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Crédit photo: Mark Lloyd/DPPI/BT Team Ellen

Comme certains d’entre vous avez pu le constater, nous avons fait une erreur. Dans notre livraison d’hier, nous avons confondu les Transat Jacques-Vabre 2003 et 2005. Nous vous invitons à relire les paragraphes concernés pour prendre connaissance de la modification. Ces choses là arrivent parfois… Milles excuses !

2004-2005

Le Vendée-Globe 2004-2005 a certainement été l’évènement sportif de la décennie. En novembre 2004, 20 concurrents s’élancent pour un tour du monde qui se transformera en régate planétaire. Prenant une décision pas très orthodoxe en doublant les Canaries par l’est, Jean LeCam prend la tête. Avec Vincent Rioux, LeCam s’engouffre plus tard dans le trou de souris qu’est devenu l’Anticyclone de Sainte-Hélène. La porte se referme sur le reste de la flotte dont les plus proches seront dorénavant à plus de 300 milles des deux enragés. Un peu plus tard, l’écart se creusera même à plus de 800 milles nautiques pour Mike Golding qui reviendra pourtant au contact et ira jusqu’à prendre momentanément la tête avant de se voir ralenti par la rupture d’une drisse.

Depuis la fin de la descente de l’Atlantique, la course est presque exclusivement l’affaire de deux hommes. Vincent Rioux et Jean LeCam naviguent même au contact au Cap de Bonne Espérance après plus de 6000 milles nautiques. Les deux hommes s’échangent ensuite la position de tête. Le roi Jean plus au sud, doublera le cap Horn le premier et s’écartera ensuite des côtes chiliennes. Malheur à lui ! Il enchaine les bulles sans vent et est ralenti au point de perdre graduellement une avance de plus de 100 milles sur son poursuivant.

Voyant cela, celui que LeCam surnomme « Vincent le terrible » longe la côte et fait fi des bulles qui ralentissent LeCam. Il prend une sérieuse option sur le titre. Quelques semaines plus tard, il entre en vainqueur aux Sables d’Olonnes et pulvérise le record de course de plus de 6 jours sur PRB, le même bateau avec lequel Michel Desjoyeaux avait gagné 4 ans plus tôt. Une performance sportive éblouissante. Désabusé mais flegmatique, Jean LeCam le suit seulement 6 heures plus tard. Mike Golding terminera troisième avec un bateau qui n’a plus de quille.

Finalement, ce Vendée-Globe voit aussi Benoit Parnaudeau devenir le premier Québécois d’origine à compléter un tour du monde sans escale ni assistance sur son bateau, le Max Havelaar Best Western. Benoît Parnaudeau qui vit maintenant en France est né au Québec à Sherbrooke plus précisément. Au dernières nouvelles, il détenait toujours sa nationalité canadienne.

2005

La saison estivale 2005 qui débute en mai permettra enfin à Roland Jourdain de mettre la main sur un titre majeur, cinq ans après son illustre deuxième place dans le Vendée-Globe. C’est lors de la Calais Round Britain Race que Bilou parviendra au plus haut sommet. Il devance alors Mike Golding et Jean-Pierre Dick. Mais cette victoire ne se fait pas aussi sans une lutte acharnée avec Jean LeCam qui verra son aventure se terminer en raison du démâtage de Bonduelle alors qu’il était en lutte pour la première place. 

La fin de l’année donne lieu à une autre course, soit  la Transat Jacques-Vabre. Elle s’avérera être une régate sur toute la distance entre le Havre en France et Salvador de Bahia au Brésil. Ce qui fait que la plupart des temps de référence sont tranchés mince. Des bateaux maximisés font que l’on assiste aux premiers véritables effets de la poussée technologique majeure qui marque la fin du Vendée-Globe 2004. Les mises en chantier se multiplient également et les nouvelles unités seront mises à l’eau au printemps qui suit.
 
En attendant, 61 bateaux se pointent sur la ligne de départ. En classe ORMA, Pascal Bidegory et Lionel Lemonchois remportent la course. Ils finissent 3 heures devant Fred LePeutrec et Yann Guichard sur Gitana 11. Michel Desjoyeaux et Hugues Demestreau sur Géant complètent le podium. En classe IMOCA, Jean-Pierre Dick et Loïck Peyron raflent le titre. Ils devancent de 35 minutes Roland Jourdain et Ellen Mac’Arthur. C’est Jean LeCam et Kito DePavant qui termineront troisième. Au terme de cette course passionnante LeCam déclenchera l’hilarité sur les pontons en affirmant avoir obtenu la place du con.

