Crédit photo: http://voile.whaou.com
À moins de 1000 milles de l’arrivée, la lutte est toujours aussi vive sur la Transat Jacques Vabre. Marc Guillemot et Charles Caudrelier sont toujours en tête sur Safran tandis que Kito De Pavant et François Gabard sur Groupe Bel 53 milles derrière, tentent désespérément de les rejoindre. Le quatuor de tête a littéralement sortie le duo anglo-espagnol Mike Golding Javier Sanso de leurs chaussettes, ces derniers accusant maintenant plus de 270 milles de retard… Plus loin derrière, Michel Desjoyaux et Jerémie sont encore dans l’Atlantique à 525 milles…
On peut donc dire qu’à moins d’un revirement de dernière minute, l’affaire est ketchup pour les deux road-runners partis devant. Dans cette course devenue une affaire de gaulois, les deux plans Verdier auront fait montre d’une impressionnante domination. Cela sans pour autant négliger le fait que la partie s’est probablement jouée dans le choix de route effectué sur l’océan Atlantique au terme du passage des bastons.
Mais attention ! Le duo de tête n’a aucune marge d’erreur. Comme le disait si bien Yogi Berra, « It’s not over, till it’s over. (Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini.) » La mer des Caraïbes peut être des plus déplaisantes. On a pu le constater lors de La Solidaire du Chocolat, où certains concurrents sont restés collés dans d’interminables calmes. Plus on approchera des côtes et plus les risques de panne de vent s’accroîtront. Et dans des brises très localisées qui marquent généralement la fin des parcours, les fichiers météo sont d’une utilité bien relative. Il faudra donc prendre garde aux surprise si on ne veut pas être contraint de faire le singe sur la deuxième barre de flèche pour chercher des risettes ça et là. Parlez-en à Roland Jourdain qui a dû se battre presqu’au corps à corps contre Jean Le Cam lors de la dernière Route du Rhum. Il ne fait jamais bon avoir une avance aussi mince.
En rafale…
Par ailleurs, notons que le passage des Saintes près de la Guadeloupe s’est fait dans le chaos. Mer forte, grains et tout le tralala. Les deux leaders Safran et Groupe Bel se sont faits brassé le pommier bien comme il faut.
Le monocoque BT de Sébastien Josse a été amarré et flotte de nouveau au port de Vitoria à Terceira aux Açores. Aidé d’une équipe de plongeurs, le directeur technique Charles Darbyshire qui est sur place pour diriger les opérations de récupération, a confirmé par communiqué que le bateau avait retrouvé sa flottabilité après une délicate opération de levage ainsi que plusieurs heures de pompage de l’énorme quantité d’eau de mer qui s’était accumulé à l’intérieur du Open 60. Il semble que le bateau soit dans un meilleur état qu’on ne le croyait, toujours selon le même communiqué.
Du côté d’Hugo Boss, le bateau qui est également aux Açores, a été lui aussi hissé hors de l’eau pour être expertisé et réparé. Lors de son grutage, le monocoque a laissé voir une vilaine blessure sur bâbord avant, à peu près à la hauteur de la ligne de flottaison, Mentionnons en terminant le chapitre des éclopés que Britair et DCNS ont quant à eux pu rejoindre leur port d’attache sans problème.
Maintenant, pour celles et ceux qui se demandaient si Crêpes Whaou pourrait rejoindre Safran à temps et le doubler avant l’arrivée, sachez que le grand multicoque rouge et à la girafe joyeuse, est présentement à un peu plus de 100 milles derrière Safran. Avec autour 800 milles nautiques à faire, on peut donc déjà dire que les carottes sont cuites pour ce dernier. Les monocoques devront donc encore faire un bon bout de chemin avant de défier les implacables lois de la physique imposées par les multis. Consolation par contre pour Marc Guillemot, il arrivera assurément avant le deuxième monocoque, Guyader pour Urgence climatique de Victorien Erussard et Loic Fecquet qui est à 2429 milles nautiques de l’arrivée.
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