Voile En Ligne 2013-05-18 @ 12:29:04 -04:00 UTC
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Vendée-Globe

2004-2012 copier-coller

Un groupe très serré de leaders qui s’échappent, les poursuivants piégés qui naviguent à une journée de la tête de flotte. Le Vendée 2012 a beaucoup de similarités avec celui de 2004. À tout le moins du point de vue de la férocité du combat, ça y ressemble à peu de choses près. Ils étaient deux en 2004, Vincent Riou et Jean ; tandis qu’en 2012, ils sont cinq, LeCléac’h, Gabart, , et .

Les records se rééditent également. Comme en 20014, un nouveau temps est maintenant établi entre Les Sables-d’Olonne et le cap de Bonne-Espérance. Armel LeCléac’h a amélioré le temps de Vincent Riou de plusieurs heures en parcourant la distance en 22 jours 23 heures et 48 minutes.

En 2004, et Bilou avaient cravaché pour recoller au duo de tête près de la Nouvelle-Zélande. Bilou verra sa tête de quille se fendre avant le Pacifique. Quant à , il prend la tête momentanément lors de la remontée de l’Atlantique. Mais sa drisse de grand-voile l’abandonne. Quelques jours plus tard, c’est sa quille qui fout le camp.

Comme en 2004, ça va très vite, les unités de dernière génération dominent et les leaders semblent favorisés par la météo. À ce sujet, le train dépressionnaire qui s’amène du sud-ouest emportera les premiers encore plus loin tandis que le premier groupe poursuite continuera de perdre des milles.

S’il est une différence notable par rapport à 2004, c’est bien ces portes de sécurités qui limitent de manière substantielle les options stratégiques. La plus récente carte publiée par les autorités du Vendée Globe ne laisse par contre aucun doute sur l’importance capitale de ces portes. Pour point de comparaison, durant le Vendée Globe de 2008, est allé choir aux îles Kerguelen qui sont cette année situées à à plus 400 milles au sud des bancs de glace repérés par les satellites du CLS. Pour les nuls en géographie, mentionnons que les îles ne se sont pas déplacées vers le sud. C’est plutôt la glace du pôle Sud qui monte cette année à des latitudes records. Y a-t-il encore des amateurs pour douter du phénomène de réchauffement climatique?

Évidemment, les nostalgiques de l’époque où on pouvait couper le fromage au point d’aller raser les icebergs du pôle Sud vont soupirer devant leur soupe en pensant à leurs vieux péchés. Mais les marins naviguent et les pingouins pingouinent. Et c’est aussi bien ainsi. La lourde neige sur des voiles soutenues par des gréements de carbone, disons qu’on peut se passer de ça.

Il faut vivre avec la réalité de son temps. Et autres temps, autres moeurs. Cela rend-il le Vendée Globe moins intéressant? À voir l’étroite marge entre les cinq premiers bateaux après plus de 9000 milles, il ne fait pas de doute que le suspens vaut le coût du billet. L’action ne manque pas depuis le départ des Sables-d’Olonne. Et l’entrée dans l’océan Indien est cowboy. Ça bardasse fort. Les coureurs ont de quoi se faire une perruque et un chapeau avec les bols de soupe aux nouilles.

Le rodéo va durer encore quelques jours au moins. La mer offre une houle désordonnée de trois à cinq mètres de concert avec un fort vent de sud-ouest garni de rafales de 35 à 40 noeuds. L’heure est donc aux omelettes. Les oeufs se brassent tous seuls… si vous parvenez à les casser au-dessus de la poêle.

 

 

Trois mousquetaires en cavale…

Crédit photo: Philippe Chérel

Trois de large lancé à toute pompe vers la première porte de glace (barrière des Aiguilles), le groupe de tête formé de ( Virbac-Paprec 3), (Macif) et Armel LeCléac’h ( VI) roulent un train d’enfer, s’échangeant tour à tour les positions de tête. Hier c’était et LeCléac’h, aujourd’hui c’est Gabart qui a repris ses droits sur le premier rang.  La bataille en est vraiment une digne de la classe Figaro.

De vaines tentatives d’échappées

La régate au contact qui dure depuis des semaines a pris une tournure de close-combat cette semaine avec des accélérations vertigineuses. Jean-Pierre Dick a joué les Stonewall Jackson en prenant Armel LeCléac’h de vitesse et par une attaque de côté. Mais ce dernier a eu tôt fait de montrer qu’il n’allait pas céder son bien facilement. Et après quelques heures à se colletailler, il a pu se ramener à sa position de tête. Mais ça, c’était sans compter avec Gabart l’horrible qui n’a rien cédé non plus en dépit de la perte de son titre de leader il y a quelques semaines.

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La porte des Aiguilles est un passage obligé pour forcer les coureurs à contourner les glaces dérivantes. Celles-ci sont cette année plus au nord que jamais. À un point tel que le comité de course a dû émettre un avenant il y a quelques jours pour indiquer que l’une de ces portes avait été remontée de quelques degrés.

La conséquence immédiate pour les coureurs  est bien entendu la limitation des options stratégiques. Cette première porte en est un bel exemple puisqu’un anticyclone est en formation sur la zone. Les solitaires pourraient donc encore une fois se retrouver  en train de jouer aux serpents et échelles.