D’ailleurs Jean LeCam est certes la révélation médiatique dans le monde de la voile. Si 2005 a été une année frustrante pour lui, il n’en demeure pas moins que ce dernier  a été le champion incontestable des relations publiques. Excellent vendeur de son sport, homme à la fois drôle et attachant, le roi Jean ne manque pas une occasion de colorer les vacations par ses déclarations aussi intempestives que drôle. Et même s’il ne réussit pas à acheter une victoire dans une grande course océanique, il devient incontestablement en contrepartie, la coqueluche des médias et du public.

Chez les Québécois, le navigateur Yves Lépine réalise une très belle performance sportive. En temps compensé, il terminera 5ième de l’OSTAR, une course en solitaire entre l’Angleterre et le Maine aux USA. Yves Lépine se paye même le luxe de finir devant des navigateurs aussi connus et expérimentés que Patrice Carpentier, Pierre-Yves Châtelain ou Michel Kleijans.

De ce côté-ci de l’Atlantique, l’increvable Georges Leblanc relance sa carrière de coureur en faisant l’acquisition d’un MacGregor de 65 pieds. Le Ocean 65 participera à La Dinartica, une course entre la ville de Dinard et Svolvaër en Norvège. L’équipe de Georges Leblanc composée de Michel Sacco, Walter Timmerman et Michel Littée terminera premier en temps réel en Norvège et deuxième au compensé. Ils devront par la suite abandonner la course dans sa deuxième portion en raison d’une collision avec un cétacé.

2006

En août 2006, le Spirit of Canada devient le premier Open 60 entièrement construit au Canada à être mis à l’eau. L’évènement a lieu à Coburg en Ontario. L’équipe se prépare à prendre part au Vendée-Globe 2008. On verra d’ailleurs plusieurs nouvelles unités être mis à l’eau pendant cette année là, dont les nouveau PRB, Delta Dore et Temenos II. 

Pendant toute l’année 2006, les amateurs piaffaient d’impatience de voir le départ de la Route du Rhum. Ils ne seront pas déçus ! 74 bateaux sont inscrits. Pour la première fois, on voit sur la ligne de départ 25 bateaux de type Class 40. Il s’agit de la première course majeure pour cette classe  nouvellement formée dont les budgets sont tempérés par de sévères règles de jauge. Elle regroupe des professionnels comme Gildas Morvan mais aussi plusieurs amateurs.
Avec cette nouvelle entité, la voile n’est plus seulement une affaire de Français. D’ailleurs, c’est l’Américain Kip Stone qui remportera cette course en Class 40.

En class ORMA, à bord de Gitana 11, Lionel Lemonchois réalise une performance historique. Il largue carrément ses adversaires et fait la traversée en un temps record de 7 jours 17 heures et 19 minutes. Il se présente à Pointe-à-Pître devant des amateurs et une presse médusés devant pareil exploit.

En classe IMOCA, malgré la présence de plusieurs nouvelles unités, la lutte se fera entre les deux frères ennemis que sont Roland Jourdain et Jean LeCam qui naviguent sur des bateaux moins récents. Le premier casse sa bôme aux Açores mais décide de réparer seul et en mer. Il bricole des éclisses pour immobiliser l’espar. La réparation faite sans même s’arrêter est solide.  Tellement qu’en dépit de cette malchance, il réussit à gagner cette course. Au terme d’un suspens des plus haletants, Jourdain parvient à coiffer son vieil ami au poteau par seulement 20 minutes d’avantage. C’est la consécration pour Bilou tandis que LeCam se demande bien ce qu’il devra faire pour gagner. Le roi Jean termine encore deuxième…

Le skipper Mike Sanderson mène son équipe ABN AMRO One vers la victoire dans la Volvo Ocean Race 2005-2006. Le bateau est un plan Kouyoumdjan qui domine outrageusement ce tour du monde assombri par le décès d’un membre de l’équipe ABN AMRO TWO de Sébastien Josse. Le plage avant néerlandais Hans Horrevoets  est vraisemblablement assommé et précipité à l’eau et lorsque le VO70 enfourne dans une vague. Il est récupéré vingt minutes plus tard mais en dépit des multiples manœuvres de réanimation, il décède à 32 ans. C’est un Sébastien Josse dévasté et inconsolable qui se présente devant la presse quelques jours plus tard à son arrivée en Europe pour expliquer qu’il vient de vivre la pire expérience de sa vie. À l’instar de tout le plateau du monde de la course océanique, c’est l’incrédulité et le choc.

