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Volvo Ocean Race

Ericsson 3 premier à Rio !


Les traits tirés du grand responsable dela victoire d’,
le skipper .

Crédit photo:Gustav Morin/Ericsson 3/

Au terme d’une étape intermi­nable, qui a duré plus de 40 jours, l’équipe Ericsson 3 du skipper Magnus Olsson vient de franchir au petit matin la ligne d’arrivée de la 5ième étape entre Qingdao en république populaire de Chine et Rio de Janeiro au Brésil. Cette victoire est largement attribuable au choix controversé de routage effectué par le skipper.

Plutôt que de faire route plein sud pour aller chercher les vents forts dominants dans les quarantièmes rugissants, Magnus Olsson a choisit une option résolument nord, abandonnant du coup tout le reste de la flotte.

Un choix qu’on pourrait qualifier de « long shot » mais qui a dans les circonstances a fournit à Ericsson 3 un angle d’entrée au Horn lui permettant presque de manœuvrer sur un seul bord. Le groupe a donc franchit le caillou avec une bonne avance et ne fût jamais sérieusement menacé par la suite.

Passé en mode furtif(1) depuis les 24 dernières heures, le monocoque est réapparu en fin de nuit alors qu’il n’était plus qu’à une vingtaine de milles de l’arrivée. Toujours propulsé par de très petits airs, le bateau affichait alors une vitesse moyenne quasi gênante de 6 nœuds seulement.

qui naviguait seulement quelques milles derrière le leader est lui aussi passé en mode furtif seulement quelques heures après son petit frère, un jeu du chat et de la souris mettant les nerfs des équipiers à vifs.

D’ailleurs, les hommes épuisés se tortillaient les méninges depuis des jours pour tenter de trouver la moindre brise susceptible de pousser un peu plus le bateau.

Ces athlètes devaient aussi se rationner. En effet, depuis environ une semaine, les rations étaient distribuées une fois par jour à ces hommes dont la condition physique demande une contribution importante en énergie. De quoi faire monter la tension en flèche dans ces bateaux dont on connait l’étroitesse du milieu de vie et la promiscuité permanente qu’elle impose. Ajoutez à cela la chaleur caractéristique du Brésil et vous avez là un cocktail de relations interpersonnelles tout à fait explosif.

Il était donc grand temps que l’étape finisse. D’ailleurs les bateaux sont attendus avec impatience par les équipes techniques qui les démâtent et les sortent de l’eau seulement quelques minutes après l’arrivée. Une importante tâche de remise à niveau et de nettoyage se met alors en branle. Les coursiers sont ensuite reconfigurés en mode régate en vue de la course in port qui sera la prochaine étape du ce tour du monde.

(1)Les règles de la Volvo Ocean race 2008-2009 permettent d’user d’une stratégie furtive en cachant le bateau aux autres concurrents. Pendant 24 heures, seuls le directeur de course et les responsables informatiques du comité de course savent la position exacte du bateau. Les concurrents peuvent user de cette stratégie qu’une seule fois par étape au moment qui leur semble le plus opportun.

Les VO 70 scotchés!


Crédit photo : Guo Chuan/Green Dragon Racing/

À moins de 600 milles nautiques de l’arrivée, la vapeur commence drôlement à sortir par les oreilles des équipages de la flotte de la Volvo Ocean Race. Les trois premiers bateaux sont littéralement scotchés par un anticyclone leur barrant la route depuis le début de la fin de semaine dernière.

Il y a maintenant plus de 37 jours que les bateaux sont en route pour Rio de Janeiro. Or, ces derniers étaient initialement attendus pour le 20 mars… Mais comme dame nature n’en a rien à cirer, les d’habitude si véloces se traînent comme des limaces à des vitesses tournant autour de 8 à 9 nœuds. On parle maintenant du 25 mars peut-être même du 26 comme date d’arrivée car la météo ne semble en aucune façon vouloir collaborer. Le manque de vent risque donc de causer une approche de Rio qui soit des plus laborieuses en plus d’être extrêmement taxante physiquement.