Pendant ce temps, le plus dangereux des sujets de Sa Majesté mène une course étonnante. Alex et son ne se sont pas laissé distancer et il sont dans la course plus que jamais. Le blond Anglais a bien eu quelques petits soucis techniques, mais rien de grave. C’est d’ailleurs remarquable de voir comment le skipper a changé depuis 2004. Son expérience lui dicte maintenant un mode de gestion de course qu’il s’applique à mettre en oeuvre d’une manière redoutablement efficace et structurée. Il se tient ainsi dans moins de 150 milles du leader sans pousser trop. Il ménage ses forces et sa monture. Il gère son énergie au compte-gouttes. Il est de loin le plus menaçant des outsiders. Quant au Suisse , il mène à peu près le même genre de course que celle d’. On sent chez ces deux-là que leurs malheurs passés les rendent plus patients.

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a pris un bain très tôt ce matin pour aller dégager la quille de qui s’est prise dans un filet dérivant. Équipement de plongé et tout le tralala, a dû stopper les machines et affaler le papier cadeau. Une opération qui a duré une bonne quarantaine de minutes, sinon plus. C’est en mesurant la vitesse de son bateau par rapport au vent réel que le Roi Jean a senti qu’il y avait anguille sous quille.

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Les prochaines heures sont à surveiller étroitement. Un anticyclone est en formation près de la porte des Aiguilles. Les différents modèles météo qu’ils soient européens ou américains démontrent que la bulle va s’étendre. Aura-t-elle une influence sur la course? Ça reste à voir dans la mesure où le centre de la bulle est situé bien en deçà des quarantièmes. Mais l’effet de retardement de cet anticyclone et son déplacement aussi lent qu’incertain met les poursuivants à risque de se voir coupés de la tête de la flotte si cette dernière parvient à passer  avant que la bulle ne sème le trouble. Heures critiques en vue.

 

 

Vendée Globe: Changement de garde

Crédit photo: Jean-Marie Liot/DPPI/ Vendée Globe

Changement de garde majeur sur le Vendeé Globe. a chassé Armel LeCléac’h et pris la tête de la flotte. Virbac-Paprec III affichait un maigre, mais significatif gain d’un mille nautique sur VI au classement de 23h00 HNE. Le voilier de devrait creuser l’écart sur Banque Pop qui est décalé au nord par une soixantaine de milles et qui doit se rabattre pour s’engouffrer dans la première porte de sécurité baptisée la barrière des Aiguilles.

(Macif), situé plus au sud, menace aussi très sérieusement avec moins d’une trentaine de milles de retard au premier. Le « démon blond » de la course au large a d’ailleurs réécrit le livre des records hier en signant une nouvelle marque de 475 milles sur 24 heures. Gabart ne semble pas du tout enclin à laisser Jean-Pierre s’envoler. Il a pris Virbac Paprec III en chasse et affiche la vitesse la plus rapide avec 21 noeuds.  Le quatuor de tête allume d’ailleurs plus que jamais dans ce début de grand Sud. Au nord à une centaine de milles Alex () met lui aussi toute la gomme et affiche une vitesse similaire à celle du leader. Armel LeCléac’h est encore légèrement ralenti à un peu moins de 20 noeuds tout comme (Cheminées Poujoulats) qui est tout de même à la vitesse non négligeable de 18 noeuds.

Derrière se retrouvent une fois de plus les trois mononcles.   (), (), et (),  font une course splendide même s’ils ne semblent pas enclins à tenir le rythme des leaders, du moins pour l’instant. ne semble pas encore prêt à mettre les fusées en marche. Les trois hommes donnent à penser qu’ils sont en mode gestion de course. Ils se tiennent en retrait et à l’affût, attendant le moment propice pour passer à l’attaque.

Plus loin se trouve Javier Sanso () qui joue du hockey de rattrapage de très belle façon. L’Espagnol est à 561 milles. Il est suivi de (Initiative-Coeur) à un peu moins de 1100 milles. De Lamothe fait une course absolument déroutante pour un individu roulant avec un bourrin de génération antérieur. On peut se demander où il serait avec un plan Verdier dernier cri. Sa performance jusqu’ici est splendide.

devra compter sur quelques anticyclones pour donner une jambette aux leaders. Autrement on voit difficilement comment il pourra rattraper un peloton aussi agressif et rapide, et ce, même s’il a un fichu de bon bateau. DeBroc est patient et combatif. Son attitude  admirable est une leçon de courage et de résilience. devrait avaler Initiative-Coeur d’ici quelques jours. L’Italien () est dans le même registre. Il fait la course pour la galerie. C’est un homme et son bateau. Charismatique et brillant, même les oiseaux tiennent à lui tenir compagnie.

En définitive, la course prend des allures de régate de Figaro. Spectaculaire, rapide et enrichie d’un peloton de têtes fortes qui refusent obstinément de s’en laisser imposer. Décidément cette bataille dans le grand Sud s’annonce pour être captivante au possible. Et bien malin celui qui peut dire aujourd’hui qui passera le Horn en premier. À coup sûr, on en aura pour plus que notre argent. Du moins, c’est parti pour ça.

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