Chez nous, Georges Leblanc tente d’obtenir une dérogation du comité de course afin de pouvoir participer à la Route du Rhum 2006. Cette demande lui est refusée. Qu’à cela ne tienne, il décide prendre quand même le départ en dépit du refus de Penn Duick. Pendant plusieurs jours, il côtoiera certains participants de la course. Ces derniers amusés, voient le skipper de Lévis les suivre jusqu’aux Açores où Georges devra mettre fin à son aventure en raison d’une panne de pilote automatique.  

2007

La mini-transat 2007 entre la Charente Maritime et Salvador de Bahia au Brésil voit un nouveau talent émerger. Yves Leblevec sort grand vainqueur des deux étapes. Supporté par par l’entreprise Actual, son sponsor, les deux partenaires se lancent dans un nouveau projet en mettant en chantier un nouveau trimaran dont le lancement aura lieu en 2009. 

 Au milieu de l’été 2007, le skipper canadien Derek Hatfield descend le fleuve Saint-Laurent. Il entreprend alors le convoyage de son bateau vers le Brésil en compagnie du navigateur Damien DePas. Pendant ce temps, Éric Tabardel complète la construction du premier Class 40 québécois dans un atelier de la rue Cabot à Montréal. Il travaille sur le projet depuis 2005.

L’année 2007 est aussi caractérisée par une multitude de mises à l’eau. Paprec-Virbac II, Generali, Groupe Bel, Safran, Foncia, Gitana Eighty, Ecover II, Hugo Boss, BT et Pindar Team Barhein sont tous lancés en 2007. L’année culmine avec la Transat Jacques-Vabre. Pour la première fois, on y retrouve davantage de multicoques de 50 pieds que de trimarans de classe ORMA. C’est d’ailleurs le chant du cygne de ces magnifiques coursiers qui seront soit remisés ou vendus lorsqu’ils ne se retrouvent pas carrément à la casse. L’ORMA annonce quelques semaines plus tard une réorientation majeure de sa jauge qu’elle converti en monotype de 70 pieds.

Pour revenir à la Transat jacques-Vabre, Groupama de Franck Cammas et Stève Ravussin termineront premier en ORMA avec un temps de 10 jours et 38 minutes. Ils devancent Gitana 11 de Yann Guichard et Lionel Lemonchois et Banque populaire de Pascal Bidegory et Yvan Ravussin.

En IMOCA, c’est un peu plus serré. Mais Michel Desjoyeaux enregistre sa première victoire majeure aux commandes du nouveau Open 60 Foncia. Il est suivi de Marc Guillemot et Charles Caudrelier sur Safran. Bernard Stamm et Tanguy Cariou complètent le podium. En classe 40, c’est Giovanni Soldini et Pietro D’Ali qui sortiront vainqueur du lot de trente bateaux s’étant présentés sur la ligne de départ.

Quelques jours plus tard, le différent éclatera au grand jour entre le conseil de la class 40 et Penn Duick, ce qui débouchera sur la création de la Solidaire du chocolat.

Trois semaines après la Jacques-Vabre, une autre course est lancée. Il s’agit d’un retour vers l’Europe en solitaire. La Transat Ecover B2B pour back to Britain, mettra aux prises 15 bateaux, dont le Spirit of Canada de Derek Hatfield. C’est Loïck Peyron qui remportera la course devant Kito De Pavant et Michel Desjoyeaux. Derek Hatfield termine 12ième et bon dernier. La course est épuisante pour le canadien qui éprouve de multiple problèmes de pilote automatique. Il se présente au fil d’arrivée épuisé et très amaigri.  Derek Hatfield réalise que de toute évidence, il n’est pas prêt pour compétitionner contre des adversaires aussi dures. Il passera une partie de l’hiver qui suit à se remettre en forme.

2008

Qui se souvient qu’il y a eu trois courses en 2008 ? Peu d’entre nous n’est-ce pas ? Et cela démontre jusqu’à quel point l’obsession du Vendée-Globe fût dominante. Tout de même, l’année a commencé avec les traditionnels questionnements concernant la Transat Québec-Saint-Malo, avant d’être momentanément oublié à la faveur de la Transat Anglaise.

Cette dernière a vu des favoris tels que Sébastien Josse et Michel Desjoyeaux revenir sur leurs pas en raison d’ennuis diverses. Vincent Rioux devra abandonner son bateau flambant neuf. Il sera secouru par Loïck Peyron qui enregistrera sa deuxième victoire d’affilée. Tout comme Giovanni Soldini qui signe son deuxième gain consécutif en Class 40.

