
Crédit photo: Spi Médias communication inc.
Image: Vendée Globe © 2013
Né en 1955 à Genève. 57 ans. Il commence à naviguer à 13 ans sur le lac Léman, mais continue ses études et devient professeur de dessin. Puis il embarque sur Disque d’Or III avec Pierre Fehlmann en 1981 dans la Whitbread. Il ne cessera depuis lors d’accumuler les milles. Il vit avec Michèle Paret rencontrée lors de la Whitbread 1989-1990, il était sur Merit et Michèle sur Maiden, skippé par Tracy Edwards. Dominique Wavre a cumulé 7 tours du monde et a participé à la transat Québec/Saint-Malo 1984 sur Mécarillos.
Source: Wikipedia
Le coureur océanique Dominique Wavre a donné mercredi dernier une conférence au Centre Canadien d’Architecture à Montréal. Sur l’invitation très appréciée des patrons de l’entreprise suisse Mirabaud, nous avons été couvrir cet événement qui s’adressait exclusivement aux clients de cette entreprise qui a aussi des assises au Québec.
Pour les mêmes raisons, Dominique Wavre a donc visité Montréal une deuxième fois en moins d’un an. Il est venu à l’été 2012. C’était avant le Vendée Globe. Un monde sépare les deux visites.
Il est pour le moins fascinant d’entendre un skipper raconter une aventure planétaire. C’est comme un ours noir. On ne réalise la grosseur, la lourdeur et la force de l’animal que lorsqu’il pose le pied à côté de soi. Le Vendée Globe, c’est aussi énorme que cela. Et de se retrouver dans le secret des Dieux du grand stade océanique a quelque chose d’exceptionnel. On y entend des anecdotes qui n’ont pas été racontées. Décidément, les coureurs se gardent une petite cachette remplie d’histoires. Certaines sont à peine croyables.
Dominique Wavre raconte comment les skippers effectuent la gestion de leur sommeil. On entend des murmures dans l’assistance venue écouter son récit avec une attention presque religieuse. Pas que les gens soient incrédules. Oh! que non! Mais plutôt qu’en notre patelin où la course au large passe presque inaperçue, on n’en reviennent tout simplement pas. Nous qui dormons huit heures par nuit, paisiblement, du sommeil du juste, dans nos couettes, il nous est difficile voir même impossible de concevoir que quelqu’un puisse se satisfaire d’une nuit cassée en petits morceaux de 15 à 20 minutes au 4 heures et d’une période de roupillon journalier de 45 minutes. Qui plus est vivre un pareil enfer durant trois mois… C’est inconcevable.
« Dès les premières heures suivant le départ, les skippers se mettent en mode fatigue. Ils y resteront durant les trois mois que durera la course. Les skippers doivent alors se méfier d’eux-mêmes et savoir reconnaître les moments où la fatigue extrême commande de réagir en allant se reposer. Au réveil, c’est le petit café. Jamais je ne monte sur le pont sans d’abord avoir pris quelque chose pour me réveiller. Je n’ai pas les idées claires et ce serait dangereux(…) » raconte Dominique Wavre.
La fatigue extrême, l’angoisse, la solitude, la noirceur, la météo et la mer qui se font menaçants, le skipper doit rompre avec ses émotions ne jamais se laisser pétrifier par les impondérables et garder une vision bien cartésienne de l’environnement dans lequel il est appelé à évoluer. Ça prend des nerfs d’acier et une maîtrise absolue de soi.
Revenons au Vendée Globe
Dominique Wavre connaît des avaries dès le début du Vendée Globe. Il sera pénalisé pour avoir traversé le rail des cargos de façon irrégulière plutôt que de manière perpendiculaire comme il est prévu dans les règles internationales de navigation. Il répare le bateau durant son arrêt pénalité et minimise ainsi les dégâts. Jean LeCam aussi pénalisé est furax et le fera savoir à travers une vidéo sur la liberté.
« J’ai été à la fois épaté et fendu en deux par la vidéo de Jean LeCam. J’ai eu tellement de plaisir avec ça. Mais j’avoue que j’ai aussi trouvé du vrai à ces propos. » Quelques jours plus tard, les tontons flingueurs LeCam et Wavre se rencontrent au beau milieu de nulle part. « Jean et moi sommes de bons amis. Quand nous nous sommes vus dans le grand sud, nous n’en revenions pas. Non, mais quelle surprise. Vous êtes une mouche dans un champ et vous vous retrouvez sur le même brin d’herbe. Il y a de quoi être renversé(…) »
« Au beau milieu de la nuit, c’est la loi de Murphy. Il fait froid, il fait nuit noire, la mer est merdique et c’est toujours à ce moment-là qu’arrivent les ennuis, jamais quand il fait beau en plein jour. Voilà que le point d’amure du grand gennaker lâche. La voile bat au vent. » Dominique Wavre est dans sa bannette profondément endormi. Le bruit de la voile qui claque le réveille en sursaut. Il constate les dommages. Il sont importants. Il faudra plusieurs heures de travail dans une brise établie et une mer forte pour ramener l’immense toile sur le bateau.
