Voile En Ligne 2017-03-30 @ 20:25:33 -04:00 UTC
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Un bijou signé l’ÉTS

Louis Chevalier, Antoine Pantigny, Simon Pelletier et Karl Blouin sont les quatre mousquetaires qui ont accueilli le représentant de Voile en Ligne dans l'atelier de l'ETS. On peut voir le C-Class à droite et son aile rigide accrochée au mur derrière.

Louis Chevalier, Antoine Pantigny, Simon Pelletier et Karl Blouin sont les quatre mousquetaires qui ont accueilli le représentant de Voile en Ligne dans l’atelier de l’ETS. On peut voir le C-Class à droite et son aile rigide accrochée au mur derrière.

© Crédit photo: Spi Médias inc.

Voile en Ligne s’est payé une petite visite à l’ÉTS lors de son passage à Montréal pour le Salon du Bateau 2017. On vous raconte ça aujourd’hui.

L’ÉTS, c’est l’École de technologie supérieure de Montréal. Une des plus importantes unités de formation et de recherche en génie au Québec. L’ÉTS est affiliée au réseau de l’Université du Québec. C’est une pépinière d’ingénieurs et de chercheurs. Des gens qui profitent de toutes sortes d’occasions pour expérimenter des trucs nouveaux principalement liés à la haute technologie comme les nouveaux types de matériaux composites ou encore l’hydrodynamique ou l’aérodynamique. Bref, l’éventail des champs d’enseignement et de recherche est aussi varié que qualifié.

L’ÉTS a l’habitude de former des ateliers pour mettre sur pieds des projets novateurs d’ingénierie et de prendre part à des compétitions internationales afin de se comparer aux meilleures écoles de génie à travers le monde. Certains se rappelleront certainement du projet Éclipse, cette fameuse voiture à énergie solaire. Il s’agit souvent lors de ces projets de développer des champs d’expertise très peu exploités chez nous. L’utilité de tels programmes est essentiellement lié au développement, à la recherche et à l’enrichissement d’un savoir qui nous garde à la fine pointe des nouvelles technologies dans divers domaines. La démarche a de quoi intéresser nos entreprises. Les retombés de tels projets peuvent être des plus juteuses. En Europe, les entreprises privées sont queue et chemise avec les milieux universitaires Les échanges sont réguliers et le savoir se partage au bénéfice d’un développement  technologique toujours plus pointu. Chez nous, nous sommes hélas à l’aube de tels partenariats. Mais on se soigne.

Nous avons pu mettre les pieds dans l’atelier de construction du nouveau catamaran au moment même où quelques membres impliqués dans le projet sortaient d’une réunion dont le principal sujet tournait justement autour du soutien financier venant de l’ÉTS.Class-C

Loin d’être des nerds, certains des gars qui participent à ce qu’il est connu d’appeler le projet Rafale ressemblent plutôt à des membres d’une équipe de joueurs de hockey en finale de la coupe Stanley. T-shirt, barbe longue, cheveux en broussaille, bref, à première vue, pas sûr que vous les présenteriez à votre fille.

Mais quelques minutes plus tard, on réalise que les gars à qui on parle sont des scientifiques qui expérimentent des technologies de pointe par la construction d’un voilier de course high tech. Il s’agit d’un C-Class. Qu’est-ce que ça mange en hiver? Un C-Class est un catamaran de sport de 25 pieds de long qui sert à prendre part à ce qui est connu comme la petite coupe America (the Little America’s Cup ou Little Cup). C’est un championnat du monde qui regroupe les meilleurs foilers au monde sur C-Class.

Si construire un bateau peut a priori sembler banal pour le profane, à l’opposé, construire un C-Class de compétition est un défi technologique phénoménal d’une extraordinaire complexité. Et comme si ce n’était pas assez, ce catamaran est équipé d’une aile rigide comme celle d’un avion ainsi que de foils. Tous ces beaux gadgets combinent leurs efforts avec l’équipage pour donner des performances hallucinantes et faire littéralement voler la bateau sur l’eau. Vous avez bien lu.

Voilà pourquoi le projet est un inextricable casse-tête; et que seuls des gens possédant l’expertise nécessaire peuvent s’engager dans ce type d’aventure. Le problème, c’est qu’en Amérique du Nord, les entreprises possédant les connaissances indispensables à la réussite de semblables projets sont à proprement parler extrêmement rares. Les Étudiants de l’ÉTS ont donc dû aller chercher  l’information où elles se trouvent. Ils sont partis de rien. Ils ne connaissaient rien de la construction navale de ce type d’engin, si ce n’est que quelques étudiants connaissaient un peu le milieu et possédaient une expérience des composites. Ils ont construit un premier catamaran qui a pris part à la compétition qui s’est déroulée sur le lac Léman en Suisse l’an dernier. Les résultats furent intéressants, mais on pense pouvoir faire encore mieux.

Pour la prochaine édition, l’ÉTS s’est donc lancée dans la construction d’un deuxième catamaran de sport. Avec le bilan de la première édition, ce second coursier sera très différent. Les modifications qui seront apportées sont le fruit de l’expertise menée à la suite du postmortem de la version 1 du projet Rafale. La version 2.0 sera fort différente en terme de design et de technologies de construction utilisées. Nous n’entrerons pas dans les détails pour des raisons stratégiques évidentes. Mais nous pouvons d’ores et déjà affirmer que le prochain C-Class de l’ÉTS sera beaucoup plus performant que ne l’était le premier.

On a fait appel à deux pilotes de premier plan pour manier la version 2.0. Marc Farmer et Trevor Parekh qui étaient les pilotes du premier Rafale ont fait un excellent travail et ont apporté une bonne expertise quant au phénomène de portance étant donné que les deux naviguent sur des skiffs. Mais on a plutôt choisi cette fois des hommes qui ont l’habitude des multicoques. Maxime Loiselle et Olivier Pilon sont en ce moment les meilleurs au Québec en ce domaine. Ils ont tour à tour remporté le championnat canadien de F18. Ils ont été retenus par l’ÉTS et ils formeront le duo de choc pour cette deuxième édition. Les deux hommes ont déjà eu plusieurs rencontres avec l’équipe technique, les dirigeants du projet et les constructeurs. Ils sont activement impliqués dans la construction du nouveau bateau et conjuguent leur savoir avec l’expertise des ingénieurs. Il faut noter ici que Maxime Loiselle est déjà un diplômé d’architecture navale. Ça va aider grandement.

Les moules de coques sont arrivés à l’ÉTS ces dernières semaines. Les premières infusions devaient avoir lieu ces jours-ci. La mise à l’eau est prévue pour le début de l’été. C’est à suivre…

 

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