Durant toute l’année, plusieurs unités sont mises à l’eau. C’est le cas d’Artemis, de Aviva et DCNS de Marc Thiercelin, un vétéran du Vendée-Globe.

Au printemps 2008, Éric Tabardel  met à l’eau le Class 40 Bleu en prévision de la Transat Québec Saint-Malo. Son rêve ira choir sur le golfe du Saint-Laurent alors qu’il démâte quelques jours avant le début de la course en raison d’un problème d’échantillonnage. Le longueuillois Luc Forcier construit également un Class 40. Le bateau est dessiné par Réjean Desgagné. Malheureusement, il doit oublier lui aussi son espoir de participer à la transat québécoise faute de budget et de temps. Finalement, Yves Lépine est lui aussi contraint de déclarer forfait en raison d’un agenda trop rempli.

Il ne reste donc que deux équipages de Québécois soit celui de Georges Leblanc et celui d’Hervé Cléris en multicoque de 50 pieds qui aligne deux gars de chez nous, soit Charles Mony de Lévis et Gaël Simon de Québec. Ces derniers termineront au troisième rang de leur classe et sont les seuls Québécois à compléter la course et figurer sur le podium.  C’est sans surprise que Crêpes Whaou remporte la course. L’année 2008 marque d’ailleurs le virage vers les multicoques de 50 pieds qui prendront la place de leurs grands frères de la classe ORMA.

Mais à Québec, ce sont les Class 40 qui voleront la vedette avec 28 bateaux au départ de la course. La domination de Giovanni Soldini est d’ailleurs contestée avec succès par Halvard Mabire qui triomphe sur son Pogo 40. Georges Leblanc doit abandonner la course en raison d’un délaminage de la carène suite à une collision avec un objet flottant. Un peu plus tard dans l’année, il vit une fois de plus la même mésaventure alors qu’il effectue un convoyage vers la Nouvelle-Écosse. Avec cinq équipiers à bord le marin de Lévis constate que son bateau ne peut être sauvé. Rapidement, il prend la décision de sonner l’alarme et d’évacuer son bateau qui sombrera en 20 minutes à 40 milles nautiques au nord-ouest des Îles de la Madeleine. C’est son troisième naufrage… Hagard, et dépité, Georges Leblanc trouve quand même le moyen de s’adresser à la presse à son retour à Québec. Il se console à l’idée que tous ont été ramenés à terre sains et saufs.

2009

Le 9 novembre 2008, 30 bateaux quittent les Sables d’Olonnes en France pour le Vendée-Globe. C’est LA course des courses. Le canadien Derek Hatfield est l’un des participants. Il abandonnera suite au bris d’une barre de flèche et rejoindra Hobart en Tasmanie où sa course prendra fin.

Un golfe de Gascogne impitoyable et une météo historiquement vache multiplie les avaries. Seulement 11 bateaux reviendront au Sables d’Olonnes au terme de ce tour du monde qui couronne Michel Desjoyeaux une deuxième fois. Ayant eu plus de 400 milles nautiques de retard en raison d’un retour à son point de départ, le prof double tous le monde et termine devant Armel LeCléa’ch et Marc Guillemot. Ce dernier a dû se détourner pour porter assistance psychologiques à Yann Eliès sérieusement blessé à bord de Generali. L’ex-figariste s’est fracturé le fémur lors d’une manœuvre à l’avant du bateau. Il sera secouru par la marine australienne quatre jours plus tard.

Les casses à répétition sont l’histoire même de cette course au terme de laquelle, l’IMOCA reverra ses règles pour augmenter la sécurité et la fiabilité des bateaux. Mais si le Vendée-Globe a été une déception de ce côté, il fût à l’opposé un révellation pour Samantha Davies. La jeune anglaise fait montre d’un cran digne de la belle Ellen et termine 4ième. C’est une jeune femme joyeuse et enthousiaste qui partage quotidiennement son émerveillement pour son sport. La suivre fût pour le public un véritable délice. 

2009 est aussi l’année de Torben Grael qui mène son équipe et Ericsson IV vers la victoire dans la Volvo Ocean Race 2008-2009. Une Volvo qui entre dans l’ère de la diffusion web, ce qui permet à des millions d’internautes de suivre la course comme s’ils étaient sur place. La décennie a d’ailleurs été marquée par l’arrivée sur le marché de logiciels comme Virtual Skipper et Live Skipper qui permettent aux internautes de compétitionner virtuellement contre les véritables équipes.