« J’ai pensé à larguer tout ça. C’eût été pas mal moins chiant. Mais bon… Je l’ai ramené avec l’espoir de réparer. Cet incident m’a dégonflé le moral. Je naviguais plus vite que Mike Golding que j’allais sans doute rattraper. »
En buvant son café Dominique Wavre loge un appel à sa conjointe Michèle Parèt qui, comme on le sait, est aussi une circumnavigatrice. La dame connaît donc très bien le tabac, c’est le moins qu’on puisse dire. Au beau milieu de la conversation entre les jeunes mariés, le bateau part sur un vrac. La belle blonde à l’autre bout du fil entend son cavalier qui soudainement, la lâche pour tenter de reprendre le contrôle de la bête partie le mord aux dents. « Les alarmes sonnent de partout pour nous indiquer que nous sommes dans la merde. Comme si on ne le savait pas déjà(…) » lance Dominique Wavre déclenchant l’hilarité générale dans l’assistance.
Michèle toujours à l’autre bout du fil attend son tour en entendant son bien-aimé qui descend tous les saints du ciel pour ensuite les remonter en haut à grand coup de pompes dans le train. On imagine mal combien un semblable épisode peut angoisser les humbles terriens que nous sommes au surcroît lorsque vous êtes la conjointe de celui qui patauge dans la purée.
« J’aurais dû raccrocher le combiné dit Dominique Wavre. Mais je n’ai pas eu le temps. Première idée qui vient en tête: Ai-je perdu ma quille? Peu de temps est nécessaire pour réaliser que le problème ne vient pas de là. Une fois les écoutes choquées au maximum, le bateau est toujours sur la tranche. Mais bon sang d’où vient le problème b… de m…? »
Quand un engin de 60 pieds se couche sur l’eau, les deux safrans sont à sec. Aucun moyen de manœuvrer le bateau qui demeure sur le flanc tant et aussi longtemps que le couple de redressement formé du poids de la quille et du contenu des ballasts ne se mettent à compenser les 9 tonnes qui composent le voilier. C’est justement en tentant d’actionner le vérin de quille que Dominique se rend alors compte que celui-ci ne fonctionne plus. Il faudra réparer. Il redresse le bateau en ballastant puis se met au travail. Plusieurs heures seront nécessaires pour résoudre le problème.
Mais il y a pire…
Une mauvaise chute lui donne un mal de dos carabiné. « Je n’ai pas appelé le docteur Jean-Yves Chauve qui est le médecin-chef de la course. J’avais peur de ce qu’il allait me dire » mentionne le skipper. Comme disait un ami Italien: « le docteur, c’est comme le garagiste. Quand il t’examine, il trouve toujours quelque chose »
Il se bourre alors de calmants pour faire passer la douleur aiguë. Les périodes de repos se passent ensuite dans le siège baquet devant la table à carte. Impossible de se coucher. Ce qu’il ne sait pas à ce moment, c’est qu’il a une vertèbre fracturée. « Si j’avais su la gravité de ma blessure, j’aurais abandonné la course(…) » dira-t-il. Dominique Wavre a donc fait plus des deux tiers de son tour du monde avec cette vilaine blessure dont il ne soupçonnait pas la sévérité.
80% de la course en dehors de l’eau
Dominique Wavre parle aussi avec émerveillement de son expérience d’un programme pédagogique pour les enfants auquel il a pris part à titre de conférencier. « La mer suscite une fascination incroyable chez les enfants. Ils veulent tout savoir, tout voir, tout toucher. Imaginez un groupe de 250 enfants d’âge primaire assis qui écoutent tous sans dire un traître mot durant 45 minutes. C’est à peine croyable, mais c’est pourtant ce qui se passe lorsqu’on s’adresse à eux pour leur parler de nos expériences » dit le skipper à la fois étonné et émerveillé.
