steve White pour sa persévérance exemplaire et son extraordinaire exploit.