Le printemps est quant à lui synonyme de renouveau. Contre toute attente, le Québécois Geoges Leblanc reprend la mer. Fort d’un premier coup de chance depuis des lustres, il met la main sur un VO60 en excellent état qu’il déniche dans un entrepôt de Vastervik en Suède. Il s’agit de l’ancien Sweedish Match qui a pris part à la Volvo Ocean Race 1997-1998.  Georges arme le bateau et ramène ce dernier en compagnie de quelques équipiers. Non seulement sa carrière est relancée une fois de plus mais cette fois-ci, il dispose enfin d’un bateau solide, fiable et capable de lui faire gagner des courses.

Il prend d’ailleurs part en juillet à la Course Jacques-Cartier. 100 bateaux prennent le départ de cette course qui est le plus gros rassemblement de coureurs jamais tenu au Québec. Un succès de participation. La course a lieu dans le cadre des festivités du 475ième anniversaire de l’arrivée du navigateur Jacques Cartier en terre québécoise.

L’année 2009 voit aussi plusieurs projets de mini 650 arriver à leur aboutissement. C’est le cas du mini 650 Rakko de Sylvain Lévesque qui compte prendre part à la Mini-Transat entre la Charente Maritime et Salvador de Bahia en 2011, tout comme son collègue Nicolas Gibault de la rive sud de Montréal qui lui, a mis à l’eau un prototype fait de carbone.

La mini-transat couronne Francisco Lobato en mini 650 de séries et Thomas Ruyant en prototype sur la mini-transat entre la Charente-Maritime et Salvador de Bahia au Brésil.

C’est aussi durant l’été que le record de l’Atlantique est explosé. Après plusieurs semaines de stand-bye, une fenêtre météo favorable s’ouvre enfin et le trimaran Groupama III skippé par Franck Cammas s’élance de New-York vers l’Angleterre. Objectif, briser le record pour la traversée de l’Atlantique-nord. Pascal Bidégory et son équipe font de même sur Banque Populaire V quelques heures après l’équipe de Cammas.   Groupama réalise une pourtant performance éblouissante mais qui est malheureusement totalement éclipsée par Banque populaire V. Bidegory et son équipe font une traversée canon en 3 jours 15 heures et 25 minutes et 48 secondes en plus de puvériser le record de distance sur 24 heures, en parcourant 908 milles nautiques. 

L’année s’est terminée avec deux courses offrant des météo à s’arracher les cheveux. La première édition de la Solidaire du chocolat couru en double entre la France et le Mexique couronne Tanguy DeLamothe et Adrien Hardy au terme d’une course qui a vu la flotte encaisser plusieurs fessés météorologiques. Par ailleurs, on retrouve presque en même temps une première édition de la Transat Jacques-Vabre sans la présence cette fois-ci des grands multicoques ORMA.Curieusement, en raison de la présence annoncé de nouvelles unités, on croyait bien que les multis 50 allaient prendre la relève mais le suspens s’est vite estompé suite à la rupture du bras de liaison du nouveau Prince de Bretagne et au chavirage du nouveau trimaran d’Yves LeBlevec, Actual. Ce dernier sur lequel naviguait Jean LeCam qui s’est d’ailleurs retrouvé cul par-dessus tête pour une deuxième fois cette année. Il faut le faire..!

D’ailleurs, nos champions de la malchance sont Alex Thomspon, Jean LeCam et Sébastien Josse. Sans oublier chez nous Georges Leblanc. On souhaite à tout ce beau monde le mot de Cambronne pour 2010 et surtout, une victoire ! N’oublions pas que de toutes façon, dans ce sport, personne ne passe entre les goûtes de pluie. Mais fort heureusement le beau temps vient après.

Voile en Ligne est fier d’annoncer aujourd’hui que la personnalité maritime de la décennie est Lady Ellen Mac’Arthur. Il s’agit d’un choix éditorial. Ellen Mac’Arthur devance Michel Desjoyeaux par un nez. Mais nous l’avons choisi en raison de son influence, de sa contribution au développement de la voile et finalement pour sa croisade en faveur du respect de l’environnement. Ellen Mac’Arthur n’est pas seulement une excellente navigatrice. C’est une grande dame qui est en train de laisser une marque extrêmement positive sur des générations de coureurs et aussi sur son époque.

Félicitations !

Bonne et heureuse année 2010 à tous !