À propos de Michèle Parèt, Dominique Wavre parle de celle qui est son alter ego avec autant d’admiration que d’affection. Ils se sont connus sur les pontons. Ils ont couru et parcouru le monde. Hélas, le bonus que fut la présence de cette charmante wonder woman de la mer n’était pas au rendez-vous cette année. Michèle a dû rester en Europe pour subir des traitements chirurgicaux suite à une blessure à un pied.
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Quand un coureur du Vendée Globe s’adresse à un parterre de néophytes québécois, l’inévitable question sur la sécurité des coureurs revient sans cesse avec pour préambule la disparition de Gerry Roufs en 1997. C’est dire combien ce triste accident a marqué l’imaginaire de la population, même de celles et ceux ne portant que peu ou pas d’intérêt à ce sport.
« Ce Vendée globe de 1996 a été épouvantable. Raphael Dinelli et Tony Bullymore ont été sauvés de justesse. La perte de Gerry a été un coup dur inimaginable. Gerry était un ami. Nous avions navigué ensemble. Cet incident a eu un effet dévastateur non seulement sur les coureurs, mais sur toute la communauté de la voile en France. Il y avait une lourde ambiance de tristesse qui flottait sur le Vendée Globe. Quand nous sommes partis quatre ans plus tard en 2000, nous n’avions plus les mêmes mines rassurées. Sur les pontons, nous ne nous disions plus au revoir de la même façon. On savait que ça pouvait être la dernière fois qu’on se voyait. Les étreintes étaient plus longues et la séparation plus douloureuse(…) » raconte le Suisse.
Mais en même temps, l’affaire a eu un tel impact, que les architectes, les coureurs et les organisations de courses se sont alliés pour concevoir des voiliers beaucoup plus sécuritaires et des normes de sécurité en mer qui sont des plus élaborées. Il n’y a pas eu de perte de vies humaines depuis. Touchons du bois »
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La bouffe en mer est un autre aspect qui intrigue les gens. Durant les mois qui précèdent le départ, le menu est élaboré par une spécialiste de la nutrition. Celle-ci prépare les plats et planifie soigneusement chacun d’eux. Les calories journalières sont comptées. Michèle Parèt participe activement à l’opération. Elle connaît son homme et sait ce qui lui plaît dans l’assiette. Le navigateur ne tombe donc jamais sur des menus lyophilisés à saveur de beurk! Tout est bon. Comme le dit l’adage, qui dort dîne. Mais comme les coureurs dorment peu, il leur faut dîner un peu plus. Ça aussi, c’est calculé.
À propos de l’avenir, Dominique Wavre espère vendre son bateau sous peu. Il souhaite l’engagement d’un commanditaire pour la prochaine Barcelona World Race qu’il ferait avec un bateau plus récent en compagnie de Michèle. Sept tours du monde ne suffisent pas à ce jeune Gordie Howe de la voile. L’envie de repartir est toujours là.
Dominique Wavre n’a pas caché que les discussions autour des nouvelles règles de jauge ont été animées. « C’est normal. Les coureurs sont des gens avec des idées bien arrêtées. Il ne se gêne pas pour les faire connaître. Et c’est un processus qui est sain. Mais à la fin, même si nous n’étions pas tous d’accord, tous se sont ralliés. Et c’est cela qui compte ».
Le souvenir du passage de Dominique Wavre marquera longtemps celles et ceux qui ont eu la chance de le voir et l’entendre. Passionné, érudit, excellent vendeur de son sport, le gaillard de 6 pieds et deux pouces laisse les yeux grands ouverts de fascination à une foule amusée, fascinée et ravie. Il excelle dans la vulgarisation. Il dispose d’une personnalité raffinée. Le gars a de la classe. Il est généreux et en donne énormément.
« La personnalité du coureur doit nécessairement cadrer avec celle de l’entreprise qu’il représente(…) » dit Dominique Wavre. C’est mission accomplie! Le fruit de cela a été une belle et fructueuse association avec l’entreprise Suisse Mirabaud dont le siège social est à Genève. Le banquier suisse oeuvre en gestion de patrimoine et est installé à Montréal depuis quelques années déjà.
Spi Médias communication et Voile en Ligne tiennent à remercier les gens de l’entreprise Mirabaud ainsi que le skipper Dominique Wavre. Nous leur souhaitons à tous les deux le meilleur des vents!