L’ennui, c’est que ce retard commence à peser lourd sur les épaules des coureurs qui sont forcés de se rationner en eau et en vivre. Et comme la chaleur est assez accablante dans cette partie du monde, on imagine assez bien que le fait de devoir prendre garde à sa consommation d’eau combiné à une fin de course interminable peut aisément taper sur les nerfs des coureurs.

Puis, comme si cela ne suffisait pas, voilà que le classement s’en mêle. En effet, seulement 63 petits milles nautiques séparent le premier du deuxième. Pour l’instant, le groupe dirigé par mène le bal suivit par l’autre frère suédois . suit ensuite 150 milles derrière le leader.

Et comme dans de telles conditions de molle, la moindre erreur peut coûter la victoire, les concurrents sont donc soumis à un finish sous haute tension. Les équipiers jouqués comme des dindons en tête de mât cherchant la moindre risée susceptible de propulser un peu plus avant le bateau. De quoi siffoner encore plus les énergies de moins en moins renouvelables des coureurs. Ces derniers risquent donc d’en baver encore quelques heures avant de voir le célèbre Christ de Rio appaiser leurs souffrances.

Quand ça va mal, ça va mal!

Jonathan Swain, Xabier Fernandez et Jordi Calafat
n’en reviennent tout simplement pas. Leurs mines
témoignent que Bouwe Bekking et ses hommes en ont
plein leur casque…
Crédit photo: Gabriele Olivo//

Tous se souviennent des déboires de Bouwe Bekking lors de la Volvo Ocean Race 2007. Le skipper avait sonné l’alerte une première fois dans le Pacifique sud alors que son bateau prenait dangereusement l’eau. Les marins de Movistar avaient toutefois été capables de contrôler la situation et ramener leur voilier à bon port. Le V070 avait cependant remis ça en perdant sa quille dans l’Atlantique. C’est ABN AMRO II qui leur avait prêté secours en les évacuant de leur bateau qui repose maintenant au fond de l’océan.

On dirait que la guigne s’acharne sur Bouwe Bekking toujours au moment où l’équipe semble s’acheminer vers le succès. Cette année, l’équipe a accepté d’endosser une pénalité pour changer ses safrans au beau milieu de la course, histoire de donner résolument plus de vitesse à leur coursier. Lors du départ de Qingdao le bateau a touché le fond de l’eau et la quille fût endommagée. Reparti avec 19 heures de retard, Telefonica Blue avait réussi à remonter le peloton et à prendre la position de tête. Mais voilà que le ciel leur tombe de nouveau sur la caboche. Hier, la grand-voile a commencé à montrer des signes inquiétants de fatigue. Un examen a confirmé que celle-ci était en train de se délaminer.

Puis, comme si cela n’était pas suffisant, voilà que l’étai principal s’est cassé plus tôt aujourd’hui. Les hommes de Bekking ont du affaler la grand-voile et travailler plusieurs minutes pour récupérer leur immense génois inondé qui flottait au gré des vagues.

Bouwe Bekking a évalué la situation avec ses hommes pour convenir qu’un retour vers la Nouvelle-Zélande n’était pas souhaitable. En dépit du chemin qui reste à faire, l’équipe du bateau bleu a donc décidé de poursuivre vers le Brésil.

Cela va sans dire que Bouwe Bekking s’arrache les rares cheveux qui lui reste encore sur la tronche et que ses hommes commencent tous à en avoir marre. Ils mènent pourtant une course superbe mais se font constamment couper l’herbe sous le pied par toutes ces casses à répétition. Pour l’instant, le moral reste bon.

« Je suis content qu’au moins, nous ayons pu sauver le mât. Cette avarie aurait pu tourner au désastre et mettre définitivement fin à notre course… » déclarait le skipper un peu plus tôt lors d’une communication par téléphone Iridium. L’équipe tente de réparer comme elle peut. Mais même si pour l’instant, Telefonica Blue maintient son avance, le bateau risque bientôt de perdre du terrain dans les petits airs. De quoi donner le blues à l’équipe…

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