Daniel Lévesque
Éditeur






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Crédit photo: © Daniel Lévesque/ Voile en Ligne

La première décennie de voile sportive du 21ième siècle aura été marquée par une transformation majeure de ce sport. L’arrivée de supports médiatiques tels qu’internet et l’image embarquée ont converti la course océanique en sport-spectacle. Et de cette nouvelle réalité, deux sous-ensembles ont émergé. Le premier concerne la sécurité. Le grand public et les sponsors aiment les risques mais pas n’importe lesquels. À ce chapitre, les organisateurs du Vendée-Globe ont tiré de douloureuses leçons du fiasco de 1997 où les compétences étaient de toutes évidences lourdement défaillantes et la gestion de crise complètement  médiocre. L’IMOCA a donc amené des ajustements structurels important qui se sont traduit par une baisse significative des fatalités en mer.

Cela résulte principalement des nouvelles et importantes règles sur les mesures de sécurité qui viendront baliser le milieu de la course océanique au début de la décennie. On impose dès le commencement des années 2000 des tests de retournement. Les cahiers de charge sont plus volumineux au chapitre de la sécurité. Les coureurs sont quant à eux soumis à des formations beaucoup plus poussées sur les mesures d’urgence en mer en plus de devoir montrer patte blanche en matière de santé sous peine de se voir interdit de partir.

Le deuxième sous-ensemble concerne la visibilité et le sport-business. Parallèlement à l’accroissement du niveau de sécurité, on note l’arrivée en masse de nouvelles unités sponsorisées à fort budget. Le milieu des affaires voit dorénavant dans la voile une avenue publicitaire des plus intéressantes.  Le marché européen de visibilité liée à la course au large explose.
 
2000

Mais revenons d’abord sur cette année du millénaire. En juillet 2000, Franck Cammas et son Groupama remporteront la transat Québec Saint-Malo du millénaire au terme d’une régate d’anthologie.

2001

Puis, en novembre de la même année, vingt-quatre bateaux prendront le départ du Vendée-Globe 2000. Les Wavre, Thiercelin, Coville, Parlier et Golding sont au rendez-vous. Mais ce sera Michel Desjoyeaux qui en février 2001, remportera l’épreuve. Toutefois, cette dernière sera la révélatrice de deux extraordinaires nouveaux et remarquables talents de la course au large. Un autre Français, un certain Roland Jourdain surnommé Bilou, fait sensation en terminant troisième. Mais sa superbe performance est quelque peu éclipsée alors que tous les yeux sont rivés vers une jeune anglaise qui marquera son époque. Durant cette course, elle se permet même d’engager un combat singulier avec le prof Desjoyeaux. Ellen Mac’Arthur deviendra la reine incontestée de ce Vendée-Globe. Et son règne ne fait que commencer.  

Dans l’été 2001 un jeune Québécois fait sensation lors de la Mini-Transat entre la Charente Maritime et Salvador de Bahia. Le coureur Damien DePas termine alors 16ième sur les 28 bateaux classés. Il devance même des noms aussi connus que ceux de Jean-Christophe Caso, Corentin Douget et un autre Québécois d’origine, Benoît Parnaudeau. C’est Yannick Bestaven qui remporte alors la course.

À l’automne, l’entreprise Volvo prend le relais de Withbread et on assiste à la première de la Volvo Ocean Race. Un franc succès. Là encore les médias font une entrée triomphale dans ce qui est connu maintenant comme le cirque de la Volvo. Avec des techniques de marketing empruntées à la F1, la course se redéploie autour de son nouveau sponsor et couronne le VO 70 allemand Illsbruck  Challenge barré par John Kostecki qui au terme d’un tour du monde en  trois étapes, vient à bout du célèbre Assa Abloy skippé par Neal MacDonald.

Plus tard dans l’année, La transat Jacques Vabre donnera un départ à pas moins de 33 bateaux Elle couronnera enfin Roland Jourdain chez les monocoques. Tandis qu’elle consacrera Franck Cammas et Stève Ravussin champions chez les multis à bord de Groupama. Ils terminent seulement 3 heures devant Foncia de Alain Gauthier et une certaine…Ellen Mac’Arthur ! 

2002

L’année 2002 sera une année charnière. C’est à la fin de cette année là que beaucoup réalisent que quelque chose ne tourne pas rond sur le plateau de l’ORMA. 58 concurrents prennent le départ de la route du rhum et seulement 28 arriveront à la Guadeloupe. Ce sont les multicoques qui sont les plus durement touchés. Des 18 unités 60 pieds ORMA qui prennent le départ de la Route du Rhum, seulement 3 se rendront à destination. Un désastre ! 60 nœuds de vent et une mer dantesques disloque les trimarans un à un. Karine Fauconier et Loïck Peyron sont secouru de justesse. Ce dernier perd définitivement son célèbre Fujicolor.