D’autres photo de l’événement peuvent être vues en cliquant sur le lien suivant:
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Pour plus amples informations sur l’entreprise Mirabaud, visitez le
Propos recueillis par Louis Hardy
Texte: Daniel Lévesque

Crédit photo: Spi Médias Communication © 2013
Le Championnat Régional de Yachting de Québec tenait son 5 à 7 vendredi soir au restaurant le Riviera. Les coureurs se sont retrouvés dans la convivialité pour échanger sur la prochaine saison. On a pu apercevoir le coureur Joël Crépeau qui comme on le sait, a mis ses ambitions de victoires entre parenthèses en raison d’un nouvel emploi à Fermont au Labrador.
Daniel Chicoine Marc Villeneuve et Sébastien Jean étaient présents. Le dernier de retour d’un grand voyage au cours duquel, il a pu mettre en valeur ses talents de marin et apprendre encore davantage. Sébastien Jean est revenu sur sa Transat Québec Saint-Malo qu’il a faite avec Georges Leblanc. « C’est certain que nous aurions pu faire mieux en termes de performances. Mais vivre avec 11 autres personnes à bord fut enrichissant. J’ai eu la chance de naviguer sur un bateau légendaire, ce qui n’est pas donné à tout le monde(…) » a déclaré le marin qui n’a pas caché une certaine déception. « Je suis déçu de notre résultat. Mais je ne suis pas amer. Dans l’ensemble, je suis très content de cette expérience. Ce n’était pas facile à gérer à bord. La fatigue, le mauvais temps, la mer formée, les bris, tout ça nous a rendu la vie difficile. De notre côté, l’équipe avec laquelle j’ai navigué sur notre quart était super. Je garderai un très bon souvenir de notre groupe.
Était aussi présent à cette soirée le skipper Luc Potvin. Peut-être que vous ne vous rappelez pas de ce nom. Mais si on vous parle d’un tout nouveau Jeaneau SunFast 3200 récemment livré au Québec, vous saurez assurément de quoi il s’agit. Luc Potvin formera une équipe avec Yukio Buryez, Marie Dubois et Claude Rioux. Le voilier a déjà fait deux sorties et le skipper est amplement satisfait. « Les deux safrans procurent un contrôle presque parfait. Le voilier est raide à la toile et très réactif. Il procure de belles sensations. Je compte valider pas mal de choses avec les courses du CRYQ(…) » a dit en substance Luc Potvin qui entend naviguer dans le golfe du Saint-Laurent avec son bateau.
Retour en piste également de Gilbert Dion qu’on n’avait pas vu depuis un bon moment. Gilbert a eu de sévères ennuis de santé, mais heureusement, il s’en est bien remis et il espère reprendre promptement la pratique de son sport favori.
La saison débute le 1er juin avec la présentation de la coupe Ville de Québec/Boulet Lemelin Yacht. Surveillez l’avis de course qui sera diffusé cette semaine. Tous les détails à cette adresse:
Comme vous pouvez le constater, notre kiosque photo n’est pas encore en fonction. Ce qui ne nous permet pas d’afficher les photos prises lors de ces événements. Nous en sommes désolés. En ce moment, nous travaillons sur l’installation du script et il devrait être en fonction sous peu.
En attendant, vous pouvez voir les photos du 5 à 7 du lancement de la saison 2013 du CRYQ en visitant l’adresse suivante:

Photo : Archives ©
Le Championnat de voile Volvo du Yacht-Club de Québec s’est mis en branle lundi dernier. Quatorze bateaux ont pris le large dans le but de s’accaparer la coupe Volvo. Pour se faire, les coureurs ont dix courses programmées à l’agenda du championnat. Celui-ci culminera le mercredi 11 septembre avec la dernière course de la saison. Mentionnons également que trois courses sont aussi au programme durant le mois de juillet.
C’est André Blais qui a hérité du poste de directeur de course sur ce circuit local ouvert à tous. La première épreuve était un parcours banane comportant un bord de reaching jusqu’au quai des cageux. C’est François Brassard qui a remporté la course en temps réel. Aussi tôt dans la saison, l’équipe Zoé II a ainsi monté le régime d’un cran en prévision d’autres courses plus importantes. Nous y reviendrons.
Au tableau compensé, la victoire revient toutefois à l’équipe du voilier Surprise. Le J35 Jake a terminé à la seconde place tandis que Zoé II a pris le troisième rang en dépit de sa première place en temps réel. Du côté des monotypes J24, le voilier Diabolo a enregistré la victoire au dépends de Oups et Aviva. Prochain rendez-vous Mardi prochain le 28 mars.
Agenda du CHAMPIONNAT DE VOILE VOLVO DU YCQ
Voici le résultat de la première course de l’année qui s’est tenue lundi soir dernier.