Mais comme à toute chose, malheur est bon, cette course consacre aussi à tout jamais la gloire de la nouvelle reine de la course au large.  Ellen Mac’Arthur fait montre d’un cran exceptionnel dans des conditions de mer démentielles. Elle termine première et remporte la victoire en monocoque Open 60 sur son Kingfisher, devant Mike Golding. De plus, elle n’est devancée au général que par Michel Desjoyeaux qui lui, termine premier mais… en multicoque. Il s’agit là d’un exploit remarquable et c’est le triomphe au sommet pour la jeune anglaise.

Un seul québécois prendra le départ de cette course. C’est Georges Leblanc. Il termine bon dernier dans la classe IMOCA mais n’a pas à rougir. Pendant la course, le skipper de Lévis tombe au beau milieu d’une nappe de pétrole venant du cargo Prestige qui a fait naufrage quelques jours plus tôt au large des côtes espagnoles. Il doit nettoyer son coursier souillé à la grandeur. Pendant plus de trois jours, il frottera pouce par pouce chacune des parcelles de son bateau de ses cordages et même des voiles avec le carburant qui lui reste. Un véritable travail de forçat.  Épuisé et à bout de force, il rejoindra la Guadeloupe  après 24 jours passés en mer… 

2003

L’année 2003 voit poindre une transat Jacques-Vabre qui passera à l’histoire. 38 bateaux sont au départ d’une course qui couronnera Groupama de Franck Cammas et Franck Profit en classe Orma. Loïck Peyron et Jean-Luc Nélias prendront la deuxième place sur Belgacom suivi de Karine Fauconnier et Damien Foxall sur Sergio Tachini. Jean-Pierre Dick et Nicolas Abivent s’emparent du titre en classe IMOCA devant Roland Jourdain et Alex Thompson suivit de Mike Golding et Brian Thompson.

Mais les Québécois se rappelleront sans doute de cette course pour la terrible fortune de mer qui vient encore frapper Georges Leblanc. Le navigateur suit une route plein sud pour rejoindre les alizés au plus vite. Son bateau glisse bien et va vite. Bien que loin de la route directe, il est en bonne position pour rejoindre l’autoroute des vents et se propulser vers l’arrivée. Il fait équipe avec un autre navigateur Québécois bien connu, Marc Nadeau. Au beau milieu de la nuit, les deux hommes sont à se préparer un café lorsque soudainement, le voilier heurte un container entre deux eaux. Ils n’ont aucun temps pour réagir. Le bateau gîte et puis se retourne complètement suite à la rupture de la quille. Dans l’eau froide jusqu’au cou, les deux marins sont non seulement trempés mais transis. Ils déclenchent leur balise de détresse. Ils seront secourus au petit matin par un hélicoptère des services de sauvetages français après plusieurs heures passé dans l’eau glaciale de l’Atlantique nord. Ils sont alors sains et sauf mais le bateau non assuré est une perte totale. 

2004

En 2004, la Transat Québec Saint-Malo revient avec la présence massive des multicoques ORMA de 60 pieds. Il s’agira du chant du cygne de ces superbes machines. On ne les reverra plus à Québec. 24 bateaux s’alignent au départ. Parmi ceux-là, on retrouve celui de Mike Birch. Thomas Coville, Marc Guillemot, Loïc Peyron, Yves Parlier ainsi que Laurent Bourgnon et Stève Ravussin sont au rendez-vous. Mais ils seront tous éclipsés par Karine Fauconnier qui remportera une brillante victoire à Saint-Malo. La fille du célèbre navigateur Yvon Fauconnier vient d’ailleurs bien près d’effacer le record de course toujours détenu à ce jour par Loïck Peyron. En monocoque, Georges Leblanc fait équipe avec Yves Lépine sur le Ciment Saint-Laurent, un Open 45 fait d’aluminium. Ils finiront troisième de la course dans leur catégorie.

L’automne amène les 60 pieds IMOCA sur la ligne de départ du Vendée-Globe. Ils sont 20 concurrents à s’élancer pour un tour du monde qui passera à l’histoire avec un grand H. De jeunes talents comme Sébastien Josse, Alex Thompson, Jean-Pierre Dick et un certain Vincent Rioux contestent les prétentions au titre des vétérans Thiercelin, LeCam et Golding et Jourdain. La suite demain…


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Crédit photo: ©VINCENT CURUTCHET / DPPI/site du Vendée-Globe

L’année voile 2009 restera mémorable. Dans tous les sports, il existe d’innombrables exemples de courage et de détermination. Mais on retrouve précisément dans cette discipline qu’est la voile un nombre élevé de ces têtes dures qui ne reculent devant rien. On y trouve aussi de fabuleux exemples de fair-play qui redonnent au mot sport tout son sens.

La voile nous a gâtés cette année. Elle nous a gratifiés d’un nombre impressionnant de personnes qui ont affronté les éléments en se tenant debout face au vent. Des éléments qui parfois ne se trouvaient pas seulement en mer. Des personnes qui ont résisté. Des personnes qui ont affronté la peur, l’angoisse, le froid, l’humidité, et mille périls pour permettre au grand public de rêver.

L’idée qui nous vient immédiatement en tête chez nous est cette incroyable capacité qu’un homme comme Georges Leblanc a eu de se relever en dépit d’une déveine qui en aurait poussé plusieurs à démissionner. Après avoir vécu son troisième naufrage et perdu son bateau, Georges s’est relevé. Il possède maintenant un coursier fiable et sécuritaire. Une machine des plus performantes capable de lui faire gagner des courses. L’année 2010 sera celle de Georges, nous sommes nombreux à le souhaiter.

On peut aussi penser à Derek Hatfield qui s’est aligné au Vendée-Globe en dépit d’innombrables difficultés. Revenu aux Sables d’Olonnes et reparti par la suite, il doit abandonner en Nouvelle-Zélande. On ne peut qu’être admiratif. Ceux qui savent ce qu’implique de prendre le départ du Vendée-Globe sont à même de vous dire par où Derek Hatfield est passé…

Puis il y a celles et ceux qui nous ont ébahit sur la scène international. Que dire de l’extraordinaire fair-play de Marc Guillemot durant le Vendée-Globe ? Que dire de son arrivée avec un bateau n’ayant plus de quille ? Et finalement que dire de son extraordinaire victoire dans la transat Jacques-Vabre ? Sinon qu’elle était pleinement méritée.

Nous n’oublierons pas non plus le courage de Yann Eliès qui a repris la mer après une blessure entrainant des souffrances à peine imaginables. On croyait sa carrière terminée. Eh bien non! L’homme a du caractère. Yann Éliès nous a ébahit, tous !

Il y a aussi eu les traversées de Groupama et Banque populaire qui ont pulvérisé le record de l’Atlantique. Les superbes victoires de Francisco Lobato et Thomas Ruyant dans la Mini-Transat. Puis celle de Torben Graël et de son équipe dans la Volvo Ocean race. Tous des exemples qui nous inspirent.

Le sport est aussi et surtout fait de performances sportives exceptionnelles qui font les gagnants. Et c’est pour cette raison que nous avons choisit Michel Desjoyeaux comme personnalité sportive Voile En Ligne 2009.

Ce n’est pas donné à tous de pouvoir un jour célébrer une grande victoire. La plupart des mortels ne vivent jamais ce genre de chose durant leur vie. Mais celles et ceux qui ont eu le bonheur de vire cette extraordinaire sensation d’être victorieux savent que cela a été réalisé au prix de gigantesques efforts Et curieusement, ce labeur est souvent oublié dans l’euphorie qui entraîne les athlètes. La victoire est un véritable tourbillon qui étourdie et anesthésie bien des souffrances.

Et si gagner une fois est un exploit en soi, gagner deux fois une épreuve sportive comme le Vendée-Globe relève du prodigue. Michel Desjoyeaux est l’enfant prodige de la voile. Il nous a fait vivre l’apothéose de ce sport le 1er février dernier. De plus, cette année, il ne s’est pas seulement contenté de gagner le Vendée-Globe. Il est aussi allé chercher le tour de l’Europe en équipage lors de l’Istanbul-Europa Ocean race. Aujourd’hui, en cette fin d’année 2009, nous voulons souligner de façon particulière ces remarquables performances sportives qui resteront longtemps gravées dans les annales non seulement de la voile, mais aussi du sport en général. 

Bravo à Michel Desjoyeaux!

Le titre de personnalité maritime de l’année Voile en Ligne.com est un honneur remis à deux marins qui se sont le plus illustrés tant sur l’eau que sur terre. Le premier titre est offert à un marin de chez nous, québécois ou canadien. Le deuxième souligne les performances d’un marin professionnel sur les grands circuits de course océanique.

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Dernère mise à jour du site le 2012-02-05 @ 21:24